Chapitre 10 :

 

 

Lorsqu’elle pénétra dans leur chambre, elle vit que Tia dormait profondément. Ses cheveux étaient étalés sur le lit et elle était couchée sur le côté. Elle s’assit sur le bord et observa les lignes de son visage tendu. Elle ne parvenait pas à croire qu’il avait fallu une intervention extérieure pour qu’elle remarque que sa compagne, celle qu’elle considérait comme une chose aussi vitale pour elle que l’air qu’elle respirait, était malheureuse.

 

Elle passa le bout des doigts sur les mèches de cheveux étalés sur le lit et la regarda dormir. Puis elle s’allongea à ses côtés et emmêla ses jambes aux siennes et se serra aussi près d’elle que cela lui était possible sans la réveiller.

 

Elle ferma les yeux et repensa à ce dernier mois écoulé. Tia avait été présente pour elle à chaque instant, comprenant son besoin d’être rassurée la nuit après ses cauchemars ou de s’éloigner le jour pour s’immerger dans autre chose que ses peurs. Elle ne l’avait ni retenue, ni rejetée. Elle était là, tout simplement, tel un rocher solide sur lequel elle pouvait s’asseoir lorsque le besoin s’en faisait sentir.

 

Elle reprenait des forces dans ses bras et repartait à l’assaut de ce qu’elle croyait être sa mission. Mais c’était celle de Linya, elle l’avait comprit maintenant. Sa mission, son unique raison d’être, était endormie entre ses bras, souffrant milles morts depuis plusieurs semaines sans jamais rien lui dire pour ne pas gêner sa propre guérison.

 

Alexia comprenait que l’une d’elle devait s’effacer pour que le soutien qu’elles s’apportaient pour s’en sortir soit vraiment efficace. Comme lorsque deux blessures saignent, soigner les deux en même temps est infaisable et inefficace. Il faut faire un choix et commencer par l’une d’elles. Mais si elle comprenait pourquoi Tia ne lui avait rien dit, pire s’était même cachée, elle ne comprenait pas comment elle avait pu trouver normal d’être celle qui ne s’effacerait pas.

 

Elle avait toujours été la chouchoute à son papa, puis la famille de Linya l’avait traitée comme leur petite dernière, puisqu’elle était la plus jeune, lui passant tout et trouvant normal de la mettre au centre de leurs préoccupations. En grandissant l’argent avait remplacée l’excuse de l’enfance et elle avait continué de trouver normal d’être la priorité de ceux qui l’entouraient.

 

Elle savait tout cela. Pourtant cela faisait un an, qu’elle avait changé de vie, renonçant à tous ses privilèges, même à son unique famille, sans sourciller une seule fois. Alors comment en était-elle arrivée à retrouver son comportement égocentrique d’alors ?

 

« La peur, comprit-elle, était une émotion déstabilisante ». Elle vous poussait à vous raccrocher à votre passé afin de vous rassurer.

 

Mais si elle comprenait finalement l’origine de son attitude, elle n’en devait pas moins des excuses à la femme divine dont elle était follement amoureuse.

 

Elle approcha son visage de celui de Tia et frotta tout doucement son nez contre le sien, puis elle déposa un tout petit baiser sur ses lèvres en chuchotant une excuse.

 

Soudain elle se figea. Elle se recula en fronçant les sourcils et fixa les lèvres qu’elle venait d’embrasser. Elle passa sa langue sur les siennes et fronça les sourcils de plus belle. « Pêche, se dit-elle, elle a le goût du gloss à la pêche » Et si elle se rappelait bien, Tia ne se maquillait que rarement et certainement pas pour mettre ce genre de chose. A sa connaissance, une seule personne sur l’île en mettait. Linya.

 

Alexia reposa la tête sur le matelas en fixant pensivement les lèvres de son amie. Donc elles s’étaient embrassées. Ok. « Ça ne voulait rien dire », tenta-elle de se convaincre en sentant la morsure familière de la jalousie lui pincer l’estomac. Déjà, Linya n’était pas gay.

 

Mais bon, elle non plus avant de rencontrer la belle mercenaire.

 

Que devait-elle faire ? En parler aux intéressées ? Non, Tia avait suffisamment de problèmes, sans qu’elle ne lui fasse supporter une crise de jalousie. Peut-être pourrait-elle en toucher deux mots à Lin ? Ouais, c’est ce qu’elle allait faire. Mais plus tard, quand elle se serait occupée de Tia et qu’elle serait rassurée sur son sort.

 

Elle espérait vraiment que sa prise de conscience n’était pas trop tardive. Qu’elle avait encore une chance d’aider sa compagne et de la ramener à elle. Mais même dans ce cas, pourrait-elle lui pardonner son égoïsme ? Son manque total de compassion à son égard ?

 

Oh Dieu, faites que oui, j’ai tellement besoin d’elle pour me sentir exister…

 

Sur ses pensées pour le moins peu joyeuses, Alexia glissa dans le sommeil au côté de celle qu’elle considérait comme la moitié de son âme.

