Cette histoire m’a été inspirée par une chanson (pas très récente, la chanson…)

 

GIGI

 

C’est une nuit magnifique. La fête est particulièrement animée, l’ambiance est chaleureuse et bon enfant, et partout où se porte le regard, il ne rencontre que des visages joyeux et souriants.

Dans ma main, celle de Gina commence à se crisper légèrement, signe qu’elle pense déjà au moment où ce sera son tour de monter sur scène.

C’est une tradition vieille de près d’un siècle. Chaque année, en plein cœur du mois d’août, tout le village célèbre la fête de la vierge. Des forains installent leurs manèges sur la place dès le vendredi matin et pour tout le week-end, attractions dont tout le monde profite largement, après tout les distractions sont plutôt rares dans ce coin du sud de l’Italie. Et ce soir, dimanche et dernier jour de la fête, dans une forme d’apothéose, tous ceux qui se sentent l’âme artistique montent sur la petite scène de bois qui a été dressée pour l’occasion, quel que soit leur domaine. Nous avons déjà vu quelques sketchs, deux ou trois actes de pièces classiques, des danseurs, un groupe de rock, deux chanteurs lyriques et actuellement, un accordéoniste survolté joue quelques airs endiablés qui amènent la plupart des villageois à se trémousser plus ou moins élégamment.

Mais nous, nous ne dansons pas.  Le passage de Gina sur scène est le clou du spectacle et chacun l’attend avec impatience. Depuis qu’elle a quinze ans, elle chante et connait un succès qui croît d’années en années mais qui n’est pas si  surprenant que ça. Après tout, elle est plus que douée.

L’accordéoniste déchainé termine en sueur, alors que sur la place, les danseurs cessent de tournoyer pour reprendre leur souffle. Je me tourne vers Gina, et si elle est toujours un peu crispée, elle me sourit tout de même avant de lâcher doucement un petit « Quand faut y aller… »

Je lui souris en retour, murmure « Epate-les tous ! » et la regarde se diriger vers la scène, le trac ne l’empêchant pas de faire de grands pas décidés.

Avec ses longs cheveux noirs, ses si beaux yeux bleus tellement expressifs et l’élégance de chacun de ses gestes, elle est magnifique et un silence quasi religieux s’installe alors que la voix de mon amie s’élève.

C’est beau, tout simplement. J’ai la réputation d’être douée avec les mots, et il m’est déjà arrivé de conter quelques histoires lors des fêtes des années précédentes, mais je ne me sens pas capable de décrire ce que je ressens en l’écoutant tellement son interprétation est remarquable.

Elle commence par un vieux chant traditionnel avant d’entamer une complainte pleine d’émotion qui fait monter des larmes aux yeux de plus d’un spectateur. Et puis, elle enchaine avec trois succès de variété bien plus récents.

Les applaudissements crépitent lorsqu’elle se tait, les bravos fusent et je vois même une rose tomber à ses pieds, comme pour les grandes vedettes nationales. J’ignore qui l’a lancée, sans doute un touriste, j’imagine mal un villageois connaissant Gina depuis l’enfance faire un tel geste, mais ce dont je suis certaine, c’est qu’elle en est ravie. Elle ramasse la fleur, en respire le parfum, salue le public, puis cède à la demande de la foule et entame une nouvelle chanson.

Enfin, elle quitte la petite estrade de bois et vient rapidement vers moi, souriant à tous ceux qui la félicitent, parfois en paroles, parfois d’une tape sur l’épaule ou simplement d’un pouce levé. Mais pour moi, elle ne se contente pas d’un sourire et m’enlace tandis que je me jette à son cou. Je lui chuchote quelques compliments à l’oreille juste au moment où ses parents viennent nous rejoindre, accompagnés de son frère cadet. Tous ensemble, nous discutons, commentant sa prestation avec enthousiasme, lorsque nous sommes brusquement interrompus par un homme et une femme que nous ne connaissons pas. Des touristes, visiblement, même s’ils ne portent ni l’un ni l’autre la tenue que revêtent habituellement les vacanciers. Pour ces deux-là, ni tee-shirt, ni short, ni sandales. Au contraire, ils sont tous deux très élégants, costume de créateur léger et chemise blanche sans cravate tout de même pour lui, et robe d’été probablement griffée pour elle, accompagnée de talons d’une hauteur impressionnante. Mais je n’ai guère de temps pour les observer puisque l’homme s’avance très vite vers Gina, un sourire avenant sur les lèvres.

