INDISCRETIONS

Deuxième saison

Créée, produite, réalisée et écrite par : Fanatic et TNovan

Traduction : Fryda (2012)

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Episode 21 : Comment être une compagne attentive

Je me glisse hors du lit en lui donnant mon oreiller. Elle n’est pas très contente mais elle le prend et se rendort. Kam a besoin d’être promené. Pendant que je suis sortie, j’attrape de quoi petit déjeuner et les journaux du dimanche. Ça va être un dimanche de détente à la maison.

Je n’aurais jamais pensé que j’aimerais cette idée, mais j’aime bien. Vraiment.

Seigneur, Harper, tu vas peut-être devenir adulte après tout. Qui aurait su que tout ce dont tu avais besoin, c’était la bonne fille ? Et, bon sang, tu as vraiment touché le gros lot avec Kels. Quoi que tu fasses, ne fous pas tout en l’air. C’est la meilleure chose que tu aies jamais eue dans toute ta vie.

« Je t’aime », je murmure en embrassant sa joue avant de sortir de la pièce.

Kam me retrouve à la porte de la chambre à coucher avec son collier et sa laisse dans la gueule. Un peu plus et je dirais bien qu’il était près à cogner à la porte si je n’étais pas sortie à l’instant.

Je ris en regardant mon copain. « Désolée, mon gars. J’ai un peu trop dormi. » Je glisse le collier par-dessus sa tête. « Allez, on va chercher des bagels pour Petit Gourou. »

« T’en donne pas au chien ! » Crie-t-elle depuis le lit. Je regarde pour la voir un peu réveillée et qui me sourit. « Et je le pense vraiment, Tabloïde. »

« Ouais, ouais, ouais. » Comme si Kam ou moi en avions quelque chose à faire. « Tu veux venir avec nous pour t’assurer que je ne le corromps pas ? » Ça ne va pas arriver de toute ma vie.

« Non. » Elle replonge sous les couvertures. « Je te fais confiance. »

Bon sang. Il fallait qu’elle dise ça, hein ? Je regarde mon copain et je hausse les épaules. « Tu l’as entendue, t’as foutrement pas de bol là. Pas de bagels. » Je fronce les sourcils. « Et je dois un autre dollar au bocal. » Je dis ça assez fort pour que Kels entende que je me suis attrapée moi-même.

Kam a presque l’air fâché. Je pense qu’il s’était fait une joie de manger un bagel sympa au saumon avec du fromage à la crème ce matin.

« Allez. Peut-être que tu pourras lui en quémander une bouchée quand on rentrera. »

 

* * *

 

Quand Tabloïde et Kam rentrent à la maison, j’ai réussi à prendre une douche et à me verser un verre de jus de tomate. Je déteste ce truc mais les bébés semblent l’adorer parce que j’en bois au moins un verre par jour. Pourquoi quand on est enceinte, on veut des trucs qu’on déteste d’habitude ? C’est un tour cruel de la nature.

Je les entends entrer et j’appelle Kam. Il entre dans la cuisine en trottinant et se plante à mes pieds.

« Tu aurais au moins pu te nettoyer le museau. Tu as de la crème dessus », lui dis-je, en tapotant le haut de ma poitrine. Il se met sur ses pattes arrière et s’appuie sur mes épaules. Techniquement, c’est encore un chiot. Je ne sais pas ce qu’on va faire quand il sera adulte. Il va me faire tomber d’un coup. J’essuie la crème de son museau et je le laisse la lécher sur mon pouce. Tabloïde entre et pose les sacs sur le comptoir.

« Dis-moi qu’il t’a attaquée pour avoir le bagel. »

« Il m’a attaquée pour avoir le bagel », répète-t-elle avec obéissance, en déballant les sacs.

« Qu’est-ce que je vais bien pouvoir faire de vous deux ? »

« Ben, tu peux me donner un baiser. » Elle se penche pour l’avoir et je le lui donne volontiers. Elle gâte peut-être notre chien mais je peux la gâter moi autant que je le veux. « Maintenant tu peux gronder ton chien parce que c’est un pique-assiette éhonté. »

« Quoi ? »

Elle soupire et s’appuie contre le comptoir en retirant le couvercle de son café. « Pendant que j’étais dans la boulangerie pour acheter notre petit déjeuner, ton chien était dehors à taxer des morceaux aux gens qui sortaient. Si c’était un comédien de rue, il serait riche. Voilà comment la crème est arrivée sur son museau. Je l’ai laissée pour qu’il se fasse attraper. »

Je croise les bras et je la regarde. « Tu t’attends à ce que je crois ça ? »

« Je te le jure, c’est la vérité vraie. »

Je prends le journal et mon jus de fruits et je me dirige vers le patio. « C’est pathétique, Tabloïde. Essaie de trouver mieux la semaine prochaine. »

« Je te l’avais bien dit que tu allais m’attirer des ennuis, » je l’entends grogner sur lui. « Espèce de pique-assiette, je vais payer pour ça toute la journée et je n’ai rien fait de mal. Je te préviens que tu ne viens pas à la boulangerie la semaine prochaine. »

 

* * *

 

Nous sommes allongées sur le lit. Je suis appuyée contre la tête de lit à faire les mots croisés du dimanche et Kels est près de moi, placée de telle façon que je puisse lui masser le bas du dos. « Dix lettres pour intrépide ? »

Kels lève les yeux des candidatures de nounous posées devant elle et penche légèrement la tête. « Courageuse. »

Ça marche. « C’est effrayant, Kels. Comment tu fais ça ? » Je remplis les cases.

