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Chapitre trois

 

Après avoir mené une victorieuse campagne dans le sud de la Gaule, le Conqueror avec la Garde Impériale et deux de ses légions était sur le chemin du retour. Comme Corinthe était encore à plus d'une journée de cheval, le Conqueror ordonna de monter le camp juste à la périphérie d'un village, et s'arrêta pour la nuit avec ses officiers supérieurs dans une auberge sur la route.

L'auberge dans laquelle elle avait décidé en cette nuit de se restaurer  n'était pas l'une des plus renommées ou prestigieuses du Royaume. Elle convenait à ses intentions toutefois. L'aubergiste et les serveuses se bousculaient presque les uns, les autres pour servir le Conqueror et son entourage.

Des plateaux débordant de nourriture et de boissons, firent leur apparition sur la table la mieux située de la maison. Mais le Conqueror avait de l'appétit pour toute autre chose. La campagne avait duré une quinzaine de plus que prévu, et un champ de bataille n'était pas un endroit pour une esclave de plaisir. Le Conqueror avait laissé son esclave à Corinthe, pensant qu'elle risquerait de distraire ses soldats.

Le Conqueror avala une généreuse rasade d'hydromel, et signala à l'aubergiste de remplir à nouveau son verre.

"- Est-ce que quelqu'un en particulier a retenu l'oeil de Votre Seigneurie ?",  s'enquit-il en remplissant sa coupe.

"- Cette fille là-bas," indiqua le Conqueror en pointant son doigt en direction d'une souillon désoeuvrée, certainement la plus agréable à regarder de la maisonnée, avachie en bas des escaliers.

Immédiatement, l'aubergiste claqua des doigts et la jeune brunette approcha rapidement la table du Conqueror.

Avec le désir primal engendré par la fièvre guerrière courant dans ses veines, le Conqueror ne perdit pas de temps. Elle se leva, et ses officiers firent de même respectueusement. Elle leur souhaita bonne nuit et entraina la fille d'auberge à l'étage. Dans sa chambre, le Conqueror se tourna vers la fille qu'elle avait choisi.

"- Sais-tu qui je suis ?", demanda-t-elle.

"- Oui, Votre Majesté", répondit la jeune femme.

"- Connais-tu ma réputation ?", se renseigna le Conqueror.

"- Je la connais, Votre Majesté.",

Le Conqueror marqua une pause, examinant ce qui se tenait devant elle.

"- Bien", dit-elle finalement, "en ce cas tu sais à quoi t'attendre. Etends-toi sur le lit.", lui ordonna-t-elle.

La fille lui décocha un sourire aguichant, et commença à se déshabiller. Elle s'avança vers le lit. Son activité habituelle devenait évidente à chacun de ses mouvements, ses manières toutes méthodiques, ses expressions artificielles et vulgaires, rien à voir avec l'esclave aux cheveux d'or qui attendait le Conqueror au Palais.

Le Conqueror laissa courir son regard sur le corps allongé sur le lit et son esprit ne put échapper à l'image de l'esclave angélique qu'elle avait laissé à Corinthe, combien elle se languissait de sa douceur et de sa saveur sucrée. La volonté lui fit défaut, et le désir enragé qu'elle avait ressenti s'éteignit. Elle n'avait plus du tout envie de prendre ce pourquoi elle avait payé et cela la perturba.

S'apercevant que le Conqueror tardait à agir, la catin lui jeta un regard déconcerté. Un regard, réalisa le Conqueror que jamais son esclave ne lui avait lancé, et pourtant les Dieux savaient qu'elle lui en avait donné de nombreuses raisons.

Le Conqueror laissa échapper un grognement, et plongea la main dans sa poche intérieure, d'où elle tira une pièce d'or.

"- Sais-tu ce que j'achète ?", demanda-t-elle à la prostituée, en prenant sa petite main dans la sienne, en ouvrant les petits doigts et y déposant la pièce d'or.

"- Mon silence, Votre Majesté", répondit la putain.

"- Effectivement.", confirma le Conqueror

La fille referma ses doigts sur ce qui représentait bien plus qu'elle n'en pouvait gagner en une saison, et dit "- Votre Majesté est trop bonne"

"- Tu vas attendre ici pendant deux heures avant de redescendre"

"- J'ai compris, Votre Majesté"

Quand les deux heures se furent écoulées, la fille s'apprêta à quitter la chambre.

