Chapitre 6 :

Linya posa la main sur le torse de Tia afin de l'empêcher de se rapprocher plus, mais ne réussit pas à détourner la tête pour interrompre le baiser. Un jour il allait falloir qu'elle apprenne. Jouer avec Tia, surtout lorsque celle-ci était émotionnellement instable c'était comme jouer avec le feu.

Le baiser se prolongea et Linya s'efforça de le lui rendre, un peu maladroitement. Le manque de passion de son côté dû finalement se faire sentir car Tia mit fin au baiser et reprit sa respiration. Sa bouche la frôlait et ses yeux étaient plongés dans les siens.

Linya déglutis avec une certaine appréhension. Elle avait perdu le contrôle et le savait. Rétablir leur relation allait demander du doigté. Elle ne voulait pas que son amie se sente repousser. Tia avait besoin d'elle, Linya le savait.

Actuellement elle était même probablement la seule personne qui soit capable de lui faire garder un certain équilibre et de l'espoir quand au retour de Lex.

Elle-même commençait à en douter. Ca ne ressemblait tellement pas a son amie de partir si longtemps sans donner de nouvelles. Elle ne comprenait vraiment pas et était partagée entre colère et inquiétude. Lex lui avait laissé Tia et son incroyable fragilité émotionnelle sur les bras en plus de Lyoko.

Elle s'efforçait de garder la tête de Tia hors de l'eau mais elle même s'épuisait. Elle n'était pas sûre d'être à la hauteur.

Elle savait pourtant qu'elle n'abandonnerait pas. Elle n'avait jamais abandonné une de ses protégées et elle ne commencerait certainement pas avec sa meilleure amie.

- Tia..., commença-t-elle.

Mais la mercenaire ne voulait rien entendre et reprit possession de ses lèvres en un baiser expert, suivit d'un toucher d'une exquise douceur le long de ses côtes. Lorsque Tia se détacha à nouveau, elle chuchota :

- J'ai envie de toi...

Puis elle commença à l'embrasser dans le cou et à la caresser avec plus en plus de passion et de fièvre. Linya posa les mains sur le haut des bras de la mercenaire en hésitant sur la conduite a tenir.

Mais lorsque la main de son amie s'égara sous son déshabillé, glissant sur sa culotte, elle comprit qu'elle avait assez tergiversé.

Elle prit les choses en main et fit basculer Tia sur le dos. Puis elle laissa Tia lever la tête et l'embrasser une fois encore alors qu'elle maintenait ses bras sur le matelas.

- Tu me rends dingue Lin, souffla la mercenaire avant de tenter de reprendre encore une fois ses lèvres.

Mais la jeune femme se recula et maintint sa prise sur ses bras. Alors Tia rit et lança d'un ton lancinant, mais dont la colère sous-jacente n'était pas exempt :

- Je ne savais pas que tu aimais dominer...

Une seconde, cela ramena à la mémoire de Linya ce rêve étrange où elle et Tia avait eu une relation pour le moins dérangeante et elle se troubla.

Tia savait que cela le ferait et en profita. Elle était dans une colère qu'elle parvenait à peine à maîtriser et entendait bien obtenir ce qu'elle mourrait d'envie d'avoir depuis un moment maintenant. Elle passa une jambe entre celles de Linya et la fit basculer.

La dominant à nouveau, elle chuchota contre ses lèvres :

- Non, toi tu aimes être dominé si je me souviens bien...

Linya se crispa. La douleur se mélangeant à la honte. Elle n'arrivait pas à croire que Tia était en train d'utiliser ce rêve contre elle. Elle avait été très perturbé par celui-ci et très embarrassée, pour ne pas dire honteuse... elle en avait parlé à Tia en toute confiance. Elle n'aurait jamais pensée que Tia puisse l'utiliser contre elle. En fait elle n'aurait jamais pensé que Tia puisse utiliser quoi que se soit contre elle.

Alors qu'elle se débattait avec les émotions violentes qui venaient d'éclater, Tia lui dévorait littéralement la peau, elle sentait ses lèvres et sa langue sur son corps, les bretelles de son déshabillé avaient été repoussé et l'air effleura sa poitrine soudain dénudée.

Elle avala avec difficulté.

- Tia, essaya-t-elle pour la troisième fois, s'il te plaît...

Mais décidément son amie ne voulait pas écouter quoi que se soit. Elle s'empara de ses lèvres pour la faire taire et se mit a caresser son sein gauche. Sa main droite descendit entre ses jambes et se fit un devoir de lui retirer sa culotte.

A sa grande consternation, Linya sentit son sexe s'humidifier. Elle ferma les yeux en proie a un mélange trop intense de honte et d'excitation. Tia quitta sa bouche et s'empressa de la débarrasser de sa culotte avant de poser sa bouche contre les lèvres humide du sexe de Linya.

Son amie lâcha un halètement douloureux quand Tia introduisit sa langue en elle. Elle était complètement perdue. Mais elle savait que ce qu'elles étaient en train de faire était mal. Tia était la femme de Lex et Lex était sa meilleure amie, son âme-soeur. Elles ne pouvaient pas faire ça.

Seulement Tia était déterminée et lui était difficile de l'arrêter alors qu'elle-même était si perdue. Les caresses de Tia se firent de plus en plus intense et la vague soudaine de plaisir qui monta fit trembler Linya qui lâcha un gémissement sonore.

Puis comme si un barrage cédait, elle attrapa le visage de Tia et l'obligea a remonter jusqu'à elle. Sans plus réfléchir, elle l'embrassa avec une passion égale à la sienne.

Tia se mit à trembler lorsqu'elle comprit que Linya ne la repoussait plus. Elle s'empressa de retirer ses vêtements et fit passer le déshabillé de Linya par dessus sa tête avant de reprendre leur ballet passionné.

Enfin, songea-elle enivrée de désir. Depuis quelques semaines Tia n'avait cesser de sentir son désir pour Linya grandir au point de la rendre folle. La seule chose qui l'avait retenue jusque là était ses sentiments pour Lex. Mais Lex était partie. Elle l'avait abandonné. C'était a son tour de le faire. L'autre chose qui l'avait empêcher d'aller trop loin était Linya elle-même.

La jeune femme n'avait jamais semblé très intéresser par les femmes. Elle était douée au lit mais malgré toute ses vantardises elle n'avait jamais été capable de convertir une pure hétéro en lesbienne. Quand on était hétéro on était hétéro point.

Mais ce rêve que Linya et elle avait partagé quelques années plus tôt lui avait laissé entrevoir une possibilité. Elle n'était pas très fière d'avoir utiliser cette faiblesse contre son amie, mais elle était si en colère, brûlait tellement de désir et avait tellement envie de se noyer dans le plaisir pour tout oublier, qu'elle était retombé dans ses anciennes habitudes.

La fin justifiait les moyens.

Une fois nues, la frénésie des deux femmes ne put se contenir et Linya poussa son bassin contre celui de Tia, frottant son sexe contre le sien en gémissant. Tia savait qu'une fois le pas franchie, si elles allaient plus loin, il n'y aurait plus de retour possible. Quelque chose allait changer.

Elle le savait, mais s'en fichait.

Seul le plaisir et le sexe comptait. Rien d'autre.

Sans quitter les lèvres de Linya elle tâtonna de la main gauche vers sa table de chevet et en ouvrit le tiroir. Elle attrapa le gode ceinture qui s'y trouvait et, tout en léchant les seins de Linya, l'enfila.

Linya avait enroulé ses bras autour de Tia et écarté largement les cuisses, poussant son bassin vers le sien et acceptant en haletant les effleurement de ses mains, de sa bouche sur son clitoris et de sa langue contre sa vulve.

Linya gémit fortement lorsque Tia ajusta le gode entre ses jambes. Linya était si mouillée qu'elle sut qu'il était inutile de le lubrifier. Elle s'allongea de tout son poids sur elle et obligea Linya a rouvrir les yeux pour la fixer alors que, d'un mouvement lent mais ferme, elle entrait le gode dans la fente palpitante de son amie.

En plongeant le regard dans ses yeux, Linya prit conscience que c'était à Tia qu'elle faisait l'amour. Elle la sentit entrer mais ne l'en empêcha pas. Deux larmes s'échappèrent mais elle ne lui demanda pas de se retirer.

Au contraire, d'un coup de rein ferme elle s'enfila sur le gode jusqu'au bout. Son souffle s'étrangla dans sa gorge et une nouvelle vague de plaisir la frappa. Elle ferma a nouveau les yeux et Tia ne la força pas à les rouvrir. Elle avait eu ce qu'elle souhaitait. Son acceptation consciente. Sa volonté.

Ce qui allait se passer entre elles, ce qui se passait maintenant, était voulue des deux côtés. Tia commença a aller et venir a un rythme régulier que la jeune femme accompagna de coup de rein de plus en plus rapide et de gémissements de plus en plus sonore.

Tia elle même sentait son plaisir augmenter à chaque coup de boutoir. Son clitoris frottait contre le gode et les pointes de ses seins contre la peau brûlante de Linya. Elles jouirent en même temps, quelques minutes plus tard, dans un grognement sonore pour Tia et dans un cri violent pour Linya.

La mercenaire laissa son amie reprendre son souffle pendant quelques minutes avant de se retirer. Un frisson parcouru la peau de Linya. Tia défit la ceinture et laissa le gode tomber sur le sol avant d'écarter de nouveau les cuisses de Linya et de frotter son sexe contre le sien.

Elle n'eut pas besoin de dire quoi que se soit, Linya comprit que Tia en voulait encore et la laissa la caresser pour faire redémarrer le feu dans ses veines.

Ce second orgasme fut aussi brutal et délicieux que le premier et Linya en voulu un troisième. Elles jouirent pour la 3ième fois au moment où le soleil dardait ses premiers rayons.

Elle s'allongea ensuite sur le corps haletant et trempé de son amie en déposant un petit baiser sur sa bouche.

- Tu as encore envie de moi ? Chuchota-t-elle en passant sa langue sur la lèvre supérieur de Tia d'un geste provocant.

Tia lâcha un petit rire et fit rouler son amie sur le dos.

- Oui, encore, répondit-elle en l'embrassant avec une fièvre renouvelée.

Linya soupira et gémit en se cambrant contre elle avant de la repousser.

- Les enfants ne vont pas tarder à se lever. Et Jenny arrive aujourd'hui.

Tia plongea son regard dans le sien et fronça les sourcils. Quelque chose... quelque chose était différent. Elle prit finalement conscience de ce qu'elle avait fait et le bleu de ses yeux s'assombrit.

- Je ne regrette rien, déclara-t-elle. Mais si cela change quelque chose...

- Bien sûr que cela change quelque chose, l'interrompit Linya lasse. Je n'ai jamais été intéressée par les femmes avant et tu as utilisé une confidence que je t'ai faite, quelque chose qui me perturbait, contre moi, pour ton seul profit. Tu m'as rendu si confuse que je n'ai pas réussi a réfléchir clairement.