« Mademoiselle, quelle voix ! Quel talent ! Vous étiez extraordinaire ! Vraiment, je ne peux que vous féliciter pour cette merveilleuse prestation ! »

Un peu éberluée par cet enthousiasme, mon amie remercie poliment pendant que la grande blonde, toujours accrochée au bras de son compagnon, acquiesce vigoureusement du menton en souriant.

Après avoir remercié, Gina se tourne de nouveau vers sa famille, pensant que l’homme en a fini avec elle, mais il insiste, s’adressant maintenant directement à ses parents.

« Vous êtes sa famille ? C’est formidable ! Vous devez être tellement fiers d’elle ! Il faut absolument que je vous parle ! »

Il semble ne pas vouloir s’arrêter, mais le père de mon amie l’interrompt rapidement, le ton incrédule et méfiant à la fois.

« Nous parler ? Pourquoi ça ? De quoi pourriez-vous bien vouloir nous entretenir alors que nous ne vous connaissons absolument pas ? »

L’homme secoue la tête et agite les mains dans les airs comme s’il chassait des mouches.

« Après avoir vu et entendu cette jeune femme, j’ai conçu de grands projets pour elle, de très grands projets ! Je veux faire d’elle une star ! »

Il s’anime de plus en plus, semblant manifestement mourir d’envie de convaincre les parents de mon amie. Mais elle ne le laisse pas poursuivre son argumentation et vient se placer face à lui, l’un de ses bras tendu pour continuer à tenir ma main alors qu’elle apostrophe l’inconnu d’un ton peu amène.

« S’il s’agit de moi, ne serait-il pas plus judicieux de m’adresser directement la parole ? »

Et, avant qu’il puisse répondre, elle lui tourne le dos pour s’adresser à son frère et ses parents.

« Venez. Laissons là cet olibrius et rentrons à la maison. »

Nous commençons aussitôt à nous éloigner mais il nous rattrape, brandissant un bristol qu’il tend au père de mon amie.

« Prenez ma carte ! Je suis un producteur connu, je vous assure. Vous pouvez vérifier sur le net ! »

Nous le regardons tous, un peu éberlués, mais il n’en a que faire et fourre sa carte dans la main de Rosita, la mère de Gina, en ajoutant vivement.

« N’oubliez pas de m’appeler, c’est très important ! »

Et puis, il cesse de marcher et reste sur place à nous regarder nous éloigner, criant encore une fois.

« N’oubliez pas ! »

Je les laisse tous quelques instants plus tard, donnant un petit baiser sur la joue de mon amie, pour sa famille et pour tout le village d’ailleurs, nous sommes les meilleures amies du monde et rien de plus, mais je prends le temps de murmurer un petit « Tiens-moi au courant » au creux de son oreille.

 

Elle me téléphone le lendemain, paraissant très excitée, les paroles se bousculant pour sortir de sa bouche.

« C’est vrai, Gabrielle ! Il a vraiment produit de nombreux chanteurs, dont certains sont connus dans tout le pays, et même dans le monde ! »

Elle ne me laisse pas le temps de répondre et reprend, toujours aussi exaltée.

« Nous avons lu tout ce que nous avons trouvé à son sujet sur le net. Et ce matin, mon père l’a appelé. Il doit passer dès cet après-midi et si tout va bien, je pourrais même signer un contrat dans la semaine ! »

Elle a l’air si heureuse à l’idée de, peut-être, pouvoir entamer une carrière de chanteuse, que je ne peux que partager sa joie et son enthousiasme, et nous passons un très long moment à parler, jusqu’à ce que j’entende la voix de sa mère, en arrière-plan, qui l’appelle pour l’informer que Monsieur Guido vient d’arriver. Aussitôt, Gina coupe court à la conversation et raccroche très vite, terminant par un « je te raconterai » en guise d’au revoir.

