Guerrière et Amazone

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02 août 2009

Amour et Haine, partie 2, chapitre 8 à 11

Chapitre : 8

 

La noirceur qui recouvre l'esprit de Xena se trouble, un visage aux yeux verts apparaît, les cheveux blonds semblent briller d'une lumière intense, puis le sourire s'estompe, l'image se ternis à la même allure que la tristesse envahit le regard si doux.

Ses lèvres bougent, aucun son n'en sort, pourtant la brune comprend parfaitement ce qui est dit.

Une prière prononcée par sa vision qui lentement disparaît.

 

_ Reviens-moi, j'ai besoin de toi.

 

La guerrière n'a qu'une envie, retenir ce rêve, alors que son corps rappel son existence grâce à une douleur lancinante qui s'amplifie. Son cerveau, reprend conscience de la réalité, l'air frais qui caresse sa peau, la douceur qui l'enveloppe.

Contre tout désir, elle ouvre les yeux, une forme humaine se présente à sa vue trouble qui s'éclaircit doucement.

Une femme aux cheveux noirs lui sourit, sa main douce caresse sa joue.

Xena regarde autour d'elle, pour voir une pièce richement décorée, des couvertures de soie bleue recouvrent son corps blessé.

 

_ Où je suis ?

_ Dans la demeure du seigneur Beîdar Al Haria.

_ Comment ... Comment je suis arrivé ici ?

_ Chaque chose en son temps. Pour l'instant reposez vous.

_ Mais ...

_ Mon seigneur vous donnera toutes les réponses que vous désirez plus tard.

 

Sans perdre son sourire, la femme à la peau mât quitte la chambre.

La guerrière ferme les yeux, la fatigue mélangée à l'étau qui lui serre la tête rend la lumière produite par toutes les bougies qui éclairent la nuit insupportable.

Doucement, son cerveau cesse de réfléchir pour se laisser glisser vers un sommeil agité, emplit de songe étrange où ses démons deviennent des anges et la réalité perd toute consistance.

La vision cauchemardesque de la blonde aux yeux verts suppliant dans sa douleur provoquée par des êtres hideux et difformes la sort du sommeil en sursaut.

 

_ Pas elle ! Crie la brune avec effroi.

 

Son esprit écœuré met quelques instants à prendre conscience que ce n'était qu'un songe, un rêve si réel.

Elle n'a d'autre choix que se rallonger lorsque son corps raide reçoit des décharges, souvenir persistant de la violence qu'elle a vécu.

La guerrière, le souffle court, ferme les yeux, soudain une voix la surprend.

 

_ De quoi as-tu rêvé ? Demande l'homme dont les traits sont cachés par le soleil.

_ Qui est-tu ?

_ Beidar Al Haria. Tu es dans mon harem.

_ Comment suis-je arrivé ici ?

_ Je t'ai trouvé dans le désert et amené en ma demeure

_ Merci de m'avoir sauvé.

_ Ce n'est pas moi, C'est l'esprit du désert.

 

Devant le regard bleu azur interrogateur, l'homme se dirige vers le lit où repose la blessée, dévoilant son visage jeune et ses yeux bruns.

 

_L'esprit du désert ta recouverte, t'as protégé du soleil meurtrier puis t'a libéré pour que je puisse te venir en aide.

_Bien sûr. Répond la brune incrédule.

_Je me doute que nos coutumes et croyances soit dur à accepter pour toi, je ne te demande pas de comprendre mais juste de le respecter.

_Bien.

_Je m'interroge sur un point. Comment la puissante Conquérante a pu se retrouver seule dans le désert et battu à mort ?

_Comment sais-tu qui je suis ?

_Qui ne connaît pas

la Destructrice

des Nations ?

 

L'homme se retourne, va se poster à la fenêtre.

 

_ Ici tu auras tout le confort auquel tu es habituée, mais tu n'es qu'une invitée, ne t'attends pas à ce que ton titre te serve.

_ Je n'ai plus de titre, ni de trône. Explique après un rire arrogant.

_ Je ne comprends pas. Tu es une guerrière très puissante, tu as conquis presque tout le monde, quelqu'un a réussi à te détrôner et tu ne feras rien pour le récupérer ?

_ Je suis sûr qu'elle fera mieux que tout ce que j'ai fait durant toutes ces années. Explique la guerrière tristement.

_ Tu crois vraiment que la personne à qui tu as donné ton cœur t'a trahis ?

_ Qu'est-ce que tu veux dire ?

_ D'après ce que j'ai compris, c'est grâce à cette femme qui gouverne à ta place que tu es devenue celle que tu es aujourd'hui.

_ Oui, réponds la brune en fronçant les sourcils.

_ Alors, crois-tu vraiment qu'elle aurait bravé

la Conquérante

, qu'elle aurait accepté de partager ta vie juste pour prendre ta place ?

 

Sur ce, l'homme se retourne, regarde la brune qui sent le doute s'insinuer.

 

_ Je te laisse te reposer. Et je vais te faire apporter un repas.

_Merci.

 

Après une salutation dans les règles, le jeune homme quitte la chambre, laissant la guerrière avec ses pensées troublées.

 

Cet homme qu'elle ne connaît pas, qui ne connaît d'elle que sa réputation a compris ce que son esprit perturbé n'a pas saisi.

 

La peine pénètre son cœur, elle se rend compte qu'elle a douté de la femme qui lui a rendu la vie, elle a cru un chien galeux plutôt que son âme sœur.

 

La honte l'envahit, celle d'avoir cessé de croire en la personne qui compte le plus pour elle.

 

Comment elle a pu, ne serait-ce qu'imaginé que Gabrielle l'avait trahi .

La brune qui était présente à son réveil entre dans la chambre, portant un plateau chargé de nourriture. Elle s'approche, toujours souriante.

 

_ Je n'ai pas faim. Explique Xena qui se sent lasse.

_ Vous devez manger pour guérir. Elle fait une pause. Si vous ne le faîtes pas pour vous, faîtes le pour ceux qui vous aiment et vous cherchent. Explique la brune avec compassion.

 

Après un moment de réflexion, la guerrière accepte pour Gabrielle.

Pendant que Xena avale la nourriture offerte, contre l'avis de son estomac, la jeune femme s'assoit et porte son attention sur la blessée.

 

_ Je peux vous poser une question ?

_ Oui ...

_ Qui est votre ange ?

 

La seule réponse qu'elle reçoit est un regard interrogateur.

 

_ Vous avez parlé quand la fièvre vous faisait délirer.

_ C'est la femme qui m'a apporté la paix en m'apprenant ce qu'est l'amour.

_ Elle doit être très importante pour vous.

_ Plus que ma propre vie.

 

A cette constatation, la rage qui lui avait permis de libérer et de venger le crime affligé à la blonde revient moins puissante, moins forte, mais tout aussi violente. Elle décuple lorsque la guerrière pense qu'elle aurait dû les faire souffrir encore plus, cette haine augmente encore, mais contre elle-même, d'avoir pu douter de la femme aux yeux verts.

 

_ Pourquoi cette colère qui brûle dans vos yeux ?

 

Sans savoir si c'est un désir de laisser sortir ses sentiments ou la douceur de la femme, Xena éprouve l'envie de lui faire confiance et de se confier à elle.

 

_ Je m'en veux d'avoir pu croire que la femme qui m'a libéré de mes démons ait pu participer à tout ça pour prendre mon trône.

_ Vous croyez qu'elle aimerait vous voir comme çà ? A la vue de vos blessures, vous avez dû vivre une expérience terrible, qui vous a touché moralement, l'incertitude et le doute sont tout à fait compréhensibles .D'après ce que j'ai compris, cette femme incarne la pureté et la bonté, donc elle vous pardonnerait, non ?

_ Oui.

_ Alors pourquoi ne le faîtes-vous pas ?

 

Cette fille qu'elle ne connaît pas, qui paraît comprendre le langage du corps aussi bien que les mots, qui offre réconfort et douceur trouble Xena. Elle ne sait quoi répondre à cette personne si jeune et pourtant si mature.

 

_ La haine est le pire poison qui existe. Il détruit le corps et l'esprit, mais aussi notre monde et les personnes qui nous entourent. Explique gentiment la brune.

Cette phrase jetée sans aucune rancœur frappe la guerrière en plein visage, sa logique éclate dans son esprit.

 

_Je vous laisse vous reposer.

 

_ Non, reste.

_ Votre amie doit être inquiète pour vous. Plus vite vous serez sur pied, plus vite vous pourrez la retrouver.

 

Sur ces mots, la jeune égyptienne se lève, elle marche vers la sortie.

 

_ Attends.

Elle s'arrête, puis se retourne.

_ Comment tu t'appelles ?

_ Hathor. Réponds-t-elle en repartant.

 

Xena repose son corps, mais pas son esprit.

Une simple phrase a servi de déclic, toute sa vie elle a détruit tout ce qui n'allait pas dans son sens, lieu ou personne, dominé par une perversion qu'elle croyait être la seule chose nécessaire pour obtenir ce qu'elle voulait.

Tant d'années à souffrir seule et à faire souffrir, toute ces années à chercher une chimère.

Les paroles prononcées par cette femme lui paraissent familière, comme un écho surgissant d'un autre monde.

 

''_ Xena, tu es devenue cruelle pour venger la mort de ton frère, et la soif de pouvoir ta fait devenir la terrifiante Conquérante. Mais tu crois que c'est ce qu'il aurait voulu ?''

 

Pourquoi est-ce que tout devient évident maintenant ? Pourquoi elle n'a pas compris quand Gabrielle lui a dit la même chose à propos de son frère ?

Une nouvelle force la pénètre, une détermination soudaine, elle doit rentrer en Grèce, pas pour elle, pas pour son peuple, juste pour la blonde aux yeux verts qui, elle en est certaine, maintenant l'attends.

 

chapitre8

 

L'espoir du retour de

la Conquérante

est devenu une denrée rare, quiconque qui habite sur les terres conquises, s'est mis dans la tête que désormais, ils seront uniquement gouverné par la princesse qui elle, malgré le temps qui passe, ne désespère pas de retrouver la brune qui hante son esprit.

 

Contrairement à la blonde, les deux guerriers qui arrivent au palais, au galop, on perdu l'espoir de la retrouver.

Ils ne font qu'obéir aux ordres, en ramenant leur prisonnier, ils pensent pouvoir obtenir le droit de rester à Athènes.

 

Arrivé aux portes du château, ils descendent de cheval sous le regard interrogateur de Légendrios, qui s'approche, intrigué par leur arrivée.

 

_Lieutenant, il faut que nous parlions à la princesse.

_Pourquoi ? Demande le gradé, étonné du culot des deux larbins.

_C'est homme à peut-être des informations sur

la Conquérante.

_Emmenez-le dans la salle du trône.

 

Les deux lèche-bottes tirent et poussent leur prisonnier à l'intérieur de l'immense bâtisse, tandis que l'officier par à la recherche de la blonde d'un pas rapide.

 

Dans sa chambre, qu'elle ne quitte presque plus, Gabrielle regarde, dans un miroir en pied, son ventre gonflé qui commence à dévoilé son état.

 

_Je vais devoir commencer à mettre des vêtements ample. Dit pour elle-même avec tout le dégoût qu'elle ressent pour cet enfant.

 

Elle se dirige vers la fenêtre, tristement, elle regarde dehors, les paroles d'Hélène, seule personne à être au courant de sa grossesse, ne change rien à ses sentiments.

Bien que Gabrielle sache que son amie à raison, que cet enfant n'a pas demandé à être conçu, elle ne peut s'empêcher de le détester, il est la preuve vivante de ce qu'elle a subit, le souvenir réel et grandissant de sa souffrance.

Cacher sa grossesse puis abandonner le fruit de ses entrailles à une famille qui l'aimera et lui donnera tout ce dont il aura besoin, loin d'ici, est la meilleur solution mais cette certitude se confronte à un doute, la crainte prenante que Xena n'accepte pas et la jette de sa vie.

La douleur et la tristesse qu'elle éprouve depuis la disparition de la brune, lui assure que jamais plus, elle ne pourra vivre sans son âme sœur.

 

Un bruit de coup la sort de ses pensées noires, lassée et vraiment pas d'humeur à discuter, elle va ouvrir.

 

_Majesté, un homme qui aurait vu

la Conquérante

vient d'être escorté ici.

 

Sans se donner la peine de répondre, la blonde quitte son repère pour suivre le chemin qui l'a mène vers la pièce où tous les visiteurs sont conduit, suivit du gradé.

 

Tandis qu'ils passent devant la salle de réception, des voix se font entendre par la porte restée ouverte.

 

_Quand

la Conquérante

était là cette salle servait pratiquement tous les soirs.

_Oui, c'était des soirées de repos pour nous. Mais bon, c'est fini maintenant qu'elle est morte.

 

A peine les deux femmes ont échangées ces mots, prête à aborder un autre sujet, que leur attention est attiré par une forme qui se tient dans l'encadrement de la porte.

Mais l'expression de colère visible, mélangé à l'ordre, presque crié, les effrayes.

 

_Je ne veux plus entendre dire que Xena est morte !

_Oui majesté. Répondent-elles ensemble, en baissant la tête.

_Plus jamais. Rajoute la barde avant de repartir furieuse.

 

Les deux femmes reprennent leur travail de nettoyage, estomaquées par la réaction de la princesse.

 

Cet accès de colère ne fait qu'augmenter la tristesse que l'officier, qui l'a suit, ressent déjà pour elle.

 

Arrivé à la salle où ces visiteurs l'attendent, la colère de Gabrielle monte encore lorsqu'elle voit l'homme à genoux et menotté.

Elle les dépasse pour leur faire face.

 

_Je vous écoutes. Fait la blonde sur un ton froid.

_Majesté, c'est homme prétend avoir vu

la Conquérante.

_Où ?

_Eh bien, quand on l'a trouvé, il était trop ivre pour parler, et le lendemain, il a refusé de le faire.

_Où l'as-tu vu ?

 

Devant le regard froid et violent qui se pose sur lui, l'homme baisse la tête sans dire un mot.

 

_Où ? Crie la princesse.

 

Toujours aucune réponse.

 

_Très bien, puisque tu refuses de parler, je vais faire lacérer, lentement, chaque parties de ta peau putride et si ça ne suffit pas, je te ferais crever les yeux, et si tu es encore en vie, tu auras les côtes brisées pour pouvoir t'arracher le cœur.

 

Sur cette menace, l'homme sent sa peur dégouliner le long de sa nuque par des gouttes de sueur.

 

_S’il apprend que j'ai dis quoi que ce soit, il me tuera.

_Emmenez-le aux cachots.

_Non ! Attendez ! Demande le prisonnier en se faisant prendre par le bras.

Un type m'a payé une grosse somme d'argent pour que je l'embarque vers l'Egypte, je savais pas qu'il avait

la Conquérante. Je

l'ai su seulement plus tard, lorsqu'il l'on débarqué à Alexandrie, mais après j'ignore où ils ont été.

_Son nom ? Exige la blonde.

_J'en sais rien, il ne me l'a pas dit. Je le jure.

 

Gabrielle se retourne puis, va s'asseoir sur son trône, la peur de ce porc empeste toute la salle.

 

_Légendrios, mène-le aux cachots, dit au bourreau de le fouetter.

_Bien majesté.

_Non ! Je vous ai dit tout ce que je savais. Cris l'homme en se débattant de la poigne de fer.

_C'est juste pour en être sûr. Répond la barde.

 

Une fois que les supplications hurlées s'estompent, la princesse porte son attention sur les deux guerriers qui attendent leurs ordres.

 

_Où l'avez-vous trouvé ?

_Dans une taverne au port d'Alexandrie.

_Comment avez-vous su qu'il a vu Xena ?

_Il était ivre et parlait de

la Conquérante

, il disait que personne ne la retrouveraient quand on lui a demandé des précisions, il a répondu qu'il était avec lorsqu'elle a quitté

la Grèce.

_Et ?

_Il racontait n'importe quoi alors on a attendu qu'il cuve pour lui parler.

_Que faisiez-vous dans cette taverne ?

_Je... Je m'étais arrêté manger quelque chose.

_Tu arrêtes tes recherches pour prendre du bon temps ? Fulmine Gabrielle en se levant, s'approchant d'eux.

_Majesté...

_Tu mériterais que je te tue !

_Mais lui ça faisait une semaine qu'il y était à boire et manger.

_Garde ! Hurle la princesse envahit par la rage.

_Majesté je...

 

Le soldat qui avait gardé le silence jusqu'à ce que son compagnon l'accuse, ne finit pas sa phrase, une gifle retentissante lui arrive en plein visage.

 

_Tu as désobéis ! Hurle Gabrielle.

 

Les deux gardes arrivent d'un pas rapide.

 

__Majesté, depuis le temps que

la Conquérante

a disparut, je pense comme beaucoup qu'il n'y a plus d'espoir...

 

Une fois de plus, il est interrompu dans sa tirade. Mais cette fois c'est par une petite main qui l'attrape par le haut de son armure avant de le tirer en avant, la voix basse et emplit de rage lui glace le sang.

 

_Xena n'est pas morte.

 

Le soldat baisse les yeux, ne supportant pas la haine qui brûle dans les yeux verts de la petite femme qui le relâche.

 

_Enfermez-le dans les cachots. Qu'il soit vidé de ses tripes et pendu sur la place publique comme exemple. Quiconque osera annoncer la mort de Xena subira le même sort.

 

Le traître se fait traîner au lieu ordonné tandis que sont accusateur tremble du sort qui lui est réservé.

 

_Combien d'autres ont abandonné leur mission ?

_Aucun majesté, je le jure.

_Et pourquoi je te croirais ?

_Parce que vos hommes vous respect et vous sont fidèle à vous et à

la Conquérante.

_Ah oui ? Et pas lui ?

_Non majesté. C'est un traître.

_Pourquoi ?

_Il avait des informations sur la révolte des Sparthes et n'a rien dit.

_Toi non plus, apparemment.

_Je l'ai appris lorsque nous faisions route vers Athènes.

_Donne-moi une seule bonne raison de ne pas te tuer.

_Je vous suis fidèle et dévoué majesté.

_Mauvaise réponse.

 

Le jeune homme sent la peur grandir alors que Gabrielle retourne s'asseoir.

 

_Tu retourne en Egypte continuer ta mission, je veux que tu préviennes tous tes camarades que s’ils arrêtent de chercher Xena, je le saurais et il subiront le même sort que ton compagnon. C'est clair ?

_Oui majesté.

_Disparaît avant que je change d'avis.

 

Sans demander son reste, le soldat repart pour le pays d'où il vient, soulagé d'être encore en vie et entier et fière de savoir qu'il n'enverra personne à la potence, car il sait ses collègues dévoués à

la Conquérante

et à la princesse.

 

Lorsqu'il quitte le palais, les cris de douleurs commence à résonner, des hurlements d'effrois qui transpercent les esprits.

 

Gabrielle quand à elle, attend le retour de son lieutenant afin de savoir s’il a pu obtenir d'autres informations de ce chien puant.

 

Après un laps de temps où les hurlements avaient diminué de moitié, un homme portant une armure aux couleurs de

la Conquérante

arrive.

 

_Majesté, vos ordres ont été exécutés.

_Bien. Fait moi porter du vin.

Le guerrier lève la tête, surprit de la requête qui ne fait pas parti de ses attributions.

_Tout de suite ! Cris la blonde.

_Oui majesté. Répond t-il en partant.

 

Le soleil se couche lorsque tous les hurlements cessent.

 

Gabrielle dont, même le vin n'a pas réussit à calmer la colère, sort de ses pensées lorsque des pas se font entendre.