 

 

 

*******************************

 

 

 

La première chose que la mercenaire ressentit en revenant lentement du royaume de Morphée, fut un souffle chaud et doux contre ses lèvres. Puis elle prit conscience des bras forts qui l’enserraient et des jambes emmêlées aux siennes. Elle reconnut la personne qui la maintenait fermement serrée contre elle et elle n’osa pas ouvrir les yeux, de peur que ce ne soit qu’un fantasme extrêmement réaliste.

 

Puis la jeune femme bougea et elle comprit que ce n’était ni un rêve, ni un fantasme et elle ouvrit vivement les yeux pour trouver deux émeraudes serties de pépites d’or la contempler. Elle plongea avec délice dans ses yeux magnifiques et retourna le sourire qu’elle ressentit plus qu’elle ne vit.

 

- Salut belle marmotte, commença Alexia. Bien dormi ?

 

Tia hocha la tête sans tenter de parler. Elle ne voulait pas briser la magie de l’instant, alors elle repoussa au loin les ténèbres envahissantes de son cœur et de son esprit. Alexia se rapprocha encore, les faisant loucher toutes les deux et frotta gentiment son nez contre le sien.

 

- Je t’aime, Tia mon amour. Tia-san watashi no kokoro desu shi watashi wa anata ni ai desu. Itsuno. Tu es mon cœur et je t’appartiens. Toujours.

 

Son cœur glacé et noirci par des semaines de douleur insupportable eut un frémissement à ses mots et au regard qui les accompagnait.

 

- Tu ne bouges pas d’ici, mon cœur, dit-elle en se levant d’un bond, je vais te chercher quelque chose à grignoter.

 

- Je n’ai pas faim, déclara-elle d’une voix enrouée.

 

Alexia se mordit la lèvre et hésita.

 

- Je sais, fit-elle doucement, mais ça fait des jours que tu n’as plus faim et il faut que tu avales quelque chose. De plus… de plus j’ai besoin de faire quelque chose pour toi, dit-elle avec une honnêteté surprenante.

 

Tia la dévisagea longtemps et la chape de plomb qui ne la quittait plus, s’abattit à nouveau sur elle. Elle hocha la tête et regarda sa compagne filer en direction de la cuisine en lui promettant d’être rapide.

 

« Elle m’aime toujours », songea la mercenaire. Cependant cette constatation ne lui apporta pas la joie à laquelle elle s’attendait. Peut-être était-ce trop tard ? Son cœur était peut-être déjà mort ? Elle l’avait senti frémir plus tôt, mais ce n’était peut-être qu’un de ces soubresauts qu’ont parfois les muscles avant de se relâcher pour toujours ?

 

Alors qu’Alexia s’activait en cuisine, elle se demanda sincèrement si elle souhaitait ressentir des choses à nouveau. A quoi bon ? Dès qu’Alexia saurait ce qu’elle avait fait en prison, elle lui tournerait le dos. Elle n’avait aucun désir de voir le dégoût s’afficher sur son si jolie visage…

 

 

 

************************

 

 

Lorsqu’Alexia revint de la cuisine avec un plateau chargé de victuailles, elle comprit au visage fermé de son amante, que cela allait être une rude bataille. Elle prit donc son courage à deux mains et s’approcha. Elle posa le plateau sur la table de chevet et s’assit contre la tête du lit, les hanches près du visage de sa mercenaire.

 

Elle attrapa un toast et lui donna la becquée en silence. Puis lorsqu’elle fut satisfaite, elle reposa son verre de jus d’orange et se ré-allongea près de son amie. Elle posa ses mains sous sa joue et se tourna vers elle.

 

- Je te demande pardon, commença-elle doucement. Je sais que je n’ai pas été à la hauteur ces derniers temps, encore une fois en fait, et je sais que tu m’en veux. Je ne te le reproche pas, je m’en veux aussi beaucoup. Je ne te demande pas de me pardonner, seulement de me laisser une chance de t’aider, parce que c’est tout ce que je souhaite aujourd’hui. Te venir en aide.

 

Elle dégagea une main de sous sa tête et la porta au visage de Tia dont elle commença à souligner les traits, exprimant ainsi sa fascination pour elle.

 

- Je sais que tu vas mal, Tia. Je le sens. Je… je sais que je ne suis peut-être pas la meilleure personne à laquelle tu puisses t’adresser mais je te promets que quoi tu me dises je ne partirai pas. J’en serais bien incapable d’ailleurs.

 

Alexia fit une pause et inspira avant de reprendre.

 

- Tia, tu m’es si précieuse… murmura-elle avec des larmes dans la voix. Je sais que tu vas avoir du mal à me croire après ce que j’ai fait ce mois-ci, mais je te promets sur ce que j’ai de plus cher en ce monde que je ne pourrai jamais te tourner le dos. Je suis juste une foutue imbécile égoïste et ignorante qui trouve normal d’être toujours la première et qui se laisse gouverner par ses peurs. Tu es ma priorité numéro une Tia, et ce mois-ci c’est ma peur qui a parlé, pas mon cœur. Lui il t’aime à en crever. J’ai besoin de toi, alors je t’en prie parle-moi. Dis-moi ce qui ne va pas et qui te plonge dans cet état… Qu’est-ce qui s’est passé en prison Tia ? demanda-elle enfin.