Elle fit une pause.

- J'ai trahi Lex. J'ai couché avec sa femme. J'ai couché avec une femme. J'ai couché avec ma meilleure amie.

Elle releva les yeux sur Tia.

- Bien sûr que les choses ont changé. Mais je ne sais pas comment. Je ne sais plus... je ne sais plus qui je suis, termina-t-elle en se mordant la lèvre. J'ai trahi une personne qui comptait plus que ma vie... je ne sais plus...

- Peut-on vraiment dire qu'on a trahi Lex ? Elle nous a trahi en premier ! Rejeta Tia avec colère et amertume.

- Cela n'en reste pas moins une trahison. Elle nous a trahi et nous l'avons trahi. Si elle nous pardonne, on sera obligé de faire de même sans pouvoir lui reprocher son égoïsme et tout ce que cela nous a fait. Et rien ne sera résolu. Tout ça ne serait pas arrivé sans son départ, quelque part c'est sa faute, mais c'est aussi la nôtre alors ça ne compte plus, rétorqua Linya avec colère et une point de désespoir. En quoi cela nous a avancé ? En quoi cela va améliorer votre couple ? Ou nos amitiés ?

Tia pinça les lèvres, elle refusait de se sentir coupable. C'était la faute de Lex tout ça ! Et Linya voulait d'elle, elle aussi ! Comme pour rejeter ses propos, Tia pressa ses hanches contre celle de Linya et commença à les frotter d'un mouvement langoureux. Elle sentit le sexe de Linya s'humidifier de nouveau alors que la jeune femme lâchait un halètement en fermant les yeux.

Triomphante, Tia lança :

- Tu le veux toi aussi, tu as envie de moi. Tu as envie que les choses changent !

Linya attrapa les hanches de Tia et les pressa plus fort contre les siennes en rétorquant :

- Vouloir coucher avec toi et vouloir que les choses changent sont deux choses différentes.

Un gémissement rauque lui échappa et elle attrapa la bouche de Tia qu'elle embrassa avec passion. Tia se frotta avec frénésie contre elle en haletant de plus en plus fort, leurs clitoris gonfler envoyant des décharges de plaisir violente.

- Tu me fais réagir, tu me fais jouir, haleta Linya en relâchant ses lèvres, mais je ne voulais pas que cela arrive. Je ne veux pas que les choses changent entre nous. Je ne suis pas sûre de parvenir a réussir a m'adapter à la nouvelle relation que cela va nous obliger a avoir.

Tia écoutait d'une oreille, concentré sur le plaisir qu'elle sentait monter alors que leurs sexes humides glissait l'un sur l'autre d'une façon plus qu'érotique. Elle jouit finalement quelques secondes avant Linya qui cria, en resserrant ses jambes autour de la taille de Tia tout en enfonçant ses ongles dans son dos.

Elles reprirent lentement leurs esprits et se séparèrent l'une de l'autre. Linya posa un regard triste sur son amie.

- Je ne sais même plus ce que l'on est...

Tia détourna le regard. Elle non plus ne savait pas.

- Je n'ai pas trahi Lex. Elle m'a quitté. On n'est plus ensemble. Ca fait des mois qu'elle m'a quitté. Je ne l'ai donc pas trompé.

Linya ferma les yeux en hochant la tête, la gorge serrée. « Mais moi oui ».

Et comme si Tia l'avait entendu, la mercenaire l'obligea à la regarder et déclara :

- Elle t'a quitté aussi. Depuis des mois.

« Mais j'ai couché avec sa femme et pas juste une fois en passant, » songea la dirigeante désespérée. Elle savait d'or et déjà qu'elles coucheraient souvent ensemble à l'avenir. Tia... en voudrait plus, elle le savait. Et elle, elle ne se sentait pas la force de lui résister. Elle était tellement confuse. Elle aurait aimé que Tia lui laisse le temps de mettre de l'ordre dans ses pensées et ses sentiments mais, à l'image de cette nuit, elle savait que Tia l'en empêcherait. Elle avait bien trop peur de la laisser s'échapper.

Linya se demanda si Lex aurait préféré que sa femme reprenne ses conquêtes épistolaires ou si cela l'aurait rassuré de savoir que c'était avec sa sœur de cœur que sa femme passait sa frustration et sa colère.

Alors que Tia attrapait sa main et y déposait un baiser, Linya sentit son corps réagir. Serait-ce toujours ainsi ? Qu'est-ce que lui avait fait Tia ? Se demanda-t-elle au bord de la nausée. Qu'allaient-elles devenir ? En cet instant elle souhaita plus que tout que Lex ne revienne jamais. La honte de ce qu'elle lui avait fait était aussi forte que la confusion qui balayait son esprit.

Elle ferma les yeux, épuisée et inquiète.

                                                                       ***

La raideur fut la première chose qu'elle ressentit. Puis la faiblesse. Sa faiblesse. La douleur sous son crâne pulsait violemment. Elle gémit en ouvrant les yeux et la voix qu'elle entendit était tellement inattendu qu'elle cru qu'elle rêvait.

- Tu dors comme la belle au bois dormant, j'ai bien cru que j'allais devoir te réveiller de la même façon, se moqua Enyalios.

Elle ouvrit les yeux avec difficulté et dévisagea le mercenaire un long moment. Puis elle détailla son environnement et découvrit un blanc immaculé qui lui fit froncer les sourcils.

- Tu es dans une clinique privée, déclara Enyalios en notant son regard.

Alexia déglutit mais ne réussit à émettre qu'un coassement rauque. Enyalios attrapa un verre et la carafe pleine d'eau à côté et le remplit avant de l'amener à ses lèvres. La jeune femme voulu se redresser et prendre le verre pour boire elle-même mais s'en découvrit incapable.

- Tu es trop faible, la raisonna Enyalios en la forçant à boire.

- Qu'est-ce que je fais là ? Souffla-t-elle après avoir avaler plusieurs gorgées.

- C'est ce que je me demande, lui rétorqua le grand homme, un sourcil levé.

Son regard critique la rendit nerveuse. Et alors qu'il l'aidait à s'asseoir en ajustant les coussins dans son dos, elle hésita :

- Est-ce que Tia...

Enyalios prit le temps de terminer ce qu'il faisait avant de repousser Alexia contre les coussins et de se ré-asseoir sur la chaise qu'il avait amené à côté du lit. Enfin il la fixa et répondit :

- Non. Elle ne sait pas que tu es là. Elle ne sait toujours pas le moins du monde où tu te trouves.

En elle le soulagement le disputa à la tristesse.

- A quoi as-tu joué Lex ? S'enquit le mercenaire avec une colère sous-jacente. L'état dans lequel tu t'es mise ne fait pas honneur aux efforts que Tia a investi en toi. Cela ne fait pas honneur à ta profession, encore moins à ta famille.

Enyalios se tut mais la seule réaction qu'il obtint fut le pincement de lèvres de Lex qui regardait dans le vide.

- Comment tu m'as retrouvé ? Demanda-t-elle après quelques minutes d'un silence pesant.

Enyalios arbora alors le sourire hautain, copie conforme de celui de Tia et cela lui fit si mal qu'elle dû se mordre jusqu'au sang pour empêcher les sanglots d'éclater.

- Je t'explique le plan, reprit le mercenaire sans répondre à sa question, tu reprends des forces, je te sors d'ici, on suit un petit programme de ma conception, puis tu rentres chez toi.

- Sûrement pas ! S'écria Lex en paniquant soudain. Je suis partie pour une bonne raison ! Il n'est pas question que j'y retourne !

- Oh vraiment ? Répondit son ami d'un ton d'une exquise douceur, qui fit remonter des frissons d'appréhension le long de sa colonne vertébrale. Et quelle est donc cette si extraordinaire et bonne raison ? Fait-moi rêver ma douce, va-y, je t'écoute.

Lex détourna les yeux et déglutit. Elle était incapable de s'expliquer. Elle ne savait plus très bien... Elle était trop fatiguée, elle ne parvenait pas à réfléchir clairement.

- Dis-moi ma douce, ne fais pas ta timide. Quelle est cette raison qui t'a poussé à te laisser mourir comme si tu n'étais qu'un déchet de plus dans ce monde ?

Lex ferma les yeux en se mordant la lèvre. Elle serra les poings de toute ses forces. Pas question de pleurer. Elle ne pleurerait pas.

Un souffle chaud, un chuchotement à son oreille :

- Je ne suis pas sûr qu'elle t'attende encore...

Et les larmes coulèrent, silencieuses, intarissables et désespérées.

- Elle ne me pardonnera jamais, souffla-t-elle incapable d'ouvrir les yeux et d'affronter la vérité qu'elle lirait dans ses yeux.

- Peut-être que non. Peut-être que oui. Mais avant toute chose, tu dois savoir pourquoi tu es vraiment partie. Pourquoi tu n'es pas revenue. Et pourquoi tu étais prêtes à te laisser mourir. Se sont probablement trois raisons différentes. Tout comme la raison qui, maintenant, te pousse, malgré tes dénégations précédentes, à vouloir rentrer.

Vivement, Lex rouvrit les yeux pour dévisager son vis-à-vis, saisi à la fois par les vérités énoncées, et par la vacuité des réponses qui lui venaient. Elle était si confuse, si épuisée et si perdue...

- Mais comme je l'ai dis précédemment, en premier lieu, tu reprends des forces. Je ne préviendrais pas Tia. Je serais, tout au long de ton retour parmi nous, ton ami et seulement le tien.

Lex ne savait pas quoi dire. Le remercier semblait trop peu. Elle n'était même pas sûre de vouloir le faire. La perspective de revoir Tia... là non plus elle ne savait pas quoi ressentir. Une joie intense, profonde, qui la faisait trembler physiquement voulait prendre le dessus, mais la peur, de ce qu'elle avait fait, des conséquences inévitables de son départ, de la réaction de Tia, et ses interrogations, voudrait-elle encore d'elle ?, contrebalançait celle-ci.

Elle ne savait pas. Elle ne voulait pas savoir. Mais, en croisant le regard déterminé du mercenaire qui lui faisait face, le mentor de celle qu'elle aimait plus que sa vie et qu'elle admirait tant, elle sut que ce choix n'était pas le sien.

Elle ferma les yeux, vaincu et se recoucha. Elle voulait oublier ses dernières minutes. Elle laissa le mercenaire ajuster les draps sur son corps et fredonner une chanson ringarde qui la berça jusqu'à ce qu'elle tombe dans un sommeil bienheureux.

                                                                       ***

La Louve rôdait. Elle était bien moins loin que Tia ne le pensait. Elle attendait son heure, rongeant son frein en faisant monter la colère au fond d'elle. Tia la traitait mal. Elle lui avait fait une promesse qu'elle ne tenait pas. Si cela n'avait tenue qu'à elle, la Louve l'aurait tué pour ce parjure.