"- Votre Majesté peut me faire confiance, une bonne prostituée est une prostituée discrète, et je suis très bonne à ce que je fais" dit-elle avant de sortir.

 

Seule dans sa chambre, le Conqueror se mit à réfléchir à ce lamentable échec sans précédent, provoqué par son incompréhensible obsession pour son esclave, un être insignifiant sans aucune importance. Certes, elle la trouvait particulièrement à son goût, et la fille la servait mieux que n'importe quelle autre avant elle mais cette infatuation était carrément hors de proportion. Cétait inacceptable. Cela ne pouvait pas durer.

A l'aube, le Conqueror rejoignit ses troupes et les rassembla pour rejoindre Corinthe. Au crépuscule, lorsqu'elle entra dans la cité, ses sujets l'accueillirent joyeusement ainsi que son armée victorieuse avec des fleurs et au son des tambours, Seulement cette fois, le Conqueror ne s'attarda pas pour profiter de la reconnaissance de ses sujets. Le Conqueror se dirigea, seule, vers le temple des Parques, qu'elle n'avait pas fréquenté depuis la mort de son frère bien des années auparavant.

Un feu brulait sur l'autel. Le Conqueror sortit un petit sac de cuir contenant sept cent Dinars et le jeta dans les flammes.

"- C'est son prix", déclara-t-elle, "Elle ne les vaut même plus maintenant que je l'ai utilisée. Quelle que soit ma dette, elle est à présent complètement remboursée"

Mais alors que le Conqueror chevauchait vers le Palais, la jeune esclave continua d'occuper ses pensées, une offense qu'elle allait devoir payer chèrement.

Dans les Ecuries Royales, le Conqueror descendit de cheval, tendit les rênes au garçon d'écurie et s'empara d'une cravache et d'un fer à marquer.

Avant d'entrer dans ses appartements, le Conqueror avait attrapé une torche allumée dans le couloir. Il était temps de punir son esclave pour lui gâcher son plaisir avec d'autres femmes, temps de la remettre à sa place. Quand elle posa le pied dans sa suite, une épaisse obscurité presque palpable l'enveloppa comme une chape de plomb. Plongée dans le noir absolu elle fut de prime abord presque aveuglée par la faible flamme de la torche, mais celle-ci bientôt dissipa les ténèbres. Avec un mouvement lent et large de son bras elle éclaira son environnement. Alors que les rais de lumière décrivaient un arc, elle repéra son esclave agenouillée au pied de son lit ne portant rien d'autre que son collier, et son habituelle expression absente sur le visage, comme si le temps s'était figé, comme si il ne s'était rien passé, comme si elle n'était pas sur le point de faire face à la Destructrice des Nations folle de rage et de désir inassouvi.

Le Conqueror alluma le feu puis plaça l'extrémité du fer à marquer dans les braises incandescentes. Tout en fixant la torche au mur, le Conqueror se remémora un temps où elle ne se préoccupait pas de savoir si elle lisait le désir ou la haine dans les yeux de ses conquêtes, persuadée alors qu'un feu est un feu quel qu’en soit la cause.

Une pulsion inattendue poussa l'esclave à essayer de deviner les intentions de Sa Seigneurie, mais quand ses yeux tombèrent sur le fer rougissant dans le feu, son sang se glaça et son visage perdit toute couleur. Elle se dit qu'elle devait sembler plus pâle encore que le mur sur lequel elle s'appuya un instant. Elle sentit un frisson courir dans son dos et ses mains devenir moites et glacées. Toutefois, égale à elle-même, l'esclave se ressaisit en un clin d'oeil.

Le Conqueror regardait attentivement le maintien illusoire de son esclave, comme si elle y discernait les secrets de l'univers. Dans un éclat de lucidité, elle en comprit immédiatement la signification.

Furieuse le Conqueror attrapa l'esclave par le col et la souleva. Sa force induite par la rage était tout aussi redoutable que sans égal.

"- Tu es ma putain," statua le Conqueror comme si elle venait tout juste de comprendre une vérité jusque-là élusive. Elle pencha légèrement la tête à gauche comme pour mieux percer son esclave de son regard.

"- Voilà tout ce que tu es," déclara-t-elle.

Brutalement le Conqueror déposa l'esclave sur le grand bureau, de telle sorte qu'elle soit allongée sur le dos. Ses mains couvrirent les seins crémeux de l'esclave.