 

La mercenaire la dévisagea, ne comprenant pas comment de simples mots pouvaient la toucher à ce point et réveiller ce qu’elle pensait mort. Alexia avait sur elle un pouvoir qu’aucune autre personne en ce monde ne possédait. Et elle ne savait si elle devait s’en réjouir ou en avoir peur.

 

Elle laissa son amie caresser son visage avec une passion contenue. Elle s’imprégna de sa douceur, de sa chaleur, de son amour et sentit son cœur glacé se réchauffer et reprendre des couleurs.

 

- Je ne t’en ai jamais voulu, déclara-elle enfin. Je te voulais toi, c’est tout. Et je n’ai jamais pensé que tu n’étais pas à la hauteur ou qu’il existait une meilleure personne que toi à qui j’aurais pu m’adresser. Tu es la seule personne à qui j’ai envie de parler, la seule que je souhaite à mes côtés. Et de même que ça t’a semblé logique d’être la première à être soignée, ça m’a semblé naturel de te faire passer en première. Tu n’as pas l’habitude des coups durs, tu ne sais pas comment y faire face alors c’était normal que tu sois la priorité. De toutes manières, tu es toujours ma priorité, quelles que soient les circonstances. Il n’y a rien à pardonner Lex, tu es là maintenant, alors tout va bien.

 

Alexia était bouleversée par la déclaration d’amour d’une simplicité frappante. Tia l’aimait et c’était tout. Pas de question, pas de doute, pas de reproche. De l’amour et rien d’autre. Qu’avait-elle fait pour mériter une femme pareille ? songea-elle avec un sentiment poignant qui serra son cœur dans une étreinte qui lui coupa le souffle. Elle se serra contre sa compagne et lui dit :

- Tout ne va pas bien. Mais merci. Cependant tu dois comprendre une chose, Tia. Si tu ne vas pas bien, moi non plus. Si tu veux vraiment que je guérisse, alors il faut que toi aussi.

 

Tia réfléchit à ce qu’elle venait d’entendre puis elle se décida. Elle lui raconta sa dispute avec Waco, lui donnant enfin la raison de son enlèvement. Elle lui narra dans les plus petits détails, son arrestation et son séjour en prison. Sa rencontre avec Jessica la reine, la visite de Sassem et ce qu’il lui avait dit ainsi que la confrontation qui avait eu lieu avec Jessica. Elle ne lui cacha ni sa perte de contrôle lors de celle-ci, ni le sentiment de toute puissance qui l’avait poussée à s’acharner sur sa victime jusqu’à ce qu’il n’en reste plus qu’une bouillie infâme.

 

Elle lui fit un récit torturé de son séjour dans le cachot qui l’enferma plus profondément en elle-même et de ce que cela avait fait ressurgir de son passé. Elle lui parla de la gentillesse de l’infirmière de la prison, de sa chaleur et de sa persévérance qui l’avait finalement ramenée de l’enfer dans lequel elle s’était enfermée.

 

Puis elle lui expliqua comment Enyalios l’avait fait sortir avec l’aide de Karl et Katrina et comment ils l’avaient retrouvée. Elle lui décrivit sa difficulté à garder son calme et son impression de perdre pied avec elle-même. De s’engluer dans ses peurs et le dégoût d’elle-même. Elle n’arrivait pas à accepter d’avoir perdu le contrôle et d’avoir été capable de défigurer un être humain de cette manière. Les sentiments que cet acte avait fait naître en elle était si vifs et si contradictoires qu’elle n’arrivait pas à les démêler, encore moins à les gérer. En l’état actuel des choses si elles repartaient en mission, il y avait de grandes chances qu’elle les fasse tuer. Elle ne parvenait même plus à réfléchir, tant ses cauchemars passés se mêlaient à ceux du présent. Elle ne comprenait pas comment elle avait pu vivre autant de temps sans se rendre compte qu’elle n’avait rien surmonté.

Que tout ce qu’elle avait vécu, était tapi là, sous une couche de maîtrise de soi qui venait de voler en éclat.

 

- J’ai parfois tellement envie de me coucher et de ne plus avoir à me réveiller.

 

En entendant les mots et le désespoir croissant de Tia, Alexia se sentit envahie d’une énorme boule de culpabilité. Et dire qu’elle n’avait rien vu, et qu’elle serait passée à côté si Linya ne lui avait pas botté le cul ! Elle s’en voulait tellement !

 

La douleur latente qui habitait sa compagne était si puissante qu’elle en était presque palpable. Elle ne réussit pas à dire un mot tant sa gorge était serrée par le mal qu’elle sentait émaner de la mercenaire.