« J’ai fait beaucoup de mots croisés petite. » Elle se glisse près de moi et me masse l’estomac. C’est un autre Weekend Sans Vêtements dans la maison Kingsley. « Tu veux voir quelque chose de vraiment effrayant, regarde ça. »

Je prends la candidature et je jette un rapide coup d’œil. « Non. » Je la froisse et je l’envoie dans la corbeille. Elle passe à travers le petit cercle de basketball que j’ai fixé au-dessus et atterrit sur celles que j’ai jetées précédemment. « Deux points. »

Elle rit et passe à la suivante. « Ça va être un vrai cauchemar. Certaines de ces candidatures sont irréelles. Oh, tu vas aimer celle-là. »

Je la prends et la lis. « C’est une blague, non ? Elle demande vraiment ça? »

« Oh, c’est plutôt banal. Elle veut juste que son petit ami puisse habiter ici aussi. Tu devrais voir certaines des autres demandes. »

Je pose mes mots croisés et je prends une candidature. « Chérie, tu vois celle-là ? »

« Hmm hmm. »

« Si, à ton avis, les autres candidatures que tu as là sont pires que celle-ci, je ne veux même pas les regarder. T’as qu’à juste les jeter. »

« Ce n’est pas vraiment une façon de faire, Tabloïde. »

« Ça me semble la meilleure pour l’instant. »

Elle passe rapidement les candidatures en revue et finit par toutes les jeter sur le sol.

Je hausse un sourcil interrogateur.

« Il me vient à l’esprit », dit Kels dans un ronronnement en chevauchant mes hanches, « qu’il y a autre chose que je préfèrerais faire. »

« Un mot de six lettres pour orgasme ? » Je la taquine pendant qu’elle me repousse en appuyant sur mes épaules.

« Kelsey », dit-elle d’un ton concupiscent, en enfonçant ses ongles dans mon épaule. « Et tu vas le crier haut et fort dans un petit moment. »

Oh, ça va être le genre de journée que j’aime.

 

* * *

 

Lorsque la réunion de reportage est terminée, Sam et moi nous dirigeons vers mon bureau. Il va me donner les éléments sur le sujet sur lequel il travaille et qui m’a été assigné. Apparemment, Langston est toujours en boule contre Kels. Une fois encore, elle est reléguée aux sujets légers. Elle m’a dit qu’elle avait été gentille mais je ne peux pas m’empêcher de me demander ce que mon épouse chérie a bien pu faire pour rester en haut de sa liste de victimes potentielles cette semaine. En général, il est passé à sa cible suivante à ce stade. Il faudra que je trouve un moyen pour que Kels et moi on déjeune ensemble aujourd’hui pour lui demander.

Sam est assis dans le fauteuil en face de mon bureau et il ouvre son bloc-notes. « Harper, il va falloir qu’on aborde ça avec ménagement au début. Si ces gens sont effrayés, on n’aura jamais ce qu’on veut. »

« Et qu’est-ce qu’on veut exactement, Sam ? »

Il bouge dans son fauteuil, visiblement à cran sur le sujet. « Si j’ai raison, c’est un cas sérieux de maltraitance systématique sur enfant. »

Il a toute mon attention maintenant. Depuis que j’ai appris que Kels était enceinte, on dirait que je ne vois plus que des gamins – dans la rue, à la télévision, dans l’épicerie. Ils sont partout. La pensée que quelqu’un pourrait en maltraiter un… et bien, disons juste que mon sang se mettait à bouillir avant et que maintenant, ça me rend enragée. Je me penche en avant et pose les bras sur mon bureau. « Dis-moi ce que tu sais. »

« Je sais que j’ai retiré mon fils d’une garderie après qu’il ait eu trois accidents en moins de deux mois. Harper, mon gamin est sourd mais pas sujet aux accidents. »

D’accord, c’est personnel. Je ne sais pas jusqu’à quel point je pourrais être objective dans ce genre de situation. Il va falloir que je regarde longuement ce sujet. Un bon producteur veille sur les arrières de son présentateur vedette. « Et quel est le problème à ton avis ? »

« Je pense que c’est le genre de cas où les gens ne sont pas bien formés pour s’occuper des enfants qu’on leur confie. Ils sont frustrés… » Sa voix s’éteint doucement.