 

_Majesté, nous avons fait subir ce que vous avez ordonné mais, il n'a fourni aucune autre information. Explique le gradé.

 

Gabrielle soupir tristement.

 

_Au moins, nous savons où chercher. Nous la retrouverons. Fait Légendrios qui se veut rassurant.

_Tu peux disposer. Propose la princesse en se resservant un verre.

 

L'officier part, le cœur lourd de ne pas pouvoir aider la jeune femme, la laissant seule avec sa colère, sa tristesse et son nouvel espoir.

 

 

Chapitre 9

 

Le soleil du matin réchauffe le sable qui entour le palais du jeune prince du désert.

A l'intérieur, dans la fraîcheur qui y règne encore, Xena se prépare pour son départ, ses pensées tourmentées, sont perturbées par une voix douce.

 

_Ca y est, vous repartez ?

 

La guerrière se retourne pour voir sa nouvelle amie.

 

_Oui, je rentre chez moi.

_Vous êtes pressée de revoir votre âme sœur ?

_Oui.

_C'est l'amour qui vous a sauvé.

_C'est vrai, sans Gabrielle j'aurais abandonné.

_Mais faites attention, c'est la chose la plus puissante qu'il existe mais il est éphémère. Il permet de tout faire mais si vous le laissez partir, il peut vous détruire.

_J'ai l'impression d'avoir une vision différente après toutes ces discutions avec toi. Merci.

_Ne me remerciez pas, la vie est un masque, il suffit de regarder derrière. Je vous laisse, bon voyage Xena.

 

La jeune fille lui offre un sourire radieux avant de quitter la pièce.

A peine la porte fut refermée, que la guerrière se précipite dessus et l'ouvre à son tour.

Personne. Le long couloir richement décoré est vide.

 

Vêtue à la façon de ce pays, pensant que l'égyptienne est entrée dans une pièce adjacente, Xena se dirige vers la cours du palais.

Toutes les paroles de la jeune femme sur la haine, l'amour, la mort, une vérité si simple, si évidente, et pourtant invisible aux yeux de la brune.

Elle qui a toujours pensée que sa rage était tout ce qui pouvait l'aider à gagner, ce rend compte que durant toutes ces années, elle a suivit un mirage, une chimère qui l'a conduisait seulement à son déclin.

 

_Alors Xena tu es prête ?

_Oui.

_Me permet-tu de me joindre à toi jusqu'à la sortie de ma demeure ?

_Bien sur.

_Je t'es fais préparer un cheval.

_Je ne pourrais jamais te remercier pour tout ce que tu as fais pour moi.

_Le plaisir de te voir en bonne santé et heureuse avec ton amante est le seul remerciement que j'accepterais.

 

Le maître des lieux sent la joie le pénétrer lorsqu’un sourire vient illuminer le visage de la terrible et cruelle Destructrice des Nations.

"Les contes et les légendes ont tort, cette femme à un cœur, il suffisait de le trouver." Pense-t-il en regardant la brune.

 

_Qui aurait cru qu'une jeune fille quelconque réussirait à te changer.

_Elle est tout sauf quelconque. Elle est exceptionnelle.

_C'est certain pour avoir réussit à te dompter. Et pour que tu te sois laissé faire.

 

Il ne reçoit qu'un sourire en guise de réponse.

L'anxiété de savoir que bientôt, elle sera à nouveau dans les bras de son âme sœur, lui donne l'envie et le courage d'entreprendre ce voyage qui semble trop long, de parcourir la distance qui la sépare du seul endroit où elle se sent vivre.

 

Xena et son hôte arrivent dans l'immense jardin, ils s'approchent de deux hommes qui attendent avec sa monture.

 

_Vraiment merci.

_Xena, dans le désert, nous ne remercions que pour deux choses, l'eau et la vie.

_Votre philosophie est si différente.

_Et est-elle mauvaise ?

_Au contraire. J'ai appris beaucoup durant mon séjour ici, surtout avec ta domestique.

_Les délires provoqués par ta fièvre devaient avoir l'air très réel.

_Pourquoi ?

_Il n'y a que Sahira qui t'apportais ce dont tu avais besoin et moi qui sommes venus te voir.

_Mais...

 

Xena ne finit pas sa phrase, pensant soudain que l'égyptienne était venu la voir en cachette.

 

_Oui ?

_Pourquoi je n'ai vu personne d'autre ?

_Tu es une très belle femme est la jalousie pousse parfois à faire des choses regrettables.

_Je vois. Bon, au revoir et encore merci.

_Au revoir Xena, bonne route.

 

Sur ces salutations accompagnées d'une poignée de mains, la brune quitte l'immense demeure après un dernier regard à son sauveur.

 

Au bout de quelques mètres, elle s'arrête puis se retourne pour voir les lourdes portes se refermer, son regard est attiré par une présence au balcon.

La jeune femme la regarde souriante.

Xena lui fait un signe de tête puis, reprend la longue route qui la conduit vers la seule personne qu'elle désir voir et toucher, celle qui obsède ses pensées et possède son cœur.

L'autre moitié de son âme.

 

L'astre solaire descend déjà sur les terres lorsque la brune atteint Alexandrie, dont les ombres s'étirent sur le sable.

Personne ne porte attention au voyageur dont, seules les orbes couleurs océan sont visibles, unique preuve qu'elle n'est pas d'ici.

 

Arrivée aux limites des terres d'Egypte, là où la mer s'étend à perte de vue, Xena descend de sa monture, avance vers des hommes à l'allure poisseuse, occupé à charger des caisses sur un navire à l'apparence grec.

 

_Qui est le capitaine ?

_C'est moi. Répond un barbu en se retournant.

_Peux-tu m'en mener en Grèce ?

_Je prends pas de femme sur mon bateau.

 

Le refus du marin qui la regarde avec un sourire vicieux l'énerve, elle s'approche, le prend par le col, son visage à quelques centimètres du sien, sa colère émane de son regard.

 

_D'accord. On part demain à l'aube. Dit l'homme terrifié par la rage qui brûle dans ses yeux bleus.

_Ce soir.

_Impossible, une tempête se prépare, personne ne quitte le port avant demain.

 

Xena lâche sa proie dont la peur coule le long de sa peau principalement pour ne plus sentir son haleine putride.

 

_Où puis-je trouver des écuries pour mon cheval ?

 

L'homme lui indique une direction en pointant son doigt.

La brune prend cette direction, certaine que cette nuit perdue à cause de la tempête sera longue.

 

Les nuages noirs qui s'amoncellent dans le ciel obscurcit annoncent un orage violent.

 

"Bientôt je serais auprès de Gabrielle" Ces quelques mots passe et repasse dans l'esprit de Xena, un désir brutal et immuable.

 

Tandis qu'elle se dirige vers les écuries, un marcheur attire son attention, ce n'est pas tant le trouble qu'il montre qui l'interloque mais l'armure noire et rouge qu'il porte.

 

_Eh ! Toi ! Appelle-t-elle.

_Quoi ? Qu'est-ce que tu veux ?

_Tu viens d'Athènes ?

_Je ne vois pas en quoi ça te regarde.

 

Soudain, le soldat est stoppé dans son avance par une main ferme sur son bras.

 

_Mais lâche moi ! Tu te prends pour qui ?

 

Il daigne porter son attention sur son interlocutrice pour la première fois, les yeux bleu remplit de colère qui le fixe lui paraisse familier.

Xena retire le tissu qui couvre son visage et ses cheveux de jais créant la stupéfaction chez l'homme qui la croyait morte.

 

_Majesté... Je suis confus...

_Comment va la princesse ?

_Elle va bien, la princesse a appris que vous étiez peut-être en Egypte et nous a envoyé vous chercher. Explique t-il perturbé par la crainte qui a remplacé la colère sur les traits de la femme.

_Où est le reste des troupes ?

_Aux dernières nouvelles, ils ont quitté Alexandrie ce matin.

_Tu les rattrapes et tu les ramènes.

_Et vous majesté ?

_Je suis coincé sur le port jusqu'à demain matin.

_Je ramène vos hommes le plus vite possible.

 

Sur cette promesse, il laisse la brune seule.

 

Pendant que la tempête fait rage, les éclairs zébrant la nuit trop noire, possédée par un vent violent, sur un autre continent, dans une autre ville, une autre tempête se déchaîne, mais intérieur celle-là.

 

_Comment a-t-elle osée !

_Arthégor calme-toi. Propose son confident et ami.

_Que je me calme ! Je suis riche, puissant et respecté et cette garce m'a giflé ! Pire, elle m'a traité comme... comme...

_Tu es un seigneur à Salamine mais tu n'es rien pour la princesse, tu croyais quoi ? Qu'elle s'inclinerait devant toi ?

_D'après toi pourquoi je veux l'épouser ?

_Parce qu'elle est très belle ?

_Mais tu es stupide ! Pour son trône, son pouvoir. Sa beauté n'est qu'un plus.

_Elle veux pas de toi alors laisse tomber.

_Mais je peux avoir ce que je veux par la force.

_Comment ça ?

_Ses hommes cherchent

la Conquérante

, se sera facile d'attaquer le château et de la détrôner. Explique le seigneur avec un sourire sadique.

 

 

Une nuit sans sommeil par la faute de l'orage et du vent.

Mais aussi à cause de la joie qui a fait exploser le cœur de la brune lorsqu'elle à su que Gabrielle n'avait jamais désespéré de la revoir. Cette joie est ternit par la honte, celle d'avoir douté de son ange.

 

La guerrière regarde le soleil de lever, assise sur un tonneau, elle soupir la tristesse d'avoir trahi sa femme, puis, elle descend de son siège, et commence à arpenter le port.

 

La vie s'éveille, émergeant des bateaux ou des rues, lentement, chacun vacant à ces occupations redonne l'animation qui règne chaque jours, heures après heures, jusque tard dans la nuit.

 

Le temps passe, inflexible, le jour remplacé par la nuit, la chaleur par le froid, le vieillissement qu'il égrène sur les visages, sont les seuls preuves qu'il continu sa course.

 

Xena réfléchit à ce fait, elle réalise que quoi que l'on fasse, on ne peut en profiter totalement, on perd toujours ce temps, parfois quelques heures, parfois des semaines.

Elle ne peut ni l'arrêter, ni le faire revenir, elle ne pourra jamais rattraper ces longs mois passé loin de son âme sœur.

Même en passant chaque minute avec sa blonde, elle ne pourra récupérer le passé.

 

Tout ce que la brune peut encore espérer, c'est que l'amour pourra sécher les larmes, refermer les blessures qui font saigner leurs cœurs et cicatriser leurs âmes déchirées.

 

Une voix la sort de ses pensées moroses.

 

_Majesté, vos troupes sont prêtes à embarquer, on attend plus que vous.

_Explique moi une chose.

_Oui majesté.

_Comment as-tu réussis à les ramener aussi vite ?

_Eh bien, on a chevauché toute la nuit.

_Sous l'orage ! Ils ont dû fulminer. Rétorque la guerrière en reprenant sa route.

_Oh non ! Quand je leur ai annoncé que je vous avais retrouvé, enfin que vous m'aviez trouvé, ils ont fait demi-tour et aucun d'entre eux n'a proposé de s'arrêter pour la nuit. Explique t-il en suivant sa chef.

_Ah oui.

_Ils vous sont fidèles comme ils l'ont été avec la princesse.

 

Depuis le début de leur conversation, l'homme a une sensation étrange, dû au fait que lui, un simple soldat, parle de la façon la plus banale avec la grande Conquérante.

 

_J'aurais plutôt pensé le contraire.

_Vous nous avez toujours respecté.

 

Le trouble s'installe dans l'esprit du militaire lorsqu'il voit un sourire apparaître sur les lèvres de la brune.

Il sourit à son tour, pensant que sa chef est encore plus belle comme ça.

 

_Alors, vous vous dépêchez ? On va pas attendre madame toute la journée. Fait le barbu en reconnaissant les yeux azurs.

_Tu sais à qui tu t-adresses vieux bouc. Fulmine le soldat.

 

Il s'approche du capitaine qui paraît encore plus alcoolisé que la veille, mais, une main sur son torse le stoppe.

 

_Je n'ai plus besoin de tes services.

_Je vois, vous préférez les jeunes. Répond l'ivrogne avec déception.

_Non, c'est juste qu'il a une conversation et un physique bien plus intéressant que le tiens. Explique Xena avec dédain avant de repartir.

_Et le navire de

la Conquérante

est bien plus rapide que ton vieux rafiot. Rajoute le soldat avant de suivre la brune.

_

La Conquérante

? Demande pour lui-même le barbu étonné et vexé.

 

Les deux guerriers continuent leur chemin, quand une question traverse l'esprit du jeune homme.

 

_Pourquoi vous ne lui avez pas dit qui vous êtes ?

_Parce que je n'ai nullement envie de m'exténuer à parler avec un vieux pouilleux stupide et alcoolisé.

 

Après cette explication, les deux compères continus leur route en direction du navire qui les attend.

L'un pensant aux différences évidentes visible chez

la Conquérante

, l'autre heureuse de savoir que bientôt, elle sera à Athènes.

Elle reverra ce visage et ce corps, qui lui ont tant manqué, ces yeux verts qui lui ont permis de surmonter toutes les douleurs qui l'on possédé, qui l'on aidé à continuer.

 

Ce que la guerrière ignore, lorsqu'elle embarque sur le bateau, c'est que le bonheur qu'elle espère et qui l'attend risque d'être perturbé par un être vaniteux.

Cette personne orgueilleuse qui à cet instant même, réfléchit, certain d'entrer dans l'histoire par sa future victoire sur la blonde aux yeux verts.

 

_Tu ne peux pas faire ça !

_Je le peux et je le ferais. Sourit Arthégor.

_C'est du suicide. Explique son confident.

_Si tu n'es pas d'accord avec moi, tu prends la porte.

_Tu crois vraiment que la princesse va te laisser gentiment investir son palais.

_Mes troupes contre les quelques hommes qu'elle n'a pas envoyé chercher sa catin ? On va les écraser. Je suis déçu que tu crois que j'ai peur de cette petite blondasse.

_Elle n'est plus celle qu'elle était, tu n'as pas entendu parler de son garde qu'elle a fait éviscérer et crucifier ? Il paraît même qu'elle a fait torturer des gens.

_Baliverne. S'énerve Arthegor.

 

Les deux amis sont interrompus par un homme en armure.

 

_Bonne nouvelle, Celléus accepte de rallier ses hommes à nos troupes.

_Et qu'est-ce qu'il veut en échange ? Demande Arthegor.

_Rien.

_J'ignore ce que Xena lui à fait, mais il doit lui en vouloir. Je n'ai jamais vu un seigneur de guerre travailler gratuitement. Dit Le conseillé.

_Oui, laisse-nous.

 

Sur cet ordre, le guerrier repart par où il est arrivé.

 

_Arthégor, si tu es certain de prendre le trône, pourquoi tu fais appel à ce tueur sanguinaire ?

_Deux précautions valent mieux qu'une.

_Tu as peur de perdre cette bataille ?

_Je n'ai peur de rien ! Crie le seigneur des lieux.

_Mais...

Arthegor frappe sur la table, coupant son ami dans son élan, sa colère visible sur son visage.

_Tu connais comme moi la réputation des hommes de

la Conquérante

, je n'ai pas envie de perdre la moitié de mes troupes, j'aurais besoin d'eux après pour continuer la quête que Xena a arrêté à cause de cette traînée.

_Ta soif de pouvoir te perdra. Dit tristement son confident.

 

Le seigneur ne répond pas, un sourire narquois naît sur ses lèvres, ses réflexions l'on empêché d'entendre ces propos qui ont été prouvé par le passé.

Il se dirige vers la sortie, lorsqu'il passe près de son ami, ce dernier le retient par le bras.

 

_Où vas-tu ?

_Fêter ma future victoire. Répond le seigneur en se dégageant.

_Ne te ravis pas trop vite.

_Elle est sans défense sans sa garce.

_Tu sais pourquoi elle a fait tuer son soldat ? Parce qu'il a prétendu Xena morte. Ne sous-estime pas la princesse. Explique le conseillé exaspéré par l'incompréhension que son ami affiche.

_Tu es de son côté ? Tu es un traître ! Cris t-il en sentant la rage monter.

_Mais non...

_Tu sais ce que je fais aux traîtres !

 

A peine cette menace prononcé, le seigneur des lieux sort son épée.

 

_Attend, qu'est-ce que...

 

Il n'a pas le temps de finir sa phrase, la peur sur ses traits est remplacée par l'incrédulité, au moment où l'homme au regard carnassier à qui il a toujours été fidèle, abaisse sa lame sur sa gorge, envoyant la tête roulée sur les dalles, tandis que le sang gicle sur les murs.

 

_A cause de toi, j'ai plus qu'à faire nettoyer cette pièce.

 

Puis, sans la moindre compassion, ni remord, il quitte le lieu du crime.

 

Chapitre 10

 

En cette fin de journée, Hélène que l'inquiétude ne quitte plus depuis des lunes, attend que son amie arrive.

Elle soupir la tristesse qu'elle ressent depuis que Gabrielle est devenue l'opposé de ce qu'elle était.

La peur et le doute se sont immiscés dans son cœur blessé lorsqu'elle à compris que la jeune blonde, ne trouvera ni la force ni le courage d'aimer l'enfant qu'elle porte sans l'aide de sa femme.

Ses sentiments sombres s'amplifient encore lorsque, suite à des bruits de pas, elle se retourne pour voir arriver la maîtresse des lieux, les traits tirés par la fatigue, le regard terne.

 

_Gabrielle, comment vas-tu ?

_Bien. Répond la barde en se servant un verre de vin.

_Tu ne devrais pas boire d'alcool.

_Merci mais je n'ai pas besoin que tu me fasses la morale.

_Je disais ça pour ton bien, je m'inquiète pour toi.

 

La blonde boit son vin en silence, sans se donner la peine de répondre, portant sur la vieille femme un regard fixe et étrange.

 

_Pourquoi tu ne partirais pas quelques jours chez tes parents ?

_Je ne peux pas partir en ce moment.

_Et les inviter ici ?

_Je suis très occupée, je n'aurais pas de temps à leurs consacrer.

_Tu n'as pas le temps ou tu as peur de leur réaction s’ils voient ce que tu es devenu ?

_Mon père n'accepte pas mon mariage avec Xena, alors si en plus il apprend que j'attends un enfant qui n'a pas de père, il ne me le pardonnera jamais.

_Mais ce n'est pas de ta faute.

_Si, tout est de ma faute ! J'aurais dû protéger Xena, j'aurais dû les empêcher de me toucher. Fulmine la blonde.

_On en a déjà parlé, tu ne pouvais rien faire.

_J'aurais dû demander à Xena de m'apprendre à me battre.

_Je pense qu'elle aurait refusé. C'est

la Gabrielle

douce et sensible qu'elle aime.

_Mais si je savais me battre, je n'aurais pas à porter ce... cet enfant. Et je n'aurais pas à craindre la réaction de mon père et de Xena.

_Tu ne pourras plus le cacher très longtemps. Et comment feras-tu lorsqu'il sera né ?

_Je l'abandonnerai à une famille qui lui donnera ce que je ne peux pas.

Hélène, choquée par ces propos, ne peut rien répondre, un guerrier arrive en courant.

_Majesté, nous sommes attaqués !

_Par qui ?

_Je l'ignore majesté.

_Où est Légendrios ?

_Il organise les défenses.

_Bien. Hélène pars avant qu'ils investissent le palais. Toi, accompagne-la. Ordonne Gabrielle en partant.

_Venez. Demande l'homme.

_Non, je...