 

Tia ne la regardait pas préférant fixer le plafond. Elle évitait aussi de la toucher comme si elle s’attendait à ce qu’elle soit répugnée et qu’elle ne veuille pas entrer en contact avec elle. La solitude et la fragilité qui se dégageait d’elle était si flagrante qu’Alexia ne put retenir plus longtemps les sanglots qui menaçaient de l’étouffer.

 

Elle se jeta sur Tia et l’attira à elle, l’obligeant à tourner son regard vers elle. Elle vit ses yeux s’agrandirent à la vue de ses larmes et resta interdite. « Oh, Tia ! Comment peux-tu penser une seule seconde que je puisse te repousser alors que tu souffres tant ! » songea la jeune femme au désespoir.

 

Comment lui faire comprendre qu’elle n’éprouvait ni peur, ni haine, ni dégoût ? Comment lui faire comprendre qu’elle avait toujours confiance en elle ? Comment lui faire comprendre qu’elle ne ressentait qu’une immense compassion et une admiration sincère devant l’épreuve qu’avait été son effacement devant sa souffrance à elle ? Comment lui faire comprendre qu’elle l’aimait et que tout ça n’avait pas d’importance ?

 

- Tu es bien plus forte que tu ne crois, Tia. Tu… tu n’as pas oublié ce que tu as vécu, tu as subit des épreuves atroces et cela t’as traumatisée, mais tu n’as pas à en avoir honte… Tu… cela t’es revenu en mémoire, okay. Et c’était au pire moment, mais ça ne fait pas de toi un monstre. Tu as réagit en fonction de ton passé et non pas pour tuer ou par plaisir de faire du mal. Alors cesse de te flageller pour une chose que tu ne pouvais pas contrôler. Tia… si tu venais à t’endormir pour ne plus jamais te réveiller crois-moi que je n’hésiterais pas à m’endormir avec toi.

 

La déclaration surprit et percuta de plein fouet la mercenaire.

 

- Je t’aime Tia. Je te l’ai déjà dit mais s’il le faut je te le redirais un million de fois. Je t’aime et cela veut dire que tout en toi me brise le cœur. Ton passé me fais pleurer sur l’enfant courageuse qui a souffert avec tant de courage. Ton présent me chavirer parce que j’ai la chance de le partager et ton avenir m’emplit d’espoir car j’espère en faire partie. Mais Tia jamais, jamais rien en toi ne pourra me détourner. Tant que tu partageras avec moi, tes peines, tes joies et tes rêves et que tu accepteras de temps en temps de m’écouter, alors je n’aurais aucune envie de m’en aller.

 

- Je… je ne te mérite pas, lâcha-elle finalement en détournant le regard.

 

- Tia regarde-moi. Tia…

 

« Oh bon sang, elle est plus têtue qu’une mule ! »

 

- Watashi mi-masu ! Regarde-moi ! Ordonna-elle faisant instantanément tourner un visage étonné vers elle.

 

Alexia lui attrapa le menton, dans le but de ne pas la laisser à nouveau se détourner d’elle et dit d’un ton sans réplique :

 

- Je ne me détournerai jamais de toi quelle que soit ta honte, ta colère ou la mienne alors ait au moins l’obligeance de me rendre la pareille !

 

Tia tressaillit comme si on l’avait giflée et Alexia s’en voulut mais ne revint ni sur les mots, ni sur le regard.

 

- Je t’interdis de dire ou même de penser que tu ne me mérite pas car crois-moi sur parole, c’est le contraire qui est vrai. Je sais ! fit-elle en la voyant sur le point de protester. Je sais que tu ne me crois pas et tu dois comprendre que je ne te crois pas non plus, alors on va faire un marché. On va faire comme si on ne le pensait pas. Comme si on était sûr de ce que l’on valait et que l’on avait aucun doute sur ce que l’on se donne l’une à l’autre. Tu sais ce que tu m’apportes n’est-ce pas ? Tu m’as appris qui j’étais, ce dont j’étais capable et tu m’as montré que je possédais des qualités que j’étais loin d’imaginer avoir. Et moi je sais ce que je t’apporte. Je sais que tu m’aimes et que tu risqueras tout pour moi, parce que tu l’as déjà fait. Alors on ne doute plus Tia. C’est terminé. On a de la chance c’est vrai. De s’être rencontré, de s’accorder aussi bien et de tout faire pour que ça marche. Mais on ne doute plus. Ni l’une de l’autre, ni d’être ce qu’il faut l’une à l’autre. On est le meilleur choix possible. On est la meilleure chose dont on pouvait rêver. On doit en être convaincu parce qu’avec nos passés Tia, si on doute, on se fera beaucoup de mal. Et je ne veux plus te voir souffrir chérie. Et si je ne peux pas t’en empêcher, je peux au moins faire en sorte que cela ne vienne plus de moi.

 

La mercenaire n’avait pas quitté le regard de sa compagne tout au long de son discours et c’est avec des larmes dans les yeux et un léger tremblement, qu’elle hocha la tête, signifiant par là même son acceptation totale aux propos de son amie.