Au lieu de cela, elle faisait ce que sa moitié humaine lui avait commandé. Elle surveillait les esprits à l’œuvre de leurs pertes. Elle se renseignait, protégeait avec ses moyens spirituels propres, les enfants de Tia, ses enfants et attendait.

Elle attendait patiemment car elle savait, lorsque le moment serait venue, que Tia paierait. Elle ne pouvait se laisser aller à sa soif de sang et réclamer le sien, mais elle paierait quand même.

Un grondement s'échappa de sa gorge.

Elle avait laissé partir Gabrielle !!! Comment avait-elle pu être faible à ce point ?! Après tout les siècles passés à la chercher, après avoir accepté le sacrifice de séparation de son âme, alors même qu'elles n'avaient plus que cette vie pour être ensemble, ELLE AVAIT GASPILLE LEUR TEMPS !

Si elle l'avait pu elle serait partie à la recherche de son âme sœur mais leur lien spirituel, elle ne le partageait que via Tia et celui-ci... était bloqué. Cette IMBECILE avait laissé Lex le BLOQUER !

Comme si elle ne pouvait pas défaire ce que Gabrielle avait fait... comme si sa volonté n'avait pas toujours été la plus forte d'elles deux !!

La faiblesse de son âme humaine rendait la Louve folle de rage. Son parjure et son manque de volonté lui donnait envie de se repaître de son sang.

Mais aussi noire soit-elle, la Louve était comme son âme humaine, protectrice avec les siens. Les jumeaux, tout comme les jumelles, avaient besoin de Tia. Et Lex ne reviendrait pas si Tia n'était plus. Elle-même ne pouvait exister sans Tia.

Alors il n'arriverait rien à Tia, elle y veillerait.

Mais Tia finirait par payer.

 

Chapitre 7 :

Quelques heures plus tard, Tia et Linya s'était préparée et avait envoyer les jumeaux s'occuper des jumelles pendant que Frédéric se rendait à l'aéroport chercher Jenny.

Le père adoptif et Maître de la mercenaire devait ensuite partir pour quelques semaines avec sa femme, dans un tour d'Europe qu'ils attendaient tout deux depuis longtemps. Tia avait bien cru que son Maître allait encore annuler son projet, mais elle avait insisté tant et si bien qu'il avait finis par céder. A la plus grande joie de sa compagne.

- Tu es sûre que c'est une bonne idée de laisser Frédéric partir ? S'enquit Linya nerveusement

- Ca fait des mois qu'il repousse ce voyage a cause de tout ce qui m'arrive. Il a beaucoup sacrifié pour moi toute ces années, il a le droit de vivre sa vie comme il l'entend. Je veux qu'il vive sa vie en fait. Je me sens suffisamment coupable comme ça.

Linya acquiesça en reposant sa tasse sur le comptoir et s'agita en sentant Tia s'approcher et l'enlacer avant de déposer un baiser dans son cou qui la fit frissonner. Elle avala sa salive et humecta ses lèvres, incapable de décider quelle réaction elle devait avoir.

- Ils vont passer quelques jours chez Karl aussi. Ca fait un moment que mon « frère » et lui ne se sont pas vu. Il lui manque.

- C'est une bonne idée.

Tia sentait la tension émaner de son amie mais n'en eu cure. Elle la fit se retourner vers elle avant de l'embrasser avec une passion mâtiné de colère. Elle n'arrivait plus contrôler ce sentiment de rage depuis la nuit dernière. C'était comme si cela l'avait forcé a voir les choses en face. Lex ne reviendrait pas. Lex l'avait abandonné alors qu'elle avait toujours prétendu qu'elle comptait plus que tout. Elle ne voulait plus penser à Lex.

Et lorsqu’elle embrassait Linya, la caressait ou la tourmentait, lorsqu'elle la regardait et lui parlait, elle oubliait presque son âme sœur.

Elle savait que ce qu'elle faisait n'était pas correct envers Linya, mais elle ne parvenait pas a s'en empêcher. Non c'était faux. Elle le voulait. Elle voulait la tourmenter. En la blessant elle blessait Lex. Du moins c'est ainsi qu'elle voyait les choses. Car en dehors d'elle, qui comptait le plus pour Lex ?

Dans le même temps elle s'en voulait énormément de faire cela envers une personne qui lui était si manifestement attachée. Une personne qui l'avait toujours respecté et qui se souciait d'elle.

Elle se détacha de ses lèvres et la dévisagea un moment. Linya ne détourna pas les yeux mais Tia était capable de voir combien tout cela la déstabilisait, combien elle s'en voulait de ses réactions et de son incapacité à la repousser. Et cela lui brisait le cœur. Et si ça avait été sa seule réaction, peut-être bien qu'elle aurait arrêter là ce jeu puéril et destructeur. Mais cette vulnérabilité à fleur de peau mélangée à son évidente inquiétude pour elle, et ce désir tout neuf, confus et si sensible, éveillait un désir violent.

Tia la regardait et ne pensait qu'a une chose, l'entraîner dans son lit. Encore et encore. Elle pressa son corps contre le sien sans la quitter des yeux, attentive à chacune de ses réactions, acculant son amie contre le plan de travail.

Mais Linya n'avait pas besoin d'être acculée, elle acceptait ses avances. Elle les craignait aussi. « Mon dieu ce mélange d'émotions, songea Tia la respiration coupée par un violent désir, ça me rends dingue. »

Linya avait un effet qu'elle-même ne comprenait pas. Il était d'une violence jamais ressenti auparavant, d'une intensité qui la balayait littéralement. Qui la faisait perdre jusqu'à ses pensées.

Elle était complètement obsédée par son amie. Par son désir. Par sa vulnérabilité. Elle la voulait. Voulait la protéger. Elle voulait lui faire mal et la dévorer entièrement. C'était tellement violent et destructeur qu'elle ne se reconnaissait plus.

Linya avait raison. Qu'étaient-elles l'une pour l'autre ? Qu'étaient-elles devenus tout court ? Si elle avait été plus raisonnable, elle aurait fait ce que Linya la suppliait de faire depuis la veille, elles leur auraient accordé du temps pour démêler leurs sentiments de la colère, au lieu de les lier si irrémédiablement les uns aux autres.

Mais c'était si bon... cette colère rendait leurs ébats, le moindre toucher, le moindre regard, d'une intensité sans pareille. Et Tia ne voulait pas perdre cela. Ca effaçait Lex de son esprit sans commune mesure.

Alors non, ce n'était pas juste pour Linya, mais Tia n'était pas prête a faire ce qui était juste. Pas avant longtemps. 

Tia appuya son bassin contre celui de son amie, l'obligeant à écarter les jambes. Elle regarda la gorge de Linya se contracter alors qu'elle avalait sa salive en retenant son souffle. La lueur d'inquiétude dans son regard ne disparu pas, ce qui enflamma le prédateur chez Tia.

Elle fit glisser d'un mouvement paresseux leur bassin l'un sur l'autre et la vit pincer les lèvres pour retenir un soupir. Tia s'appuya sur le plan de travail, les mains de par et d'autre du corps de Linya. Les mains de Linya reposait juste à côté des siennes et serraient de façon convulsives les bords du plan de travail.

Sa nervosité était si vivante que cela enchanta les sens de Tia. Enivrée, la grande femme colla son corps au sien et sa joue effleura celle de Linya. Mais elle ne la toucha pas. Elle ne l'embrassa pas. Seul son souffle coulait sur sa peau. Seul son bassin était en mouvement.

La respiration de Linya devint haletante mais elle refusait toujours de laisser le moindre gémissement franchir la barrière de ses lèvres. Tia recula son visage légèrement, pour pouvoir croiser son regard.

Les yeux dans ceux de Linya, mélange de désir et de crainte, agissait comme un aphrodisiaque sur la mercenaire, qui accentua son mouvement. Tia la trouva étrangement courageuse. Elle avait peur. De Tia, de ce qu'elle ressentait à son contact. Pourtant elle ne repoussait pas la grande femme. Elle ne détournait pas le regard.

Et Tia la trouva d'une beauté époustouflante. Si violente en fait, qu'elle dû serrer les poings pour ne pas se pencher et l'embrasser. Au lieu de cela, elle resta là, à frotter son bassin contre le sien, à asseoir sa domination sur une femme qu'elle considérait habituellement comme sa meilleure amie, mais qui, en cet instant, n'était qu'une proie qu'elle voulait contrôler.

Après plusieurs minutes, Linya lâcha un gémissement et Tia se sentit étrangement mieux. Elle avait gagné. Quoi, elle ne le savait pas. Mais elle avait gagné.

Alors, lentement, mais toujours aussi déterminée, elle leva une main et l'approcha du short en jean de son amie. Elle défit le bouton, toujours sans la lâcher du regard, puis baissa la braguette. Sans se préoccuper de la culotte, elle fit glisser directement ses doigts contre la fente humide de son amie.

Linya gémit en fermant les yeux et se cambra. Tia sourit et enfonça deux doigts avant de s'arrêter. Alors Linya attrapa son poignet et l'obligea a aller et venir en donnant des coup de reins pour accélérer la montée du plaisir.

Quelques minutes plus tard, Linya cria son orgasme sans se soucier d'être entendu. Lorsqu'elle rouvrit les yeux, le regard triomphant et dénué de chaleur de son amie, si dominatrice, la fit sombrer un peu plus. Désir, honte, excitation, inquiétude. Linya était sur une corde raide et le savait.

Sa confusion n'avait d'égale que son plaisir et elle se détestait. Pourtant elle ne pouvait s'éloigner de Tia. Et elle ne s'en détestait que plus. Sa main enserrait toujours le poignet de Tia. Les doigts de son amie était toujours en elle. Elle ne fit pas un geste pour se dégager.

Elle ne se comprenait pas.

Elle attendit simplement que la grande femme les retire d'elle même, satisfaite. Puis elle la vit se pencher, comme pour lui donner un baiser et Linya se surprit à l'attendre avec ferveur. Mais la mercenaire s'arrêta à quelques centimètres de ses lèvres et murmura :

- Tu es à moi...

Linya se mordit la lèvre en la dévisageant. Dieu qu'elle la détestait. Dieu qu'elle se détestait.

Son souffle effleura sa bouche et elle ferma les yeux. Dieu qu'elle la voulait...

- Oui..., souffla-t-elle en laissant une larme rouler. Je suis à toi...

Un mouvement, puis l'air remplaça le corps de Tia et Linya ouvrit les yeux pour se découvrir seule dans la cuisine. Elle resserra les bras autour d'elle en étouffant un sanglot.

                                                                       ***

- Comment tu te sens Princesse ? S'enquit Enyalios, moqueur.

Lex lui retourna un œil noir avant de revenir à la bouillie devant elle.

