25 mai 2008
Conquise, partie 1
Conquise, partie 1
Par Leslie Ann Miller
Disclaimers- Les personnages de Xena et
Gabrielle appartiennent à Universal et Renaissance Pictures. Aucune violation
du copyright n’est intentionnée.
Violence- Oui, assez. Rien de pire que
ce que vous pouvez voir dans la série.
Subtext/sexe- Oui, cette histoire décrit
des actes sexuels entre femmes. Si c’est illégal ou si vous êtes mineur, vous
devriez lire autre chose.
Hurt/Comfort- Oui
Autres- Cette histoire est basée sur
l’épisode d’Hercules « Armaggedon Now »
Remerciements-
Je suis
spécialement reconnaissante à Fizz pour toute son aide. Egalement merci à Ellen
et les ex- gardes ? pour leur relecture et leur assistance.
Laissez-moi savoir en anglais ce que vous en pensez,
bon ou mauvais ! Mon adresse mail est : Gunhilda@ionet.net (auteur) (NDLT :Attention,
adresse non valide…)
Ou
en français à gagamare@free.fr
(traductrice)
Remerciements
également à Lookoulook pour sa relecture; finalement, c’est elle qui a fait le
plus gros! ; )
Je suis Gabrielle, peut-être mieux connue sous le nom de la poétesse unijambiste de Potidaea ; historienne, oratrice et chroniqueuse du grand empereur Alexandre. Cette histoire, à la différence de toutes mes autres, est sur moi. Si vous espérez une histoire sur les actes héroïques de la rébellion, j’ai bien peur que vous ne soyez déçus, et je vous recommande de lire mes autres travaux. Ici, vous allez entendre ce qui m’est arrivé lorsque la guerre fut terminée, lorsque j’ai quitté le palais de Corinthe pour aller sur l’Ile du Requin afin de parler à Xena dans sa cellule de prison et ce qui s’est passé après cela.
Je commencerai d’abord avec un flashback, dans le cas où mon passé ne vous serait pas familier.
J’avais seulement 17 ans lorsque Xena, Destructrice des Nations et Impératrice du Monde Connu, m’a crucifiée pour m’être élevée contre elle. L’accusation était injustifiée. En vérité, à ce moment là, j’ai fait un peu plus que raconter des contes obscènes à la taverne ou certains soldats de Xena avaient leurs habitudes de soirées de beuveries. Lorsque j’ai refusé leurs avances après ma performance, ils m’ont accusé de trahison contre l’Etat, et je fus amenée devant Xena pour recevoir ma punition. Xena n’était pas connue pour sa miséricorde, particulièrement lorsqu’il s’agissait d’un semblant de rébellion, et elle ordonna que je sois clouée à une croix.
Je n’aime pas trop penser à cette journée ; la douleur, l’agonie, le désespoir. Je dirai seulement que lorsque j’ai pensé que j’allais sûrement mourir, quand, en effet, je suppliais de mourir, j’ai reçu une vision. J’étais entourée d’une lumière blanche qui éloigna la douleur, la remplaçant plutôt par une chaleur, un réconfort, un amour tel que je n’en avais jamais ressenti auparavant. Dans la lumière blanche il y avait un être ailé, et l’être me dit que je survivrais à la crucifixion et vivrais pour conquérir Xena, et que ça serait une bonne chose pour le monde. Et à travers tout ça me vint la pensée ridicule que moi, une paysanne de Potidaea, conquerrait l’Impératrice du Monde Connu, et je ne mourus pas, alors que je le désirais tant.
Mon ami Alexandre me secourut de la croix. Alexandre
était brillant, un excellent guerrier, et il mit facilement hors de nuire les
gardes de Xena pour me sauver la vie. Mon rétablissement fut long, et je perdis
ma jambe à cause de la gangrène, mais je parlai à Alexandre de ma vision, et
nous fîmes vœux de rejoindre la rébellion pour que la prophétie devienne
réalité. J’avais les mots, et Alexandre l’esprit, l’intelligence, et
ensemble nous rassemblâmes une armée pour défier les forces de l’Impératrice et
finalement, la faire tomber.
Ma haine immortelle pour Xena m’a permis de survivre à ces sept années de guerre terribles.
J’ai perdu des amis et des compagnons, vu des cités entières brûler jusqu’aux
fondations. Après le rasage d’Athènes, j’étais certaine que nous avions perdu
la guerre ; mais c’est alors que Xena commença à faire des erreurs.
Peut-être qu’Athéna elle-même avait tourné le sort en notre faveur ; Deux
ans plus tard, la sanglante bataille finale fut disputée sur la plaine devant
le Mont Cithéron.