_Madame, les troupes sont en Egypte, les défenses ne tiendront pas longtemps, vous devez partir.

_Je ne laisserais pas la princesse. Fait avec fermeté la vieille femme.

_Bien, mais ne sortez pas du château.

 

Le guerrier cours à l'extérieur, prêt à se battre.

Il sait le combat perdu d'avance, mais en voyant la femme ridée refuser de partir, pour rester avec la blonde, il pense qu'il doit suivre son exemple à sa manière, protéger la princesse jusqu'à la mort.

 

Gabrielle arrive à l'entrée de l'immense demeure pour voir ses hommes défendre le lieu du mieux qu'ils peuvent, l'odeur de sang se repend.

Elle regarde les corps tomber, la défaite est inéluctable, l'ennemi tranche et perse les chairs, se frayant un chemin au milieu des carcasses, la victoire facile qui se profile pour eux les remplis de joie, tandis que les portes d'enceintes cèdent sous leurs assauts.

 

Les uns certains de gagner ce combat inégal, les autres prêt à tuer le plus possible avant de tomber, mais aucun des deux parties, concentrées sur la mort qui règne, ne voit les ombres qui s'élèvent au sommet de la colline toute proche.

 

Lorsque Xena voit le palais assiégé, sa joie est remplacé par la peur, la peur pour son ange, l'angoisse de la perdre maintenant qu'elle l'a enfin retrouvée, la colère de voir que quelqu'un ose attaquer la personne la plus pur que cette terre ai porté.

 

_Massacrez-les ! Hurle la guerrière partant au galop.

 

Le grondement lourd de chevaux nombreux lancé au galop attire l'attention des combattants, inversant les rôles, les perdants redoublant de force en voyant les troupes arriver, les envahisseurs apeurés par l'arrivée de ces cavaliers prêt à les anéantir.

 

Tandis que les chairs et le sang gicle, les corps tranchés libère leurs entrailles qui s'étalent, Xena ne pense qu'à protéger son âme sœur.

Personne ne peut arrêter l'avancée de la brune, quiconque essaie se fait éjecter de son chemin avec violence.

 

Légendrios sent son cœur se gonfler de joie, non pas à la vue de l'aide providentielle, mais à celle de la brune aux yeux bleus qu'il reconnaît depuis le haut des remparts.

 

Gabrielle quand à elle, comprend seulement que le château est sauvé, le doute s'installe, soit ses troupes sont revenus sans son avis, soit ils ont retrouvés Xena.

Soudain son cœur manque un battement, le vide qui l'habite depuis l'agression explose, remplacé par une joie, un bonheur d'une puissance tel que tout son corps paraît se réchauffer.

Le souffle lui manque, son âme semble revivre alors qu'elle reconnaît la brune qui entre dans l'enceinte du palais, écrasant toutes les têtes ennemies qui se présentent sur son passage.

 

L'impression que tout ceci est un rêve, s'estompe lorsque lentement, comme si le temps ralentissait sa course, les cheveux de jais s'écartent pour laisser apparaître deux opales azurs, ceux-là même qui ont hantés ses songes, qui doucement se posent sur elle.

 

Quand la brune stoppe sont cheval, ses yeux emplis de douceur se perdent dans l'océan vert qui lui ont tant manqué. Xena se sent envahit par des pulsions de sentiments si fort que son corps semble en brûler.

 

Les deux femmes se regardent, incrédules, aucune d'elles ne paraît capable de bouger.

 

Le lieutenant voit les deux amantes subjuguées l'une par l'autre, inquiet pour leurs sécurité, il quitte son poste, sachant pertinemment le combat gagné, décidé à protéger les deux âmes sœurs enfin réunis.

 

Ce rêve, cet espoir qui les a poussés à continuer à avancer, est devenu une réalité.

Au moment où une larme coule le long de la joue de la blonde, Xena reprend conscience, elle descend de cheval, son cœur battant trop vite, ses jambes tremblantes la portent lentement vers la personne qu'elle ne peut quitter du regard.

 

Gabrielle pleure la joie qu'elle ne peut contenir devant ces yeux limpides qui l'a fixe, souvenir d'un passé heureux.

Tous les bruits qui l'entourent sont étouffés par les battements de son cœur qui est près à sortir de sa poitrine, la noirceur qui le rongeait remplacé par la lumière d'une clarté qu'elle avait oublié.

Alors qu'elle voit la guerrière s'approcher, elle ne peut plus contenir la tension qui parcours son être. Sans réellement s'en rendre compte, la blonde s'élance en bas des marches, courant vers la seule personne qui peut lui rendre le sourire.

 

Ce même sourire qui se dessine sur ses lèvres au moment où deux bras puissants la prennent, la pressant contre le corps chaud et musclé dont l'absence était douloureuse.

 

Les larmes retenues si longtemps se libèrent, tandis qu'elle se sent envahit par une sensation de protection, l'impression d'être à sa place, la certitude que leurs âmes sont à nouveau complète.

 

Aucune des deux femmes ne fait attention à ce qui se passe autour d'elles, l'une blotti dans les bras de l'autre, échangeant un baiser emplit de satisfaction, de soulagement et de bonheur, un plaisir lancinant qui leur donne le vertige, foudroie leurs cœurs et leurs corps.

 

_Xena promet-moi de ne plus jamais me quitter.

_Plus jamais. Répond la guerrière en caressant la tête aux cheveux d'or.

 

Légendrios, qui se tient à leurs côtés, afin d'empêcher un ennemi zélé de s'approcher, sourit à ces simples mots, prononcés avec une douceur et une tendresse qu'il n'aurait jamais cru possible s’il ne l'avait pas entendu.

 

Son sourire disparaît lorsqu'il voit le responsable de cette attaque courir en hurlant, droit sur les deux amantes, défiguré par la rage.

La défaite qu'il vient d'essuyer ajoute à la colère qui l'aveugle, sans chercher à comprendre, sans rien voir, tout ce qu'il veut est tuer ses deux femmes qui ont gâché ses rêves de grandeur.

 

Poussé par la peur, le lieutenant se jette sur le chemin du dément aux yeux injecté de sang, puis lui plante son épée dans le sternum, prenant plaisir à voir ses entrailles sanglantes s'échapper.

 

Un frisson parcours l'échine de Xena, un déclic qu'elle connaît, signal d'un danger imminent.

Lorsqu'elle reprend conscience de ce qui l'entour, elle voit son protecteur retirer sa lame du corps déjà sans vie, qui s'effondre couvert de sang.

 

Sentant le corps serré contre elle se durcir, chaque muscles se contracter, Gabrielle ôte son visage de la gorge tendre où il était enfouit pour comprendre ce qui a créé cette réaction.

 

_Qu'est-ce qu'il voulait celui là ? Demande la brune circonspect.

_Ton trône. Répond la petite femme en reprenant sa position initiale.

_Tu le connais ?

_Je te raconterais tout plus tard.

 

Xena dépose un baiser sur le front de sa bien aimé, qui se serre encore plus contre elle.

 

_Légendrios, occupe-toi de tout. Ordonne la guerrière en se levant avec la petite femme.

_Bien majesté.

 

L'officier regarde les deux amantes, qui ne se lâchent pas, se diriger vers l'intérieur du palais, soulagé de revoir

la Conquérante

et heureux de revoir la princesse s'adoucir à nouveau.

Le cœur gonflé de joie, il s'apprête à donner l'ordre de nettoyer les traces du carnages qui vient d'avoir lieu.

 

Lors de la bataille, il n'y a eut aucune pitié, la totalité des troupes ennemis sont au sol, dans une marre de sang, le mélangeant à celui des guerriers Athéniens tombés, méconnaissable, défigurés par la peur ou par la chair exposée au soleil, certains devenu de simple lambeaux de viandes.

 

Les deux amantes enfin réunis, perdus dans les yeux de l'autre, sont sortie de leur contemplation par une présence qui arrive face à elles.

 

_Majesté ! S'exclame Hélène stupéfaite.

La vieille femme, étonnée de voir la brune en parfaite santé devant elle, ne reçoit pour seule réponse qu’un large sourire.

_Excuse-moi Hélène, mais je te raconterais plus tard. Fait la blonde, désirant juste profiter de la présence de la femme aux cheveux de jais.

_Bien sur, je comprends.

 

Suite à ces quelques mots, Hélène regarde la barde guider sa moitié vers leurs appartements, le cœur remplit de bonheur en voyant son amie souriante et la crainte en pensant à la révélation qui va avoir lieu à un moment ou à un autre.

 

"Pourvu que Xena accepte cet enfant." pense tristement Hélène en quittant le lieu.

 

Dans le couloir, les deux amantes sont à nouveau interrompues.

 

_Oh mon dieu ! S'exclame une domestique en les voyant.

_Les louanges plus tard, les explications plus tard, pour l'instant fait préparer un bain. Ordonne Gabrielle en entrant dans leur chambre.

 

A peine la porte refermée, Xena prend son ange dans ses bras, ses lèvres se posent sur celles de sa moitié.

 

_Un bain ?

_Oui, tu en as bien besoin.

_Ca veux dire que je pus ? Questionne la brune avec un sourire.

_Disons que ça se sent que tu n'en as pas pris depuis un moment. Répond Gabrielle en souriant.

_Tu viens le prendre avec moi ?

 

Suite à cette question, la guerrière embrasse la blonde qui se trouve dans ses bras, tout en commençant à glisser ses mains sur ces hanches, avec l'intention de passer sous les vêtements, désireuse de caresser la peau douce qu'elle sait y trouver.

 

_Non. Dit la blonde en repoussant Xena, se retrouvant hors de portée des mains qui la font frissonner.

_Qu'est-ce qu'il y a ? Demande la guerrière en s'approchant pour reprendre sa position.

_Xena arrête, il faut qu'on parle. Explique la blonde en lui tournant le dos.

_Je t'écoute.

 

La crainte naît en son sein alors qu'elle ne reçoit aucune réponse.

 

_C'est si grave que tu as peur de me parler ?

_Je n'ai pas peur de te parler, j'ai peur de ta réaction.

_Gabrielle tu sais que je t'aime, j'accepterais n'importe quoi pour toi, mais là tu me fais peur. Parle-moi.

 

La barde se retourne pour croiser un regard emplit d'inquiétude, son esprit lui dicte que Xena le saura, elle comprendra dès qu'elle verra son ventre gonflé par la présence de l'être qui grandi.

Son abdomen contraste avec son corps amaigri par le manque d'appétit des derniers mois.

Le courage au cœur, la crainte dans les yeux, partagé entre la peur que Xena l'abandonne et l'espoir qu'elle reste au près d'elle, elle décide que lui dire tout de suite est la meilleur solution.

 

_Xena, je suis enceinte.

 

 

Gabrielle sent l'inquiétude monter, l'incertitude devant le manque de réaction de la brune.

L'air est pesant dans la pièce, le temps s'est figé, suite à cette révélation, prêt à voler en éclat d'un moment à un autre.

 

La réalité reprend sa place, l'impression de chute dans le vide s'estompe, la guerrière se remet du coup qu'elle vient de recevoir, le pire qu'elle ait jamais reçu, son esprit enregistre la déclaration qui viens d'être faite, son cœur se brise sous le poids de la tristesse qui gonfle, se battant avec la rage grandissante.

 

La peine et la douleur visible dans les yeux verts, l'empêche de réfléchir.

 

_Gabrielle.

 

A ce simple mot, prononcé avec regret et compassion, la conteuse ne peut retenir plus longtemps ces larmes qui la brûlent, alors que le désespoir qui l'étranglait est relâché.

La blonde cache son visage dans ses mains, soulagé de ne voir ni colère, ni mépris dans les yeux océan.

 

Les sanglots qui brisent le silence, déchirent l'âme de la guerrière qui s'avance afin de prendre son ange dans ses bras.

Son esprit torturé accepte brutalement cette vérité, elle tombe à genoux, berçant tendrement sa femme, l'espoir que les paroles de ce chien galeux soit fausse s'effondre.

Le doute qui l'habitait se dissipe. Il n'a pas menti, il n'a pas cherché à lui faire du mal, ce porc pouilleux à souillé la femme qu'elle aime de la façon la plus atroce qu'il soit.

Il a pris par la force l'intimité du corps de la jeune femme, il a transformé un moment d'amour et de douceur pur qui n'appartenait qu'à elles deux, en un acte de violence et de bestialité.

 

Xena serre la blonde en larme, tremblante blotti dans ses bras, encore plus fort désirant l'aider, la soulager, sans savoir comment.

La douleur dans sa poitrine libère ces larmes, à l'idée que sa barde a dût sentir ses mains brutales sur son corps, le déchirement violent et insoutenable provoqué par cet être immonde qui à forcé son innocence pour y trouver son plaisir.

 

La souffrance qui a envahit la guerrière augmente lorsqu'elle réalise que son âme sœur n'oubliera jamais, c'est enfant conçu dans un acte de sauvagerie sera là pour le lui rappeler.

La mort qu'elle a donné à ce monstre était trop douce.

 

Les deux petits bras qui l'entour se resserrent, ce qui l'a sort de ses pensées troubles.

 

_Gabrielle, je suis désolé de ne pas avoir été là pour toi. Explique-t-elle tristement.

_Tu va me quitter ? Demande la barde avec crainte.

_Jamais. Jamais je ne te laisserais.

 

Gabrielle qui n'a aucune envie de parler laisse librement couler ses larmes, absorbant la chaleur du corps musclé, écoutant les battements sous son oreille.

 

Dans le silence uniquement rompu par les sanglots, le bruit distinct de la porte qui s'ouvre attire l'attention de la brune. Cette dernière ne se donne pas la peine de se retourner, autant pour ne pas déranger la petite femme blottie contre elle, que pour ne pas montrer ses larmes.

 

_Majesté, je suis ravie de vous revoir. Fait Kara souriante.

_Vas t-en, attend qu'on ait besoin de tes services. Ordonne la brune.

_Il y a un problème ?

_Va t-en. Crie Xena

La domestique s'exécute en silence.

 

Le soleil disparaît à l'horizon ne diffusant qu'une lueur rosée, happée par les ombres de la nuit, quand Gabrielle cesse de pleurer, apaisée par la présence réconfortante et protectrice.

Aucune des deux n'a bougé durant les heures qui viennent de s'écouler, pendant que la princesse laissait échapper sa douleur, sa tristesse, ses craintes.

 

Une voix rendue rauque par les pleurs, sort Xena de ses pensées moroses.

 

_Xena, tu m'aimes toujours ?

_Rien ni personne, pas même les dieux ne pourront m'empêcher de t'aimer. Répond la brune en déposant un baiser sur les cheveux d'or.

_Merci.

_Pourquoi ?

_D'être revenu, d'être là, c'était si dur d'être seule.

_Je t'aime, et je serais toujours là pour toi.

 

A ces termes, la blonde se blotti encore plus contre son amante.

 

_Gabrielle, tu veux parler de ce qui s'est passé ? Demande-t-elle certaine d'obtenir un refus.

_Non, pas maintenant. Je veux juste profiter de ta présence.

_Dans ce cas, il vaudrait mieux que j'aille prendre un bain, je ne voudrais pas que tu es un malaise à cause des effluves que je dégage.

 

La brune est satisfaite lorsqu'elle sent le souffle chaud sur sa gorge, signe que sa tentative d'humour à fait sourire sa femme.

 

_Tu viens avec moi ? Un bain chaud te détendra.

_Non, vas-y, j'en prendrais un après.

_Bon, je te fais préparer un bain, moi pendant ce temps je vais te chercher à manger. En plus, il faut que je parle à Légendrios. Propose Xena en lui caressant la tête.

_Tu reviens vite ? Demande la blonde en levant la tête pour croiser deux opales bleues.

_Promis. Répond-t-elle en se levant, sa femme dans ses bras.

 

Tandis qu'elle lâche les jambes de sa bien aimé afin qu'elle puisse se tenir debout, ce visage triste lui donne une envie soudaine, sentir à nouveau ces lèvres qu'elle sait douce. Elle se penche lentement vers l'objet de ses désirs avec la peur d'un refus, mais est accueilli par un baiser tendre et chaste qui emballe son cœur.

 

Suite à ce moment de bonheur intense qui l'a fait frissonner, elle se dirige vers la porte avant de l'ouvrir.

 

Kara qui en a marre d'attendre le bon plaisir de sa souveraine, est surprit par une voix froide.

 

_Prépare un bain pour la princesse.

__Majesté, je voulais vous dire que je suis ravie de vous voir de retour. Sourit la domestique.

 

Xena n'a pas le temps de répondre, Gabrielle qui s'était approchée de son amante, rétorque avant elle.

 

_On ne t'a pas demandée ton avis, tu es juste là pour faire ce que l'on te demande.

_Bien majesté. Fait la servante en perdant son sourire.

 

Sur le ton dur avec lequel cette phrase à été prononcé, Xena porte un regard circonspect sur la jeune femme, tandis que la servante s'éloigne.

 

_Qu'est-ce qu'il y a ?

_Rien. Je vais te chercher à manger. Propose la brune avec un sourire.

 

Parler à son officier n'a rien d'urgent, c'est juste une excuse pour s'éloigner de sa femme.

Son cœur déchiré par la souffrance et pénétré par la rage qui monte sans trouver de limites.

Le désir de rester près de son ange, lui offrir le réconfort et la tendresse dont elle a besoin ne peut être assouvit pour l'instant, la tension, qui la fait trembler est trop forte.

 

Elle ne veut pas laisser exploser sa haine, pas maintenant, surtout pas devant Gabrielle qui a déjà atteint ses limites.

Xena doit faire une chose nouvelle pour elle, nécessaire pour sauver leur couple, pour Gabrielle, pour la première fois de sa vie, elle doit ravaler sa haine.

 

D'une manière ou d'une autre, la guerrière n'a pas le droit de laisser échapper ce sentiment intense qui l'a ronge, qui risque de finir de briser la femme qu'elle aime, de détruire son monde devenu de cristal.

Ces cris qui résonnent au plus profond de son être, cherchant leur libération, ajoute encore à sa souffrance.

 

La brune perdu en elle est troublée par la réaction de son ange envers la domestique, arrive aux cuisines sous les regards ébahit des personnes présente. Sans leur porter la moindre attention, elle ordonne sur un ton froid, qu'un repas soit apporté dans ses appartements, avant de repartir avec une carafe de vin.

 

Pendant que Xena arpente son immense demeure, espérant réussir à se calmer avant de retourner vers sa femme, dans le palais, le bruit de son retour se repend comme une traînée de poudre.

 

Chapitre 11

 

Après une longue nuit où le sommeil, peu présent, était peuplé de songe à l'image des pensées perturbées des deux femmes, Xena avait attendu le réveil de la blonde blotti contre elle, comme si sa vie en dépendait, pour se lever.

 

Son besoin d'évacuer la rage qui la dévore, devenant trop fort, la femme aux cheveux de jais avait prétexté l'utilité de vérifier l'état de ses troupes et par la même occasion se défouler.

 

Gabrielle n'a pas réfuté ces propos, ce qui à conduit la guerrière à engager un combat sans arme pour elle ni pitié contre ses hommes.

 

Les soldats, pourtant très entraînés et armés, tombent les uns après les autres, aucun n'arrivant à esquiver ni s'approcher suffisamment pour toucher la brune au regard emplit de haine.

 

Tout ses sens en éveil, chaque muscle bandé, elle frappe avec toute la colère qui l'habite, sans jamais perdre la grâce féline qui la caractérise.

En sueur, au milieu des hommes gémissants ou inconscient, elle se retourne quand une voix la surprend, se demandant comment quelqu'un à put arriver sans qu'elle l'entende.