- Je ne suis pas un bébé, rétorqua-t-elle en désignant le plat. Pourquoi je dois manger cette infâme mixture ?

- Tu remets en cause les ordres du médecin ? Répondit-t-il en levant un sourcil hautain. Tu as fais des études de médecines dont tu as oublié de me parler ?

Lex retint un mouvement d'humeur et soupira, agacée. Enyalios soupira a son tour.

- Ecoute, commença-t-il en lui prenant la main, tu dois reprendre des forces. Tu te sentiras mieux quand se sera fait. Tu seras capable de réfléchir avec plus de clarté.

- Comment peux-tu en être si sûr ?

- J'ai eu Tia, tu te souviens ? Je ne connais pas les détails mais je sais que lorsque je l'ai récupéré, elle était au plus bas. Et je l'ai aidé à reprendre le dessus. Tu le sais. Elle le sait, et toi aussi. Tu n'es pas au top en ce moment, mais tu es loin de l'état lamentable de Tia à l'époque. Tu n'es même pas un challenge pour moi.

Lex fronça les sourcils. Elle se sentait vaguement insultée sans bien comprendre pourquoi.

- Crois moi quand je te dis que tu vas t'en sortir. Si tu suis mes instructions. Tu y verras plus clair. Je te le promets.

Lex le dévisagea. Elle le croyait. Bien sûr qu'elle le croyait. Il avait sauvé Tia d'elle-même. Mais elle n'était pas certaine de vouloir être sauvé. Si elle l'était, si elle y voyait clair, elle n'était pas sûre de pouvoir faire face à ce qu'elle avait déclenché en partant.

Et si elle jouait encore les lâches ? Et si ses raisons n'étaient pas assez bonne pour que Tia lui pardonne ? Et si Tia l'avait déjà oublié ?

« A travers les âges... »

Lex fronça les sourcils.

« A travers le temps et l'espace... »

Elle se souvenait.

«  A travers la vie et la mort... »

Oui, elle avait déjà entendu ça.

« A travers le Paradis et l'Enfer même... »

Elle l'avait dit.

« Je te retrouverais.... »

Et Xena aussi.

Elle revient à Enyalios, si constant, si sûr de lui. Indéfectible roc sur lequel s'appuyer. Il était si différent du Dieu de la Guerre qui avait fait de leur première vie à Xena et elle, un tel enfer... Il était pourtant son portrait craché.

- Si semblable et si différent, murmura-t-elle. Je ne savais pas cela possible.

- Pardon ? Je n'ai pas compris.

Lex secoua la tête.

- Ce n'est rien.

Elle n'était pas Gabrielle. Gabrielle était forte et courageuse et pleine d'optimisme. Même dans le noir, elle trouvait la lumière. Elle n'était pas Gabrielle. Tout comme Enyalios, elle lui ressemblait mais n'était pas elle.

Elle n'était pas certaine que Tia soit Xena non plus... Par certains côté Tia était plus abîmée que Xena ne l'avait été. Non Tia n'était pas Xena mais elle lui ressemblait beaucoup.

Et elle-même ressemblait assez à Gabrielle. Assez pour essayer au moins.

- D'accord, fit-elle enfin. D'accord. Je vais suivre ton plan. De A a Z, sans me plaindre, sans discuter.

- Vraiment ? S'étonna Enyalios.

Lex lui retourna un regard surprit.

- Je veux dire, bien sûr que tu vas le faire, se reprit-il rapidement.

Il ne s'attendait cependant pas à ce qu'elle cède si vite. Elle était vraiment au bout du rouleau, songea-t-il un peu inquiet. Il espérait ne pas être arrivé trop tard. Pas pour Lex, mais pour Tia.  Maintenant qu'il avait retrouvé la petite blonde, il se savait assez compétent pour la remettre sur pied. Mais Tia... il n'avait jamais vraiment réussi à l'atteindre. Pas comme Lex le faisait.

Et si avant leur rencontre, cela aurait peut-être été suffisant pour qu'il retienne sa protégée, depuis qu'elle avait connu Lex, depuis qu'elle s'était ouverte à elle, qu'elle avait laissé toute ses peurs de côté et donné toute sa confiance à quelqu'un... elle avait atteint un autre niveau.

Bien au delà de ses compétences, bien au delà de tout le monde même, il en était persuadé. Son bonheur comme sa chute, seule Lex en était capable désormais.

Alors pour récupérer la jeune fille qu'il avait appris à aimer, autant qu'à respecter au fil des années, il devait ramener Lex. Puis les réunir.

Il ferait tout ce qui était en son pouvoir pour cela. Tia n'avait jamais compris à quel point il l'aimait. Elle était comme une petite sœur pour lui. A la fois plus et moins que cela. Elle était sa seule amie.

- Oui, acquiesça Lex en souriant avec cette douceur qu'il avait appris à aimer et qui touchait étrangement son cœur. Oui, je vais le faire. Puis je rentrerais. Quand je serais prête.

Il hocha la tête.

                                                                       ***

- Ok, tout est prêt pas vrai ? Demanda pour la dixième fois son très nerveux fils aîné.

Tia leva un sourcil en réprimant le sourire moqueur qui montait.

- Oui, Len. Tout est prêt pour recevoir Jenny.

- Ok. Ok.

- Respire, lança Linya en pressant son épaule en passant a côté de lui avant d'attraper le bol de céréale qu'il avait rempli, puis laisser intact sur l'îlot central.

Len hocha la tête et inspira profondément.

- Ca ne fait pas si longtemps que vous ne vous êtes pas vu, pourquoi es-tu si nerveux ? S'enquit-elle en nettoyant son bol et sa cuillère dans l'évier.

- Ca fait 3 mois ! S'insurgea-t-il. Elle a peut-être changé et ne veut plus de moi, soupira-t-il ensuite.

- Si c'était le cas, elle ne s'embêterait pas à venir, répliqua sa sœur traversant la cuisine.

Tia la suivit des yeux et lui sourit lorsqu'elle sortis aussi vite qu'elle était entrée. Elle posa ensuite les yeux sur Jiyeon, qui dormait dans ses bras et ne pu s'empêcher de fourrer le nez sur son petit ventre dodue.

- Ta sœur a raison, répondit Linya. Ta nervosité ne viendrait-elle pas plutôt du fait que Gipsy doit passer dans la soirée ?

Len lui jeta un regard noir avant de répondre :

- Ca ne te regarde pas.

Puis il sortit à grande enjambées et Linya retourna une grimace contrite a Tia.

- Désolée, j'ai gaffé je crois. Je n'ai pas l'habitude des ados...

Tia haussa les épaules.

- Tu t'y connais autant que moi, ne t'en fais pas. Je me sens souvent dépassé aussi.

- Où est Maki ?

- Dans sa chambre, elle dort.

- Tu veux que j'y dépose Jiyeon ?

Tia secoua la tête. Linya s'approcha en souriant. Jiyeon était tellement mignonne. Elle caressa la tête blonde, appréciant la douceur de sa chevelure d'enfant.

- Les yeux de tes filles me fascinent.

- Pourquoi ? S'étonna la grande femme en relevant la tête.

- Ils sont tachetés. De bleus tout les deux. C'est... inhabituelle.

- Ah bon ? Tant que ça ?

- Je n'ai encore jamais vu une telle combinaison. Mais il n'y a pas que ça. Elles possèdent exactement la même couleur. Comment est-ce possible ? Se sont de fausses jumelles !

Tia sourit, fière de la spécificité de ses bébés.

- Se sont mes filles, répondit-elle simplement en haussant une épaule.

Un petit rire approuva la déclaration et Linya étudia le visage parfait de sa vis-à-vis. Lorsqu'elle était avec ses enfants, la colère de Tia semblait s'effacer. Ou au moins, s'amoindrir. Et cela la soulageait intensément.

La douceur qui se dégageait d'elle en cet instant donnait des envies de tendresse à Linya. Et, si leur relation en était resté à ce qu'elle était avant la nuit passée, elle l'aurait prise dans ses bras. Mais maintenant, elle ne savait pas comment serait perçu sa tendresse. Ni même si elle serait accepté.

Linya aurait aimé s'éloigner quelques jours. Elle avait vraiment besoin de réfléchir. Loin de Tia et de son influence pas toujours saine à son égard. Tia était trop en colère et... Linya n'aimait vraiment pas ce que sa domination lui faisait ressentir. Elle détestait ça même. Tia le savait mais s'en moquait. Elle ne se focalisait que sur le fait que cela l'excitait également.

Linya avait néanmoins du mal a lui en vouloir. Elle la savait aussi perdu qu'elle. C'est pourquoi elle était persuadée que pour leur salut a toute les deux, elles devaient s'éloigner le temps d'y voir clair.

Mais comment le lui faire comprendre ?

Du reste, elle devait s'avouer que Tia lui faisait un peur également. Mais elle ne savait pas non plus dans quelle mesure et cela l'épuisait.

Lorsque Jenny serait parti, Linya comptait rentrer chez elle, prétextant que Lyoko la réclamait. Elle reviendrait bien sûr, elle ne pouvait pas laisser Tia seule avec quatre enfants alors qu'elle était dans cet état, mais elle avait aussi besoin de respirer.

Elle espérait que Tia ne le prendrait pas trop mal.

Soudain, la main de Tia attrapa sa nuque et la mercenaire l'embrassa brusquement. Le souffle de Linya se suspendit en même temps que son cœur faisait une embardée. Et alors que la langue experte de son amie explorait sa bouche, son sang se mit a s'échauffer dans ses veines.

Mais aussi brusquement qu'il avait commencé, le baiser s'interrompit et laissa la jeune femme pantelante. Elle dévisagea Tia qui souriait, très contente de son effet avant de lui murmurer :

- Un avant goût de ce soir...

Linya dégluti avant de se reculer rapidement en entendant le 4x4 de Frédéric se garer devant la maison.

- Jenny est arrivée, lança-t-elle en se raclant la gorge, nerveusement.

Tia acquiesça et laissa sa proie s'enfuir en direction de la porte d'entrée. Elle n'était pas pressée, elle pouvait bien lui laisser un peu de répit.

Elle revient à son bébé et son cœur s'apaisa a nouveau. Ses filles avaient un effet complètement magique sur elle. Elle adorait ça.

                                                                       ***

Tia passa la tête dans l'encadrement de la porte avec prudence. Elle découvrit son fils, passablement paniqué, prit entre Gipsy et Jenny. Les explications houleuses et les accusations orageuses laissaient peu de place au pauvre Len pour en placer une.

- Je ne comprends même pas comment il a pu croire qu'il pourrait gérer les deux en même temps, remarqua Linya en arrivant derrière elle.

- A la base Gipsy avait annulé. Il avait réussi à la convaincre de ne pas venir, qu'il était malade et tout, expliqua Lara en s'appuyant au mur à côté de sa mère.