Jamais dans nos discussions nous n’avions considéré que la Destructrice
Les yeux bleus de Xena lancèrent un éclair de
lumière, et elle cracha sur le pied chaussé d’une sandale d’Alexandre.
« Tu as peut-être défait mon armée, » siffla-t-elle, « mais tu
ne me conquerras jamais. »
Alexandre sourit, faisant courir ses doigts dans ses
cheveux dorés, mais je pus voir la tension sur son visage. Je le regardai
attentivement, de façon à pouvoir interpréter sa réaction face aux mots de la Destructrice. Avec
Son sourire s’agrandit lorsqu’il dégaina son épée ensanglantée et la leva, pour mettre un terme à l’existence de Xena une fois pour toute, pour venger nos pertes, pour apaiser notre haine. « Xena, tu ES conquise, » dit-il lentement, et je vis ses muscles se tendre pour porter le coup fatal.
Cela peut sembler curieux, mais à cet instant, une
grande guerre se déroulait en moi. Une part de moi voulait voir Xena mourir,
n’aurait aimé rien de plus que de voir son corps tomber, ensanglanté et
décapité, dans la poussière, de manière à ce que l’on puisse empaler sa tête
sur une pique et parader aux alentours pour que tous puissent la voir, mais la
poétesse dans mon cœur savait que ce n’était pas la manière dont Alexandre
devait commencer un règne de paix et de justice.
« Attends ! » hurlais-je, la poétesse
ayant gagné la bataille intérieure, et Alexandre s’immobilisa avec son épée en
l’air, toujours prêt à frapper.
« Pourquoi ? » demanda-t-il, ses yeux
ne quittant pas ceux de Xena.
« Nous avons accompli la prophétie. Ne commence
pas ton règne avec du sang, » je dis en hésitant.
Il éclata d’un rire aigre. « Et comment
appelles-tu ça, Gabrielle ? » Il toucha le sang coagulé sur sa plaque
de poitrine. « Comment pourrais-je commencer mon règne sans sang alors que
je baigne bel et bien dedans ? »
Je combattis les larmes qui menaçaient de couler de
mes yeux. « Nous avions à disputer cette bataille, » dis-je.
« Pour ceci, » je montrai Xena, « tu as un choix. Tu as le choix
de commencer ton règne avec vengeance ou avec miséricorde. »
Alexandre hésita, regardant Xena avec haine.
Je continuai. « Je veux aussi la voir morte,
Alexandre, crois-moi. Mais pense au futur, à comment on va se souvenir de toi.
Ceci est ta chance de montrer au monde que tu es différent, que tu es meilleur
que Xena, que tu n’es pas aveuglé par la haine comme elle l’est. Ne tombe pas
dans la haine, Alexandre, pas maintenant, ni jamais, je t’en supplie. La
miséricorde est le meilleur chemin. » C’était dur pour moi de dire ça, et
plus difficile encore de le croire. Mais la poétesse en moi savait que c’était
la vérité.
Il retourna à Xena, déchiré par l’indécision.
Elle lui sourit de manière méprisante.
« Montrer de la miséricorde est un signe de faiblesse ! » se
moqua-t-elle.
Hephaestion se plaça à côté d’Alexandre et posa sa
main sur l’épaule du général. « Les mots de Xena prouvent la vérité de
ceux de Gabrielle, » dit-il calmement.
Alexandre abaissa son épée et la pointa vers moi.
« Regarde bien, Xena ! Voici Gabrielle, la poète de Potidaea. Il y a
sept ans, tu l’as faite crucifier, ma chère amie, pour avoir raconté des
histoires dans une taverne. Mais je suis allé la sauver, et elle a survécu à ta
torture, et elle a commencé à parler contre toi. » Il tendit ses bras.
« Sa sagesse, sa vision, m’ont conduit jusqu’ici. Ses mots ont aidé à
rassembler l’armée pour te défaire. Et parce que je l’aime, je ne trahirai pas
cette vision maintenant. Puisse Athéna me donner le coup de grâce si je dois un
jour devenir un chef tel que toi, sans conscience, miséricorde, ou
compassion ! »
Xena renifla de mépris. « Tu ne resteras pas un
chef très longtemps, alors ! Parce que si Athéna n’est pas celle qui te
tuera, quelque traître le fera. Tu ne peux pas maîtriser le pouvoir avec de la
compassion, et la miséricorde sera ce qui te fera tomber ! »
Alexandre éclata de rire, et je pouvais dire qu’il
était vraiment amusé. « Tu es une très bonne guerrière, Xena. Cela
m’étonne que tu puisses être aussi idiote sur les autres sujets ! »
L’ancienne destructrice des nations gronda à ces
mots. Apparemment, elle n’avait pas l’habitude d’être traitée d’idiote.