Je reste songeuse après ça. A demi allongée sur mon lit, les yeux rivés sur l’écran de mon téléphone que je ne vois pourtant pas vraiment, je réfléchis à l’échange que nous venons d’avoir.

Je sais qu’elle a souvent rêvé de faire carrière dans ce domaine et de vivre de sa passion. Je la connais depuis notre plus tendre enfance et elle a toujours aimé chanter. Des petits airs qu’elle fredonnait en allant à l’école, à la balade romantique qu’elle m’a susurrée le jour, pas si lointain, de notre premier baiser, jusqu’à l’hymne qu’elle entonne le jour de la fête nationale, et je suis absolument certaine que l’opportunité qui s’offre à elle aujourd’hui, celle de faire ce qu’elle aime plus que tout, la remplit de joie. J’en suis très sincèrement heureuse pour elle, mais si mon cœur exulte à la pensée de l’avenir plein de succès qu’elle pourrait connaitre, il est aussi crispé par l’inquiétude, et une question revient sans cesse dans mon esprit. Qu’adviendra-t-il de nous ? De notre amitié, de notre complicité et du tendre sentiment que nous nous sommes avoués il y a quelques semaines seulement ?

 

 

Je n’ai que peu de temps pour m’interroger. Elle s’en va la semaine suivante, et nous ne nous revoyons pratiquement pas jusque-là. Elle passe seulement me voir en coup de vent un soir, restant cinq minutes à discuter avec ma sœur avant de m’entraîner derrière la maison pour me faire mille promesses d’avenir doré et de retour rapide.

A vrai dire, je n’y crois qu’à moitié. Je n’ai aucun doute sur sa sincérité, mais je ne peux m’empêcher de m’interroger. Dès son arrivée à Rome, puisque c’est là-bas que tout va commencer, Gina va forcément rencontrer des célébrités, des chanteurs, des acteurs, peut-être connus dans le monde entier. Et puis, si le succès est là, et je n’ai guère de doute à ce sujet, elle va voir le monde, d’autres villes, d’autres pays.  Et alors, quel attrait pourra-t-elle trouver à une villageoise qui ne connait rien du monde ?

 

Les journées se succèdent à toute allure et c’est aujourd’hui le jour de son départ. Je viens à la gare bien avant l’heure de son train. Je reste là, regardant les rails en me demandant ce qu’il va advenir de nous, de cet amour qui se développait petit à petit. Et puis, alors que je sens quelques larmes me monter aux yeux, je vois Gina arriver près de moi, un demi-sourire étirant ses lèvres. Cela m’étonne un peu de la voir ici, il est encore tôt et apparemment, aucun membre de sa famille ne l’accompagne. Mais elle m’explique rapidement qu’ils la rejoindront plus tard et que, pour l’instant, elle veut ne consacrer le peu de temps qu’il lui reste à passer ici qu’à moi. Ça me fait particulièrement plaisir et, quand elle me tend les bras, je me jette entre eux, savourant le contact avec une espèce de désespoir qui me surprend moi-même. Elle me sourit doucement, m’entraîne derrière une haie qui longe la voie ferrée et resserre son étreinte puis murmure au creux de mon oreille :

« Je pars pour me réaliser, Gabrielle, pour gagner ma vie en faisant ce que j’aime, et je te promets que je ferai tout pour réussir. Mais ce que je peux aussi te jurer, c’est que je ne t’oublierai pas, et que je reviendrai très vite. »

Et puis, elle picore mon visage et mes lèvres avec de petits baisers, passant délicatement ses mains le long de mes bras et de mon dos, me procurant quantité de petits frissons tout à fait délicieux.