 

Alexia put alors enfin attirer son amante dans un baiser long et puissant où le désir de possession l’emporta sur la tendresse. Elles se serrèrent l’une contre l’autre en une étreinte qui se transforma rapidement en attouchements passionnés.

 

Elles firent l’amour avec ardeur, volonté et passion. Mais dont la tendresse et la douceur furent, pour une fois, exclues.

 

Lorsqu’enfin, repues et rassurées sur elles-mêmes et leur relation, Tia et Alexia roulèrent sur le dos pour se laisser enfin aller à un sommeil partagé, la tendresse refit surface. Alexia embrassa la clavicule de son amie et chuchota  en s’endormant :

 

- Reste avec moi Tia… Reste avec moi… Toujours.

 

La mercenaire resserra son bras sur le dos d’Alexia et la contempla alors qu’elle glissait dans le royaume de Morphée. Elle ferma et visualisa son cœur. Le dégel qui avait commencé avec la venue d’Alexia quelques heures plus tôt avait achevé son œuvre. La noirceur qui le racornissait avait elle aussi disparue et si la couleur était encore un peu terne, Tia fut satisfaite de se sentir aussi bien. Un poids considérable avait quitté son estomac et ses épaules. Mais il en restait un qui alourdissait fortement son cœur et un autre sa tête. C’était les plus douloureux mais elle savait maintenant qu’ils disparaîtraient dès qu’elle se sentirait prête à en partager le poids avec Alexia.

 

C’était si bon d’avoir quelqu’un avec qui partager ses cauchemars les plus noirs en sachant sans le moindre doute possible qu’elle ne serait pas rejetée, mais seulement soutenue. Cela enlevait une angoisse à des révélations déjà suffisamment angoissantes en elles-mêmes.

 

Elle embrassa le haut du crâne de son amante et murmura :

 

- Itsuno, ai. Itsuno. Toujours, amour. Toujours.

 

 

 

**********************************

 

 

Elles passèrent les jours suivants scotchées l’une à l’autre, se retrouvant et pansant leurs blessures respectives avec le calme absolu de ceux qui savent qu’ils possèdent tout le temps du monde.

Décembre arriva et Tia se rappela que son oncle espérait passer les fêtes avec elles. Elle en parla avec Alexia et elles convinrent de se rendre en Australie pour Noël. Après bien des débats et aidée d’Enyalios, Alexia parvint à la convaincre que Sassem n’avait fait que bluffer.

 

Pour la peine qu’il s’était donné et pour l’indéfectible soutien qu’il avait montré envers sa compagne, Alexia l’invita à passer les fêtes avec elles. Lorsqu’elle l’apprit à sa mercenaire, celle-ci la regarda avec un mélange d’incrédulité et d’horreur.

 

- Eh bien quoi ?

 

- Tu n’as jamais vu Enyalios bourré.

- Ben non.

 

- Ben tu le verras. Et crois-moi après ça, tu oblitèreras de ta mémoire toute idée de fêtes en sa compagnie.

 

- Oh allez Tia, ça ne peut pas être aussi terrible ! Et puis ton oncle est d’accord.

 

Sa compagne se contenta de hausser les épaules en lui jetant un regard qui disait : je t’aurais prévenu, ce qui amena un doute dans l’esprit d’Alexia. Elle invita aussi Linya avec l’idée de poser la question embarrassante sur leur baiser, une fois dans l’avion. Elle avait hâte de voir la tête qu’elles feraient lorsqu’elles se rendraient compte qu’elle savait !

 

Un petit rire sadique d’anticipation lui échappa et Tia lui jeta un coup d’œil intrigué. Elle passa devant elle en lui faisant un petit signe puis rejoignit Lizzie, qui surveillait le barbecue improvisé sur la plage un peu plus tôt par Tia.

 

Alors qu’elle donnait quelques explications à la jeune fille sur la meilleure manière de cuire sans brûler, elle observa sa compagne deviser avec une des Nazaréennes permanentes de l’île. Le rire grave et mélodieux qui éclata soudain amena un sourire sur son visage. C’était si merveilleux de voir Tia rire à nouveau.

 

Elle savait pour en avoir discuté avec elle, que tout n’était pas encore résolu et qu’il lui faudrait du temps, beaucoup, et de la patience, encore plus, pour surmonter les derniers évènements, autant que pour parvenir à lui relater la suite de son enfance désastreuse. Mais elle était sur la bonne voie. Elle n’était plus aussi accablée qu’auparavant et Alexia comprit avec un ravissement incrédule que c’était grâce à elle. Elle l’avait acceptée sans la juger. Sans la repousser. Et cela avait fait toute la différence.

 

Alexia avait encore du mal à croire qu’elle avait eu autant de chance. Elle était si sûre, à la vue de l’ampleur et de la profondeur de sa douleur, qu’elle arrivait trop tard !

 

Reconnaître qu’elle souffrait et qu’elle, Alexia, avait été négligente et qu’elle le regrettait avait suffit.