- Mais pourquoi avait-il deux copines ? L'interrogea Linya. Je ne comprends pas ce genre de comportement.

Lara haussa les épaules.

- Je trouve ça débile aussi. Les mecs sont tous cons de toute façon.

- Pas tous, non, intervient Tia en berçant Maki que les cris avaient réveillé. Certains en valent la peine. Mais c'est comme tout, il faut persévérer pour les trouver.

Lara fixa sa mère un moment. Elle haussa un sourcil sceptique et lança :

- Tu y crois vraiment ? Après Lex ?

Tia pinça les lèvres et resserra sa prise sur sa fille avant de hocher la tête.

- Tout ce qui en vaut la peine est difficile à avoir. De plus, sans elle, tes sœurs ne seraient pas là. Et rien que pour ça je ne peux que la remercier d'être passé dans ma vie.

Ce fut au tour de Lara de pincer les lèvres. Une flambée de colère passa dans son regard, ce regard si semblable au sien.

- Alors ça y est tu abandonnes ? Elle ne reviendra plus ?

Tia inspira profondément. Elle n'avait aucune envie de parler de Lex. L'odeur de sa fille lui parvint, elle déposa un baiser sur la peau douce avant de répondre en faisant bien attention à garder le regard posé sur Maki.

- Qu'elle revienne ou pas... ce n'est plus mon problème. Elle ne fait plus partie de ma vie dorénavant si c'est là ta question. Mais elle reste ta mère... et je ne l'empêcherais pas de vous voir.

- Et pourquoi je voudrais la voir ?! Rétorqua sa fille aînée avec hargne. Elle m'a abandonné !!

- Parfois on à de bonne raisons, répondit doucement sa mère.

Lara ricana.

- Comme toi tu veux dire ?

Un éclair de douleur traversa les yeux de Tia. Lara le vit mais refusa de se sentir coupable. C'était la vérité, sa mère l'avait abandonné. Et sa seconde mère avait fait de même.

- Alors toi tu peux la rejeter mais moi je suis obligée de l'avoir dans ma vie ?

- Je ne pense pas que se soit ce que ta mère voulait dire, intervint doucement Linya.

- De quoi je me mêle ? L'interrompit Lara rageuse. C'est une discussion familiale, et être le nouveau coup de ma mère ne te donne aucun passe-droit de ce type !

Linya recula sous le choc. Elle n'était pas naïve et les enfants de Tia étaient intelligent, mais elle n'aurait pas pensé qu'ils savaient déjà ce qui s'était passé entre elles. De plus, être face à l'image qu'ils se faisaient de leur relation la choquait violemment.

Le nouveau coup...

- Tu m'appelais Tante Lin avant...

- Et maintenant, je dois t'appeler comment ? Poursuivis la jeune fille impitoyable. Maman ? Belle-maman ? Ou c'est juste sexuel vous deux ?

Linya dégluti. Elle ne savait pas quoi répondre. Elle ne savait pas elle-même ce qu'elle était.

- Je ne sais pas... Je... je suis désolée si ça te dérange...

- Si ça me dérange ? Ricana Lara, la coupant encore une fois. Tu disais que tu étais sa meilleure amie. Qu'elle était comme ta sœur depuis toujours. Et toi maman, fit-elle en se tournant vers la mercenaire, tu disais qu'elle était toute ta vie ! Qu'elle comptait plus que n'importe quoi d'autre, MEME PLUS QUE NOUS !! Et vous... vous, bafouilla-t-elle, vous la remplacez comme ça, d'un claquement de doigt. Soudain elle ne compte plus, vos liens, vos promesses, tout ce que vous nous avez dit sur la force de votre amour les unes pour les autres, disparaît comme si ça n'avait jamais existé !!! COMMENT JE PEUX CROIRE EN QUOI QUE SE SOIT MAINTENANT, HEIN ??!! Vous... vous avez tout cassé !!!

Lara sortit en trombe, bousculant sa mère, puis au dehors son frère, en lançant au passage :

- Abrutis ! C'est de ta faute !

Len, interloqué, la regarda passer comme un ouragan mais n'eut pas le loisir de rétorquer car Gipsy, comme Jenny d'ailleurs, n'en avait pas terminé avec lui. Il lança un regard à David et Sahel, qui était arrivé plus tôt avec sa mère, le nouveau soigneur de leurs chevaux, et les garçons suivirent Lara après un signe de tête de Len.

Bien qu'il soit un petit-ami lamentable, il était un frère aimant et protecteur. Il avait senti la colère et la détresse de sa sœur et s'il ne pouvait pas être là pour elle, il entendait bien qu'elle ne reste pas seule jusqu'à ce qu'il le puisse.

Puis, soupirant il revint à la scène qui se jouait devant lui. Allait-il seulement en sortir vivant ? Il jeta un coup d'oeil a sa mère qui lui retourna un regard désolé, mais ferma la porte, lui signifiant par là qu'il devrait se débrouiller seul.

- Ecoutez les filles, lança-t-il en désespoir de cause, je sais que j'ai merdé. Je suis désolé pour ça, ok. Mais vous me plaisez toute les deux, alors on ne pourrait pas... je sais pas moi, trouver un terrain d'entente ?

Estomaquée, les deux filles le dévisagèrent avant qu'une grimace de rage commune ne les défigure. Il comprit alors qu'il avait fait une bourde. Du genre énorme.

 

Chapitre 8 :

- Les jumeaux ne sont toujours pas rentré, fit Linya dans une tentative pour repousser son amie.

- Len occupera un bungalow ce soir, répondit la voix étouffé de Tia dans son cou. Il se cache de ses copines. Et Lara a fuit David et s'est réfugié chez Gipsy. Rhapsody m'a appelé tout à l'heure. Apparemment, elles vont passer la soirée à médire sur les hommes.

- Et Jenny ? Tenta encore la dirigeante de Lyoko.

- Etrangement la maladresse de Len a rapproché Gipsy et Jenny. Elle se trouve avec ma fille chez elle. Maintenant tais-toi.

Joignant le geste a la parole, Tia occupa sa bouche avec sa langue pendant que ses mains débarrassait son amie de son chemisier.

Les sens de Linya s'embrasèrent et elle n'eut plus envie de se soustraire aux assauts de son amie. La langue de Tia sur ses seins la fit gémir. Elle soupira en la sentant descendre plus bas. Et lorsque ses mains lui retirèrent son pantalon et sa culotte elle se cambra, saisi d'une fièvre que seule Tia était capable d'éteindre.

La mercenaire était déjà nue et leurs peaux frottant l'une contre l'autre était plus que suffisant pour que Linya perde le contrôle. Ne s'embarrassant pas de plus de préliminaire, Linya sentit les doigts de Tia se glisser en elle a peine quelques secondes après qu'elle lui eu retirer sa culotte.

Un gémissement sonore fut sa seule réaction et Tia ricana.

- Tu aimes vraiment quand je te baise, hein ?

Linya refusa de se laisser blesser par ces mots. Elle lutta également contre l'érotisme violent qu'ils suscitèrent. Qu'est-ce qui ne tournait pas rond chez elle bon sang ? Mais ces interrogations douloureuses fut vite relégué au loin alors que Tia entamait un va et viens rapide entre ses jambes.

Dans le même temps, elle avait attrapé la main de Linya et la pressait contre son clitoris. Obligeamment, Linya entreprit de la titiller avant de lui rendre la pareille en s'introduisant dans la fente qui n'attendait que cela.

Elle eut bien du mal à rester concentrer pour apporter à Tia le plaisir qu'elle attendait alors que la mercenaire accélérait le rythme et la force de ses aller et venues. Elle gémissait sans plus s'arrêter maintenant et attendait avec une impatience grandissante l'orgasme qui se profilait.

Elle jouit soudainement, violemment et dans un grand cri. Tia ne lui laissa pas de répit et, pendant qu'elle redescendait lentement sur terre, la jeune femme enlaça son poignet d'une main ferme et entreprit de se satisfaire en allant et venant sur les doigts qui se trouvaient toujours dans son sexe.

Tia jouit finalement dans un cri silencieux et se laissa retomber sur le corps de son amie. Toute deux haletantes, elles mirent quelques minutes à se remettre. Linya passait sa main sur la tête de Tia en une lente et douce caresse en se demandant ce que lui réservait le reste de la nuit.

Elle tenta encore une fois de démêler ses pensées de ses sentiments et de son désir tout neuf pour les femmes. Pour Tia.

- Je dois partir, lâcha-t-elle avant d'en prendre conscience.

Elle sentit son amie se raidir soudain et retint sa respiration.

- Pourquoi ?

- Je ne pars pas pour toujours, la rassura-t-elle vivement. Mais Lyoko réclame ma présence et je l'ai négligé trop longtemps.

Linya s'attendait à ce que Tia soit rassurée mais la grande femme ne se détendait pas et cela l'inquiéta. Le silence s'éternisa et elle réfléchissait à quoi dire pour alléger l'atmosphère mais ne trouvait rien.

Elle ne pensait même pas aborder le sujet à vrai dire. Elle n'en avait pas eu l'intention avant encore quelques jours. Il fallait croire qu'elle se sentait vraiment mal...

- Je te mets trop la pression ? Demanda finalement la mercenaire d'une voix étouffée.

- Non, bien sûr que non, mentit Linya.

Tia ricana.

- Bien sûr que je te la mets trop. Je le sais très bien. Je le fais même exprès.

Linya se mordit la lèvre en fermant les yeux alors que Tia se dégageait de son étreinte en roulant sur le dos.

- Je sais que tu le sais. Je sais que ça te blesse encore plus. Et... ça me fait plaisir...

Linya retint le sanglot qui menaçait mais des larmes silencieuses se mirent à dévaler ses joues.  Quand avait-elle perdue son amie ? Etait-ce de sa faute ? Avait-elle, à un moment ou à un autre fait ce qu'il ne fallait pas ? Ou était-ce dû au départ de Lex ? Payait-elle pour sa sœur de cœur ?

Etait-ce juste ? Linya ne voulait pas perdre Tia mais elle ne voulait plus continuer ainsi. Etait-ce là sa punition pour avoir trahie sa petite sœur ?

Et pourquoi devrait-elle le payer ? S'insurgea-t-elle soudain. N'avait-elle pas le droit de ressentir des choses elle aussi ? Et si cela ne plaisait pas à Lex, alors elle n'aurait pas dû les laisser comme ça !

- Je ne veux pas que nous continuions ainsi, fit-elle en ravalant ses larmes. Je veux que nous redevenions amie Tia.

Tia s'apprêta à dire quelque chose mais Linya haussa la voix pour l'en empêcher :

- Je sais que tu as besoin de moi. Et j'ai besoin de toi.

Elle se retourna vers Tia, dévisageant son beau visage crispé par la colère et la contrariété.

- Je vais rentrer m'occuper de Lyoko. Et lorsque je reviendrais, on remettra notre relation sur les rails.