 

_Besoin d'un adversaire à votre niveau majesté? Demande Légendrios en s'approchant.

_Tu lis dans mes pensées.

 

L'officier lance une épée à sa chef, puis sort la sienne.

Bien qu'il soit le meilleur guerrier parmi les troupes de

la Conquérante

, raison pour laquelle il est lieutenant, dés le début de ce combat il est en position de faiblesse.

Il se doute que quelque chose ne va pas, la violence des coups portés est incroyable, elle est telle qu'il se voit contraint de reculer.

Les seules fois où il l'a vue la brune se battre ainsi, était lorsqu'elle laissait ses démons prendre le contrôle de son être.

Le lieutenant avait remarqué cela très tôt après son arrivée, mais n'en a jamais soufflé mot.

 

_Evitez d'envoyer tout vos hommes chez le guérisseur.

_Tu parles pour toi ?

_Non, je pense que ça ferait beaucoup de travail pour ce vieillard.

_Je m'en fiche.

 

Suite à cet échange, le soldat lève son épée afin de parer le coup, mais la puissance de ce dernier lui envoie des vibrations douloureuses dans les doigts, le forçant à lâcher son arme.

 

Dans un cri rauque et sauvage, Xena lui administre un coup de pied au thorax qui l'envoie au sol, sans même qu'il ait le temps de comprendre ce qui se passe.

 

Après avoir reprit ses esprits, il regarde la guerrière qui lui tend la main, le souffle court suite au choc, et accepte l'aide proposée.

 

_Raconte moi ce qui s'est passé durant mon absence.

_Eh bien, la princesse à gouverné à votre place, et vous a fait rechercher sans relâche.

_C'est tout ? Demande la brune en entrant dans le palais.

_C'est la princesse la conteuse, elle vous racontera bien mieux que moi.

 

Le gradé est certain que dire à

la Conquérante

ce qu'a fait Gabrielle la blessera et en même temps, sûr que la blonde est la mieux placée pour expliquer ses actes dont jamais, il ne l'aurait cru capable.

 

_Majesté, sauf le respect que je vous dois, qu'est-ce qui se passe ? Vous avez l'air énervé et perdu.

La guerrière qui se sent légèrement soulagée, soupir en regardant le sol.

_Gabrielle est enceinte, elle me l'a annoncé hier soir.

 

Estomaqué, l'officier met quelques minutes avant de pouvoir parler.

 

_Et qu'est-ce qu'elle... Qu'est-ce que vous allez faire ?

_On n'en a pas encore parlé.

_Allez-si.

_Quoi?

_Ce qui c'est passé ces derniers mois vous ont blessé les deux, il faut que vous parliez, plus vous attendrez, plus ce sera dur et plus vous aurez mal. Alors allez la trouver, écoutez la et parlez lui, avant que tout ceci ne vous étouffent.

 

Après cette tirade, l'officier pars, la guerrière est déjà perturbée, il n'a aucune envie de lui montrer la peine et la colère qui coule dans ses veines.

 

Il a raison, Xena le sait. Anxieuse, elle se décide à aller trouver sa barde.

 

 

Le soleil arrive à son zénith lorsque les deux femmes aux cœurs brisés par les révélations de l'autre laisse échapper leurs larmes.

 

_Gabrielle, toi qui est si pur et douce, comment as-tu pu faire cela ?

_Tu pense que je suis un monstre ? Demande la blonde en sanglot.

_Non. Jamais, je ne penserais ça de toi. J'ai du mal à croire que tu aies fait torturer des hommes.

_J'étais en colère, j'avais mal, j'étais seule, tout ce que je voulais c'était te retrouver. C'était comme si faire mal aux autres, calmait ma souffrance. J'ai trouvé du plaisir à faire tuer celui qui t'a éloigné de moi et tu ne pense pas que je suis un monstre ?

_Non. Pour moi, tu es et sera toujours la conteuse, qui en me sauvant d'une mort certaine, m'a appris que la violence ne résout pas tout, en me montrant ce qu'est la douceur, la bonté et l'amour.

 

Gabrielle baisse la tête et la pose sur la poitrine accueillante, soupir tristement, ses épaules s'affaissent tandis que la tension qui la tenait disparaît, elle serre sa femme par la taille.

 

_J'avais peur que tu sois écœurée par ce que j'ai fait, ce que je suis, peur que tu me quittes.

_Jamais. Jamais je ne pourrais te quitter. Explique la brune posant un baiser sur les cheveux d'or.

 

Elle reste un moment ainsi, enlacées, leurs deux cœurs déchirés battant à l'unisson, chacune souffrant des blessures de l'autre.

 

_Gabrielle, je voudrais te poser une question.

_A propos du bébé.

_Oui, qu'est-ce que... Qu'est-ce que tu compte faire quand il sera né ? Demande la brune avec crainte.

_Le faire élever par une famille loin d'ici.

_Tu es sûr de ton choix ? Je veux dire tu pourrais aussi l'élever toi-même.

_Je ne suis pas certaine de pouvoir lui donner ce dont il aura besoin, et encore moins de pouvoir l'aimer, ni même de t'imposer sa présence.

_Gabrielle, il faudra du temps pour guérir ton âme blessée, tu n'oublieras jamais ce qui t'est arrivé, mais avec le temps, ses souvenirs vont s'estomper, tu apprendra à vivre avec, et sache que si tu désir le garder, tu aura mon aide et mon soutien.

_Mais Xena c'est... Commence la blonde en levant la tête.

_Il a été conçu d'un viol mais ce n'est pas seulement le fruit de la haine, il est aussi ton sang et ta chair, une partie de toi, rien que pour cela, si tu le veux, je ferais de cet enfant mon héritier.

_Et si je ne peux pas l'aimer.

_Tu le pourras Gabrielle, tu es trop pur pour haïr un être innocent.

 

Une simple promesse, pleine de douceur et de confiance qui rempli le cœur de la blonde de bonheur.

Le soulagement de savoir sa femme, son âme sœur toujours au près d'elle accroît cette joie. Poussée par ce sentiment, elle se laisse flotter dans le bien être qui lui a tant manqué, blotti contre le grand corps chaud et musclé, sachant que là est sa place, rien ni personne ne pourra l'en éloigner car c'est le seul endroit où elle pourra soigner ses blessures.

 

 

Cela fait maintenant deux lunes que les deux amantes sont réunis, le peuple est soulagé de voir leur princesse presque redevenu celle qu'elle était et tous se demande qui peut être le père de l'enfant qu'elle porte, certain assurant que c'est un cadeau des dieux.

Tout est à nouveau normal, la paix règne sur les terres de

la Conquérante

et ce soir là, la liesse est dans le palais.

 

Une fête somptueuse à été organisé, même la famille de Gabrielle a accepté de venir.

Seul son père ne paraît pas heureux au milieu de la joie qui galvanise les invités, l'alcool et la nourriture coulant à flot.

 

Gabrielle et sa sœur reviennent après s'être éclipsées afin de parler tranquillement.

 

_Gabrielle, tu ne devrais pas boire d'alcool.

_Je sait, Xena me le répète assez.

_Et comment a-t-elle pris ta grossesse quand tu le lui as annoncée ?

_Bien, contrairement à ce que je craignais. Elle était plus triste de ce qui m'est arrivée, j'aurais plutôt cru qu'elle allait me chasser.

_C'est toi qui l'a changé.

_Il y a autre chose, un changement qui a commencé à opéré lorsqu'elle a ressuscité, et depuis notre séparation, ce changement est encore plus flagrant.

_Tu crois que ça viens de quoi ?

_Je sais pas, Xena m'a parlé d'une fille en Egypte, d'une grande sagesse, avec qui elle parlait durant des heures, c'est peut-être elle qui a permit ce bouleversement. Il faudra que l'on en parle elle et moi. Sinon, je suis triste de la réaction de papa. Fait la barde désirant changer de sujet.

_Ne t'inquiète pas, il finira bien par accepter ce bébé.

 

Tandis qu'elles pénètrent dans l'immense pièce bondée, des paroles attirent l'attention de la princesse.

 

_Je doute que l'on découvre un jour qui a administré de l'humulus à

la Conquérante. Déclare

Kara.

_En tout cas...

 

La jeune domestique qui attend patiemment que l'on ait besoin de ses services, ne finit pas sa phrase en voyant la princesse s'approcher d'elle et Kara.

 

_Kara, comment sait-tu que Xena a été droguée avec de l'humulus ?

_J'ai entendu des soldats en parler majesté. Explique-t-elle en fixant le sol, mal à l'aise.

_Garde. Appelle la blonde.

 

L'homme en question fait les quelques pas qui le sépare de la princesse avant de se signer, tandis que le silence se fait, lentement, tout les regards se pose sur la scène qui se joue.

 

_C'est toi qui a empoisonné Xena. Fait Gabrielle dont les traits se tirent sous la colère.

_Non, non... je...

_Personne n'a jamais su jusqu'à maintenant quelle drogue Xena avait ingéré.

 

En parlant, la conteuse prend l'épée du garde, sans que ce dernier ai eu le temps de réagir, puis la lève sur la gorge de la servante tétanisée.

La mâchoire serrée elle s'apprête à lui trancher la tête.

 

_Gabrielle non !

 

La supplication remplit de peur prononcé par cette voix qu'elle aime semble adoucir le feu qui brûle en elle.

 

_Ne fait pas ça. Demande Xena en s'approchant.

_Cette garce t'a empoisonné.

_Elle mourra pour ça, mais pas de ta main, s'il te plaît. Fait la brune en prenant l'arme.

 

Devant cette scène irréaliste, tous retiennent leurs souffles, certain étonné de voir la blonde prête à tuer, d'autre n'osant pas le faire comme si le moindre mouvement briserait le temps qui c'est figé.

 

_Je peux vous dire qui a commandité tout ça, je sais leurs noms, je vous dirais tout. Propose la femme terrifiée.

_Emmenez-la aux cachots. Ordonne la blonde.

_Non ! Attendez, je vous dirais tout ce que je sais ! Supplie-t-elle.

_Le châtiment pour trahison est la mort, tu vas aller rejoindre tes petits camarades en enfer. Dit la guerrière en posant une main sur l'épaule de sa femme.

 

La traîtresse est traînée vers l'endroit où elle va attendre la fin de sa triste vie, quand une personne dans l'assemblée se décide à bouger, se dirigeant vers les deux amantes.

 

_Tout cela est de votre faute ! Vous avez changé ma fille, si elle ne vous avait pas rencontré elle n'aurait jamais songé à donner la mort, elle n'aurait pas souffert, elle ne serait pas enceinte. Crache l'homme avec colère et dégoût.

_Non. Je n'ai pas souffert à cause de Xena mais pour elle, et je tuerais quiconque lui feras du mal pour protéger ce rêve de bonheur qu'elle a rendu réel pour moi. Que tu l'acceptes ou non, ma vie est au près de Xena, elle me rend heureuse au-delà de toutes mes espérances et si cet enfant ne doit pas avoir de grand-père ce n'est pas moi que cela dérangera.

 

Devant la détermination de sa fille, le vieil homme se rend soudain compte qu'elle n'est plus une enfant mais une femme mûre, il sent le poids des années s'abattre sur ces épaules.

 

_Si ce que tu veux est cette femme et cet enfant, je ne peux pas aller contre ta volonté.

 

Sur ces mots, le père de la princesse quitte les lieux.

Lila pose une main sur l'épaule de sa sœur.

 

_Ne t'en fait pas, il lui faut un peu de temps pour accepter tout ça, mais il y arrivera.

_Je l'espère. Répond la blonde en prenant sa femme par la taille, tandis que tous reprennent leurs activités.

 

Xena est traînée dans la foule pas son amante, elle se rend compte qu'elle n'est plus la même, son ange a connu la haine.

 

Le temps s'est écoulé, inexorable, imperturbable, apportant le futur et faisant du présent le passé.

Chaque jour est identique et pourtant différent, amenant douceur et soulagement pour la princesse mais aussi un poids douloureux.

Une impression de vide à laquelle elle ne peut échapper. Un feu lancinant qui a remplacé quelque chose en elle sans qu'elle sache quoi, une noirceur au plus profond de son âme sans que, ni la présence de l'être aimé ni celle de son amie qui l'a pris sous son aile dès son arrivée à Athènes, ne puissent rien y changer.

 

La Conquérante

ressent une impression de solitude, une souffrance à laquelle un seul choix se propose, mais qu'elle refuse, avoir mal ou demander à la blonde de lui donner ce qu'elle n'est peut-être pas prête à lui offrir.

Accepter le choix de la conteuse, celui de refuser le plaisir qu'elle peut lui donner, celui de ne pas être vue nue, son désir de ne pas être touchée, accepter ceci est la seule solution que trouve la guerrière.

La brune lui donne ce qu'elle veut, son épaule pour dormir, même si la chaleur du petit corps contre le sien lui fait mal.

 

Même si elles n'en parlent pas, la conteuse est parfaitement consciente de la douleur qu'elle provoque, mais sa peur est plus grande que son envie de la rendre heureuse, sans qu'elle comprenne comment elle peut douter de son âme sœur.

 

La peur d'avoir mal, de ne pas pouvoir atteindre le paroxysme à cause de souvenirs encore trop présent qui trouble son sommeil, la peur de blesser son amante.

 

La seule différence entre avant cette nuit de pleine lune où les cris d'un bébé ont résonné dans le palais et maintenant, est qu'elle est soulagée de ne plus sentir cette âme en elle.

 

Ce soir, lorsque la blonde entre dans la pièce adjacent sa chambre où elle est certaine de trouver sa femme, et qu'elle la voit, baigné par les lueurs du ciel étoilé, berçant doucement l'enfant dans ses bras, Gabrielle sent un pincement dans sa poitrine, le paradis existe et elle l'a trouvé.

La conteuse s'approche, lentement et sans bruit, elle prend la brune par la taille, échangeant un sourire avec cette dernière.

 

_Gabrielle ça te dirais qu'on aille passer quelques jours en Egypte ?

_Maintenant ?

_Non. Enfin, quand tu le voudras.

_Tu veux aller revoir ton égyptienne ? La taquine-t-elle.

_C'est juste que... C'est un monde et une culture différente, je voudrais que tu vois de tes propres yeux ces paysages somptueux.

_Ca me ferait très plaisir.

 

Pour seule réponse, Xena lui sourit.

 

_Et cette fille, elle est à l'image de son pays ?

_Elle ne t'arrive pas à la cheville.

_Au fait, tu ne m'as jamais dis son nom.

_Hathor.

_C'est impossible.

_Ah non ? Et pourquoi ?

_Hathor est leur déesse de l'amour, elle est crainte et respectée, aucun égyptien ne donnerait ce nom à son enfant.

 

Ses mots surprennent la guerrière, elle est certaine d'avoir comprit le nom de la jeune fille, mais l'explication de la blonde mêlée aux paroles du prince sur le fait que personne ne l'avait vu sème le doute dans son esprit.

Ses pensées se bousculent, inconsciemment, elle regarde le ciel pour voir passer une étoile filante.

 

_Xena, ça va ? Demande Gabrielle la ramenant à la réalité.

_Oui. Oui ça va. Répond la brune en souriant.

 

Xena se retourne pour faire face à la petite blonde.

 

_Tu crois que parfois les dieux peuvent nous apparaître ?

_Oui, quand ils le veulent pour certaines raisons. Pourquoi ? Propose la conteuse.

_Comme ça. Fait la brune en se retournant.

 

Lorsque Gabrielle voit la brune coucher l'enfant endormi, un déclic se fait dans son esprit.

Xena ne lui fera jamais de mal, la violence dont elle est capable n'a d'égale que sa douceur et sa tendresse, même si elle est la seule à le savoir.

Comment a-t-elle put douter de sa femme ? Douter qu'elle soit douce, attentionnée et compréhensive.

Douter de cette personne qui arrive à la sortir de ses cauchemars en lui susurrant des mots tendre à l'oreille.

 

Ses craintes diminuent remplacé par la confiance et l'amour qui semble remonter du plus profond de son être.

 

Tandis que les deux femmes se dirigent vers leur chambre, une évidence soudaine envahit son esprit, Xena n'est pas un monstre, elle l'a découvert il y a longtemps maintenant. Elle n'était qu'une âme torturée. Elle ne la blessera pas, elle prendra tout le temps nécessaire pour lui montrer à nouveau, le plaisir que des caresses peuvent procurer.

 

_Gabrielle ?

_Je réfléchissais.

_A quoi ?

_J'ai douté, mais quand j'ai posé pour la première fois le regard sur ce petit être, je me suis rendu compte que tu avais raison, je ne peux pas le détester.

_J'ai souvent raison. Ironise la guerrière en fermant la porte.

_Mais tu crois qu'un jour je pourrais l'aimer comme ce qu'il est, mon enfant ?

_J'en suis sûr Gabrielle. J'en suis sûr.

 

La blonde se sent obligée de changer de sujet devant l'air soudain triste de la brune.

 

_A chaque fois que je le regarde, je suis étonné de voir à quel point il te ressemble.

_Et c'est un problème ? Demande la brune sur le ton de la plaisanterie.

_Au contraire, cet enfant à de la chance d'avoir tes yeux.

 

Devant le sourire de la conteuse, Xena se sent littéralement fondre, son cœur se serre à la vue de ce regard vert émeraude qui se perd dans l'océan azur de ses yeux.

 

_J'ai de la chance de t'avoir pour femme et ton enfant de t'avoir pour mère.

 

Suite à ces mots, la blonde prend la main de son âme sœur, puis lentement l'attire vers leur immense lit couvert de soie.

Non dans le but de lui donner ce qu'elle est en droit d'exiger, mais pour lui montrer l'amour qu'elle lui porte et sentir celui que sa compagne ressent pour elle.

 

_Notre enfant Xena, notre fils.

 

Tandis qu'un enfant dort paisiblement et que deux âmes sœurs se redécouvrent, cicatrisant leurs blessures mutuelles, deux déesses, représentantes de l'amour dans deux pays différents, sourient, voyant comme une lumière irradiante ce sentiment puissant que tous recherchent qui émane des deux amantes, pour lesquelles, à un moment ou à un autre, elles ont influencé le destin pour les réunir.

 

FIN

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Amour et Haine, partie 2, chapitre 1 à 7

 

PARTIE 2:

 

 

Chapitre 1:

 

Depuis que Xena a reprit son trône après la mort de César et sa résurrection, énormément de choses ont changé,

la Conquérante

elle-même a changé.

Les habitants des pays frontaliers aux terres de la brune ne vivent plus avec la crainte de se faire transformer en charpie pour satisfaire ses envies de grandeur. Son peuple n'est plus obligé de lui obéir sous peine de torture, ses soldats et ses domestiques ne craignent plus la mort au gré de ses humeurs.

Tout ceux qui ont vécu sous le règne de

la Destructrice

des Nations, sont certain que ces changements sont dû à la blonde aux yeux pers, qui est devenu princesse lors de la cérémonie d'union qui l'a uni à la guerrière, un quart de lune plus tôt, et tous la remercie en silence.

 

Légendrios, lui est reconnaissant d'illuminer le visage de la brune, d'avoir fait fondre la prison de glace dans laquelle son âme était murée.

Elle semble même rendre le palais accueillant par sa simple présence, songe le gradé en arrivant à la porte de la chambre des deux femmes.

Avant même qu'il ait eu le temps de frapper, une voix ce fait entendre.

 

_Laisse-nous Légendrios.

 

Xena sourit en entendant son lieutenant repartir sans un mot.

 

_Comment tu sais que c'était lui ? Demande la petite blonde blottie dans les bras puissants de la femme qu'elle aime, sans se donner la peine d'ouvrir les yeux.