« Tu verras ! » cracha-t-elle. « Je ne te donne pas un an avant que tu ne meures ! Espères-tu honnêtement garder mon empire réuni ? ! Toi ? ! Et ta petite barde unijambiste ? ! Vous serez tous les deux réduits en morceaux ! »
Je souris. Alexandre maintiendrait l’empire, je n’en
doutais pas. Il possédait un charisme qui conduisait les hommes à faire n’importe
quoi pour lui. Xena tenait son empire par la peur jusqu’à ce qu’il s’écroule
devant une plus grande force. Alexandre maintiendrait l’empire par l’amour. Son
armée l’aimait ; ses suivants l’aimaient ; et bientôt, j’en étais
certaine ; le monde lui-même l’aimerait.
Alexandre aussi sourit aux paroles de Xena. « Je ne peux pas voir le futur, Xena. Je sais seulement ceci : c’est que toi, qui t’étais proclamée invincible, tu es agenouillée devant moi, défaite. Je ne crois pas à ton don de clairvoyance. »
Plusieurs commandants aux alentours gloussèrent.
Xena était livide. « Vas-t’en et tue-moi
maintenant, espèce de bâtard fils de pute ! »
« Non, Xena. Tu seras emprisonnée jusqu’à ce que tu admettes que tu as été conquise. Et comme je suspecte que tu es bien trop fière pour jamais faire cela, je n’espère pas avoir à reconsidérer mon jugement contre toi de si tôt. » Il regarda Hephaestion. « Veille à ce qu’elle ne soit pas blessée. Enchaîne-la, et ne relâche ses bras sous aucun prétexte. Assure-toi que ses chevilles soient bien maintenues. Souviens-toi qu’elle peut tuer par un simple toucher. Elle est dangereuse, même maintenant. »
Hephaestion acquiesça. « Ce sera fait. »
Je regardai, satisfaite, la Destructrice
« La laisser vivre sera pour elle une plus
grande punition qu’une mort rapide, » dit Alexandre à mon côté.
« Tant mieux, » dis-je, sans même
réfléchir.
Alexandre leva un sourcil, et je regrettai mes mots.
Il sourit. « Tu m’as dit un jour qu’avec une exécution, il n’y avait plus
aucun espoir de rédemption. »
« T’attends-tu honnêtement à ce que la Destructrice
« Non. Mais, Gabrielle, tu sais qu’il ne faut
pas abandonner espoir »
Je reniflai. Alexandre était une meilleure personne que moi, en dépit de sa férocité de guerrier.
Il soupira d’un ton las. « Aussi longtemps qu’elle est en vie, elle représente une menace. Je dois la garder dans un endroit sécurisé. » Il réfléchit un moment. « Je vais l’envoyer dans la prison de l’Ile du Requin, et l’entourer de gardes d’Athènes. »
« Ils vont la tuer ! »
« Peut-être, mais je ne serai pas inquiet
qu’ils la relâchent un jour. »
C’était vrai. Si Xena avait la permission de rester
en vie, Alexandre avait besoin de s’assurer qu’elle ne serait pas libérée par
trahison. J’acquiesçai.
Alexandre se mit devant moi et me pressa les
épaules, me regardant dans les yeux. « Gabrielle, aujourd’hui nous avons
remporté la victoire. Xena est défaite. Le règne d’Arès est terminé. Demain,
nous marcherons triomphant à Corinthe, et je vais me couronner empereur.
Lorsque le Parthénon sera restauré, je ferai d’Athènes ma capitale. » Il
toucha ma joue. « Xena est conquise, exactement comme ta vision le
prédisait. Oublie-la maintenant, même si je sais que tu ne peux pas lui
pardonner. »
Il avait raison. C’était mieux d’oublier et de se
concentrer sur l’avenir. Finalement, je croisai ses yeux et souris. « Tu
as tant à faire, et moi, eh bien, j’ai beaucoup à écrire. »
Onze mois après la marche triomphante d’Alexandre
dans Corinthe, l’empire était toujours uni. Seul un nouveau satrape (gouverneur
despote d’une satrapie), en Perse, avait essayé de profiter du changement de
chef, et le général d’Alexandre, Parmenio, avait écrasé rapidement le
soulèvement.
Je reçus des appartements au premier étage du
palais, pour que je n’aie pas à faire la navette entre plusieurs étages. Bien
que moyennement mobile sur mes béquilles, ma bonne jambe et mon bon pied me
faisaient souffrir après être resté debout ou avoir marché pendant trop
longtemps, et les escaliers étaient particulièrement douloureux à gravir.