- Et tu crois que je serais d'accord avec ça ? Se moqua méchamment Tia.

Linya haussa les épaules.

- Je ne te demande pas ton avis.

Un éclair de colère passa dans le bleu sombre des yeux de Tia qui, de rage, attira violemment son amie contre elle et l'embrassa avec un mélange de hargne et de passion en glissant sa main entre ses jambes avant de mettre fin au baiser en lançant :

- Et tu crois pouvoir te passer de ça ?

Linya déglutit en tentant de reprendre son souffle :

- Non. Non, je sais que non.

- Alors à quoi...

- Ca n'a pas d'importance, la coupa encore une fois Linya. J'ai besoin d'y voir clair. Et je ne peux pas laisser Lyoko de côté comme ça. Ma vie...

Linya soupira.

- Je reviendrais Tia, je te le promets, fit-elle posant la main sur le poignet toujours glisser entre ses jambes. J'ai besoin de toi, de ça... fit-elle en la pressant de poursuivre son exploration.

Mais Tia retira sa main et la dévisagea.

- Tu fais partie de ma vie Tia. Tes enfants aussi. Lyoko également. Je ne mets aucun des aspects de ma vie de côté au profit d'un autre. Alors je reviendrais. Mais je veux que les choses changent. Je ne sais pas encore comment, ni même... ni même si je veux que l'on poursuive sur ce chemin... mais je reviendrais et... et j'espère que tu me laisseras t'aider cette fois.

Linya était consciente que cette domination que Tia exerçait sur elle avait autant pour but de la maintenir à ses côtés que de l'empêcher de creuser un sujet qu'elle se refusait à aborder. Elle ne voulait pas faire face aux faits et à leurs conséquences, Tia avait même tellement refoulé tout ce qui lui faisait peur, qu'elle en avait négligé la prophétie.

Ce qui était plus que dangereux. Linya, elle, en était consciente et se sentait d'autant plus dépassé que ce n'était pas son champs de compétence et qu'elle avait déjà bien des choses à gérer.

Mais puisqu'elle restait malgré sa confusion complète, celle qui avait le plus la tête sur les épaules, elle n'avait pas le choix. Elle devait prendre aussi cet aspect là en main.

Le lendemain, Linya était partie. Et Tia ne crut pas une seule seconde qu'elle reviendrait.

                                                                       ***

- Tu comptes rentrer un jour ? S'enquit Sahel avec ce sourire qui dévoilait d'adorables fossettes.

Lara lui retourna son sourire en haussant les épaules.

- Rien ne presse. La mère de Gipsy n'a pas l'air gêné et ma mère non plus.

- Ca fait deux semaines que tu ne lui as pas parlé. Je doute que ça ne lui fasse rien.

- Elle est bien trop occupé entre le ranch, les jumelles et Tamara.

- Tamara ?

- C'est la petite amie par intermittence de sa cousine. Lizzie. Elle n'a que deux ans de plus que moi et a été adopté par l'oncle de maman. Tamara et elle se dispute souvent et à chaque fois, Tamara ou Lizzie, voir les deux, créer des histoires.

- Ca a l'air animé chez toi, rit Sahel.

- C'est peu de le dire...

- Comment s'en est sortit ton frère finalement ?

- Mal, comme on pouvait s'y attendre. Jenny est repartit après avoir rompu avec lui. Gipsy a fait de même. Et maintenant il est tout malheureux et traîne dans les jambes de maman. Ce qui l'agace prodigieusement et l'occupe un peu plus. Il va passer cet après-midi, il veut essayer de reconquérir Gipsy.

- Ah donc il a abandonné Jenny ?

- Non.

Deux sourcils étonnés lui répondirent.

- Je sais, il est bizarre. Mais il dit qu'il aime les deux.

- Je vois... espérons qu'aucune d'entre elles ne le saura cette fois.

- Avec sa subtilité il va se faire griller très vite, ricana Lara.

- Et sinon, s'enquit Sahel l'air de rien, tu as revu David ?

Lara retint un sourire et répondit :

- Il me téléphone tout les jours.

- Ah vraiment ? Fit Sahel d'un air contrarié.

Elle acquiesça et il se renfrogna.

- Ta nouvelle mère, elle n'est toujours pas revenu ? demanda-t-il après un silence.

Lara fronça les sourcils.

- Non, répondit-elle de mauvaise grâce. Et d'après Len, ça rend maman encore plus grincheuse.

- Grincheuse ? Rit Sahel.

- Oui enfin... pour ne pas dire chiante.

- Tu as envie qu'elle revienne ?

- Non. Oui. Non. J'en sais rien. Je ne veux pas qu'elle sorte avec ma mère mais...

- Mais ta 2nd mère est partie et celle-là... tu la connais bien, l'aimais bien avant et elle rends ta mère heureuse, finit Sahel gentiment.

- Pas vraiment, le contredit-elle. Je la connais bien oui. Et... je l'aimais bien je suppose... C'était surtout l'amie de mes mères, pas la mienne. Mais... je ne dirais pas qu'elle rend ma mère heureuse non. Moins chiante, moins... triste peut-être, mais pas heureuse... pas comme avec Lex...

- Tu crois que ta 2nd mère va revenir ?

- Je ne sais pas. Je ne sais même pas si je veux qu'elle revienne.

- Alors pourquoi tu ne veux pas que ta mère sorte avec heu... Linya, c'est ça ?

Lara hocha la tête.

- Parce que... parce c'est pas Lex ! Parce qu'elle et maman m'ont fait croire que le grand amour ça existait et que si elles ne se remettent pas ensemble, c'est comme si elles avaient menti et que ça n'existe pas !

Sahel se rapprocha soudain et se pencha vers elle en murmurant :

- Il n'y a pas forcément besoin d'un modèle sous les yeux pour croire au grand amour... il suffit de le vivre.

Lara écarquilla les yeux. Il était si près... si près qu'elle voyait la nuance chocolat de ses yeux veloutés dans le moindre détail. Si près qu'il était difficile de ne pas se rendre compte de combien son visage était parfait. De combien sa bouche était tentante...

Son souffle effleura ses lèvres et elle ferma les yeux. Sahel sourit. Il savait qu'il la ferait craquer. Il déposa un baiser léger tout d'abord. Puis, alors qu'elle soupirait, il mit la main sur sa joue et l'attira plus près, pour un baiser plus profond, plus expert, sensuel... pendant que sa main droite se glissait sous le débardeur rose et touchait du bout des doigts le côté sensible de son ventre et remontait, léger comme une plume.

Il la sentit frissonner et sourit de satisfaction. Les enseignements d'Ashee étaient les meilleurs, et il pouvait le constater de visu. Elle lui mangeait dans la main.

Il parvint jusqu'au soutien-gorge de la jeune fille et il posa sa main sur le sein droit, l'englobant tout en allongeant son amie sur le divan. Elle soupira de nouveau et d'un mouvement preste du genou, écarta ses jambes afin de s'installer entre elles.

Alors que le baiser se faisait plus fiévreux, que la caresse de sa main franchissait la barrière de tissus en repoussant le soutien-gorge, il pressa son bassin contre le sien et elle gémit en le sentant déjà prêt.

Il s'empressa de repousser son soutien-gorge et, tout en embrassant et caressant ses seins de sa langue et de sa main, il défit le bouton de son jean de son autre main et sortit son sexe tendu avant de remonter la jupe de Lara sur ses hanches et d'écarter le tissu de sa culotte quelques secondes plus tard.

Lara le sentit poser son membre contre son sexe et elle ouvrit les yeux, un peu choquée de la rapidité de la chose. Avant qu'elle n'ait pu protester, dire que cela allait trop vite, il reprit possession de sa bouche pour un baiser d'une exquise perfection.

Elle posa les mains sur le haut de ses bras, attrapant le tissu de son t-shirt, incapable de savoir si elle voulait qu'il poursuive ou s'arrête. Il prit la décision pour elle alors qu'il attrapait ses hanches pour pousser fermement son sexe à l'intérieur.

Elle se raidit, mais il n'en tint pas compte et se mit à aller et venir en elle a un rythme de plus en plus rapide. Il relâcha sa bouche et attrapa un de ses tétons avec ses dents. Il alterna mordillement et léchage sans cesser ses coups de reins et elle sentit le plaisir commencer a monter.

Il accéléra le rythme et elle se mit à aller à la rencontre de ses coups de boutoir. Elle gémit à plusieurs reprises alors qu'il finissait de la débarrasser de son t-shirt et de son soutien-gorge. Il lécha et caressa le dessous de ses seins, beaucoup plus sensible que le haut et elle frissonna en gémissant de plus belle.

Tout en l'embrassant fiévreusement, il attrapa ses hanches et ses coups de reins se firent plus appuyé. Il accéléra encore et Lara sentit le plaisir s'épanouir en elle à une vitesse accrue. Et soudain elle jouit. Fortement, violemment et cria son plaisir alors qu'il terminait ses coups de reins par un cri rauque et éjaculait enfin.

Alors qu'ils revenaient doucement de leur plénitude béate. Elle prit conscience qu'ils ne s'étaient pas protégés et un frisson d'appréhension la saisit. 

Elle se racla la gorge et déclara :

- Je.... c'est aller un peu vite... non ?

Sahel redressa la tête, inquiet.

- Tu regrettes ? Je t'ai fait mal ?

Lara fondit devant son regard tendre et inquiet. Elle secoua la tête.

- Tu as été parfait. Même avec David je n'avais pas ressenti autant de plaisir.

Un sourire mâle apparut et elle rit. Il était vraiment sexy.

- Mais je ne m'attendais pas a ce qu'on... passe à l'acte si vite. Je veux dire... on est même pas officiellement ensemble.

Il donna un petit coup de rein et elle prit conscience qu'il était toujours en elle.

- Je pense que ça, officialise définitivement bien les choses, non ?

- Alors... on est ensemble ? S'enquit-elle son cœur battant à tout rompre.

Il acquiesça et elle sourit largement avant de l'embrasser avec ferveur.

C'était presque trop facile, songea Sahel hautement satisfait. Non seulement il progressait dans son ascendant sur les jumeaux, mais il récoltait toute les informations qu'Ashee lui demandait sans aucune difficulté. Et dans tout ce processus, il se faisait sacrément plaisir.

Lara était une vraie petite bombe. Il avait hâte de l'amener dans sa tribu. Peut-être serait-il autorisé à l'épouser une fois habité par leur Maître ? Après tout, elle était d'une grande beauté et vraiment, il aimait la façon qu'elle avait de bouger les hanches. Et s'il se mariait avec elle, son statut au sein des Fils du Vent était plus qu'assuré !

Mais avant d'en arriver là, il allait lui falloir progresser avec circonspection et prudence. Le but était d'affirmer son emprise sur elle mais aussi sur Len. Et Len adorait sa sœur. S'il se montrait un petit ami parfait, nul doute que Len mettrait sa confiance en lui.