 

Elle avait vraiment du mal à croire qu’elle pouvait avoir un tel pouvoir. Et pourtant.

Et c’était tout ce qu’il y avait de plus réciproque d’ailleurs. Un mot, un geste, un regard d’elle, avait le pouvoir de la ravir ou de la déstabiliser complètement.

 

Tia lui avait pardonné avec une telle facilité, comme si elle n’avait rien à se reprocher, comme si la question ne se posait même pas et cela l’avait tellement soulagée ! Dieu après des minutes aussi longues que la mort, elle avait eut l’impression de revivre. Et c’était si bon…

Elle avait bien l’intention de se montrer à la hauteur cette fois.

 

 

 

**************************************

 

 

 

Le jour de Noël était un jour que Lizzie détestait auparavant. Mais aujourd’hui, entourée de Tia, de sa famille et de ses amis, elle trouvait que c’était une fête qui en valait la peine. Tia riait à gorge déployée. Elle venait de perdre un pari, à sa grande surprise, et Alexia lui infligeait son gage, une chatouille endiablée. Elle se tortillait sur sa chaise, essayant désespérément d’échapper aux mains espiègles et Alexia riait à peu près autant que sa victime.

 

Katrina quant à elle, tentait de détourner l’attention de son très bourré frère, de Trinity, qui n’appréciait que modérément ses attentions amoureuses. Il venait d’ôter son t-shirt afin de lui montrer sa musculature avantageuse et posait maintenant de façon totalement ridicule. 

 

Gin quant à lui tentait de garder un visage rigide devant le déplaisir manifeste de sa fille, mais lorsqu’Enyalios se mit à prendre des poses de culturiste, après avoir retiré son pantalon pour impressionner sa fille, et que celle-ci se cacha les yeux devant tant de lourdeur, il ne put se retenir plus longtemps et éclata de rire.

 

La fête dura longtemps et le repas fut succulent. Peu avant que minuit ne sonne, Gin réclama l’attention générale. Le brouhaha finit par diminuer puis disparaître et tous les yeux se tournèrent vers lui.

 

- Je vous remercie. Tout d’abord je souhaitais tous vous remercier d’avoir bien voulu partager avec nous ce moment de joie en famille. Ensuite j’ai une nouvelle à vous apprendre. Qui te concerne Lizzie en premier lieu. J’espère que tu seras d’accord avec ça, fit-il avec un sourire.

 

Lizzie ouvrit de grands yeux inquiets, mais le sourire qu’il lui adressa calma quelque peu les battements désordonnés de son cœur.

 

- Voilà, en accord avec ma fille et après en avoir discuté avec Katrina, j’ai décidé, si tu le veux bien, de t’adopter.

 

L’expression de Lizzie fut la réplique identique de celle de Tia et Alexia le remarqua avec amusement. « Elle fait partie de la famille depuis seulement 5 secondes et déjà elles ont les mêmes expressions ! »

 

Lizzie ne parvenait pas à croire à ce qu’elle venait d’entendre. Faire partie de la même famille que Tia ? Avoir Gin comme père ? Avoir une famille ? Bien sûr qu’elle le voulait !

 

- Alors Lizzie ? s’enquit Gin avec un brin d’anxiété. Qu’est-ce que tu en penses ?

 

- Je... j’en pense que c’est trop cool ! s’écria-elle en revenant de sa stupeur.

 

Le sourire chaleureux qui lui fit face apaisa toutes les craintes qu’elle pouvait nourrir quant à ce nouveau changement. Elle jeta un coup d’œil à Trinity, et le sourire qui l’accueillit la rassura. Enfin elle se tourna vers Tia et attendit.

 

Celle-ci la dévisagea puis passa une main par-dessus la table et lui lança :

 

- Bienvenue dans la famille frangine ! dit-elle avec un grand sourire.

 

- Eh, c’est ma sœur ! intervient Trinity faussement offusquée.

 

Trinity en avait longuement débattu avec son père. Depuis leur arrivée deux semaines plus tôt en fait. Au début les origines douteuses de l’adolescente et son adoration évidente pour sa cousine, l’avait incitée à s’opposer au projet de son père. Elle savait bien pourquoi il voulait l’adopter, elle lui rappelait Tia. Un mélange d’elle enfant et d’elle aujourd’hui.

 

Par la suite, elle avait appris à connaître un peu la jeune fille et sa méfiance avait lentement laissé la place à de la compassion, puis de l’appréciation et elle s’était rappelé son vœu le plus cher lorsqu’elle était enfant.

 

Elle avait, d’aussi loin qu’elle s’en souvienne, toujours voulu une grande famille. Elle détestait être fille unique et entendre les histoires que son père racontait sur la famille de son frère, lui donnait terriblement envie de connaître elle aussi, une agitation chaleureuse identique.

 

Aujourd’hui, si elle le souhaitait, son rêve pourrait devenir réalité. Elle pourrait avoir une petite sœur. Elle avait donc pris son père à part et avait accepté son projet. Il avait eu l’air fou de joie. Et à voir le visage illuminé de celle qui allait bientôt être sa sœur, elle ne le regretta pas.