« Et ils se vengent sur les gamins ? »

« Oui. » Il hoche la tête, son regard croise le mien. « Je veux arrêter ça avant qu’un enfant innocent ne soit méchamment blessé ou ne meure. »

Ça je peux facilement m’y rallier. « Alors on y va. »

 

* * *

 

« Je n’ai rien fait, je te le jure. »

Harper me regarde du coin de l’œil. Elle prend le hot-dog que lui tend le vendeur après avoir demandé qu’il mette une grosse cuillère de sauce vraiment épicée dessus. « Alors pourquoi est-ce que tu es toujours reléguée aux sujets légers ? »

Elle me prend par le bras et me guide vers une volée de marches où on s’assoit. A part les bruits de la rue, c’est plutôt sympa d’être au soleil et à l’air pur, si on peut parler d’air pur à New York. « Je n’en ai aucune idée. » Une fois encore, j’ai envie de quelque chose que je suis à des années lumière de penser à manger de moi-même. « Hé ? »

Elle s’arrête juste avant de mordre la première bouchée. « Oui ? »

« Tu vas manger ça ? » Je ne peux pas croire que je suis en train de dire ça.

« C’était l’idée, oui. »

J’avance un peu la tête et je lui fais un sourire très exquis. « Ça a l’air plutôt bon. »

« Moi ou le sandwich ? » Me demande-t-elle d’une voix très confuse.

« Ce n’est pas gentil de poser des questions tordues, Tabloïde. »

« Ce n’était pas une question tordue. Je ne t’ai jamais vu reluquer un hot-dog comme ça avant. »

« C’est la faute à nos enfants. Alors tu me le donnes ou il faut que je me débrouille pour en trouver un chez le vendeur ambulant ? »

Elle regarde successivement le hot-dog et moi. « Tu vas le manger ? Ou bien tu vas le frotter sur ton estomac ? »

Je soupire. « J’avais prévu de le manger, mais si tu rends les choses difficiles, je vais bouger mon corps de femme enceinte et aller me bagarrer dans la foule pour avoir le mien. »

« Attends un peu, Miss Electricité. » Elle pose une main sur mon bras et me tend le sandwich. « Tiens, prends-le, mange-le, savoure-le. Je bouge mon cul de compagne attentive là-bas et je me prends un hot-dog. Et je t’en rapporte un deuxième. »

« Merci. » Je prends le sandwich et je la vois qui me sourit d’un air narquois. « Mais économise l’argent du mien. Il ira dans le bocal. »

« Est-ce que ce n’est pas génial la façon dont je prépare toute seule l’avenir de nos enfants ? » Elle se penche et me dépose un rapide baiser sur la joue avant de partir au petit trot vers la voiturette pour un autre sandwich.

Quand elle revient, elle me tend une bouteille d’eau dont j’ai désespérément besoin. Cette sauce était bien plus épicée que je ne le pensais. « Merci. » Je réussis à sortir ces mots en toussant tout en décapsulant la bouteille pour prendre une longue gorgée. « J’espère qu’ils ont apprécié. C’était totalement dégoûtant. A propos, tu vas sortir à temps ce soir ? »

« Ça se pourrait. Pourquoi ? »

« Tu veux recevoir une nounou ? »

« Bien sûr, on peut faire ça. Et les hot-dogs de New York sont une œuvre d’art. Comment tu peux ne pas les aimer ? »

« C’est vrai, c’est aussi ce qu’ils ont dit à propos de l’exposition de sièges de toilettes au MOMA, Tabloïde. Peut-être que ça a à voir avec la forme », dis-je avec un sourire tout en m’essuyant les mains avec une serviette.

Avant d’avoir à lui donner immédiatement une bourrade dans le dos pour l’empêcher de s’étouffer. Quand elle peut à nouveau respirer, elle fixe le hot-dog avec dégoût. « Je vais avoir besoin d’une thérapie avant d’en remanger maintenant. Je veux dire que les implications freudiennes de ce que tu viens de dire donnent le tournis. » Elle commence à geindre. « Kels, comment tu as pu me faire ça, à moi ? C’était méchant. » Je la regarde jeter le reste du sandwich. « Allez. » Elle me prend le bras. « On va chercher des frites chez l’autre vendeur. »

Je me demande bien à quoi je devrais les comparer pour qu’elle les laisse aussi tomber.

 

* * *

 

Notre première candidate semble avoir un potentiel réel, du moins si on se réfère à son dossier. Jusqu’ici, la seule chose que j’ai remarquée, c’est que son corsage est un peu trop ouvert ; mais hé, j’ai l’intention de lui fournir un code vestimentaire quand elle sera près de mes enfants et d’Harper.

Harper tient la planchette à pince avec la candidature et l’étudie attentivement. Elle prend cette chasse à la nounou aussi sérieusement que Woodward et Bernstein ont étudié l’effraction du Watergate. Je suis confiante dans le fait que nos enfants vont avoir la meilleure nounou au monde étant donnés ses critères.