Pour fêter les bonnes nouvelles qu'il allait rapporter à Ashee le soir même, il entreprit de remettre le couvert avec sa nouvelle petite amie.

Qui ne se fit pas prier maintenant qu'elle avait l'assurance d'être avec lui.

                                                                       ***

- Alors ?

Lex prit une inspiration profonde et laissa le calme l'envahir. Les jours s'écoulaient et se ressemblaient. Elle appréciait cette routine. Cela la rassurait. Elle enchaîna les mouvements de Tai-Chi qu'Enyalios lui avait apprit avant de reprendre sa position de départ. Elle inspira. Expira. La sérénité qui l'habitait se troubla lorsqu'elle se décida à lui faire face.

- Alors... je pense qu'il est temps que je rentre.

- Vraiment ? Déjà ?

- Déjà ? Rétorqua-t-elle avec un petit rire plein d'appréhension. Ca fait un mois qu'on est là.

- Mais es-tu vraiment prête ?

Lex se mordit la lèvre et chercha la réponse. Elle soupira.

- Non. 

- Alors pourquoi veux-tu te précipiter ?

- Je sens qu'il le faut. Je sens... quelque chose se passe. Quelque chose de mauvais. J'ai peur...

- Tu as peur oui, la coupa-t-il. Et tu laisses ta peur t'influencer. Les dégâts ont déjà été fait. Te précipiter alors que tu n'es pas prêtes c'est risquer de ne pas être assez forte pour récupérer ce que tu souhaites retrouver.

Lex se dandina d'un pied sur l'autre. Elle savait qu'il avait raison. Mais elle sentait qu'elle aussi. Elle avait peur qu'en rentrant maintenant elle ne soit pas assez forte pour faire face au chaos qu'elle avait laissé. Mais elle avait peur qu'en rentrant plus tard, toute cette force ne serve plus à rien. Si elle arrivait alors que... que ce qui se préparait était déjà arrivé, à quoi bon rentrer ?

- Tu as déjà tes réponses ? L'interrompit Enyalios.

Elle secoua la tête.

- Pas toute. Mais la prophétie...

- La prophétie dit que tu seras faible et trahira. Si tu ne veux pas qu'elle se réalise, tu dois devenir plus forte. Tu dois résoudre tes conflits interne.

- Je devrais donner des nouvelles à Tia et aux jumeaux au moins, protesta-t-elle en désespoir de cause.

- Tu peux si t'en sens capable. Mais ne leur fait pas de promesse que tu ne te sens pas encore capable de tenir.

Elle acquiesça et se dirigea d'un pas hésitant vers ce qui leur tenait lieu de maison depuis un mois.

Elle n'avait aucune idée de ce qu'elle allait dire.

Mais elle savait qu'il était temps de faire un premier pas.

           

Chapitre 9 :

Après cinq semaines, Linya revint au ranch. Le travail qui l'attendait à Lyoko n'était pas extrêmement important bien qu'elle ai prétendu le contraire. L'association avait besoin d'elle, mais rien qui ne nécessite une présence continue. Elle aurait pu se contenter de quelques aller et retours s'il l'avait fallu.

Elle pensait que quelques jours serait suffisant alors pour démêler ses pensées et ses sentiments. Mais les jours s'étaient changés en semaine et Lex avait appelé.

Elle avait alors eu besoin de bien plus de temps encore. Savoir ce qu'elle ressentait vraiment. Ce qu'elle voulait. Comment se placer vis-à-vis de tout cela maintenant qu'elle savait que Lex reviendrait.

Comment parler de tout cela avec Tia...

Cinq semaines lui avait semblé très courtes finalement. Elle avait eu beaucoup de temps pour penser et elle avait été soulagée de revoir sa famille. Elle s'était confiée a Lance. Dire qu'il avait été surprit par la tournure des choses avaient été un euphémisme, mais comme à son habitude, il avait été aussi réconfortant et compréhensif qu'elle en avait besoin.

Il avait été d'une grande aide dans ses réflexions. Simplifiant parfois trop ce qu'elle devait se demander, mais au final... cela l'avait aidé à clarifier les choses.

Du moins certaines.

Pour le reste, il lui fallait se confronter à Tia. Une fois loin d'elle, elle s'était sentit plus légère, plus libre. Elle avait eu l'impression de recommencer à respirer. Mais elle lui avait manqué aussi. Elle s'était inquiétée.

Elle avait donc décidé de retourner au ranch, bien qu'elle ne sache toujours pas réellement où elle en était dans sa relation avec elle.

Elle soupçonnait néanmoins que pour avoir cette réponse-ci, elle devait la voir. Les sentiments, le désir... n'étaient pas des choses auquel la raison suffisait pour être compris ou accepter. Ils leur fallait une confrontation.

Et c'est pourquoi, après cinq longues semaines de réflexions et de travail, elle se retrouvait ce matin-là sur le pas de la porte de la chambre de Tia, hésitante quand à la réveiller, mais prête à lui parler.

- Tu es revenue...

La voix de la mercenaire la prit par surprise et elle mit quelques secondes avant de répondre.

- Je te l'avais promis.

Un silence, puis la forme allongée dans la pénombre se mit en mouvement. Linya hésita, puis se décida et entra dans la chambre avant de fermer la porte. La conversation qu'elles allaient avoir, elle ne souhaitait pas que les enfants l'entendent.

Elle rejoignit Tia avant que celle-ci ne se lève et s'assit a côté d'elle, en s'adossant à la tête du lit. Tia se redressa à son tour sans pour autant la regarder.

- Tu... as eu des nouvelles de Lex ? commença Linya avec appréhension.

Tia se tourna vivement vers elle et plissa les yeux.

- J'imagine que ça signifie non, reprit la dirigeante alors que le silence s'éternisait. Moi oui. Elle a appelé il y a deux semaines.

Une pause.

- Elle compte revenir. Elle n'a pas précisé quand, mais elle va revenir. Elle.... a dit qu'elle s'expliquerait quand à son départ quand elle reviendrait. son retour. Elle s'excuse, termina Linya nerveusement.

- Ooooh, elle s'excuse... murmura la grande femme avec perfidie. Alors là tout est pardonné.

Linya se mordit la lèvre inférieur puis inspira et... des lèvres agressives s'écrasèrent sur les siennes, la coupant dans son élan. Elle glissa sur le matelas et se retrouva bientôt prise d'assaut par les mains, la bouche et la langue de Tia.

Ses sens s'embrasèrent aussitôt et Linya gémit.

Alors que la langue de la mercenaire fouillait l'intérieur de sa bouche, Linya remonta son genou entre elles et repoussa d'un geste ferme la grande femme, s'arrachant à ses lèvres. Elle profita de la surprise de son amie pour se dégager totalement de son emprise et d'un bond, se remit sur ses pieds.

Elle s'éloigne rapidement du lit et, haletante, lança :

- Je veux discuter Tia. Hors de question qu'on reprenne là ou nous nous sommes arrêtés. Je ne suis pas ta chose. Je ne suis pas là pour t'aider à passer tes nerfs. Et me traiter ainsi...

Elle secoua la tête.

- Que tu le veuilles ou non Lex va revenir. On doit en discuter. On doit... on doit discuter de nous aussi... je te l'ai dit en partant, je veux que les choses changent. Je... ne subirais plus tes humeurs et tes assauts... je vaux mieux que ça.

La mercenaire avait écouté le discours haché et nerveux de son amie sans esquisser le moindre mouvement. Tendue à l'extrême, elle dégageait une intensité dangereuse qui faisait peur à la dirigeante.

Elle déglutit, attendant sa réaction avec une peur grandissante mais déterminée à aller jusqu'au bout de cette discussion.

Au bout d'un moment qui sembla s'étirer à l'infini, Tia se ré-installa contre la tête du lit avec des gestes lents, maîtrisant à grand peine la rage que la simple mention du nom de sa femme avait réveillé.

Elle attendit sans rien dire et Linya finit par comprendre qu'elle était d'accord pour la discussion. Après une nouvelle hésitation sur la conduite à tenir, elle revint à sa place initiale et s'assit à côté de la mercenaire.

- Pour Lex... tu as des... questions ? Tu... qu'est-ce que ça te fait de savoir qu'elle va revenir ?

- Que veux-tu que cela me fasse ? Rétorqua son amie d'une voix basse ou la rage perçait.

Linya la vit serrer le poing et elle tendit la main pour l'envelopper. C'était plus fort qu'elle, elle ne supportait pas de voir quelqu'un souffrir. A fortiori quelqu'un qu'elle aimait.

- Je peux te dire ce que cela m'a fait à moi. Lorsque j'ai entendu sa voix... j'ai été submergé par le soulagement. Puis la joie. Mais ça n'a duré que quelques secondes. Après ça... j'ai été stupéfié par son culot. Par ses pauvres excuses et son manque d'explication m'a mise en rage. La conversation a été très courte. Elle m'a demandé de tes nouvelles, des nouvelles des enfants. Les quatre, précisa-t-elle. Du ranch aussi. Elle m'a dit qu'elle avait eu... une sorte d'absence. Qu'elle essayait de s'en remettre et qu'elle reviendrait dès qu'on lui en donnerait le feu vert. Elle a terminé en disant... en disant qu'elle nous aimait, qu'elle s'en voulait d'être partit et qu'elle se ferait pardonner...

Le poing dans sa main se serra un peu plus et Linya leva les yeux pour dévisager Tia. Celle-ci avait les yeux fixés sur leurs mains. La colère menaçait de briser sa mâchoire.

- J'en veux à Lex, reprit-elle doucement. Énormément. Mais je veux entendre ses explications. Je la connais depuis sa naissance, je l'aime. Je veux lui donner cette chance. Elle la mérite. Je ne sais pas si tu... 

Linya s'interrompit, cherchant les mots juste.

- Elle a beaucoup sacrifié pour toi. Elle s'est battue pour toi. Plus d'une fois. Elle t'a offert un bonheur que tu ne pensais pas être pour toi. Alors oui, elle a merdé. Mais après tout ce que vous avez traversé, elle a le droit, non elle mérite, que tu lui laisses une chance. Tu... tu la laisseras revenir ?

- Tu as peur que je la mette dehors avant même qu'elle n'ai le temps de parler ? Se moqua durement la mercenaire.

Linya hocha la tête. Tia lui jeta un regard noir puis détourna les yeux. Elle se mordit la lèvre et serra le poing encore un peu plus fort. Elle avait raison. Bien sûr que Linya avait raison. Lex méritait au moins ça. Elle... elle avait tant fait et tant subi pour elle.

Oui, Lex lui avait donné bien plus que ce qu'elle attendait de la vie. Elle soupira en fermant les  yeux et s'affaissa contre la tête du lit. Oui, Lex avait merdé. Oui elle l'avait trahi et non... Tia ne savait pas si elle serait capable de lui pardonner... mais ne plus l'avoir dans sa vie ? Du tout ? Rien que pour les enfants elle ne pouvait pas se le permettre.