 

En observant Tia discuter avec animation, elle prit conscience que c’était à elle qu’elle devait sa nouvelle sœur et ce repas de fête tel qu’elle en avait toujours rêvé. Vivant, bruyant et chaleureux.

 

« Même ses amis étaient agréables », songea Trinity à propos de sa trop belle cousine. Peut-être était-elle jalouse en fait ? Et peut-être était-il temps de lui laisser une vraie chance ? Après tout, elle la lui devait bien. Son père n’avait jamais paru aussi heureux que depuis qu’il l’avait retrouvé.

 

Ça pourrait être un chouette cadeau de Noël et une bonne résolution du nouvel an…

 

 

 

*******************************

 

 

Alexia observait Tia et Linya échanger blagues et regards complices et se remémora leurs airs embarrassés lorsqu’au milieu du ciel, elle avait abordé le sujet du baiser.

 

Leurs têtes stupéfaites et extrêmement gênées étaient à mourir de rire. Elle avait pourtant gardé un visage impassible et une expression soigneusement neutre. Les deux jeunes femmes avaient échangé des regards hésitants, ne sachant pas quoi dire pour se justifier ou s’excuser.

 

- Euh écoute Alex, commença sa meilleure amie sans savoir réellement quoi dire, ce n’est pas ce que tu crois.

 

- C’est vrai, confirma la mercenaire. Je… déjà c’est de ma faute.

 

Là, le plissement des yeux d’Alexia et son tressaillement n’était plus feint. Se serait-elle trompée ?

 

- Je… je ne me sentais vraiment pas bien et… en fait, je ne sais pas pourquoi j’ai fait ça… je… je crois que je voulais juste oublier que j’avais mal… je… Ça n’avait rien avoir avec une quelconque attirance ou quoi que se soit de ce type, sans vouloir t’offenser, avait-elle ajouté à l’attention de Linya.

 

- Pas de souci, c’est idem pour moi. Tu sais que je ne suis pas gay, avait-elle dit à son amie. Alors vraiment tu n’as rien à craindre. Je… ne veux pas dire que dans le cas contraire tu aurais eu quelque chose à craindre, hein ? C’est juste que bon je ne suis pas gay et que ce baiser était juste un moyen de réconfort, mais je t’accorde qu’il y en a d’autres et que j’aurais dû les utiliser en priorité, débita Linya de plus en plus mal à l’aise.

 

Alexia n’y tint plus et elle explosa de rire. Elle rit si fort et si longtemps qu’elle finit par tomber de son siège et se rouler par terre. Finalement elle s’était relevée en s’essuyant les yeux et avait expliqué entre deux hoquets :

 

- Pas de souci. Je sais que ça ne signifiait rien mais si vous aviez vu vos têtes ! Et tu sais Linya, l’argument du je ne suis pas gay, ne marche pas avec moi. Je ne l’étais pas non plus avant de la rencontrer. Ça ne m’étonnerait pas que tu le deviennes à son contact, mais ça ne me fait pas peur. Tia n’aime que moi ! déclara-elle avec un brin de suffisance.

 

Linya et Tia était si soulagée de s’en tirer à si bon compte qu’elles ne pensèrent même pas à s’offusquer de la blague. Toute deux connaissaient la jalousie légendaire de la jeune blonde.

 

- Au fait chérie, interrogea Alexia l’air nonchalante. Tu n’aurais pas un truc à m’apprendre sur Katrina par hasard ?

 

Tia qui pensait être débarrassée des sujets gênant se figea.

 

- Euh… c’est la sœur d’Enyalios ? tenta-elle.

 

- Qu... quoi ?! Je me disais bien qu’elle me rappelait quelqu’un et que son nom de famille m’était familier, marmonna-elle pour elle-même. Je ne le savais pas, reprit-elle plus haut, mais ce n’est pas ce que je voulais dire.

 

Tia qui pensait que sa ruse fonctionnerait, sentit ses épaules s’affaisser et la résignation l’envahir.

 

- Euh… eh bien, si tu veux tout savoir…

 

- Je le veux oui.

 

- Euh…eh bien, nous avons eut une liaison il y a quelques années. Assez brève en fait. C’était au début de ma carrière. Peu après que je quitte Enyalios.

 

« Eh ben, elle a pas perdu de temps dis donc ! Après le frère, la sœur ! » se dit Alexia surprise.

 

- Ça n’a pas été long, mais elle m’a permis de comprendre que j’aimais les femmes.

 

«  Merde, ça je ne voulais pas le savoir ! C’est sa première femme et Enyalios d’après ce que j’ai compris, à été son premier mec. Fantastique la famille Ramreno symbolisera toujours quelque chose de particulier pour elle ! » Alexia soupira et comprit que deux choix s’offraient à elle. Soit elle acceptait et passait à autre chose, soit elle piquait une crise et tout le monde serait malheureux.

 

Elle opta pour la première solution et sourit à sa petite amie.

 

- Ok.

 

- Ok ?