 

 L’unique quai de notre petite gare est noir de monde. Tous ceux qui ont fréquenté la même école et le même collège que nous sont là. Et puis les oncles, les tantes et les cousins, les voisins, la plupart des commerçants, même la veuve du colonel… Ils sont tous venus dire au revoir à ma belle amie brune Evidemment, il y a un peu de bousculade, il ne reste rien de l’intimité dont nous avons bénéficié tout à l’heure, nos au revoir sont rapides et, au milieu de toute cette foule, un peu formels. Elle finit par embrasser ses parents et son frère puis monte dans le wagon avant de se pencher à la fenêtre du vieux train qui va l’emmener vers Naples où elle prendra une correspondance pour Rome. Son dernier regard est pour moi, j’en suis absolument certaine. Et puis, le train démarre…

Les semaines s’écoulent, sans saveur. Après m’avoir envoyé un petit texto le soir même de son arrivée à Rome, Gina me laisse complètement sans nouvelle. Cette situation m’inquiète beaucoup, d’autant plus que ses parents ne sont guère mieux lotis, et au fil du temps, j’en viens à me décourager et à envisager qu’elle ne me contacte plus jamais. Pourtant, il ne se passe pas une seule journée sans que je pense à elle, et je lui envoie régulièrement des courriers électroniques auxquelles elle ne répond pratiquement jamais. Je ne me morfonds pas, il m’arrive de sortir avec des amis et de bien m’amuser, mais les quelques garçons qui, de temps à autre, tentent de me séduire en sont pour leurs frais.

C’est après quatre mois que je reçois une carte postale, venant de Paris. Je ne sais pas ce qu’elle y fait, mais je ressens une vague appréhension, si bien que j’hésite à lire ce qu’elle m’écrit et je passe deux longues minutes à simplement regarder l’image de la Tour Eiffel représentée sur la carte avant de la retourner et de me décider à déchiffrer les quelques mots que mon amie a jeté là.

« Ne doute pas de ma tendresse, je ne t’oublie pas. »

Après un si long silence, ces quelques mots me réchauffent le cœur. Malheureusement, ce petit courrier n’est suivi d’aucun autre signe de vie durant trois longues années hormis quelques textos, toujours très brefs.  

 

Régulièrement, je passe beaucoup de temps sur internet, recherchant d’éventuelles vidéo, et c’est au bout de trois longues années que j’en découvre enfin une, que je regarde d’ailleurs plusieurs fois par jour sans jamais m’en lasser. De plus, la même chanson passe parfois à la radio, semblant indiquer que la carrière de mon amie décolle enfin. Pourtant, la Gina que je découvre sur ces images est bien différente de celle que je connais. Alors qu’elle ne portait pratiquement que des jeans et des tee-shirts, dans ce mini film, elle est vêtue d’une robe somptueuse, chaussée de talons d’une hauteur vertigineuse, et son visage est recouvert d’un maquillage particulièrement sophistiqué. J’ignore s’il s’agit là d’un choix personnel ou de celui du dénommé Guido, son producteur, mais bien que je la trouve toujours aussi belle, je me demande si cette métamorphose est juste dictée par les circonstances et le souci de sa carrière naissante, ou si la transformation est plus durable et profonde que ça.

Ce n’est pas une question que je me pose bien longtemps cependant, la réponse me vient très vite et d’une manière que je n’attendais plus depuis un long moment.

C’est une fin de soirée d’été. La fraîcheur, relative, tarde à venir sur notre village et, dans le petit jardin de la maisonnette que je loue depuis un peu plus d’un an, je suis allongée sur un transat, me délassant après ma journée de travail. Je ne m’inquiète pas lorsque j’entends grincer le portail, pensant qu’il s’agit sans doute de mes parents, ou d’un cousin qui vient me saluer et passer quelques minutes en ma compagnie. Mais c’est une erreur, et je n’en crois pas mes yeux alors que je lève la tête pour voir qui vient me rendre visite.

Elle est là, les deux mains dans les poches de son pantalon de toile, arborant un petit sourire un peu timide, comme si elle s’inquiétait de l’accueil que je pourrais lui donner. Mais moi, je ne me pose aucune question et je bondis littéralement, courant pour parcourir les quelques mètres qui nous séparent. Puis, je me jette à son cou. Aussitôt, ses bras s’enroulent autour de ma taille et c’est après avoir couvert son visage de petits baisers d’une manière fougueuse qui ne me ressemble pourtant guère, que je m‘exclame.

