Pour Marc

 

Merci à Prudence pour la relecture, mais aussi pour sa patience

 

La Joconde appartient au musée du Louvres, Léonard De Vinci  appartient à l’histoire, mais moi, je me suis bien amusée.

 

 

 

 

                                      UNE EXPLICATION COMME UNE AUTRE

 

 

 

-« Cesse donc de bouger, Lisa ! »

 

Léonard ronchonne et je reprends aussitôt la pose, un peu vexée d’avoir été ainsi réprimandée.

Nous nous trouvons chez moi, sur la terrasse du rez-de-chaussée, et par delà le petit mur de pierres qui borde la propriété, je laisse mon regard errer dans la rue, observant les passants qui flânent en profitant de la douceur de l’air et du soleil de ce début de printemps.

De nouveau, Léonard marmonne dans sa barbe, apparemment mécontent de son travail et je retiens un petit soupir, fatiguée de devoir rester immobile aussi longtemps.

Et puis, juste au moment où je songe à interrompre la séance quelques minutes, histoire de bouger un peu et de me dégourdir les jambes, je l’aperçois.

Elle est superbe, et jeune, et élégante et a tant d’allure que je ne suis pas loin de me pincer pour m’assurer que je ne rêve pas et qu’elle est bien là, dans la rue qui longe ma maison.

Passant négligemment une main dans ses cheveux blonds pour pousser doucement une mèche derrière son oreille, elle se penche vers la vieille femme qui tient son bras, peut-être pour glisser quelques confidences au creux de son oreille. Elles rient toutes les deux et je découvre ensuite le plus ravissant des sourires sur son charmant visage. J’en oublie presque tout ce qui m’entoure, gardant péniblement un minimum de concentration pour ne pas bouger d’un cil afin de ne pas m’attirer encore une fois les foudres du peintre, en face de moi.

Ca ne m’empêche cependant pas de garder les yeux fixés sur la silhouette fine et élégante qui marche dans la rue.

Lentement, mon regard détaille chacune des courbes du corps gracieux de la jeune femme et je dois dire que j’apprécie absolument tout ce que je vois, de chaque détail physique à chacun des gestes élégants qu’elle fait pour souligner ses paroles. Près d’elle, la vieille femme paraît comme fascinée par ce qu’elle entend, mais je ne m’en soucie guère, incapable que je suis d’ôter mes yeux de la jeune blonde dont la vue me charme et me séduit davantage à chaque seconde qui passe.

Elle me plaît, c’est le moins que l’on puisse dire. Et je sens un sourire commencer à étirer mes lèvres, sourire que je retiens tout de même au dernier moment  soucieuse de ne pas déplaire encore une fois à Léonard, même si c’est difficile et que je suis obligée de contracter chacun des muscles de mes joues pour contenir cette expression de joie et de plaisir.

Ca dure quelques secondes durant lesquelles je me repais littéralement de la vue de la jeune blonde. Et puis, alors que je suis de plus en plus éblouie par cette délicieuse silhouette et que je continue de lutter pour ne pas laisser mon sourire s’épanouir, la voix de Léonard s’élève, manquant de me faire sursauter.

-« Voilà ! C’est exactement ce petit sourire, avec cette expression là, que je veux ! »

Une seconde, une toute petite seconde, je suis surprise et détourne les yeux pour les poser sur lui. Quand je les ramène vers la rue, la jeune femme n’est plus là.

 

Fin.