J’avais une petite chambre et un bureau avec une
porte qui menait sur les jardins. De même, j’étais soignée par une jeune
servante qui répondait à tous mes besoins. Elle courait faire les courses pour
moi en ville et allait chercher ma nourriture à la cuisine lorsque je ne dînais
pas avec Alexandre.
Je ne voulus pas accepter les énormes présents de richesse que l’empereur m’offrit, seulement un petit salaire approprié à un historien royal et un poète. Comparé à ce que j’avais avant, c’était une vie de luxe. J’avais tout le parchemin dont j’avais besoin, et je pouvais acheter l’encre plutôt que la faire moi-même. J’avais des médicaments qui apaisaient ma douleur. Les richesses excessives qu’il m’offrait, lui dis-je, seraient mieux dépensées à aider les pauvres. En fin de compte, il fut d’accord, et un bain public dans une partie pauvre de Corinthe fut bâti en mon honneur.
Encore plus précieux pour moi fut le moment où je
pus coucher mes mots sur papier. Pendant la rébellion, il y avait toujours la
peur, la course, le combat. Alors qu’avant je passais la plupart de mes efforts
à écrire des discours et des pamphlets, je pouvais désormais écrire des
histoires.
Le problème était que je n’en étais pas satisfaite. La poétesse en moi n’était pas contente. C’était ma description de Xena qui m’embêtait le plus. Oh, je ne manquais pas de matériaux pour démontrer à quel point elle était diabolique ; et qu’elle faisait le parfait opposé d’Alexandre. C’était classiquement le bien contre le mal, les cheveux d’or contre ceux noirs de jais. C’était facile de montrer la folie de ses manières, comment la cruauté avait conduit à sa chute, comment l’arrogance l’avait finalement desservie. C’était un long discours sur le triomphe de la lumière sur l’obscurité.
Mais Homère, dont le héros est Achille,
décrivait Hector, son méchant, dans des termes plus sympathiques. Il est vrai
que ça en faisait une meilleure histoire. Et même si je ne voulais surtout pas
que les générations futures aient de la sympathie pour Xena, je ne pouvais pas
croire qu’un être humain puisse être né aussi diabolique qu’elle était devenue.
Je ne pouvais pas expliquer sa cruauté, je ne pouvais pas expliquer sa haine.
Elle avait bâti un empire qu’elle avait gouverné avec un cœur glacé, et
maintenant, moi, une poétesse, était incapable d’expliquer pourquoi.
Sans cette explication, mon histoire était
incomplète. Sans cette explication, l’histoire d’Alexandre était incomplète,
car son destin et celui de Xena étaient inséparablement intriqués.
Je réalisai alors, que dans l’intérêt de l’histoire,
j’allais devoir faire à nouveau face à la Destructrice
Alexandre, évidemment, objecta. « J’ai besoin de toi pour enregistrer mes actes comme empereur ! »
« Tu as des scribes pour enregistrer tes actes
en tant qu’empereur. Ils vont enregistrer tes règles, ton nouveau code de lois.
Ils enregistreront tout ce dont tu as besoin ou voudras. Je raconte des
histoires sur la guerre, Alexandre, et je ne peux pas faire ça sans apprendre
son histoire. »
« Je ne comprends toujours pas pourquoi. »
« C’est parce que tu es un guerrier, pas un
poète. »
« Tu es ma conscience. »
« Tu as ta propre conscience, et je le crois
avec mon cœur. »
« Tu es mon inspiration ! »
« La perspective de continuer à corriger les
injustices du règne de Xena devrait être bien plus inspirante que
moi ! »
Il éclata de rire. « Je t’aime ! »
« Comme une sœur ! Ton véritable amour est Hephaestion, et n’essaie pas de le nier ! » Je lui pressai la main. « Je réalise que ça ne doit pas avoir beaucoup de sens pour toi maintenant. Mais j’ai à le faire, Alexandre. Je raconte l’histoire, et je le dois aux générations futures. »
Il me regarda sérieusement. « Déjà depuis ta
crucifixion, tu as suivi ton cœur avec la certitude d’une sagesse que je ne
comprends pas. Je sais que tu dis que tu ne comprends pas ce cadeau toi-même,
mais je ne veux pas rester dans ton chemin. Si tu veux y aller, je ne vais pas
t’en empêcher. Mais tu dois promettre que tu ne vas pas laisser ce monstre te
faire du mal. Ne prends pas de risques. Même en prison, Xena est
dangereuse. »
J’acquiesçais. « Je sais. Je le promets. »
Commentaires
C'est assez inattendu comme univers mais j'attends la rencontre avec impatience et intérêt.
Moi aussi j'attends cette rencontre, que va t'il se passer....La suite vite !!!!!!!!!!!!!!!
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