« Gina ! Dieu que je suis contente, je pensais que je ne te verrai plus jamais ! »

Elle rit et me serre davantage contre elle avant de me soulever légèrement du sol pour tourner ensuite sur elle-même. Je m’accroche à son cou, plus heureuse que je ne l’ai jamais été, mais très vite, je ne peux retenir les questions qui me viennent aux lèvres.

« Pourquoi m’as-tu donné si peu de nouvelles ? Est-ce que tout s’est bien passé pour toi ? Vas-tu rester longtemps ici ? »

Elle rit de nouveau, pose un petit baiser sur mes lèvres comme pour me faire taire, et réponds brièvement.

« Je vais bien Gabrielle. Je te promets que je te dirai tout ce que tu veux savoir, mais pour l’instant, je dois aller chercher mes bagages que j’ai laissés à la gare. »

Elle relâche son étreinte, prend ma main et m’entraîne vers la rue, ajoutant tout de même avec un large sourire.

« Je suis revenue définitivement. J’avais signé un contrat, et je me devais de l’honorer, mais maintenant… »

Elle n’explique rien, se contentant d’esquisser un vague geste du bras, alors qu’elle semble attendre ma réaction qui ne se fait pas attendre.

« Définitivement ? Tu plaisantes ? »

Je n’en reviens pas et je cesse de marcher pour la regarder, cherchant dans ses yeux le signe qui indiquerait qu’elle ne parle pas sérieusement, qu’elle essaie juste de me taquiner. Mais je ne trouve rien, son regard est ferme et elle fait même un petit geste du menton pour confirmer ses mots. J’ouvre grand les yeux, hésitant entre la stupéfaction et la joie, mais finalement, c’est la curiosité qui l’emporte

« Pourquoi ? Tu commences juste à te faire connaître ! Je serai plus que ravie que tu reviennes et que tu te réinstalles ici, mais je ne comprends pas »

Elle hausse les épaules, reprend ma main et recommence lentement à marcher en direction de la gare tout en m’expliquant brièvement

« J’ai détesté la vie là-bas, Gabrielle. Dès le début, tout m’a déplu. Les villes sont sales et bruyantes, les gens sont hypocrites et menteurs. La mentalité est épouvantable dans ce milieu. Chacun semble prêt à tout pour obtenir la plus minime des faveurs auprès de ceux qui paraissent pouvoir la leur faire, et tout le monde attendait de moi que je fasse la même chose. Et je ne te précise pas quel genre de faveur certains pensaient pouvoir me réclamer… »

Elle se tait un instant, son expression désabusée, mais alors que j’attends avec impatience d’en savoir davantage, nous sommes accostées par un passant, un de nos ancien camarade de classe qui s’étonne de la voir ici et se précipite vers elle avec un enthousiasme évident. Il lui flanque une grande tape sur l’épaule, souriant de toutes ses dents, avant d’interroger :

« Combien de temps vas-tu rester ? Où en est ta carrière ? As-tu rencontré beaucoup de célébrités ? »

Sans lui laisser le temps de répondre, il tourne sur lui-même, interpellant tous ceux qui se trouvent dans la rue en faisant de grands gestes qui attirent immanquablement de nombreux badauds, commerçants, personnes âgées, et même la veuve du colonel qui passait par là.

Elle est assaillie de questions auxquelles elle répond du mieux qu’elle peut et nous avançons si lentement qu’il nous faut plus d’une heure pour arriver enfin à la gare. Le temps que mon amie récupère ses bagages et c’est une petite foule qui est réunie sur le parking de la petite station ferroviaire. Au moment où je rentre chez moi, la nuit est tombée depuis déjà longtemps.

 

Nous sommes à la mi-août, c’est la première fête de la vierge à laquelle Gina participe depuis son retour. Comme auparavant, elle est la dernière à monter sur scène. Elle chante. C’est si beau que j’en ai les larmes aux yeux.