_Je connais son pas. Je t'ai réveillée ?

_Non, je le suis depuis un moment.

 

Alors que la jeune blonde se serre encore plus contre son amante, cette dernière lui dépose un baiser sur le front, caressant doucement la peau nue et douce de son dos.

 

_Tu devrais aller voir ce qu'il veut, c'est peut-être important.

_Rien n'est plus important que toi.

_Je t'aime. Lâche Gabrielle en déposant un baiser sur la gorge de la guerrière.

_Ah oui ?

_Oui. Et tu sais pourquoi ?

_Non.

_Parce que tu es très confortable, une excellente source de chaleur et un parfait doudou.

_Si je dis à quiconque que tu as traité

la Destructrice

des Nations de doudou, on ne me croira pas ou on te prendra pour une folle.

_C'est parce qu'ils ne te connaissent pas comme moi je te connais. Et de toute façon je ne veux pas que quelqu'un d'autre que moi profite de la douceur et la tendresse dont tu es capable. Rétorque la blonde avec un sourire, caressant lentement l'abdomen de Xena.

La guerrière sourit à ces propos, étirant ses muscles.

_Bon, je vais aller voir ce qu'il voulait.

_Tu as bien dit que rien n'est plus important que moi ?

 

A ces mots, la conteuse ouvre les yeux, puis s'allonge de tout son long sur le corps musclé de sa femme, les mains de chaque côté de la tête brune.

_Oui. Répond la guerrière troublée par les baisers qui couvrent sa clavicule.

_Alors occupe-toi de moi.

 

Sentant un feu irradiant au creux de ses reins, Xena caresse le dos de la blonde avant de la retourner sur le dos, elle recouvre le corps élancé de sa compagne avec le sien, ses doigts et ses lèvres parcourent la peau satinée de la femme qui lui a donnée la paix intérieur.

 

_Tes désirs sont des ordres.

 

Gabrielle sourit à ces mots, mêlant ses mains aux cheveux de jais, désirant les lèvres douces de cette femme qui a donnée un sens à son existence.

 

Après un long moment langoureux et sensuel, emplit de tendresse et de douceur les menant indubitablement à une explosion de pur plaisir issu d'un désir provoqué par la puissance de leurs sentiments, Xena réussit à s'extirper de l'immense lit couvert de soie.

Suite à un bain nécessaire pour ôter la sueur collée à sa peau, la guerrière rejoint son lieutenant qui, d'après un garde, se trouve sur le terrain d'entraînement.

 

A son arrivée, tous les combats cessent, le gradé s'approche d'elle.

 

_Majesté.

_Alors, que me voulais-tu ? Et qui sont ces hommes ?

_C'est justement d'eux que je voulais vous parler. Ils se sont présentés ce matin, prétendant vouloir intégrer vos troupes.

_Comment ils se défendent ?

_Très bien.

 

Elle tend la main au gradé, ce dernier lui donne son épée, puis elle s'approche des hommes qui attendent sans oser la regarder.

 

_Alors, montrez-moi de quoi vous êtes capable.

 

Les guerriers se ruent sur la brune, sans réussir ne serait-ce qu'à la déstabiliser.

Elle attaque et esquive avec une grâce féline, une agilité et une souplesse ahurissante.

Une fois tous les hommes gémissant au sol, la guerrière rend son épée au lieutenant.

 

_Occupe-toi d'eux. Dit-elle à son officier.

 

Quand elle se battait, Xena repensait à la réception somptueuse qui avait suivit leurs union, ce qui venait de lui donner une idée, qui a pour unique but de faire plaisir à sa princesse.

Les hommes commencent à se relever, tandis qu'elle prend la direction du palais pour parler à la conteuse de son idée.

 

Chapitre 2

 

Pendant que

la Conquérante

s'amusait avec ces pauvres bougres, Gabrielle se dirigeait vers la salle de réception où une visite l'attendait.

 

_Héléne ! Je suis contente de te voir. Fait la blonde avec un sourire.

A ces mots, la vieille femme se retourne pour voir sa jeune amie entrer dans la pièce.

_Comment vas-tu Gabrielle ?

_Je ne pourrais pas aller mieux.

_Je n'en doute pas vu l'air épanouit que tu arbores.

_Si tu savais, il suffit que je lève le petit doigt et j'obtiens tout ce que je veux. Et Xena est si attentionnée, elle trouve toujours un moyen de me surprendre. Parfois, j'ai l'impression que tout ce à quoi elle pense, c'est de me faire plaisir. Depuis que je suis avec elle, je ressens un bien-être permanent, comme si elle remplissait un vide en moi.

 

Gabrielle sourit, le regard pétillant comme Hélène ne l'avait jamais vue, cette dernière la regarde soudainement triste.

 

_Gabrielle, tes parents ne sont pas venus à votre union parce que ça les dérange, n'est-ce pas ?

La blonde perd son sourire, puis baisse la tête.

_C'est ça. Lila m'a expliqué qu'ils ne comprennent pas que je puisse aimer une femme et encore moins Xena. Mais je suis sûr qu'ils changeront d'avis sur elle quand ils se rendront compte qu'elle a changé.

_Je l'espère pour toi. Mais dis-moi une chose Gabrielle, tu sais de quoi Xena est capable, je veux dire avant, tu n'as pas peur qu'un événement viennes tout bousculer ?

_De quoi tu parles ? Demande la barde intriguée.

_Que pour une raison ou une autre, son côté sombre reprenne le dessus.

_Au début oui, mais avec le temps, j'ai remarqué que depuis qu'elle est revenu à la vie, quelque chose à changé. Elle n'a plus d'accès de colère, elle réussit même à pardonner. Comme si elle avait connu une horreur et une souffrance pire que ces propres ténèbres, d'une puissance telle que ces démons en ont été sublimé.

_Qu'est-ce qui te faire dire ça ?

_Etrangement, quand elle m'a avoué qu'elle ne ressentait plus le chaos qui régnait en elle, c'est comme si j'avais ressenti ses sentiments, le calme qui l'habite, mais aussi un trouble, un peu comme une ombre au loin. Tu dois me prendre pour une folle. Sourit la conteuse.

_Non, Pas du tout.

 

C'est ce moment là que choisit la guerrière pour arriver.

A sa vue, le regard de la blonde s'illumine.

 

_Je vous dérange ?

_Pas du tout. Répond la barde en tendant la main à son amante.

_Majesté.

_Bonjour Hélène.

 

Alors que la guerrière prend sa jeune femme par la taille, une voix grave se fait entendre.

_Majesté, les émissaires de Chine sont arrivés pour signer le traité de paix. Explique un garde.

_J'arrive.

Xena embrasse la blonde avant de repartir avec un soupir, déçu de devoir quitter son amante.

 

L'après-midi passa vite pour la blonde et son amie qui le passèrent à discuter. Il parut beaucoup plus long pour la brune, qui pensait à sa conteuse tout en essayant de ne pas montrer sa lassitude à ses invités, jusqu'à ce que ces derniers se retirent, au grand soulagement de la guerrière, qui part immédiatement à la recherche de la conteuse.

 

Gabrielle lisait depuis peu de temps sur un banc d'un des nombreux jardins luxurieux du palais, réchauffé par les derniers rayons de soleil.

Elle lève la tête de son parchemin avant même que

la Conquérante

n'apparaisse sur le perron qui mène à ce lieu.

Dès que la brune eut, dans son champ de vision la barde, un sourire élargit sa bouche, ce sourire ne la quitte pas tandis qu'elle va s'asseoir à côté de la conteuse, avant de l'embrasser.

 

_Tu a signé le traité ?

_Oui.

_Bien, alors si nous allions nous préparer pour la réception de ce soir, en leur honneur.

_Gabrielle...

_Tu ne compte pas y aller avec tes cuirs ?

Ces mots arrachent un rire à la brune.

_Non, Gabrielle, j'ai pensée que tu aimerais peut-être aller passer quelques jours chez tes parents, puisse qu'ils ne sont pas...

 

La guerrière ne put finir sa phrase, qu'une petite blonde remplit de joie lui saute au cou. Le bonheur de sa femme semble envahir le cœur de Xena, comme un élan d'énergie bien faisant. Alors que des frissons la parcourent au moment où des lèvres chaudes se posent sur les siennes, son esprit perd toutes capacités de réflexion quand une langue douce passe la barrière de ses lèvres.

Une voix douce ramène la brune à la réalité.

_Je peux partir quand ?

_Gabrielle, tu n'es pas obligé de me demander, tu fais ce que tu veux.

_Demain ! Décrète la barde au comble du bonheur.

 

Xena sent son être entier fondre à l'air enfantin de la femme qui, incapable de cacher sa joie, lui prend la main pour l'entraîner vers le palais.

Alors qu'elles se dirigent vers leur chambre, Xena s'arrête à la hauteur d'un garde.

 

_Dit à Kara de venir dans nos appartements. Et envoie aussi Légendrios.

_Bien majesté.

Il sourit discrètement en regardant la princesse riante, traîner

la Conquérante

par la main avant de s'exécuter.

 

Peu de temps après, alors que Gabrielle est collée au mur, bras et jambes croisés autour du corps musclé de la brune, des coups à la porte interrompt leurs baisers.

 

_Oui. Fait la conteuse déçue d'être importunée.

 

La femme entre, rougissante, puis fixe le sol.

_Kara tu peux nous préparer un bain. Demande la blonde, sans même se donner la peine de sortir ses mains de sous les cuirs noirs de la guerrière.

_Bien majesté. Répond la domestique en se dirigeant vers la pièce adjacente.

 

Gabrielle mêle ses doigts aux cheveux de jais, cherchant à nouveau les lèvres de la brune.

Puis, quelques instants après, la guerrière rompt le contact.

La blonde gémit de déception.

_Légendrios arrive. Explique

la Conquérante.

 

Gabrielle lâche sa proie, ses membres tremblent encore des vagues de passion non assouvit qui viennent de déferler à travers tout son corps.

 

Les pas cessent de résonner.

 

_Entre. Permet la guerrière.

 

Alors que le lieutenant ferme la porte derrière lui, la barde va s'asseoir sur le lit.

 

_Vous m'avez fait appeler. Demande le gradé attendris par l'air boudeur de la princesse.

_Oui. Demain j'accompagne Gabrielle chez ses parents, tu t'occuperas de tout jusqu'à mon retour. Et prend toutes les dispositions pour que nous puissions partir le plus tôt possible.

_Bien majesté.

_Tu peux disposer. Ordonne la blonde avec un sourire.

_Oui majesté. Répond le gradé avant de repartir souriant.

Xena la regarde avec un sourcil levé en s'approchant d'elle.

_Il faut bien que mon titre de princesse me serve à quelque chose. Explique la conteuse en attirant la brune à elle.

La guerrière ne peut retenir un rire en voyant l'air triomphant de sa femme.

 

Tard dans la nuit, alors que Xena porte sa femme à leurs chambre après s'être éclipsées de la fête, envahit par un désir incontrôlable, une ombre quitte furtivement le château en direction du centre d'Athènes.

Arrivé à l'auberge, cette personne s'assoit à la table d'un homme.

 

_La chienne et sa garce partent demain, mais j'ignore où elles vont ni pour combien de temps. Ca serait le moment idéal pour lancer l'attaque.

_Bien, très bien. Depuis le temps que nous attendons qu'elles quittent Athènes. Tu t'arranges pour savoir combien de temps elles partent et moi, je les suivrais pour savoir où elles vont et je préviens les autres. Explique l'homme avec un rire sadique.

_Il faut que je retourne au palais avant que quelqu'un ne remarque mon absence.

 

 

Chapitre 3:

 

Après avoir passé la matinée à chevaucher, Xena et Gabrielle arrivent au village natal de la blonde.

Bien que le peuple s'incline sur leur passage, le doute et l'étonnement domine, le dégoût pour certain.

Lorsqu'elles approchent de l'ex-demeure de la conteuse, Lila, dont émane une joie certaine, en sort.

 

A sa vue, la barde descend de cheval et se jette dans les bras de sa sœur sous le regard chaleureux de sa mère et celui froid de son père.

L'air paraît lourd, la tension est palpable tandis que la conteuse reçoit des embrassades et la brune de brèves salutations.

 

_Vous êtes là pour combien de temps ? Demande le père en toisant la guerrière.

_En fait, j'aurais voulu passer quelques jours ici, si tu es d'accord.

 

La barde retient son souffle, la peur d'essuyer un refus lui noue l'estomac, tout les regards se pose sur le géniteur dont le visage n'exprime ni joie ni mépris.

 

_C'est d'accord.

 

Avec un soupir de soulagement, la conteuse se dirige vers la guerrière qui descend de cheval, puis, se blottie dans les bras puissants qui lui offre une sensation de protection.

 

_Quand tu voudras rentrer, envoie-moi une missive et je viens. Explique la guerrière avec un sourire.

 

La conteuse lui rend son sourire avant de se mettre sur la pointe des pieds pour un baiser d'au revoir sous les regards gênés.

Avant de repartir, la guerrière se perd une dernière fois dans les yeux pers, alors que son cœur se serre à l'idée d'être séparé de son ange.

 

Une fois Xena disparut à la vue de la blonde, cette dernière se dirige vers la demeure de ses parents, partagée entre la joie de voir sa famille et la tristesse d'être séparée de la brune.

 

Le soir, le repas se passe comme le reste de la journée, chacune des femmes racontant en détail se qui leurs est arrivé depuis le départ de Gabrielle.

Les rires cessent, l'air devient glacial, la tristesse remplace la joie dans les cœurs lorsque le père se décide à parler, son ton froid cache la douleur qui l'a envahit quand sa fille à fait tout le contraire de ce qu'il espérait.

 

_Qu'est-ce que tu trouves de bien chez ce monstre ?

_Ne l'appel pas comme ça, elle a changée.

_Peut-être, mais elle ne pourra jamais effacer le sang qu'elle a sur les mains. Et Perdicas ? Tu as pensée au mal que tu lui as fait ? C'est un garçon bien, tu aurais mieux fait de l'épouser plutôt que cette...

_Mieux pour toi ? Je suis désolé de l'avoir blessé mais je ne l'aime pas et je ne l'ai jamais aimé. S'énerve Gabrielle.

_Cette vipère ne peut que te faire souffrir.

_Ca suffit ! J'aime Xena, j'aime ma vie avec elle. Elle fait tout pour me rendre heureuse. Tu ne veux pas comprendre que j'ai réalisé mon rêve en devenant barde et que ça m'a apporté l'amour ? Ma vie me plaît ainsi et je n'en changerais pour rien au monde.

 

A ces mots, l'homme se voûte. Le poids des années semble soudain présent sur ces épaules. Il se rend compte que Gabrielle n'est plus la petite fille dont il a gardé le souvenir précieusement, triste de ne pas l'avoir vu grandir et fier de la femme qu'elle est devenue, incapable de prononcer une parole devant le regard déterminé de sa fille.

 

Un silence lourd c'est installé, comme si le moindre son allait faire voler en éclat le calme apparent.

Le seul homme de la famille se lève, lentement, se dirige vers la porte. La seul chose dont il a besoin dans l'instant, c'est être seul pour comprendre les émotions contradictoires qui l'habitent.

 

_Eh bien, si après ça il n'a pas compris. S'exclame la mère de famille estomaqué.

_J'ai adoré comme tu l'as remis à sa place. Fait Lila en riant.

_Lila ! Gronde la vieille femme, alors que Gabrielle se met à rire, elle rajoute. Vous êtes impossible !

 

Bien que la tension avec son père ait disparu, que son séjour soit agréable, rythmé par les travaux journaliers, les rires et les promenades avec sa sœur, la conteuse se languit de la brune aux yeux bleus qui la hante.

 

Alors qu'elle entre dans la demeure de ses parents, la vision de l'homme à qui elle a brisé le cœur des années auparavant, la sorte de ses pensées.

 

_Bonjour Gabrielle. Dit le jeune homme sans la regarder.

_Bonjour Perdicas.

_Où étais-tu Gabrielle ? Demande Lila sentant un malaise s'installer.

_J'ai fait envoyer une missive à Xena pour lui dire que je rentre demain.

_Pourquoi ? Tu as besoin de son accord ? Demande Perdicas avec véhémence.

_Non, c'est juste qu'elle vient me chercher, les routes ne sont pas sûr et elle ne veut pas qu'il m'arrive quelques chose.

_Bien, je dois partir. Répond le jeune homme indifférent.

_Déjà ? Tu ne veux pas déjeuner avec nous ? Propose la vieille femme.

_Non merci. Un autre jour.

 

Lorsque Perdicas se lève, saluant la famille sauf Gabrielle sans même daigner lui lancer un regard, la blonde se sent triste. Elle se rend compte du mal qu'elle lui a fait. Une question traverse sont esprit : une vie malheureuse vaut-elle le plaisir de rendre quelqu'un heureux ?

 

Le soir même alors que la conteuse passe sa dernière nuit chez ses parents, son âme est tournée vers la femme aux cheveux de jais alors que sont cœur est partagé entre la peine d'avoir fait souffrir Perdicas et le bonheur excitant de savoir que demain elle reverra la personne qui illumine son être entier, la seule personne qui lui procure bonheur, bien-être et protection par sa simple présence.

 

Malgré l'heure tardive, Xena non plus ne dort pas, lassée de se coucher seule dans ce grand lit froid. Le vide laissé par la blonde semble vivant tant il lui est dur de s'endormir et de s'éveiller sans la chaleur du corps de la conteuse, sa peau douce contre la sienne, sa respiration apaisante, son parfum enivrant.

Que faire de ses bras quand il n'y a pas son amante à serrer et protéger.

 

Mais si ce soir là la guerrière ne dort pas, c'est pour une raison différente des nuits précédentes. Ce soir, c'est le plaisir de savoir que demain, elle sera à nouveau comblée grâce au retour de son âme sœur.

 

Les pensées des deux femmes se rejoignent, comme deux étoiles brillantes de la même force, visible mais incompréhensible pour quiconque.

 

Alors que ces deux âmes qui sont liées, se perdent dans leurs souvenirs de paix et de bonheur, un homme et une personne capuchonnés parlent dans l'obscurité des rues d'Athènes.

_Xena part chercher sa catin demain matin.

_Bien, dès qu'elle sera partie on se planque et on attend leur retour.

_Mais fait attention, c'est une excellente combattante.

_Ne t'inquiète pas, un peu de ce produit et elle ne posera plus aucun problème. Dit l'homme en montrant une bourse.

 

Après un au revoir accompagné d'embrassade et la promesse de la conteuse d'expliquer à Xena la raison du changement de comportement de ses parents envers

la Conquérante

, les deux filles ont repris la route d'Athènes, avec la joie de se revoir et d'autres sentiments qui diffèrent chez les femmes.

 

La blonde sent l'inquiétude s'insinuer en elle depuis qu'elle a remarqué que la guerrière n'est pas au mieux de sa forme.

_Xena, ça ne va pas ?

 

La brune ne répond pas, désorienté. Alors que sa vue se trouble de plus en plus, la sensation qu'elle a depuis un moment d'être suivi s'estompe, son esprit vacillant semble ne plus être en mesure de réfléchir.

 

_Xena ?

 

L'appréhension de la blonde se mue en crainte lorsqu'elle voit la guerrière s'effondrer.

Son cœur explose, le temps ralenti sa course, alors que la blonde tente vainement de rattraper la guerrière, réussissant seulement à atténuer sa chute.

Gabrielle se jette à genoux après être descendu de son cheval, prenant la brune inconsciente dans ses bras. L'incompréhension et la peur de ne pas comprendre ce qui se passe lui déchire les entrailles. Elle caresse la joue de Xena, la suppliant de se réveiller, quand des bruits de chevaux se font entendre.