"- Qu'il n'y ait pas de malentendu…" dit-elle en recouvrant la bouche de l'esclave d'une main tandis que l'autre se promenait entre les cuisses de la fille.

"- C'est tout ce que tu seras jamais," dit-elle avec un curieux sourire, effrayant par sa gentillesse même.

Le Conqueror déboucla sa ceinture de cuir.

"- Et tu seras traitée en conséquence," dit-elle, choisissant ses mots avec soin. Elle voulait son exhortation parfaitement limpide. Elle immobilisa son esclave, qui semblait si petite sur l'immense bureau. .

Avec sa bouche bâillonnée, l'esclave était incapable d'une supplication,  qu'elle ne souhaitait d'ailleurs pas exprimer. Elle était une esclave, elle était là pour ça.

"- De stupides sentiments," commença le Conqueror tout en guidant la large tête de son godemiché dans le vagin de l'esclave, "ne sont que d'ennuyeuses et inutiles émotions. Le désir," continua-t-elle, en pénétrant le sexe étroit de l'esclave, "est bref et direct."

Elle retira l'énorme olisbos, luisant des sucs de l'esclave, mais le besoin de posséder son esclave, et que son esclave se sache possédée, le lui fit réintroduire bien vite dans son habitat naturel.

Le ténébreux Conqueror pouvait même sentir son propre sexe grandir, et devenir plus dur, plus rigide contre le corps qu'elle était en train de prendre. Elle pouvait sentir l'entièreté du vagin de l'esclave autour de son godemiché.

"- J'ai annihilé tout sentiment que j'avais pour mon frère mort." Le premier coup de butoir fut sauvage et violent, mais le Conqueror n'entendit pas un cri. "- J'ai tué des guerriers et des seigneurs de guerre au combat." A nouveau elle empala l'esclave. "- J'ai tué leurs femmes après avoir pris mon plaisir avec elles".

Le Conqueror continua énergiquement son profond mouvement de va-et-vient dans le sexe de l'esclave, encore et encore pour atteindre son plaisir égoïste et n'entendant rien d'autre que la crudité de ses propres mots.

L'esclave pouvait entendre la froideur du ton de Sa Seigneurie; elle sentait la pénétration infamante entre ses cuisses et la trahison humiliante de son propre corps en réaction aux mouvements de plantoir du Conqueror. Comme toujours, sa tête n'était pas tournée vers le Conqueror, mais le Conqueror enserra son visage dans une main et la força à la regarder dans les yeux.

Sans pour autant cesser de bâillonner son esclave de sa main, le Conqueror se pencha jusqu'à recouvrir presque totalement l'esclave allongée. Quand son visage ne fut plus qu'à un cheveu de celui de la fille, elle posa une question qui remplit l'esclave d'une peur comme elle n'en avait jamais connu.

"- A quel point penses-tu, me serait-il difficile de te tuer ?" Le rythme du Conqueror s'accéléra, comme le firent ses grognements de plaisir cathartique.

"- Je suis ta vie et ta mort," dit-elle en refermant sa main autour de la gorge de la fille. "Tu m'appartiens," un autre coup sauvage envahit le vagin distendu, "ma putain de quat'sous". Le coup, suivant ces derniers mots, fut le plus profond et provoqua un mouvement de recul effréné de l'esclave.

Le godemiché toujours profondément enfoui dans son écrin glissant et frémissant, le Conqueror soudain cessa tout mouvement.

"- Tu l'as bien cherché hein ? Tu m'as provoqué parce que tu aimes que je te prenne comme ça hein ?" Demanda le Conqueror, sa bouche tout contre l'oreille de l'esclave, sa langue en suivant le bord.

Sa voix était pincée, basse, et rauque, et ses yeux éteints, vides, réfléchissants comme des billes de cobalt noir. Ils plongeaient directement dans les yeux larmoyants de l'esclave, mais ne s'en préoccupaient pas assez pour les voir.

De sa langue, le Conqueror explora le visage de l'esclave, en recueillant les douces larmes salées, puis plongea ses dents acérées dans un têton, provoquant l'excitation du sensible bourgeon.

Le Conqueror relâcha l'esclave, et s'en dégagea. Quelques instants plus tard, elle revint avec sa cravache et d'une main rigoureuse apprit à son esclave ce que 'Possession' signifiait réellement en lui donnant un aperçu de flagellation, laissant de magnifiques marques pulsantes sur le corps abusé de l'esclave.