J’ai le regard fixé sur la femme en face de moi, qui ne semble pas pouvoir détacher le sien de ma femme. Peut-être que j’ai mal jugé celle-ci. Elle n’est peut-être pas celle qu’il nous faut.

« Parlez-moi d’une fois », demande Harper, « où vous avez eu à vous occuper de deux jeunes enfants et qu’il y a eu une crise. Quelle a été cette crise et comment l’avez-vous gérée ? »

Harper semble inconsciente de la façon dont elle est fixée. C’est bien, très bien. Mais quand même, je ne suis pas amusée de la façon dont la trai... la candidate se penche en avant et se lèche les lèvres avant de donner sa réponse. Elle flirte avec mon Harper.

Hello ! Femme enceinte dans la pièce. Tu te rappelles de moi.

Je regarde Harper qui prend studieusement des notes de la réponse qu’elle reçoit. Oublie, Tabloïde ; elle pourrait bien avoir sauvé un bus, plein de nonnes et d’orphelins, sur le point de basculer d’une falaise, elle ne fait pas l’affaire.

« Ça vous poserait un problème d’avoir à voyager pour ce job ? » Harper pose une autre des questions que nous avons vues ensemble. De temps en temps, ça peut être un mal nécessaire, mais pas avec cette nana-là.

Elle fait un sourire plutôt timide à ma compagne. « J’irai partout où vous en aurez besoin. »

Et pourquoi pas sauter du haut d’un balcon du cinquième étage ?

« Vous avez des questions à nous poser ? » Harper semble totalement inconsciente de la situation. Soit elle est totalement accaparée par l’entretien soit elle fait de son mieux pour ignorer ce qui se passe.

« Est-ce que j’en ai », elle s’interrompt brièvement, « une présence la nuit ? »

Pas ici. Sûrement pas. Jamais de la vie. C’est la vieille goutte d’eau définitive qui fait déborder ce vase. Je me racle la gorge pour attirer l’attention d’Harper. Je secoue légèrement la tête et en moins de temps qu’il n’en faut, cette petite trainée sort de ma réalité. Harper est très gentille et la laisse sortir par la porte principale. Je suis prête à aller voir si elle peut s’envoler. Bon sang, d’autres nounous l’ont fait après tout. Je lui filerai même un parapluie si ça peut l’y aider.

« Qu’est-ce qui cloche chez elle ? » Demande Harper en revenant dans le séjour.

« Elle flirtait avec toi. »

« Ah oui ? » Le regard bleu clair croise le mien.

« Oh s’il te plait. Oui, elle flirtait. Tu n’as pas remarqué »

« Pas vraiment. Mais elle semblait plutôt amicale, oui. »

« Plutôt ! Tabloïde, si je n’avais pas été là, elle aurait fait l’entretien toute nue. Je soupçonne qu’elle aurait fait n’importe quoi pour avoir le poste. »

« Et bien, je ne suis pas libre. » Elle remue son alliance dans ma direction. « J’ai déjà la meilleure fille du coin. »

Je ne peux pas m’empêcher de sourire. « Bonne réponse. » Je lui prends la candidature des mains et je la déchire en deux. Ce n’est pas aussi satisfaisant que de balancer cette garce du haut du balcon mais ça ira quand même. « J’ai le sentiment que ça va être un véritable cauchemar. Entre les tarées et les trainées, on va disqualifier pas mal de monde. »

Elle jette la planchette à pince sur le canapé. « C’est vrai. Bon, pourquoi est-ce qu’on ne va pas faire de beaux rêves, toi et moi, chér ? »

« Hmm, c’est une offre à laquelle j’adhère pleinement. Est-ce que tu va me masser le dos ? »

Elle me lance un sourire diabolique puis me tourne vers la chambre à coucher et elle me masse les épaules tandis que nous marchons dans le couloir. « Ton dos, ton devant. Tu dis juste au Dr Kingsley où tu as mal. »

 

* * *

 

« Comment se passe le sujet avec Sam ? » Demande Kels installée sur mes cuisses. Nous sommes dans la pièce principale, à regarder une vidéo et à nous détendre après une longue journée de travail. J’ai posé les pieds sur la table basse – tant que je ne porte pas de chaussures, c’est acceptable aux yeux de ma chère épouse – et Kels est allongée sur le canapé. De là où elle est, elle exige alternativement que je lui gratte la tête, que je lui masse le ventre et que je lui donne des bonnes choses à manger. Je pense qu’elle a passé trop de temps avec Kam. Bien entendu, je ne le lui dirai jamais à elle. J’apprécie la vie et j’aimerais bien voir mes enfants un jour.

« Tu veux en savoir plus sur quoi exactement ? Le sujet ? Ou bien Sam ? » Deux conversations totalement différentes.