La conteuse lève la tête espérant avoir de l'aide, son regard emplit de détresse se porte sur les trois hommes entrain de quitter leurs montures.

 

Le doute s'installe en elle alors que les êtres vêtus de cuir s'approchent. Leurs sourires sadiques et leurs regards vitreux envoi des décharges de frisson le long de l'échine de la jeune blonde, son cœur bat si vite qu'il menace de quitter sa poitrine, la seule chose qu'elle est capable de faire est de serrer la brune contre elle.

 

_Lâchez-moi ! Hurle la conteuse lorsque deux d'entre l'éloignent de la guerrière.

 

La barde tente de se libérer de la poigne qui la retient. La panique l'envahit quand le seul malfrat qui n'a pas les mains occupées soulève

la Conquérante

puis s'éloigne de son cheval.

 

Gabrielle se débat, sa gorge la brûle mais ses cris ne lui parviennent pas, tant les battements qui résonnent à ses oreilles sont fort. Son esprit ne peut que lui dicter que tout ceci n’est qu’un rêve, cet homme n'est pas entrain de partir avec Xena en travers de sa monture. Mais la douleur soudaine qui vrille dans sa mâchoire, la rencontre de ses membres avec le sol dur, lui prouve le contraire, ce n'est pas un cauchemar, elle ne se réveillera pas dans les bras protecteur, elle ne sentira pas la présence rassurante de son âme sœur.

 

Son esprit reprend conscience de la réalité, alors que son corps devient douloureux, le seul réflexe que la conteuse a, est de protéger son visage des poings et des pieds qui s'acharnent sur elle.

 

Une phrase fait écho dans la tête de la blonde, incompréhensible pour son esprit qui à perdu sa lucidité, comme une prophétie annonçant l'horreur.

 

Gabrielle lutte contre l'étourdissement qui menace de l'emmener vers l'inconscience, son corps entier paraît paralysé par la douleur, celle-ci s'amplifie lorsque l'air caresse sa peau sous ses vêtements déchirés.

 

La peur coule dans ses veines, l'espoir que quelqu'un vienne à son secours est étouffé par un désir plus grand, celui de réussir à séparer son âme de son corps afin de ne plus sentir la douleur toujours plus forte, l'envie de vomir au contact de la masse couverte de cuir vautré sur elle, ne plus sentir les mains calleuses, qui semblent laisser des traînées de crasse sur leurs passages, ne plus sentir la sensation écœurante de la bouche à l'haleine puante et alcoolisé sur sa peau, ne plus entendre les rires qui brisent son âme.

 

Incapable de se libérer, alors que la bénédiction de mourir ne lui est pas accordé, la conteuse crie sa souffrance, hurle la brûlure déchirante qui envahie son ventre, tandis que des nausées la prennent, elle ne peut que subir cette douleur qu'elle n'aurait jamais cru possible.

 

Les larmes coulent, alors que le désespoir s'infiltre au plus profond de son cœur qui bat trop vite.

Mourir pour ne plus rien ressentir, pour être en paix, ne plus être le jouet de ce porc, un souhait qu'aucun dieux ne semble vouloir satisfaire.

 

Dans le chaos qui règne dans son esprit, quelque chose paraît se briser, libérant dans le tumulte des émotions qui la submerge un sentiment puissant, semblable à un feu dévastateur qu'elle n'a connu qu'une fois au paravent, la haine.

 

Tandis que la rage déferle par vague, envahissant son être entier, le poids qui l'écrasait se retire, Gabrielle voudrait partir, fuir se corps déchiré, enlever cette peau dans laquelle elle se sent mal, comme on enlève un manteau, pour ne plus sentir l'outrage qu'elle vient de subir.

 

Le soulagement ne dur qu'un instant, avant qu'une masse plus lourde et plus brutale que la première lui tombe dessus, l'empêchant de respirer.

Elle ne peut que subir l'assaut, ne peut que laisser couler les larmes de ses yeux fermés.

 

Après un temps qui parut une éternité pour la conteuse, elle est libérée du corps qui l'entravait, avec un effort pour ne pas crier, elle se roule en boule, terrifiée que tout recommence, elle croise les bras sur sa poitrine dans un instinct de protection.

 

C'est à ce moment que deux mains la retourne sur le dos, une haleine puante dégagé à quelques centimètres de son visage lui donne l'envie de vomir.

 

_Ne pleurs pas, ce n'est rien à côté de se que je vais faire à ta garce de Conquérante.

 

A ces mots, la rage qui engorge l'âme de la conteuse explose. Elle ouvre les yeux, sa main qui était en contact avec une pierre, se crispe sur cette dernière, son bras se dirige de lui-même en direction de la tête du tortionnaire qui, surprit et effrayé par le regard vert délavé par les larmes froid et haineux, ne voit pas l'objet arriver sur sa tempe.

 

La blonde pousse le corps inerte qui se trouvait sur elle, elle tente de se lever, mais ses membres tremblants refusent de la porter.

 

La barde avait assommé son agresseur à une tel vitesse que son compère n'a pas eut le temps de réagir. Maintenant, il fait les quelques pas qui le séparent de la blonde incapable de se lever, lui assène un coup de pied en plein visage envoyant ainsi la jeune femme dans l'inconscience.

 

Suite à un regard pour son compagnon qui a le visage en sang, il prend la direction de l'endroit où il avait laissé son cheval, persuadé que si il rentre seul, il aura la totalité de la récompense promise pour le travail que l'on leurs avait confié, laissant ainsi les deux corps inertes sur la route d'Athènes.

 

Chapitre 4

 

Réchauffé par le soleil de l'après-midi, deux compères marchent en direction d'Athènes, pressés d'échanger l'argent durement gagné avec leurs heures de travail dans les champs, contre de l'alcool et des filles.

Sur leur chemin, l'un d'eux stoppe son ami en lui tapant sur le thorax.

 

_Regarde, un cheval ! On pourrait le prendre.

_Arrête, il est forcement à quelqu'un.

 

Alors qu'ils s'approchent, leur attention est attiré par deux masses inertes, quand ils réalisent que ce sont des personnes, les amis se précipitent, leur empressement effraie le cheval qui s'enfuit.

L'un approche de l'homme, lui met la main sur la bouche afin de vérifier sa respiration, l'autre retourne la femme blonde.

 

_Il a l'air dans un sale état.

_Bon dieu ! C'est la princesse ! S'exclame le jeune aux cheveux de jais en retirant une mèche d'or du visage couvert d'ecchymose.

_C'est pas vrai ? Qu'est ce qu'on fait ? Demande estomaqué son compagnon.

_On les en mène à Athènes, on ne peut pas les laisser comme ça, sans compter ce que nous ferais

la Conquérante

si on ne les aide pas. Explique le jeune aux cheveux noir en prenant le frêle corps de la princesse.

_Je voudrais pas être à la place de ceux qui on fait ça lorsque

la Conquérante

leur mettra la main dessus. Rétorque son ami en prenant l'homme au visage en sang.

 

Alors que les deux compères marchent le plus vite possible vers Athènes avec leurs fardeau, pressé d'atteindre le palais de peur qu'il n'arrive un malheur, au port, le chien galeux qui a assouvi ses fantasmes sur la princesse par la force, monte à bord d'un navire, un grand sourire aux lèvres.

 

_Alors, tu as eu un problème que tu reviennes seul ? Demande un homme d'âge mûr sur le pont.

_La garce c'est rebellé, elle a tué Gendal à coup de pierre. Et la récompense ?

 

L'homme qui fixe la mer, lui tend une bourse, sans daigner lui porter la moindre attention. Bien qu'il reste impassible son cerveau travail à une vitesse folle,

la Conquérante

est à sa merci, personne pour dire où elle se trouve puisque personne ne l'a vue être porté sur le bateau enveloppé d'un linceul. Dans quelques heures, il pourra donner libre court à sa vengeance, après tout ce temps à attendre pour enfin faire payer à la brune le prix pour la mort de la personne qui lui était si chère, enfin libérer la rancœur qui le ronge, le dévore de l'intérieur, lui permettant d'imaginer toutes les tortures qui puissent être possible de pratiquer.

 

_Quand est-ce que l'on part ? Demande l'agresseur de Gabrielle, déçu de ne pas toucher la solde de son compagnon soi-disant mort.

_Tout de suite.

 

Alors que le navire quitte le port avec

la Conquérante

, vers un destin incertain, dans la cour du palais d'Athènes, Légendrios s'inquiète de l'absence des deux femmes, partagé entre la crainte qu'il soit arrivé malheur et la certitude que cela soit impossible grâce aux talents de combattante de la guerrière.

Son idée qu'une halte ait retardé le retour de la brune et son amante s'évanouit lorsqu'un soldat arrive en courant.

 

_Lieutenant, deux hommes ramène la princesse...

 

Il n'a pas le temps de finir sa phrase, le gradé cours déjà vers les portes d'enceinte que sont entrain de franchir les individus en question, l'un portant un être vêtu de cuir et l'autre la conteuse, tout deux inconscients.

 

_Qu'est-il arrivé ? Demande l'officier, terrifié à la vue de l'état de la blonde.

_On ne sait pas, on les a trouvé inanimé sur la route.

_Et

la Conquérante

?

_On ne l'a pas vu. Répond le jeune aux cheveux de jais surpris.

 

Le lieutenant prend la princesse dans ses bras, son inquiétude grandissante, il se dirige vers le palais. En partant, il s'adresse à un des nombreux soldats qui se sont réunis pour savoir ce qu'il se passe.

 

_Toi, fait venir le guérisseur de

la Conquérante

, et envoie des hommes à la recherche de Xena. Et fait soigner ce gars.

_Bien. Répond le guerrier estomaqué avant de partir en courant.

 

L'incertitude, la crainte s'installent, des questions sans réponses sont chuchoté pendant que la nouvelle de l'agression et de la disparition se propage.

 

L'équipe de recherche quitte déjà l'enceinte du château, tandis que les deux sauveurs se dirigent vers le centre d'Athènes, annoncer la nouvelle qui créera une frénésie parmi le peuple, poussés par une envie incontrôlable de dire se qu'ils ont vu, compris et fait.

 

Attendre est la seul chose que le lieutenant peut faire, l'inquiétude et l'incompréhension se dispute son esprit.

Qu'est-il arrivé ? Pourquoi

la Conquérante

n'a pas empêché ce crime ? Où est-elle ? Si elle a été vaincu, qui serait assez puissant pour y parvenir ? Qui est cet homme ?

Toutes ces questions tournent dans la tête de l'officier, y réfléchir ne sers à rien, seul les deux blessés peuvent y répondre.

Des bruits de pas pressés résonnent dans le couloir sombre, ce qui sort le gradé de ses pensées tourmentées.

 

_Légendrios ! C'est vrai ? La princesse a été agressée et

la Conquérante

a disparu ? Demande Kara choquée.

_Oui.

_Tu sais ce qui c'est passé ?

_Non, la princesse pourra le dire lorsqu'elle se réveillera, ou l'homme qui était avec elle.

_Un homme ? Qui c'est ?

_Un type a été amené avec Gabrielle, mais je ne sais pas si c'est son agresseur ou quelqu'un qui a tenté d'intervenir.

_Et...

 

La domestique n'a pas le temps de terminer sa phrase, l'attention du guerrier se porte sur un vieil homme aux longs cheveux gris qui s'approche d'eux, il répond à une interrogation muette de l'officier qui est dominé par la peur.

 

_Elle va s'en sortir. Elle à des ecchymoses sur tout le corps, deux côtes cassées, le col du fémur fracturé et une légère commotion à la tête. Mais, la princesse n'a pas seulement été battue, elle a été violé. Explique tristement le vieillard.

_Mon dieu. S'exclame la domestique horrifiée.

_Kara, reste avec Gabrielle, il faut que je lui parle dès que possible.

_Oui. Tu vas où ?

_Ce malheur va se savoir très vite, il faut que je prenne des dispositions pour prévenir une possible révolte.

 

Sur ces mots, l'officier s'éloigne, son cœur rongé par la colère lui fait mal, suite à la révélation du guérisseur. Tout ce que sont esprit écœuré par ce que vient de vivre la conteuse lui dicte de faire payer le ou les auteurs de ce crime ignoble.

 

Le vieil homme soupir, regardant le soldat partir, son pas rapide trahie la rage qui l'habite.

 

_Cette pauvre enfant sera vengé d'une manière ou d'une autre.

_Il vaut mieux que ce soit Légendrios plutôt que

la Conquérante. Répond

la domestique en se dirigeant le cœur lourd vers la pièce où se trouve la princesse.

_Je n'en suis pas certain.

 

 

Chapitre 5:

 

La guerrière dont l'esprit est embrumé, ouvre les yeux pour se rendre compte qu'elle se trouve dans une pièce sombre et humide, seulement éclairé par une torche.

Une puanteur envahit ses narines, avant qu'elle réalise que ses membres engourdis sont entravé par des chaînes qui coupent la peau de ses poignets, ces derniers supportant tout son poids.

Une voix venant de l'ombre surprend la brune.

 

_Alors Xena, enfin réveillée ?

_Qui est-tu ? Que me veux tu ? Qu'as-tu fais à Gabrielle ? Demande la guerrière qui sent la colère monter en elle.

_Chaque chose en son temps.

_Si tu as touché à Gabrielle...

_Je ne lui ai rien fait. D'ailleurs, à cette heure, elle doit être au palais entrain de gouverner tes terres.

 

La brune regarde l'homme aux cheveux gris qui apparaît, partagé entre la peur qu'il soit arrivé quelque chose à la blonde et l'espoir que cet homme dise la vérité.

 

_Je sais ce que tu penses, si ce que je dis est vrai elle viendra te chercher. Mais elle ne viendra pas, elle est trop occupé à gouverner à ta place. Explique le vieil homme en s'approchant de la brune.

La guerrière a un rire hautain, le doute toujours en elle.

_Quand mes hommes viendront me libérer je t'arracherais les tripes à main nues. Répond la guerrière le regard emplit de colère.

 

Suite à ces mots, une douleur soudaine travers son visage.

_Il ne viendront pas te chercher.

Tandis qu'un goût de sang s'impose dans la bouche de la brune, le souffle lui est coupé par un coup violent à l'estomac.

_Ils ne viendront pas et tu sais pourquoi ? Parce qu'ils obéissent à la princesse maintenant et elle ne les enverra pas te chercher.

Il se dirige vers la porte puis s'arrête.

_Comment as-tu pu croire qu'une fille comme elle aurait pu t'aimer avec tout le sang que tu as sur les mains ? Elle pense comme tout le monde, que tu es un monstre. Tu as conquis le monde par la violence, elle t'a détrôné par la douceur.

 

Après que l'unique porte de la pièce ai claqué, seul un rire guttural se fait entendre, un échos qui s'éloigne laissant la guerrière seule avec ses pensées, ses doutes, ses espoirs et ses questions.

 

Ses membres douloureux, l'odeur infecte qui règne, le froid transcendant son corps, l'ignorance de l'heure qu'il est, sont sublimé par son désir de réfléchir, comprendre se qui se passe.

Alors que son esprit est tourné vers la blonde, la porte grince laissant apparaître deux hommes aux sourires sadiques.

 

La guerrière tente vainement de se libérer alors que l'un deux s'approche, un fouet à la main, l'autre la contourne, glisse une dague sous son cuir suivant sa colonne vertébrale puis déchire son cuir noir jusqu'à sa taille avant de faire pareil avec ses bras.

 

Alors que le seul bruit qui se fait entendre est le claquement du fouet, le sang chaud coule le long de la peau froide de la brune qui serre les dents, chaque claquement suivit d'une brûlure aussi soudaine que violente, la guerrière tire sur ses chaînes, espérant pouvoir protéger sa peau qui se déchire sans succès, elle n'a aucun moyen d'arrêter les coups qui lui sont porté.

Son esprit qui lui ordonne de ne pas leur donner le plaisir de gémir, encore moins de crier se dirige vers l'inconscience.

 

Le souvenir du soulagement, la perte d'un poids surgit, une promesse qui vient du passé, d'un temps où le bonheur régnait, le souvenir du jour où elle a été pardonnée pour ses crimes.

 

"_Xena, tu as comblé un vide en moi, merci.

_C'est moi qui te remercie de m'avoir ramené à la vie.

_Pourquoi... Qu'est-ce qui a fait que la douceur en toi ait été étouffé par la haine ?

_J'ai... Ma mère et mon frère ont été tué devant moi par un seigneur de guerre qui avait attaqué notre village. Après cela, j'ai décidé de protéger ma ville et le moyen le plus simple, pour moi, était d'imposer la peur. Seulement la soif de pouvoir c'est installé, ma colère n'a fait qu'augmenter je n'ai plus voulus lutter, je les ai laissé me dominer, petit à petit, je suis devenu le monstre que tous connaît.

_Je suis navré que tu as eu à vivre ça.

_Ne le soit pas. De plus, si je ne t'avais rencontré je serais toujours ce monstre. Tu m'as redonné vie. Je ne pourrais plus vivre sans toi.

_Xena, promet moi une chose, si un jour on devait être séparé ne redevient pas celle que tu étais.

_Promis."

 

Le souvenir de ce moment de bien-être, le plaisir de sentir le corps nu de son amante contre le sien est la dernière chose que sont esprit voit avant de sombrer dans l'inconscience sous les coups qui lui sont portés.

 

 

Le cœur déchiré, Gabrielle regarde le lieutenant au regard emplit de haine quitter sa chambre. Son âme torturée et son corps blessé se battent pour le point culminant de la souffrance.

 

Dans la tempête d'émotions contradictoires qui déferlent jusqu'au plus profond de son être, la haine et la peur dominent. La haine envers les hommes qui l'ont relayé à l'état d'objet, ces hommes qui lui ont pris la femme qu'elle aime, la haine envers elle-même de n'avoir rien fait pour empêcher cet enlèvement de ce qui est ou va arriver à Xena.

Pleurer est un soulagement que son âme meurtrie ne semble pas vouloir lui offrir. Une seule larme coule de son regard vide, perdu dans le vague.

 

Mourir pour ne plus souffrir, ne plus penser, ne plus sentir ce mal être, cette culpabilité, ne plus éprouver la sensation écœurante et persistante des mains, comme une crasse indélébile sur sa peau. Ses idées sombres se confrontent à une envie, un désir plus puissant, celui de vivre pour retrouver Xéna et faire payer ce crime .

 

Kara, qui n'avait pas quittée la pièce durant l'entretien qui vient d'avoir lieu entre Gabrielle et le lieutenant, regarde tristement la blonde qui parait avoir perdu la lumière qui émanait d'elle.

 

_j'espère qu'il va mourir. Crache le domestique pour rompre le silence pesant.

_Non.

_Mais majesté, après ce qu'il vous a fait ...

_Avant de mourir, il doit nous dire où est Xena.

 

La domestique ne peut que se taire devant la logique de cette phrase prononcée par la barde qui, à aucun moment n'a daigné lui porter un regard.

 

Alors que la blonde sent une noirceur lancinante envahir son être, Legendrios arpente les couloirs du palais d'un pas rapide. C'est alors que deux de ses hommes arrivent en face de lui.

 

- Toi. Je veux que le type qui a été amené avec la princesse soit gardé jour et nuit. Et je veux être prévenu dès qu'il se réveillera.

- Bien. répond le guerrier en partant apeuré par la colère visible de son chef.

- Les hommes ont suivi une piste vers le sud, mais ils l'ont perdu près du port.