Le Conqueror ordonna à l'esclave de se tourner et de relever son arrière-train, donnant à ses fesses et à ses cuisses le même traitement sévère, sans compromis.

Pour finir, le Conqueror se leva pour récupérer le fer rouge. Elle le serra dans sa main sans pitié. L'emblème du Conqueror sur le bout en forme de cercle dégageait une forte lueur orange comme une braise tout juste sortie du feu.

 

Rictus perpétuel sur le visage, la poigne d'acier du Conqueror mit fin à toute tentative désespérée de l'esclave de se débattre ne lui laissant que la possibilité de se recroqueviller sur la table, les yeux fixés sur le métal incandescent.

"- Ceci fera en sorte que tu n'oublies jamais ce que tu es et à qui tu appartiens," gronda le Conqueror renforçant ses mots en poinçonnant sans pitié l'esclave au fer juste en dessous de l'épaule du côté droit, marquant son bien. Ni le grésillement de la chair brûlée, ni les cris d'horreur et les gémissements de peine de l'esclave n'atteignirent les oreilles - sourdes - du Conqueror comme si elle était sous l'eau, incapable d'entendre quoi que ce soit en dehors de sa tête.

Quand ce fut fait, le Conqueror examina la blessure cautérisée;

"- Comme une marque de naissance… " pensa-t-elle dans un sourire sinistre, et le mouvement puissant de son pelvis reprit. "Tu aurais dû naître avec," dit-elle passant son doigt sur le souvenir indélébile, depuis longtemps mérité, qu'elle venait de graver dans la chair de l'esclave.

L'esclave essayait de ne pas trembler de peur panique, et les frénétiques battements de son coeur s'accordaient au rythme du Conqueror poursuivant son va-et-vient.

Elle ressentit une claque sur ses fesses, comme celle qu'un cavalier pourrait donner à sa monture pour la remercier de l'avoir bien porté.

Après en avoir fini, le Conqueror se retira de l'esclave puis la jeta au sol.  Vite et silencieusement, l'esclave s'agenouilla aux pieds de Sa Seigneurie.

Le Conqueror jeta au feu les affaires de l'esclave, lui notifiant ainsi clairement qu'elle devrait rentrer au quartier des esclaves nue, exposant ainsi à tous ceux qu'elle croiserait  la marque du Conqueror sur son corps.

Après avoir frappé, les gardes personnels du Conqueror entrèrent dans la suite qui empestait le sexe et la chair brûlée.

"J'en ai fini avec elle, écartez-la de ma vue" ordonna-t-elle.

En chemin vers le quartier des esclaves, l'un des gardes perdit son diner à la vue du corps de l'esclave et à l'odeur qui lui en vint aux narines.

Allongée sur le ventre sur sa palette, après avoir soigné sa toute fraiche blessure au dos, l'esclave s'apaisa en se convainquant de ne pas prendre à coeur l'obscénité du Conqueror mais au contraire de se réjouir d'avoir survécu à la fameuse rage du Conqueror .

Le jour suivant, juste avant le coucher du soleil, l'esclave se prépara pour son service en s'oignant le corps d'huiles parfumées, avivant la couleur de ses lèvres pour plaire à Sa Seigneurie. Mais elle ne fut pas appelée. Pas davantage le jour suivant.

Quand une lune entière fut passée sans qu'elle le soit, une nouvelle terreur s'abattit sur elle. Elle savait que le Conqueror n'était pas absente. En fait elle avait même aperçu le Conqueror de loin parfois, et pourtant son service n'avait pas repris. Néanmoins, elle ne cessa jamais de se pomponner, chaque jour.

Elle s'occupa en veillant sur les enfants des employés, et en lisant à la bibliothèque Royale, faisant taire ses pensées, mais la nuit, les retenir devenait impossible. Qu'adviendrait-il d'elle si le Conqueror ne l'appréciait plus ? Serait-elle revendue ou Sa Seigneurie la garderait-elle quand même par pitié ? Sa Seigneurie pouvait-elle accorder une grâce ?  Sa Seigneurie en avait-elle pris une autre à sa place ? Sa Seigneurie trouvait-elle sa nouvelle esclave plus à son goût ?

Cela comptait-il, vraiment ?

Les esclaves n'ont pas besoin d'avoir de la fierté, se disait-elle.

Quand finalement elle fut convoquée pour s'acquitter de sa tâche, elle soupira de soulagement.

 

à suivre…