Mais si elle était honnête, elle ne s'imaginait pas une vie entière sans Lex. Même si c'était par intermittence, même si ce n'était plus jamais comme avant. Même si... même si elles ne seraient plus mariée... elle la voulait dans sa vie.

Elle hocha finalement la tête et posa un regard fatiguée sur Linya.

- Je la laisserais s'expliquer. Je la laisserais rester. Je lui donnerais même ta chambre. Elle pourra vivre ici. Voir les enfants. S'excuser, se faire pardonner, s'expliquer. Tout ce qu'elle voudra.

Elle vit Linya se tendre et ajouta :

- Mais je ne sais pas si je pourrais, ni voudrais, lui pardonner. Je ne sais pas si notre mariage à une chance de se relever... et je ne compte pas lui cacher notre liaison.

Un mélange de crainte, de soulagement et une pointe de joie traversèrent les prunelles marrons de Linya et Tia s'en voulu. C'était sa faute si son amie, sa meilleure amie, était maintenant dans une situation plus que précaire avec Lex. Avec elle aussi.

Elle aussi avait merdé en beauté. Entraîner Linya dans ce bordel avait été une erreur. Passer ses nerfs sur elle, se venger de Lex sur elle, la perturber comme elle l'avait fait, comme elle le faisait encore... cela lui donnait envie de se frapper.

Elle se haïssait pour ça. Mais elle n'était pourtant pas certaine d'être capable de s'arrêter. La rage était parti pour l'instant. Mais elle la sentait couver, toute proche, attendant son heure pour prendre à nouveau possession d'elle et elle ne comprenait pas comment elle avait pu perdre à ce point le contrôle d'elle-même.

Depuis sa conversation avec la Louve, elle ne sentait plus maîtresse d'elle-même. Elle se demandait si c'était une résultante de son âme noire, si c'était la magie de la prophétie qui était en marche ou si c'était simplement elle qui rechutait. Peut-être était-ce un mélange, elle n'écartait rien, mais s'en voulait terriblement de ne pas être capable de contrôler ces sentiments et de les laisser faire d'elle ce qu'ils voulaient.

Avant de la sentir refluer grâce au discours de Linya, elle n'avait pas prit conscience qu'elle était contrôlé littéralement par ce sentiment. Elle pensait que c'était elle qui utilisait cette colère. Mais c'était l'inverse et au lieu de la rassurer, ce constat l'effraya.

Elle s'efforça de revenir à la conversation présente, elle le devait à Linya, mais se promit de revenir sur ce problème plus tard. Parce qu'elle le sentait, c'était bien plus qu'un problème. Sa vie même se jouait, son futur... tout ce en quoi elle croyait, dépendait de sa capacité à se contrôler.

Et cela commençait par traiter mieux sa meilleure amie.

De son côté Linya ne savait pas comment réagir. Elle avait apprécié que Tia ne veuille pas cacher ce qui se passait entre elles. Mais elle craignait énormément la réaction de Lex. Et elle n'était pas sûre de ce qu'elle voulait. Peut-être était-ce la peur ? Celle de ce qu'elle risquait si elle se laissait aller à s'attacher encore plus à Tia.

Elle ne se sentait pas de taille face à Lex. Leur amour était si intense, si violent et si solide. Car si Tia souffrait autant du départ de Lex c'était bien parce que ses sentiments à son égards n'avaient pas varié d'un iota.

Elle ne se sentait pas la force d'être entre elles. Du reste, avait-elle vraiment envie de se mettre entre sa sœur d'âme et l'amour de sa vie ? Etre celle qui ruinerait tout entre ces deux là, qu'elle-même considérait depuis le début comme le couple parfait, le modèle qui lui donnait envie de croire qu'elle aussi pourrait trouver cela un jour ?

Etre celle qui volerait son âme sœur à la personne qui avait été jusque là, la plus importante dans sa vie ? Voulait-elle être cette personne là ?

- Je ne veux pas te perdre, lâcha misérablement.

Tia dégagea son poing et attrapa sa main.

- Je ne le veux pas non plus.

- Mais je ne veux pas perdre Lex non plus.

Tia serra la mâchoire.

- Et... je ne veux pas être celle qui pourrait tout ruiner entre vous.

- Elle est celle qui a tout ruiné entre nous, rétorqua vivement sa vis-a-vis.

Linya hésita avant d'acquiescer.

- Oui, c'est vrai, mais... si je reste... si... nous entamons une vraie relation et pas cette parodie douloureuse qu'on a vécu le mois dernier, je pourrais être celle qui empêche votre réunion. Et... je ne suis pas prête à perdre Lex en le faisant. Elle m'est trop précieuse depuis trop longtemps.

- Je tiens à toi Linya, répondit doucement Tia.

- Et je tiens à toi aussi, mais je ne crois pas qu'être ensemble soit une bonne chose.

Tia laissa passer un silence avant de reprendre, calmement, posément, mais avec détermination et honnêteté :

- A moi et aux enfants, tu as apporté un équilibre qui a été perdue au départ de Lex. Et je ne crois pas que qui se soit d'autre aurait été capable de cela. Bizarrement... malgré ce que je ressens lorsque Rhapsody est à mes côtés, malgré ce qu'elle m'a apporté dans une autre vie et ce qu'elle pourrait m'apporter dans cette vie, je sais qu'elle n'est pas capable de cela.

Une pression sur la main de Linya et Tia poursuivit :

- Toi et moi nous respections avant. Dans cette première vie ou nous nous sommes rencontré. Nous avions de l'admiration et de l'amitié l'une pour l'autre. Mais rien de comparable à ce que nous ressentons aujourd'hui. Je n'aurais jamais imaginé vivre ce que nous vivons actuellement.

Elle secoua la tête.

- Ca me stupéfie mais... et si c'était le destin ? Notre destin ? Si au final c'était toi qu'il me fallait pour recouvrer mon âme ? Si c'était toi, depuis tout ce temps, ma rédemption ?

Le cœur de Linya battait à tout rompre et elle n'osait pas ouvrir la bouche.

- Et si c'était toi le dernier amour de ma vie ?

Linya dégluti et baissa les yeux sur leurs mains enlacées.

- J'ai besoin de toi Linya. Je sais... je sais que rien n'est vraiment résolu, que lorsque Lex reviendra il faudra... que tout va être remis en cause et bouleversé à nouveau. Mais on ne sait pas quand elle reviendra. Ni si quoi que se soit sera réparable. Ce que je sais, c'est qu'actuellement j'ai besoin de toi dans ma vie. Et bien que Lara prétende le contraire, mes enfants ont besoin de toi aussi. Je sais que se sont des responsabilités très lourde...

Elle s'interrompit pour lâcher un petit rire d'autodérision.

- N'importe qui sain d'esprit partirait en courant.... mais tu n'es pas n'importe qui Linya. Tu es ma meilleure amie et... je t'aime...

Le cœur de Linya rata un battement et elle releva vivement les yeux. En face d'elle Tia souriait tristement.

- Je sais que ce n'est pas du tout ce à quoi tu t'attendais, et quelque part, ce que je te dis maintenant, même si c'est sincère, ce n'est pas juste. Je n'essaie pas de te piéger pour autant Lin. J'essaie... j'essaie de faire ce que tu m'as demandé. Je...

Tia chercha le bon mot.

- … change les choses entre nous. Je veux te traiter mieux. Je veux... une vraie relation avec toi. Et non je ne peux pas te garantir qu'au retour de Lex les choses resteront en l'état... mais je peux te promettre que je te tiendrais au courant de tout, je ne te mentirais pas. Et...

Tia soupira, frustrée, tendue, inquiète. Elle se passa une main dans les cheveux.

- J'aime Lex mais elle peut aussi bien revenir demain que dans plusieurs années. Je ne veux pas mettre ma vie entre parenthèse. Ni celle des jumeaux. Et... tu es la seule personne capable de m'apporter un semblant d'équilibre, de sérénité, de bonheur et d'espoir en dehors d'elle. J'ai besoin de toi Lin. Je t'aime. Je t'en prie, reste avec moi...

Tia n'avait pas eu l'intention de la supplier mais elle avait eu tellement peur de ne pas la voir revenir. Elle avait eu peur également de l'avoir poussé trop loin en la voyant sauter hors du lit.

Elle avait perdu Lex, se sentait perdre pieds également, torturé par son insécurité coutumière, par le retour de son âme sombre, par sa peur de la prophétie qui pouvait tout lui prendre, les jumeaux, sa femme, son futur... elle ne pouvait pas la perdre aussi.

Elle lui promettrait tout ce qu'elle voudrait, lui donnerait tout ce qu'elle souhaitait, pour ne pas avoir à affronter ça toute seule. Linya était à la hauteur, elle l'avait toujours été. Elle saurait la soutenir et la pousser dans la bonne direction, choisir le bon chemin, faire le bon choix tout simplement. Elle dirigeait un organisme pour personne désespérés à envergure internationale, elle était plus que qualifiée pour la seconder, aussi bien dans sa vie, comme partenaire, que vis-à-vis de la prophétie.

- J'ai toujours pensé, murmura-t-elle en plongeant ses yeux dans les siens avec une pointe de désespoir, que tu m'étais précieuse, que si tu n'avais pas été là, mon histoire avec Lex n'aurait jamais pu aller aussi loin. Tu m'as sauvé la vie sur cette île après... après la prison.

- Lex est celle qui l'a fait, protesta Linya.

Tia secoua la tête.

- Tu l'as fait. Tu as remarqué que j'allais mal. Pas Lex, toi. Et si c'était normal, si c'était prévu depuis toujours ? 

Linya eut un sourire triste.

- Je ne pense pas..., commença-t-elle

- Linya, la coupa la mercenaire en posant la main sur sa joue pour l'obliger à la regarder, j'ai toujours pensé que si Lex n'avait pas été là, je t'aurais aimé. Que si Lex n'était pas... n'avait pas existé dans cette vie, tu aurais été mon grand amour.

- Mais Lex est là. Elle existe et va revenir.

- Mais elle n'est pas là actuellement. Elle ne reviendra peut-être pas avant des mois, des années. Peut-être jamais. Je t'en prie... reste avec moi, finit-elle sur un murmure plein d'angoisse. Ne me quitte pas...

Et cette angoisse, plus que tout autre chose, balaya les résistances de Linya.

- Rien n'est réglé, répondit-elle finalement.

- On s'occupera des choses à résoudre au fur et à mesure. Une chose à la fois, répondit son amie, tendue.

Linya la dévisagea. Et hocha doucement la tête, sans la quitter des yeux.

- Je veux bien rester.

- Avec moi ? Demanda la mercenaire la voix étouffée par l'appréhension.

Une pause.

- Avec toi.