Elle me sourit avec affection. « Tu es tellement précise. Pas étonnant que tu sois une si bonne productrice. » Elle s’étire et se blottit un peu plus sur moi. « Commence avec Sam. »

« C’est un brave type, je l’aime bien. Il est du genre ‘ce que vous voyez est ce que vous obtenez’. J’aime bien ça. Il n’y a pas de conneries ou de prima donna de pacotille. C’est plus qu’une marionnette vivante. » Notre domaine de travail a un certain nombre de surnoms particulièrement négatifs pour les présentateurs vedettes. La plupart du temps mérités, voyez-vous. « C’est un homme attaché à sa famille, aussi. Tu savais que son plus jeune fils est sourd, n’est-ce pas ? »

Kels hoche la tête. « Je pense l’avoir entendu dire. »

« Je me demande ce que ça fait. »

« D’être sourd ? »

Je secoue la tête. « Pas ça. Plutôt d’être le parent d’un enfant handicapé. »

« Je pense que le terme politiquement correct est ‘différent’, ma chérie. »

Je soupire. Je me fiche d’être politiquement correcte. Je m’inquiète pour mes gamins. « Je sais. Je me fiche que nos gamins sortent couverts de pois violets, mais est-ce que tu n’y penses pas parfois ? Et s’ils n’étaient pas parfaits ? »

Kels a dû saisir mon inquiétude parce qu’elle attrape ma main et la ramène sur son estomac. « On les aime, quoi qu’il arrive. »

« Je sais. Et je les aimerai, bien sûr. Mais, je déteste penser que nos enfants ne puissent pas m’entendre leur dire que je les aime. Ou bien, s’ils étaient aveugles et ne pouvaient pas nous voir… ou bien la voiture qui leur arrive dessus quand ils traversent la rue. Ou bien s’ils ne pouvaient pas marcher ? Ou bien s’ils avaient un défaut cardiaque ? Ou bien… »

« Ma chérie », m’interrompt Kels avant que j’aie le temps de partir en vrille. « Tu te fais du mal à imaginer tout ce qui pourrait aller de travers. »

Elle a raison, bien sûr.

« Est-ce que tu as une raison particulière d’être inquiète ? Est-ce que ta famille a des problèmes héréditaires ? »

Je secoue vigoureusement la tête. Je le lui aurais dit avant d’utiliser mes frères comme étalons. « Pas du tout. »

« C’est bien ce que je pensais, surtout à en juger par tous tes neveux et nièces magnifiques. Alors, si on se base sur ça, tout va bien se passer. Le Dr McGuire nous l’aurait dit si nous devions nous inquiéter de quoi que ce soit. »

C’est vrai. Je caresse le ventre de Kels d’un geste rassurant. « Quoi qu’il arrive, je les aime. »

« Je le sais, Harper. Je te connais. » Elle se relève et m’embrasse. « Mais s’ils devaient sortir couverts de pois violets, je serais un peu inquiète. »

Je ne peux pas m’empêcher de rire. « Pourquoi ? »

« Est-ce que tu penses que la clinique du sperme aurait pu mélanger le sperme de tes frères avec celui de Barney ? » (NdlT : c’est un dinosaure de Rue Sésame, l’émission télé, qui est violet)

J’éclate de rire ce qui fait rebondir Kels sur mes cuisses. « Oh Seigneur ! Chér, tu viens de déclencher dans mon cerveau la plus horrible des visions de Barney et d’un petit gobelet à pois. »

Elle ricane. « Tu penses qu’ils vont lui montrer ‘Le Sixième Continent’ pour le mettre dans le ton ? »

 

* * *

 

Je rentre à la maison plus tard que prévu. Ça semble toujours être comme ça le vendredi soir. Ça doit être juste pour m’emmerder. Il n’y a rien que j’aime plus que les week-ends avec ma nana. Et, après le boulot que j’ai fait cette semaine sur le reportage, j’ai vraiment hâte que celui-ci arrive.

Kam me rejoint à la porte mais avec un peu moins d’exubérance que d’habitude. « Salut, mon gars. » Je me mets à genoux et je le prends dans mes bras, tout en ébouriffant son poil. Il gémit dans mon oreille et me lèche le cou. « Qu’est-ce qui ne va pas, mon gars ? » Je lui demande en m’écartant.

Il trottine dans le couloir jusqu’à la cuisine et regarde son bol vide. Sa longue langue rose pendouille de sa gueule. Puis il va vers le hall et gémit un peu. A cet instant précis, Kam est pathétique à voir.

« Quoi ? Est-ce que ta maman a oublié de te nourrir ce soir ? » Je demande, en ouvrant le garde-manger pour prendre la nourriture déshydratée qu’on lui donne le soir. « Kels ! » Crie-je d’un ton taquin. « Tu as oublié ton chien, bébé. » Je remplis son bol. Au lieu de venir manger, il continue à fixer le couloir qui mène à notre chambre et gémit.

Je réalise alors que Kels n’a pas répondu.

Soudain mon cœur s’arrête de battre. Les poils se hérissent sur ma nuque et d’horribles visions de la Californie emplissent mon esprit.

Kelsey.

Les bébés.