- Je dirige une bande d'incapable. hurle le lieutenant en reprenant son chemin.

- Mais le port est très fréquenté, c'est impossible de suivre ...

 

Le guerrier n'a pas le temps de finir sa phrase, son chef l'attrape par le col en le plaquant contre le mur. La peur s'insinue en lui lorsqu'il sent la colère irradiée du gradé.

 

- Envoie tous les hommes, recrute parmi les villageois s’il le faut, mais je veux que chaque parcelle de terre, chaque maison qui existe sur cette terre soit fouillée.

 

Après avoir relâché le soldat, Legendrios reprend son chemin, les poings serrés, la rage qui lui dévorent les entrailles grandit encore alors qu'il pense à l'homme qui se trouve dans l'enceinte du palais, dont la mort lente et douloureuse approche.

 

Ce que l'officier ignore est que sa crainte va se réaliser.

 

L'effervescence qui a eu lieu dans le château, lorsque Gabrielle a été amené inconsciente, gagne la ville, suite aux révélations qui ont eu lieu dans la taverne par les deux sauveurs de la blonde.

 

La nouvelle de l'agression de la princesse et la disparition de la brune se répand à une vitesse folle. Vérité et rumeur, les spéculations foisonnent. Entre vengeance et crime gratuit, certains annoncent que tout n'est que mensonge, d'autre que la guerrière aurait retrouvé son côté sombre et blessé sa femme allant jusqu'à prétendre la princesse morte.

 

Les murmures augmentent tandis que les esprits s'échauffent dans les rues d'Athènes, alors que tous les plans possibles sont imaginés, partagé entre la crainte et l'horreur de ne pas savoir ce qu'il en est de la princesse que tous adulent. Dans ce tumulte d'idées et d'informations vrai ou fausses qui déferlent, une personne ne sait encore rien du drame qui s'est produit.

 

Cette personne se dirige vers la sortie de la bibliothèque, décidée à aller faire des emplettes au marché avant de rentré chez elle. Soudain, une voix l'interrompt dans l'énumération mentale de ses courses.

 

- Hélène ! Attends, il faut que je te parle !

 

La vieille femme s'arrête, se retourne pour voir arriver Philimène.

 

_Qu'est qu'il y a ? Si c'est encore pour me rapporter les derniers potins ça pourra attendre demain.

- Non, c'est à propos de Gabrielle. Explique la blonde en s'arrêtant devant la vieille femme.

 

Devant le regard intrigué d'Hélène, Plilimène entreprend de l'inviter à s'asseoir en la guidant par le bras vers des sièges alignés contre l'un des murs du couloir.

Ceci fait, elle s'accroupi devant sa collègue.

- Mais qu'est qui se passe ? demande la femme aux traits tirés par le temps.

- Je viens d'apprendre que Gabrielle a été agressée lors de son retour à Athènes.

- Quoi ? C'est impossible !

- Elle a été amené inconsciente et salement amochée.

- D' où tu tiens ça ? Demande Hélène incrédule.

_Mon ami était de garde quand c'est arrivé, c'est lui qui me l'a dit.

- Et la conquérante ?

- Elle a disparue.

 

Hélène se lève, troublée par cette révélation.

 

- Où vas-tu ?

- Il faut que je vois Gabrielle.

 

La femme, dont les traits sont encore plus tirés par l'inquiétude soit de l’immense bâtisse, puis se dirige vers le palais, tout se bascule dans sa tête, l'espace que tout soit faux, la crainte que se soit vrai, la douleur de savoir ce qui lui est arrivé, l'envie de comprendre ce qui est arrivé la pousse à accélérer le pas. Une sensation étrange l'envahie alors qu'elle évolue au travers des rues, une tension semble peser dans l'air comme un mauvais présage, annonçant la fin de la sérénité qui régnait depuis l'arrivée de la blonde au pouvoir.

 

Depuis combien de temps est-elle enfermée dans cette cellule ?

La seule certitude de la guerrière est que cela fait des jours, peut-être plusieurs semaines, le froid a envahi ses membres, l'humidité a rendu sa peau moite, les brûlures sur sa peau couverte de sang séché, les chaînes qui lui coupent les poignets le lui prouvent.

 

A chaque fois que la porte grince, la brune ne peut que se résigner incapable de se défendre contre les coups qui pleuvent sur son corps meurtri. Son esprit ne peut que voir deux opales vertes en attendant le soulagement de l'évanouissement pour ne plus sentir les décharges qui traversent son être, ne plus entendre les rires qui résonnent.

Mais une phrase revient sans cesse, le doute s'installe, ses hommes ne viendront pas, ce type avait raison, Gabrielle a pris le pouvoir.

Pourtant une part d'elle lui dicte que c'est faux, que la blonde l'aime, qu'elle la cherche. Dans ce dilemme intérieur une question reste toujours sans réponses, est-ce que Gabrielle a été blessée ?

Entre son corps torturé et son âme emplit de doutes, la seule chose qui l'empêche de chercher la paix dans la mort et le souvenir du visage au sourire rayonnant qui a réchauffé son cœur.

Puis, plus rien, plus un son, plus un mouvement n'est perceptible.

 

Dans le calme soudain, des pas se font entendre. Lent et sûr.

 

_Les rumeurs sur ta force ne sont pas exagéré. Personne n'aurait pu endurer tout ça et être encore capable de lever la tête.

_Qu'est-ce que tu me veux ? Demande la guerrière dont la voix est enrouée.

_Ta mort.

_Alors qu'est-ce que tu attends ? Ou tu es trop lâche pour commettre un meurtre ?

_Oh, mais tu vas mourir Xena, mais lentement et dans d'atroces souffrances.

_Pourquoi ? Pourquoi ne pas me tuer tout simplement ?

_Parce que c'est le châtiment que tu mérites pour avoir tué mon frère.

 

Alors que ces mots remplient de colère résonnent, des phalanges percutent la mâchoire de la brune.

Sa tête tourne sous le choc, le goût de sang dans sa bouche augmente son envie de vomir, sa colère monte quand un rire se fait entendre derrière elle, alors qu'un souffle chaud caresse son visage.

 

_Merrias t'a toujours été fidèle, malgré le fait que tu l'aies démembré et toi tu lui as planté ton épée dans le cœur.

_Je ne l'ai pas tué.

_Mais si, il est mort le jour ou tu lui a ôté un bras. Pourquoi le laisser souffrir toute ces années pour au final lui transpercer le cœur ? Demande le tortionnaire qui sent sa rage grandir.

_Il est mort bien avant d'avoir rejoint mes troupes.

_Tu mens !

 

L'homme hurle ces mots tandis que ses poings s'abattent sur la brune avec toute la puissance de sa rage. Le sang qui coule de la bouche de sa victime lui donne seulement envie d'en voir plus.

Il arrête de frapper lorsque ses forces l'abandonnent. Il se retourne, va s'appuyer contre le mur.

 

_Tu as tout perdu Xena, ton trône, ta grandeur, ta suprématie, ta femme.

 

C'est le moment que choisi son acolyte, qui était resté silencieux jusqu'à maintenant, pour se mêler à la conversation.

 

_En parlant de ta catin, je comprends que tu l'aies épousé, c'était une très belle femme.

 

Ces quelques mots suffirent à la guerrière pour retrouver ses esprits, elle relève la tête, un éclair de crainte passe dans son seul œil encore ouvert avant d'être remplacé par la colère.

 

_Si tu l'as tué, je te jure que tu vas mourir à ton tour.

 

La voix faible de la brune est rendue rauque par ce sentiment puissant qu'elle connaît trop bien et qui grandit en elle.

En entendant la menace, le frère de Merrias qui a senti les poils de sa nuque se hérisser, se retourne pour voir un œil bleu azur, terni par la colère tandis que la sienne diminue remplacé par la peur.

Refusant de montrer à la guerrière sa crainte, il s'approche d'elle en tentant un sourire moqueur.

 

_Non, ne t'inquiète pas, je ne l'ai pas tué, une si belle femme, se serait du gâchis. Quoi que, quand j'en ai fini avec elle, elle était loin d'être aussi mignonne qu'avant.

 

Puis, il se met à rire, il ne voit pas les mâchoires de la brune se serrer à en faire craquer ses dents, il voit juste ses muscles se contracter, les ombres créées par l'unique torche de la pièce se modifier sur la peau couverte de sueur.

Son sadisme le pousse à ajouter la phrase qui le conduira à sa mort.

 

_Je lui ai donné ce que tu ne pourras jamais, je lui ai montré ce que c'est qu'un vrai homme.

 

Xena serre les poings si fort que ses phalanges blanchissent, la souffrance qui la gardait en éveil s'estompe tandis que son corps brûle de l'intérieur, un feu qui se déverse dans ses veines semblant couler de son cœur qui vient de se déchirer dans une douleur soudaine.

Au plus profond de son être, des portes s'ouvrent avec fracas, libérant une seconde force froide, une explosion de noirceur se repend, l'envie de voir le sang, le désir de tuer, cette fureur qu'elle croyait avoir laissé au tartare déferle à nouveau en son sein.

Elle lève son regard glacial sur son premier bourreau, le seul qu'elle peut voir qui, tétanisé par la haine qui ce dégage de la brune, n'a pas bougé d'un pouce.

Un rictus se forme sur ces lèvres fendus, son âme envahie par le chaos paraît se nourrir de la peur qui irradie de sa futur victime.

 

_Ton frère est mort le jour où il a vu vos parents se faire massacrer.

 

Sur ces mots prononcés d'une voix grave, la guerrière brise ses chaînes en tirant dessus, elle ne porte aucune attention au fer qui entaille encore plus ses poignets avant de renouveler l'opération avec ses chevilles.

 

_Et s’il est mort, c'était pour sauver la femme qu'il aimait. Explique Xena en attrapant le malheureux par le cou, lui coupant le souffle.

 

Son compère horrifié, qui n'a plus du tout envie de rire, réagit au moment où le bruit sec des os de la nuque de son employeur qui se brisent se fait entendre.

Il court vers l'unique sortie, mais un objet lourd lui heurte le dos, le faisant tomber, il tourne la tête incertain de vouloir savoir qu'elle est la masse qui le clou au sol.

 

Il a juste le temps de voir deux yeux exorbités où la peur est incrusté pour l'éternité dans une tête tournée au-delà des limites de la souplesse humaine, qu'une main brutale le tire par les cheveux le forçant à se relever.

 

_Non, s'il vous plaît, arrêtez. Supplie l'homme tandis qu'un souffle chaud lui caresse la joue.

_Est-ce que Gabrielle t'a demandé d'arrêter ? Est-ce que tu l'as écouté ? Siffle la brune.

 

Tout de suite après cette question, la tête de ce prétentieux va s'écraser contre le mur de pierre devant lui avec un craquement sourd dès le choc, ses jambes cessent de le porter, mais la guerrière continu de frapper, encore avec toute la force que lui apporte sa haine, chaque craquement d'os brisés comme une douce mélodie tandis que l'odeur et la vue du sang qui coule de l'endroit de l'impact l'enivre.

 

Elle s'acharne sur la tête réduite de moitié qui n'a plus qu'une forme rouge et plate la où se trouvait le visage.

 

Ce n'est que lorsque le crâne devient mou sous ses doigts qu'elle lâche prise, sa victime s'effondre aussi lentement que les morceaux de chair glisse le long du mur.

 

Puis suivant simplement son instinct, Xena ouvre la porte et marche droit devant elle, sa rage toujours aussi grande, un élan qui la dévore demandant d'être libéré, une douleur au plus profond de ses entrailles sublimant toute celle qui parcourt sa peau.

 

Une larme quitte son œil où paraît briller un feu terrifiant pour glisser sur sa joue, arriver à ses mâchoires trop serrées et finir sa course sur le sol poussiéreux, seule preuve que son âme meurtrie peut encore être sauvé.

Ses jambes tremblantes la mènent à une seconde porte. Lorsqu'elle l'ouvre, la lumière du jour l'éblouit, ses yeux mettent quelques instants à s'habituer au jour qu'elle n'a pas vu depuis un moment.

 

Après ce temps d'adaptation, elle sort pour se retrouver dans un jardin à l'abandon entourer de colonne de pierre soutenant des balcons. La brune se dirige vers deux immenses portes dont l'une claque avec le vent chargé de sable et l'autre à moitié sortie de ses gonds menace de tomber.

 

L'espoir qui lui avait permit de se libérer, continuer, son envie de revoir Gabrielle, de l'aider à se soulager de l'outrage qu'elle a subit se dissipe, cet espoir disparaît tandis qu'en voyant l'architecture de ce lieu et le sable brûlant apparaître au fur et à mesure qu'elle avance, à perte de vue, elle réalise qu'elle se trouve dans le désert d'Egypte.

 

Une crainte l'envahit, non celle de ce qui va advenir d'elle mais celle de ne pas être aux côté de Gabrielle pour lui offrir son soutien et son réconfort.

 

Son corps devient lourd, une lassitude la pénètre, elle hurle au ciel sa rage, celle de n'avoir pu empêcher ce crime barbare, celle de savoir que son âme sœur à souffert, la frustration de ne pouvoir rien faire pour aider Gabrielle.

 

Mourir ici ou dans le désert n'a aucune importance, tout ce qui la blesse est de perdre la vie loin de la femme qu'elle aime.

 

Tout deviens noir, son esprit tourné vers la blonde aux yeux verts se déconnecte de la réalité, ses yeux se ferment tandis que son corps s'écroule.

 

Le vent recouvre lentement le corps inerte de sable chaud comme pour protéger un trésor d'une grande valeur.

 

Chapitre: 6

 

Cela fait plus de deux semaines qu'Hélène a essayé d'obtenir une audience au près de la princesse, sans succès.

A chacune de ses tentatives, elle a été refoulée, le fait qu'elle soit une amie de Gabrielle n'y change rien.

Une fois de plus, elle a entendu la même phrase, personne n'a accès au palais, ce sont les ordres.

Deux semaines que l'inquiétude la ronge, et une fois de plus, elle s'éloigne du palais déçu.

 

Soudain, des cris la sorte de ses tristes pensées, elle lève la tête pour voir une émeute se diriger vers les portes du château.

Avec les cris, la vieille femme ne peut entendre l'échange qui a lieu entre le chef du groupe et le garde, mais elle sait très bien qu'ils sont là pour connaître la vérité suite aux rumeurs qui courent sur la mort de

la Conquérante

et la princesse.

 

Légendrios regarde la foule déchaîné depuis les remparts, il comprend que la seule chose qui les calmeras est de leurs prouver que Gabrielle va bien.

 

_Toi ! Va dire à la princesse qu'il faut qu'elle parle à son peuple.

_Bien.

 

Après que le soldat soit parti en courant, le lieutenant observe la suite des événements, espérant qu'aucun badaud ne fera un geste inconsidéré.

 

Le jeune guerrier arrive aux appartements de la princesse.

Essoufflé, il frappe, Kara ne met pas longtemps à entrouvrir la porte.

 

_Oui ?

_Une révolte se prépare, il faut que la princesse fasse une allocution pour calmer la foule.

_Un instant.

 

Kara referme la porte et regarde la blonde murée dans son silence depuis son réveil.

 

_Majesté, il faut que vous parliez au peuple pour éviter une émeute.

_Bien. Répond la conteuse le regard dans le vide.

 

La domestique entre ouvre la porte et explique au soldat que la princesse arrive.

Alors que Gabrielle se lève et s'habille aidé de la brune, pour la première fois depuis trois semaines, le soldat revient vers son officier, essoufflé après sa course à travers le palais.

 

_La princesse arrive.

_Bien, arrangez-vous pour les contenir en attendant.

 

A ce moment, le lieutenant aperçoit la forme familière de la femme aux cheveux gris.

Elle est à l'écart de l'attroupement, mais toute son attention est portée vers la liesse, la tristesse et l'inquiétude visible sur son visage.

Il descend des remparts, son désir d'aider la barde à se sentir mieux va peut-être se réaliser par le biais de cette femme.

 

Voyant que les villageois n'ont pas plus de chance qu'elle, Hélène reprend lentement le chemin inverse.

Alors qu'elle longe les murs d'enceinte, perdu dans ses pensées, une main se pause sur son épaule, la faisant sursauter.

 

_Lieutenant !

_Suivez-moi.

 

Après s'être assuré que personne ne les voit, il invite Hélène à entrer dans l'enceinte du palais par une porte dérobée.

 

_Comment va Gabrielle ?

_Elle vous expliquera tout.

La vieille femme s'arrête exaspérée.

_Depuis des jours je suis refoulé, et maintenant vous m'emmenez sans une explication je ne sais où. Mais vous vous prenez pour qui ?

_Ecoutez, je m'excuse pour le zèle de mes hommes, mais si j'avais su que vous étiez là je vous aurais fait escorter auprès de la princesse. D'ailleurs, c'est là que je vous conduis. Et avant que vous demandiez, je vous fais passer par là car j'ai peur que votre présence dans le palais complique la situation, parce qu'ils ne comprendraient pas pourquoi vous et pas eux.

 

Suite à cette tirade, le gradé tend le bras, invitant ainsi Hélène à continuer leur chemin.

Les deux conspirateurs continu leur avancé, pendant ce temps, Gabrielle se dirige vers les remparts.

L'air caresse sa peau, le soleil réchauffe ses cheveux pour la première fois depuis l'agression.

Elle n'offre aucun sourire ni même la moindre attention à quiconque et encore moins au soldat qui lui offre son bras afin d'aider sa souveraine à gravir les marches qui la conduise à la vue des Athèniens qui s'échauffent devant l'accès au château.

 

Lorsque la blonde apparaît, les cris se muent en murmures, certains étonnés de voir la blonde, d'autres surpris de son apparence froide, ou encore, heureux de la voir.

Mais tous ont la même pensée, en plus d'avoir perdu son sourire, elle paraît avoir perdu sa clarté.

Tout les regards se portent sur la barde dont le regard est ternis.

 

_Vous repartez chez vous tout de suite, je ne suis pas d'humeur à essuyer une rébellion.

_Où est

la Conquérante

? Demande une voix dans la foule.

_Elle a été enlevé et c'est moi qui dirige ses terres en attendant son retour. Maintenant, vous vous dispersez, quiconque ira contre mes ordres sera arrêté et exécuté.

Les murmures se propagent, chacun étant troublé par la violence soudaine dont la blonde fait preuve.

_Je vous ai dit de vous disperser. Tuez ceux qui ne bougeront pas.

 

La populasse obéit, perturbé par l'attitude froide et haineuse de la barde d'habitude si douce et clémente.

 

Sans un mot de plus, Gabrielle retourne dans ses appartements.

 

La barde n'a qu'une envie, retrouver sa chambre, le calme qui y règne, pouvoir à nouveau se perdre dans ses pensées, penser à Xena.

 

Quand elle est éveillé, il lui est facile de se tourner vers la brune aux yeux cobalt, et se servir de ses souvenirs pour trouver le courage de continuer à se battre, mais lorsque le sommeil l'emporte, son esprit dérive, le visage aux traits ciselés est remplacé par deux autres, deux regards vitreux, deux expressions vicieuses accompagnées de rires sadiques synonyme de sa souffrance.

 

_Vous avez terrorisé la moitié d'Athènes pour les dix années à venir.

La tentative d'humour de Kara échoue lamentablement.

_Ce n'est pas parce que Légendrios t'a ordonné de ne pas me quitter que tu dois te permettre des familiarités.

 

Le ton froid de Gabrielle remet immédiatement la domestique à sa place. Elle n'a aucune envie de parler, bien que sa présence et celle du garde en permanence devant sa porte amoindri sa peur que tout recommence.

