22 juin 2008
Round Robin de l'été, 10ème partie (Styx)
Après les échanges de politesse
obligatoires, le groupe se dirigea vers la maison et prit place dans le salon,
où plusieurs tasses avaient fait leur apparition.
Catherine commençait à piaffer dans son
fauteuil alors que Spyros et Déméter après avoir passé en revue la santé de
toute la famille proche et plus éloignée, attaquaient maintenant les souvenirs
d'enfance. Profitant d'un soudain ralentissement de la conversation, elle
attaqua Spyros.
"Désolée d'interrompre les
retrouvailles, mais comment avez-vous su que Déméter était ici ?"
"Catherine !" S'exclama Déméter,
choquée par l'agressivité du ton de son amie.
"Dem ! Que veux-tu que je dise ? On
attente à ta vie. Je n'ai pas dormi depuis je ne sais plus combien de nuits. Je
ne tiens qu'avec du café. J'ai sauté dans un avion pour venir ici sans avertir
ma hiérarchie alors qu'il aurait pu s'agir d'un piège et que je te croyais
enlevée… Alors quand tu me dis que tu es en sécurité ici et que personne ne
sait rien de ta venue, mais qu'un de tes cousins te rend une visite surprise à
peine 24 heures après ton arrivée, tu permettras que je m'inquiète et que je
lui pose la question !"
A son tour, Spyros sembla tomber des nues.
"Dem', de quoi parle-t-elle ?"
Catherine se leva. "Non. C'est chacun
son tour. Répondez à ma question ! La vie de Déméter est en jeu et j'en ai
marre que tout le monde n'en fasse qu'à sa tête… toi la première !"
Jeta-t-elle à la jeune femme d'un ton excédé.
Spyros sentit la résolution de Catherine et
préféra répondre. "Je sais que la maison est inoccupée en dehors du couple
de gardiens que Dem' a installé… alors j'ai demandé à quelqu'un au village de
surveiller les choses pour moi. Habitant à Athènes, je peux intervenir plus
rapidement…"
"Donc il a su que Déméter était arrivée
et il vous a prévenu ?"
"Non, il a su que quelque chose se
passait à la maison. Il semble que Dem' ait été plutôt discrète et je ne savais
pas qu'elle serait là. Mon informateur n'était même pas sûr qu'il y ait
quelqu'un, mais il y a eu assez de mouvements inhabituels pour qu'il me
prévienne. Et maintenant, quelle est cette histoire d'attentat contre ma
cousine ?"
Il fallut deux bonnes heures d'explications
et de cris sans oublier les cafés pour que Spyros en soit au même point que les
deux femmes juste avant son arrivée.
"Cela signifie que Yorgos sait
peut-être que tu es là également. Et si personne dans l'île ne l'avait relevé,
mon arrivée en hélico ne fera que soulever des questions… Il faut que vous
reveniez à Athènes avec moi. Marianne et les enfants seront enchantés de te
voir et il ne tentera rien contre toi tant que tu seras chez moi."
Déméter semblait prête à s'y opposer, mais
Cath répondit plus rapidement. "Ce serait une bonne idée. J'ai peur que la
maison soit trop isolée si quelque chose devait se passer. Par contre, que
va-t-on faire ensuite ?"
Spyros se leva. "J'ai quelques idées,
mais on en parlera chez moi. Allez prendre vos affaires ! Je vais prévenir les
gardiens de ton départ et leur dire de garder leur bouche fermée et leurs yeux
et oreilles grand ouverts."
Une heure plus tard, l'hélicoptère se
posait à son emplacement à l'intérieur
d'une immense propriété située dans l'une des riches banlieues d'Athènes.
Déméter,
qui s'était refermée sur elle-même quand Spyros et Catherine avaient semblé prendre
les choses en main, se radoucit en voyant sa cousine et ses filleuls. Spyros
attira sa femme un instant et lui parla rapidement pendant que Déméter
présentait à Cath les plus jeunes membres de la maisonnée.
Puis la maîtresse de maison s'approcha.
"Kali spera, bonsoir. Bienvenue
dans notre demeure. Je vais vous montrer vos chambres."
Voyant que Déméter allait réagir, elle
ajouta. "Je vous installe dans l'une des suites familiales avec les
chambres communicantes."
Catherine s'arrêta au pied de l'escalier et
prit leurs deux sacs. "Je vous
remercie. J'imagine que nous sommes en sécurité ici, mais je préfère garder
Dém' dans mon champ de vision."
Marianne les précéda dans l'escalier.
"Mon époux m'a expliqué ce qui arrivait
à Déméter. Sachez que vous êtes ici chez vous aussi longtemps que ce sera
nécessaire. Mais je suis sûre qu'avec l'aide de Spyros, vous trouverez une
solution."
Elle s'arrêta devant l'avant-dernière porte
au bout du couloir. "Voici vos chambres. Comme je vous l'ai dit, elles
communiquent entre elles. Elles donnent sur l'arrière de la maison donc vous
serez plus tranquilles. Descendez quand vous voulez. Je pense que Spyros voudra
vous offrir l'apéritif, puis nous dînerons."
Déméter l'interrompit. "Et les enfants
?"
"Ils sont en train de finir de manger.
Ils pourront rester un peu avec nous avant d'aller se coucher."
"Nous allons vite redescendre. Et je te
remercie de nous accueillir ainsi."
Les deux femmes s'embrassèrent. "Je
l'aurais fait même si Spyros ne vous avait pas ramenées. Je sais à qui je dois
d'avoir rencontré mon mari."
Déméter sourit. "Tu aurais fait pareil
pour moi."
"Je ne suis pas sûre que tu me
parlerais encore si je t'avais présenté mes cousins."
Les deux jeunes femmes éclatèrent de rire.
L'échange de plaisanteries semblait plutôt relever du rituel.
"Je vous laisse. Venez quand vous
voulez."
Cath et Déméter se rafraîchirent un peu,
puis rangèrent les quelques affaires qu'elles avaient emportées.
"Je viens juste de les rencontrer, mais
je peux déjà dire que j'aime bien tes cousins."
"Spyros est un amour. Nous avons
toujours été très proches. A la mort de mon oncle Vassili, certains pensaient
qu'il aurait fait un bon chef de famille, mais beaucoup le trouvaient trop
jeune."
"Descendons ! Il a dit qu'il voulait
appeler quelques contacts. Il aura peut-être du nouveau."
Styx