« Kels ! » J’appelle à nouveau en faisant en sorte que ma voix n’ait pas l’air trop tendue. Je traverse la maison en courant, à peine rassurée par l’absence de signes de lutte. Je déboule dans notre chambre et j’y trouve Kels allongée sur notre lit, profondément endormie.

Seigneur, fais qu’elle dorme.

Je ne pourrais pas survivre si quelque chose lui est arrivé. Pas maintenant. Je me précipite vers notre lit et je tends la main à l’aveuglette. « Kels, mon bébé », je murmure.

Elle grogne et roule sur le dos.

Merci mon Dieu.

« Chérie, tu vas bien ? » Je demande, reconnaissante à mon cœur d’avoir recommencé à battre « Je l’attrape et je la serre fort contre moi. Instantanément, je sens la chaleur qui émane de son corps.

« Je ne me sens pas bien », murmure-t-elle, ses lèvres me chatouillant le cou.

« Mmm », je murmure d’un ton évasif, en touchant son front. « Bébé, tu es brûlante. » C’est vrai. Ma petite Gourou a de la fièvre.

Kels se serre plus fort contre moi. « Je suis juste un peu fatiguée. La semaine a été longue. »

« Est-ce que tu as pris ta température, chér ? »

« Je suis rentrée et je me suis allongée pour quelques minutes. J’ai dû m’endormir. »

Elle essaie de se mettre assise mais je la tiens fermement, l’obligeant à rester là où elle est. « Tu as trop tiré sur la corde cette semaine. Tu as fait chaque petit sujet de merde que Langston t’a donné et tu ne t’es pas assez reposée. » J’embrasse son front brûlant. « Je suis désolée. J’aurais dû m’assurer que tu faisais attention à toi. »

« Ce n’est pas de ta faute. Je suis juste fatiguée et j’ai des petites crampes. »

Putain de merde ! « Des crampes ? » J’oblige ma voix à rester calme.

« Un peu. »

« Depuis combien de temps ? »

Elle hausse les épaules et ses yeux se ferment à nouveau. « Presque toute la journée. »

J’embrasse une nouvelle fois son front et je me dégage d’elle à contrecœur. Je me dirige vers la salle de bains et je prends le thermomètre et un gant. Je mouille le tissu et je reviens dans la chambre. « Ouvre. Garde ça sous la langue », je dis tout en le glissant dans sa bouche. Je presse le gant sur son front et je lui tiens la main en attendant les résultats.

Je ne suis pas rassurée de voir qu’elle a 38°C de fièvre. Je prends le téléphone et je compose le numéro de bipeur du Dr McGuire. Moins de deux minutes plus tard, il m’appelle. « McGuire ? »

« Un problème avec Kelsey, Harper ? » Demande-t-il, l’inquiétude teintant sa voix.

« Elle a de la fièvre et des crampes. »

Il me pose plusieurs questions et je lui dis ce que je sais, en demandant à Kels de remplir les trous. Après une brève consultation directe avec elle, il me reparle. « Gardez-la au lit, qu’elle se repose. Je vais appeler une pharmacie près de chez vous pour dicter une ordonnance. Qu’elle la prenne ce soir. Essayez de faire tomber sa fièvre avec des tissus frais. Si les crampes empirent, que la fièvre monte ou si elle commence à saigner, allez aux urgences et envoyez-moi un texto. »

Je peux à peine respirer. J’ai l’impression d’avoir un poids monumental sur la poitrine. « Est-ce que ça va aller, doc ? Les bébés ? » J’arrive à peine à émettre ma dernière question. Je ne veux pas pleurer devant Kels maintenant.

« Je suis sûr que tout va bien se passer, Harper. On dirait que Kels a attrapé un virus. Ça arrive tout le temps aux femmes enceintes. »

« Je… je ne pourrais pas… perd… » Je m’arrête, incapable de continuer.

« Harper, calmez-vous. Tout devrait bien se passer. Kels a besoin que vous vous détendiez et que vous vous occupiez d’elle pour l’instant. »

Je prends une inspiration profonde. « D’accord. »

« Appelez-moi demain matin et dites-moi si elle va mieux, d’accord ? »

Je hoche la tête. « Je le ferai. »

Le Seigneur m’est témoin que je ne vais pas dormir beaucoup cette nuit.

 

* * *

 

Le téléphone sonne très tôt le matin. J’ouvre les yeux et je jette un coup d’œil au réveil. Six heures. Kels est devant moi, profondément endormie et je veux répondre avant que ça ne la réveille. Elle s’est agitée toute la nuit et ne s’est pas vraiment bien reposée.

Avec précautions, je tends le bras par-dessus son épaule et j’attrape le téléphone. Je roule loin d’elle et je me redresse, me frottant le visage pour me réveiller. « Kingsley. »

« Harper, c’est Cliff Gates. » Un des responsables du studio. Oh merde, ça ne présage rien de bon.