 

Alexia hocha la tête.

 

- Pas de… tu es sûre ?

 

- Sûre de chez sûre. Tu es avec moi maintenant non ?

 

- Évidemment !

 

- Et tu n’as pas l’intention de retourner avec elle ?

 

- Bien sûr que non !

 

- Alors tout va bien.

 

Tia la dévisageait, incrédule. Pas de crise de jalousie ? Waouh, elle avait du bol aujourd’hui !

 

Alexia prit note de son expression ébahie et s’en amusa. Elle décida qu’elle aimait bien la surprendre et n’en prit pas ombrage. Elle se demanda tout de même si Tia n’avait pas couché avec la moitié de la planète. Toutes les personnes qu’elle avait rencontrée ou presque avaient eu une liaison avec elle. Sans parler du fait que Tia elle-même lui avait dit avoir eu un tas d’aventure avant elle !

 

Mais après tout, quelle importance ? Elle avait bien l’intention d’être la dernière avec qui elle le ferait ! Et puis, elle savait de source sûre qu’avant elle Tia n’avait jamais été amoureuse ! En cela, elle avait la primeur, et c’était la source d’une très grande joie et d’une immense fierté ! Elle préférait nettement être la première en ce domaine, qu’en celui du sexe !

 

 

 

******************************

 

 

Plus tard, ce matin de Noël là, Alexia offrit enfin les cadeaux qu’elle gardait avec elle depuis plusieurs semaines, à une Tia surprise mais très touchée.

 

A voir le visage intrigué qui examinait son loup noir sous toutes les coutures, Alexia en conclut qu’elle avait réussi sa construction et une bouffée de fierté la submergea. Quant à son collier en cristal en forme de cœur, Tia l’avait passé à son cou presque immédiatement et avait passé quelques minutes à jouer avec les lumières qui s’y reflétaient avec l’air d’une enfant émerveillée.

 

A ce moment là, Alexia avait compris qu’elle avait aussi la primeur dans ce domaine. Tia n’avait jamais reçu de cadeau. Ce constat, si loin de la vie qu’elle avait eu, lui serra le cœur. Elle se jura dès lors de fêter chaque évènement de la vie de sa mercenaire. Tia méritait, plus que quiconque, d’avoir une vie remplie de rire et de légèreté.

 

Elle se leva et embrassa son amie sur la tête en entourant son corps de ses bras.

 

- Je t’aime, murmura-elle pour n’être entendue que d’elle seule. Joyeux Noël.

 

Tia avait tordu la tête de manière à croiser son regard et lui avait sourit comme une petite fille, son cristal dans une main et son loup dans l’autre. Puis elle lui avait donné un petit coup de tête gêné et l’avait remercié timidement.

 

- Je n’ai rien pour toi, je ne me rappelais plus qu’on offrait des cadeaux à Noël désolée, mais je promets de me rattraper.

 

- Inutile, continua-elle à voix basse. Mon plus beau cadeau je l’ai déjà eu.

 

- Ah bon ? Et qu’est-ce que c’est ?

 

- Toi…

 

Tia l’avait fixé bouche bée avant de répliquer :

 

- Mais ce n’est pas un cadeau ça…

 

- Oh si crois-moi. C’est le seul dont j’avais envie, alors pas d’inquiétude. Ton sourire à la vue de mes présents, m’a comblée comme je n’aurais jamais pensé qu’un sourire le pouvait.

 

Tia avait envie de protester.

 

- Tia, s’il te plaît… je ne veux rien d’autre que toi…

 

- Alors toute la nuit, dans ce cas… déclara la grande femme avec un sourire coquin.

 

- Ça c’est une proposition qui me plaît !

 

 

 

***************************************

 

 

Deux jours après Noël, le téléphone portable de Tia sonna, la tirant d’un sommeil extrêmement court. Elle grogna et soupira puis sortit une main de sous la couette épaisse et tâtonna avant de pêcher l’objet du délit sous une pile de vêtement au sol.

 

- Ouais ? fit-elle d’une voix éraillée.

 

- C’est Frédéric.

 

- Frédéric ? répéta-elle en se redressant d’un coup, rejetant les couvertures et amenant le froid sur le corps nu d’Alexia qui s’enfouit un peu plus loin sous la couette en grognant. Qu’est-ce qui se passe ?

 

- C’est Len. Il… il faut que tu viennes. Il est à l’hôpital et il va mal.

 

Tia sentit son sang se glacer. Len…

 

- Que… c’est grave ?

 

- Oui. Mais ça peut s’arranger si tu viens vite et… que tu passes les tests de compatibilités.

 

- Qu’est-ce que… ? Qu’est-ce qu’il a ?

 

- Il… un accident de cheval… stupide… il est mal tombé et… il s’est abimé un rein.

 

- Lara n’est pas compatible et de toute façon elle est trop jeune. Je ne le suis pas non plus et… ils disent que la famille à 50% de chance de l’être alors…

 

- Alors… j’arrive.

 

 

 

FIN PARTIE V.