« Qu’est-ce qui se passe, Cliff ? » 

« On a besoin de vous aujourd’hui au studio. »

« Quoi ? Pourquoi ? Qu’est-ce qui se passe ? »

« On a eu un sérieux revers sur le reportage de Bruce. Langston a dit qu’il voulait que vous et Sam mettiez votre sujet en boite pour qu’on puisse l’utiliser. »

« Merde », je marmonne en jetant un coup d’œil vers Kels. Je ne veux pas la laisser. Sa fièvre est tombée mais je sais qu’elle ne va toujours pas très bien. « Il va me falloir au moins une heure avant d’arriver là-bas. »

« Ça va aussi prendre du temps à Sam de venir ici. Il doit prendre la route depuis Rockland County. »

« Je serai là-bas dès que j’aurais réglé quelques trucs à la maison. »

« A tout à l’heure. »

Je raccroche en jetant un coup d’œil à Kels qui s’est mise sur le côté pour me faire face. Elle ouvre lentement les yeux. Je peux dire à voir l’expression sur son visage, qu’elle ne se sent toujours pas bien. Je mets la main sur son front. La fièvre est tombée. « Comment tu te sens, bébé ? »

« Mieux », marmonne-t-elle en se frottant le visage sur l’oreiller. « Pas géniale, mais mieux. »

« Les crampes ? »

« Terminées. »

Dieu merci. « Il faut que j’aille au studio. »

« Hmm. » Elle hoche la tête en fermant les yeux. Je sais qu’elle ne se sent pas bien parce qu’elle ne pose pas de question, qu’elle ne discute pas.

Je passe ma main dans ses cheveux, toujours un peu trempés de la sueur de la fièvre de la nuit. Je ne veux pas la laisser mais si je dois le faire, je ne la laisserai pas toute seule à la maison. Je lui dépose longuement un baiser sur le front avant de me dégager d’elle à contrecœur.

Je sors du lit et je vais à la cuisine pour prendre un café. Je lis la liste de numéros à côté du téléphone pour trouver celui que je cherche. Je prends le combiné et je compose le numéro. Je mets la cafetière en marche et je regarde le liquide précieux commencer à s’écouler dans la carafe.

« Que… » Une voix très endormie répond.

« Brian ? »

« Oui. » Une pause suivie d’un léger raclement de gorge. « Harper ? Quelque chose ne va pas ? »

« En quelque sorte. Ecoute, il faut que j’aille au studio ce matin et Kels est malade. On lui a prescrit de rester au lit. » La cafetière crachote et gargouille, signalant le début d’une nouvelle journée pour moi. Je me verse une tasse, évitant la crème ou le sucre. Si je pouvais m’injecter de la caféine directement dans une veine ce matin, je le ferais. « Je ne veux pas la laisser toute seule. Est-ce qu’éventuellement tu pourrais venir lui tenir compagnie pendant que je suis partie ? »

« Absolument ! Je serai là dans une demi-heure environ. »

« Merci beaucoup, Brian. Vraiment, je… »

« Laisse tomber, L’Etalon. A bientôt. » Il raccroche et me laisse écouter une ligne silencieuse.

Je sirote mon café en retournant à notre chambre et je m’assieds sur le lit près de Kels. Elle roule sur le dos et ouvre les yeux. « Bonjour, Tabloïde. » Elle a l’air affaibli et fatigué.

« Bonjour, bébé. Comment te sens-tu ? »

« Je vais bien. J’étais vraiment fatiguée hier soir. »

« Le docteur McGuire dit que tu dois rester au lit et te reposer aujourd’hui. » Elle acquiesce de la tête, acceptant sans discuter. Je sais maintenant qu’elle se sent vraiment mal. « Brian va venir. »

« Pourquoi ? »

« Il faut que j’aille travailler un moment. Je ne veux pas que tu restes seule. »

« Ça va aller. Ce n’est pas la peine qu’il… »

Je lève la main pour devancer toute discussion. « Tu veux bien me faire plaisir ? »

« Très bien, ma chérie. » Elle prend une inspiration profonde et se passe la main sur l’estomac.

Seigneur, elle s’est bien remplie. « Tout va bien là-dedans ? » Je pose ma main sur la sienne avec précautions.

« Ils sont très actifs ce matin. C’est bon signe. »

C’est même très bon signe. C’est la meilleure chose que je puisse entendre.

 

* * *

 

« Je me sens vraiment mieux », dis-je pour rassurer Kevin tandis Brian m’apporte mon déjeuner. Mon médecin au téléphone et mon assistant dans la chambre, je ne peux pas m’empêcher de sourire. Ils se comportent tous les deux comme des mères poules.

« Kelsey », la voix de Kevin est ferme, « je veux que vous restiez au lit le restant du week-end. Pas d’activité stressante et je dis bien, pas d’activité stressante. Je veux que vous vous reposiez et que vous preniez le reste de la prescription que j’ai envoyée. Je suis sûr que ce n’est rien, un rhume des foins, sûrement. Mais votre corps est soumis à beaucoup de stress et je sais que votre travail vous occupe beaucoup. Alors, ce week-end, vous êtes bien sage et vous restez au lit.

Je vais le faire mais je ne sais pas si ma compagne peut être sage et au lit en même temps. « Oui, docteur. » Je lève les yeux au ciel en direction de Brian. « J’ai promis d’être gentille. »

Je l’entends rire au ton de ma voix. « Très bien Kelsey. Je vous crois. C’est juste que je ne veux pas avoir à affronter Harper aux urgences. » Son ton est blagueur mais je ne le blâme pas, quelque part. Elle serait folle.

« Bien vu », j’acquiesce en regardant le plateau que Brian a posé sur le lit. Comment est-ce qu’il s’attend à ce que je mange tout ça, bon sang ? Ça pourrait nourrir une petite nation toute entière. « J’ai promis de me reposer. Entre vous et Harper, et mes deux baby-sitters aujourd’hui, je n’ai pas grand choix. »

« Très bien. Il est parfois nécessaire de bloquer les ennuis avant qu’ils n’arrivent. Si avez d’autres problèmes, n’hésitez pas à m’appeler. On se voit la semaine prochaine. »

« Merci, Kevin. » Je raccroche et je jette le téléphone sur la couverture avant de faire un geste vers le plateau. « Et ça c’est quoi ? »

« Le déjeuner », dit Brian depuis l’endroit qu’il s’est créé dans un coin de la chambre. Il ne m’a pas quittée plus de dix minutes. Il a même emmené Doug avec lui pour faire les courses et s’occuper de Kam, pour que je ne reste pas seule.

« Un déjeuner pour quatre. Viens par ici et aide-moi à manger tout ça. » Je tapote le lit pour qu’il me rejoigne. « Où est Doug ? »

« Il a emmené Kam au parc. » Tandis qu’il s’installe sur le lit, le téléphone sonne à nouveau. Il l’attrape par son antenne et l’agite devant mon visage. « Dix dollars que c’est L’Etalon. »

Je prends le téléphone. Mais je ne vais pas suivre ce pari à la con. Bien sûr que c’est elle. Elle n’a pas appelé depuis près de vingt minutes pour voir si tout va bien. « Allô ? »

« Salut, chér. Comment tu te sens ? »

« Harper, je vais bien. » Brian réfrène un rire en tombant en arrière sur le lit. Il attrape un grain de raisin sur mon plateau et le met dans sa bouche. « Je viens de parler au Dr McGuire. »

« Qu’est-ce qu’il a dit ? Tu vas bien ? Tu as besoin de voir… »

« Mon chou, détends-toi. Respire. Je vais bien. Il dit que j’ai un rhume, qu’il faut que je reste au lit et que je me repose ce week-end. »

« Tu vas le faire, hein ? Tu ne vas pas discuter ? »

Non. Même si je le voulais, je ne le pourrais pas à cause de la détresse que vit Harper en ce moment. « Je reste ici et tu ne m’entendras pas en parler. »

« Tu es malade. »

« Tabloïde, je me sentais horriblement mal hier soir. J’étais un peu effrayée. Je ne vais pas risquer de perdre nos enfants. Si Kevin me dit de rester au lit, alors je reste au lit. »

« Bien, tu sais que c’est mon endroit préféré. »

« Oui, mais il a aussi dit que je dois être gentille et me reposer. » Brian ricane et je le pousse du pied. « Il a dit spécifiquement de ne pas avoir d’activité stressante. » Brian reçoit une autre poussée du pied quand je vois ses épaules secouées de rires silencieux.

« Chérie, tu fais exactement ce que Doogie te dit de faire. Je serai rentrée aussi vite que possible. »

« En parlant de ça… »

« Je n’en ai aucune idée. Ça a été la journée de la Loi de Murphy dans ce foutu studio. Tout ce qui pouvait se passer mal, s’est mal passé. On a eu des bandes bouffées par des machines. L’équipement de son et lumière s’est mis en rade. C’est comme si on avait un gremlin ici. Mais, je te le promets, bébé, je serai à la maison aussi vite que possible. »

« Concentre-toi simplement sur ce reportage, Tabloïde. Il est important. On veut que des gens répondent pour ça. »

« Je sais. Sam et moi on a monté quelque chose de vraiment bien. La crèche a agi de manière très responsable aussi et a renvoyé trois personnes. Il va vraiment y avoir une enquête. »

« Oh, c’est une bonne nouvelle. Bon boulot, chérie. »

« C’est celui de Sam. Il a vraiment fait du bon boulot. Il a pris le problème très tôt avant que quelque chose de tragique n’arrive et il a impliqué les bonnes personnes. »

« J’en suis sûre », lui dis-je tranquillement. Je suis vraiment fière d’elle et du travail qu’elle a fait sur ce reportage. « Je t’aime, Harper. »

«Je t’aime aussi, Petit Gourou. Je rentre à la maison aussi vite que possible. » 

 

 

 

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A suivre partie 22