Le seul endroit où elle voudrait se trouver, le seul où elle est certaine de pouvoir trouver protection et réconfort est dans les bras puissants de Xena.

 

Son désir impossible à assouvir lui fait mal, aussi mal que le vide qu'elle ressent lorsqu'elle se trouve dans son grand lit froid.

 

Lorsque les deux filles arrivent le garde ouvre la porte de la chambre, elles entrent pour y trouver deux personnes.

 

_Hélène !

_Gabrielle ! Je suis contente de te voir.

_On vous laisse. Propose Légendrios en se dirigeant vers la porte restée ouverte.

_Merci. Répond Hélène inquiète à la vue de son amie.

 

Kara et le gradé marchent dans le couloir sombre.

 

_T'aurais du voir comme elle leur a parlé. Un instant on aurait cru voir

la Conquérante.

Pour seule réponse, elle obtint un soupir.

_Qu'est-ce qui va se passer si vous ne retrouvez pas

la Conquérante

?

_On la retrouvera ! Fulmine l'officier.

La domestique paniquée par cette soudaine colère est sauvé par un soldat qui arrive en courant.

_Lieutenant, le prisonnier s'est réveillé.

 

Sans un mot de plus, les deux guerriers prennent la direction des cachots où l'agresseur de Gabrielle est enfermé, pour qui la mort aurait mieux valu comparer à ce qui l'attend.

 

 

La présence d'Hélène n'offre que peut de soulagement à Gabrielle comme le fait de lui avoir raconté tout ce qui est arrivé.

La vieille femme n'a prononcé aucun mot durant le récit de son amie, elle est effaré par le calvaire qu'a subit la jeune fille, elle voudrait l'aider à trouver un certain réconfort mais comment ?

 

Hélène se lève de la chaise, se dirige vers la blonde postée à la fenêtre, le regard porté sur un point lointain, lui pose la main sur l'épaule.

 

_Gabrielle. Je suis désolé que tu aies eu à vivre ça.

_Non. C'est de ma faute, j'aurais du faire quelque chose pour empêcher que ça arrive.

_Tu n'es pas responsable ! Tu n'es pas une guerrière, tu ne pouvais rien faire contre ces brutes épaisses.

_Mais Xena si.

 

A ces mots, Gabrielle baisse la tête, ses épaules s'affaissent.

 

_C'est tout de même étrange que ces hommes sont arrivés juste au moment où elle a fait un malaise. Rétorque Hélène.

_Je doute que se soit une coïncidence. Elle allait très bien à notre départ de Potédaia. Et ces porcs ne l'ont pas emmené sur un coup de tête, ils savaient très bien ce qu'ils faisaient.

_Gabrielle...

_Ecoute, ils n'ont pas hésité, je suis sûr qu'ils nous ont suivis depuis un moment. Je pense qu'elle a été empoisonné et ces lâches ont attendu qu'elle s'évanouisse plutôt que se battre contre elle.

_Tu es sûr de toi ?

_Xena n'était pas malade ! Je ne vois pas d'autre raison à son malaise.

_Mon dieu ! Mais qui serait assez fou pour monter un plan pareil ?

_Quelqu'un qui lui en veux assez pour être patient. Et j'espère que le chien galeux que j'ai assommé se réveillera, il pourra peut-être nous le dire. Et dire où se trouve Xena.

_Gabrielle, as-tu envisagé la possibilité que Xena soit...

_Elle n'est pas morte ! Hurle la blonde en se retournant.

_Je ne dis pas ça pour...

_Elle n'est pas morte. Je ne peux pas t'expliquer mais si ça serait le cas je l'aurais senti, comme je l'ai senti lorsque César l'avait...

_Je te crois.

 

Hélène cherche un moyen d'offrir un peu de soulagement à son amie, inquiète de voir qu'elle ne pleure pas.

Des coups à la porte se font entendre.

 

_Entrez ! Ordonne la blonde.

Kara entre dans la pièce puis referme la porte.

_Majesté, vous avez demandé à être prévenu dès que votre... le prisonnier sera éveillé.

_C'est le cas ?

_Oui majesté.

_Où est Légendrios ?

_Il s'est déjà rendu aux cachots.

_Merci. Tu peux disposer.

_Bien majesté.

 

La domestique quitte la pièce tandis que Gabrielle prend sa béquille qu'elle avait déposé contre le mur et s'apprête à sortir à son tour lorsque son amie l'arrête en posant sa main sur son bras.

 

_Gabrielle...

_Quand tu viens ou repars, passe par le chemin que t'as montré Légendrios, que personne ne te voit, ça t'évitera de crouler sous les questions.

_Fait attention à toi. Répond la vieille femme après un hochement de tête.

 

La blonde lui fait un sourire sans joie avant de quitter la chambre.

 

Pendant que la barde arpente les couloirs, suivi du garde préposé à la porte de sa chambre, le lieutenant qui était entré en trombe dans la cellule froide et humide sent sa colère monter à la vue du violeur.

 

_Où est

la Conquérante

?

_Je t'en pose des questions ?

 

A peine le blessé a répondu que deux mains puissantes le prennent par le col et l'éjecte à l'autre bout de la pièce.

 

_Bon, une question simple. Pourquoi avoir enlevé

la Conquérante

?

_Tu crois que je vais te le dire ?

 

Alors que l'homme tente de se relever, un pied entre en contact avec son estomac à plusieurs reprises.

 

_Tu parles et tu auras une mort rapide, tu te tais et tu auras une mort lente et douloureuse. Ton cerveau dégénéré comprend ça ?

_Quel choix ! Répond le prisonnier sur un ton moqueur.

 

Légendrios, qui sent sa colère monter encore l'attrape par le col et le plaque contre le mur.

 

_Je devrais te...

_Tu ne me tueras pas si tu veux retrouver ta garce.

 

Bien qu'il soit certain de ses propos, la peur lui entrave les entrailles en voyant le soldat qui le tient, les mâchoires serrées, la rage visible dans ses yeux lui donne des frissons le long de l'échine.

 

Le grincement de la porte se fait entendre, la blonde apparaît.

 

_Il a raison.

En entendant la voix douce mais ferme de Gabrielle, Légendrios lâche sa proie se retournant avant de commettre un meurtre.

_C'est gentil de venir voir comment je vais.

_Ton arrogance te perdras. Rétorque la blonde en s'approchant.

_Je suis déçu, je te donne du plaisir et toi tu m'assommes...

 

Le prisonnier ne peut finir de parler, des poings s'abattent sur lui, l'envoyant au sol.

Un vertige le prend, tandis que le goût du sang s'impose dans sa bouche.

Sous la violence des coups portés par le soldat, un craquement sec se fait entendre au moment où une douleur soudaine traverse ses côtes.

Puis une main se pose sur sa tête, le tire vers le haut afin de le relever.

 

_Où est Xena ? Demande le gradé tremblant de rage.

_Les ordres étaient d'emmener

la Conquérante

, toi, c'était juste un petit bonus que l'on c'est offert.

 

Sont rire est interrompus par des coups redoublant de violence.

La blonde fait volte face, se dirige vers la porte, y frappe deux coups.

Cette dernière s'ouvre pour laisser apparaître un soldat, apeuré en voyant la force avec laquelle son chef s'acharne sur le prisonnier recroquevillé au sol.

 

_Fait venir Gendal.

_Bien majesté.

 

Le guerrier repart, fermant la porte derrière lui alors que la barde reporte son attention sur le bourreau et sa victime.

L'homme au sol sent tout son corps transpercé par des éclairs de douleurs, sa tête paraît prête à éclater tant elle lui fait mal.

Lentement, il reprend son souffle, essayant au mieux que possible de retrouver le fil de ses pensées.

Son regard se porte sur son tortionnaire qui lui tourne le dos.

 

_Vous reverrez jamais cette garce. Et si tu veux, je peux la remplacer dans ton lit ma jolie.

 

Légendrios qui avait traversé la pièce se dirige à nouveau vers le prisonnier, mais la main de Gabrielle qui se pose sur son torse le stoppe.

 

_Evite de le tuer. Explique la blonde.

 

Le prisonnier rit après avoir craché le sang qui avait envahit sa bouche.

Soudain, un homme à l'apparence bourru entre dans la cellule.

 

_Alors, où est Xena demande la princesse.

Seul un rire encore plus fort lui répond.

_Gendal, arrache-lui les ongles.

_Bien majesté.

 

Le nouveau bourreau s'approche, sa victime ne rit plus, sa frayeur visible sur son visage.

Il supplie espérant échapper à ce crime, tandis qu'il est enchaîné au mur.

Ses cris résonnent à travers tout le palais, des cris d'horreur mélangé à des supplications que personne ne paraît vouloir entendre.

 

La colère du lieutenant diminue à la vue du plaisir certain prit par la princesse en voyant le spectacle qui s'offre à elle, en même temps le doute et la crainte le pénètre lorsqu'il remarque le rictus qui orne les lèvres de la blonde et la joie morbide qui se lit dans les yeux verts.

 

Les hurlements qui ne cessent pas depuis que le premier ongle à été délogé de son emplacement initial avec des craquements et des giclées de sang s'arrêtent.

La douleur fulgurante de son corps meurtri à fini par l'emporter dans l'inconscience.

Les bourreaux quittent la pièce, laissant leur victime suspendu à ses chaînes.

 

_Lieutenant, vos ordres étaient de me prévenir dès qu'il serait possible de l'interroger. N'est-ce pas ? Demande la barde sur un ton froid.

_Oui.

_Alors pourquoi ne l'avez-vous pas fait ?

_Vous étiez occupé avec votre amie et...

_Quand je donne un ordre, j'attends qu'il soit exécuté. C'est clair ? Crie la blonde.

_Oui majesté.

 

Gabrielle repart, suivi de son garde attitré sous le regard interdit du gradé, inquiet du changement évident qui c'est produit chez la princesse.

La femme douce, aimable, radieuse semble devenir l'opposée.

Ses yeux ont perdus l'éclat et la lumière qu'ils possédaient, le sourire bienfaiteur a quitté ses lèvres.

Se qui terrorise le plus l'officier est le plaisir évident qui se dégageait de la jeune femme lorsque la douleur de ce porc était palpable, comme une odeur persistante, une puanteur enivrante emplissant l'air.

La tristesse envahit son cœur, la disparition de la guerrière, l'agression dont il n'est pas sûr de vouloir connaître le niveau de violence, tout ça, à fait de la petite femme fragile dont on avait envie de la prendre dans ses bras pour la protéger, pleine de vie, qui communiquait sa joie et sa bonne humeur par sa simple présence, une personne terne et froide.

 

Son être entier paraît se vider de son éclat pour être remplacé par la noirceur comme une descente aux enfers lente qu'il n'a aucun moyen d'arrêter, si ce n'est, en retrouvant Xena.

 

 

Chapitre 7

 

Enchaîné, incapable de bouger et encore moins de se défendre du bourreau qui le maltraite depuis maintenant deux semaines, toute l'arrogance qui l'habitait à disparut en même temps que l'espoir que toute cette douleur cesse, soit par la clémence de la princesse soit par sa mort.

Ses cris résonnent, glace le sang de toute personne qui entend ces supplications.

Le sang coule le long de sa peau comme les larmes de ses yeux fermés par les coups reçu.

 

La pitié est une chose qui n'existe pas dans l'enceinte du palais.

 

Un craquement sec se fait entendre, une douleur violente traverse ses jambes lui arrachant un hurlement rauque alors que la souffrance brûlante et lancinante qui vrille déjà dans ses bras se répand dans ses jambes.

 

_Ca suffit ! Ordonne la blonde.

_ Pourquoi tu t'entêtes à ne pas parler ? Demandes Legendrios.

_ Si je parle, il me tuera. Rétorque le prisonnier à bout de souffle.

_ Tu ne comprends pas ! Si tu te tais tu mourras ici et de la manière la plus horrible possible.

 

La victime crache, seule réponse qu'il daigne offrir au gradé.

 

_ Bien, te briser les os un à un n'est pas suffisant alors on va passer à autre chose.

 

Gabrielle prononce cette phrase avec un rictus aux lèvres, preuve que la blonde est déterminée à obtenir des réponses en poussant le sadisme encore plus loin.

 

_ Vous avez déjà été jusqu'à me briser les os des doigts alors qu'est-ce qui pourrait être pire ?

_ Sentir l'odeur de ta peau qui brûle ?

 

A ces paroles, le prisonnier sent la peur s'insinuer en lui, il n'aura jamais la paix. Tout ce qu'il peut encore espérer est une mort rapide.

 

_ Je ne sais pas ce que ce type veut à la conquérante, on a simplement été payé pour vous suivre et l'emmener dès qu'elle serait inconsciente.

_ Vous l'avez empoisonné ?

_ Ce n'est pas moi.

_ Qui ? Fulmine Gabrielle.

_ Tout ce que je sais, c'est qu'une personne à l'intérieur du palais devait mettre la drogue dans sa nourriture.

_ Son nom ?

_ Je ne sais pas, je le jure.

_ Où deviez vous mener Xena ?

_ Au port sur un bateau.

_ Pour quelle destination ?

_ J'en sais rien, on me l'a pas dit.

_ Gendal, fais chauffer un fer. ordonne la princesse dont la colère ne cesse de monter.

_ Non ! Pitié ! Je vous jure que c'est tout ce que je sais.

 

La peur de l'homme grandit, sublimant la douleur qui engorge ses membres brisés.

 

La peur lui ronge le ventre, plus puissante que toutes autres sensations. Cet homme qui riait de la souffrance de Gabrielle, qui a trouvé du plaisir à prendre de force ce que la blonde refusait de lui donner, nourrissant son ego par cet acte ignoble est là, enchaîné, incapable de bouger, à pleurer comme un enfant, à hurler la souffrance qui s'est insinuée dans chaque parcelle de son corps, tandis que l'odeur acre de chair brûlée envahit l'air puant de la cellule. Ces cris d'agonie déchirent l'atmosphère déjà trop lourde.

Son cœur ralentit, le souffle court, il n'est capable de prononcer qu'une phrase entre ces hurlements, alors que son esprit perd toutes notions de réalité. Il ne pense qu'une chose, abandonner pour obtenir le seul soulagement qu'il peut encore espérer, la mort.

Lentement, sa tête tombe sur sa poitrine. Il n'y a plus que le grésillement de la viande qui brûle qui se fait entendre.

 

Gendal attrape les cheveux du prisonnier, relève la tête mollement, place une main devant la bouche sanglante d'où ne sort aucun souffle.

 

_ Il est mort.

 

Sans un mot de plus, sans montrer la moindre expression qui pourrait trahir ses pensées, Gabrielle se dirige vers la porte.

 

_ Jettes sa carcasse hors de la ville, les charognards vont bien s'en charger.

_ Bien majesté.

 

La blonde et son lieutenant partent, déçus de n'avoir pas pu obtenir plus d'informations.

 

_ S’ils ont emmené Xena sur un navire, elle peut être n'importe où.

_ Si je dois retourner terre et ciel pour la retrouver, je le ferais.

_ Mais majesté ...

 

Le gradé ne fini pas sa phrase, la princesse s'est arrêtée, son regard emplit de rage le transperce. Jamais il n’aurait cru voir ça dans les yeux pers.

 

_ Envoie des hommes sur les terres les plus éloignées, chercher chaque partie de terre, et toi, trouve moi le traître, quitte à torturer chaque personne qui a accès au palais.

 

Le ton froid et dur de Gabrielle ne laisse aucun refus possible.

 

_ Bien majesté, réponds le soldat qui trouve soudain le sol très intéressant.

 

Gabrielle reprend sa route sous le regard inquiet du gradé, qui lui, part exécuter les ordres.

 

Les jours, les semaines passent, tous semblables, la disparition de Xena se répand comme une traînée de poudre. Le seul sujet de discussions qui intéresse le peuple est le changement qui se produit chez la princesse qui paraît devenir froide et cruelle.

 

Certains pensent la guerrière morte, mais personne n'ose le dire par peur d'essuyer la colère de la blonde.

 

Une lune que l'armée arpente chaque parcelle de terre, l'espoir de retrouver la brune les quitte lentement, mais ce qui est pire de chercher sans espoir serait d'abandonner et affronter la princesse.

 

Même Hélène a peur. La jeune fille pleine de vie qu'elle a connu a disparu. Gabrielle ne sourit plus, son regard c'est terni. Toute vie semble l'avoir quitté, remplacé par la haine et une souffrance si forte qu'elle en est perceptible.

 

Son cœur trop lourd s'est déchiré il y a quelques instants lorsqu'elle a proposé à son amie que si la personne qui a drogué la guerrière a un minimum d'intelligence elle aurait déjà fuit le château.

 

La réponse froide et sans équivoque qu'elle a reçu, hante encore son esprit, tandis qu'Hélène quitte le palais, un poids sur ses épaules voûtées par le temps, la preuve d'une évidence qu'elle refusait d' accepter.

 

_ Quand je retrouverais cette personne, je la tuerais de mes propres mains.

 

Comment cette femme radieuse qui s'est embellie en trouvant l'amour a pu changer à ce point.

Une chose est sûr pour la vieille femme, l'amour permet de faire beaucoup de chose, mais, jusqu'où peut-on aller quand on le perd ?

 

Gabrielle pour sa part, ne réfléchit pas à l'image qu'elle donne, ses pensées sont tournées vers la brune aux yeux bleus et son esprit vers les hommes qui lui ont tout pris, sa femme, son corps, sa vie.

Le désir de vengeance se dispute la suprématie sur la peur de ne pas savoir ce qui est advenu de la guerrière.

Ces nuits sans sommeil sont parcouru par les souvenirs heureux des moments passés dans les bras de son âme sœur toujours remplacé par ceux de la souffrance qui est devenu sa seule compagne.

 

Dans la salle du trône, seule, Gabrielle regarde le soleil disparaître lentement, laissant juste une lumière rosée doucement happée par les ténèbres qui s'installent, des bruits de pas attirent son attention.

 

Un homme d'une cinquantaine d'années s'approche, fier, la tête haute, richement vêtu, la prétention se dégage de chaque partie de son être.

 

_ Majesté, je suis Arthégor, je viens de la ville de Salamine.

_ Que veux-tu ? Demande la princesse en s'approchant de l'individu.

_ J'ai demandé audience car, étant un homme riche et respecté, le peuple m'a désigné pour être son porte parole.

_ Viens en au fait !

_ Voilà, cela fait près de deux lunes que la conquérante a disparu et toutes sortes d'hypothèses circulent. Donc, je pense que nous avons le droit de savoir ce qui se passe exactement.

_ Et pourquoi penses-tu çà ?

_ C'est pour votre bien majesté. Chacun croit ce qu'il veut, et quand le doute sera bien installé, il y aura une rébellion de grande ampleur car le peuple voudra la vérité.

_ La vérité ? Xena a été enlevé, on a tout mis en œuvre pour la retrouver. C'est tout ce que j'ai à te dire.

_ Bien. Mais, sauf le respect que je vous dois, cela doit être dur de diriger autant de terre, je veux dire pour une femme seule.

_ Pourquoi tu dis çà ? Demande la blonde, pratiquement certaine de savoir où il veut en venir.

_ Hé bien, vous êtes jeune et inexpérimentée. Dans ce domaine, il vous faut quelqu'un pour vous soutenir dans votre rôle de souveraine. Quelqu'un qui a une poigne de fer, sûr de soi, qui sait diriger et se faire obéir. Quelqu'un comme moi.

_ En clair, tu veux le trône de Xena, affirme Gabrielle qui sent la colère gonflée son cœur blessé.

_ Je ferais un excellent dirigeant et un bon époux.

 

Son sourire suffisant disparaît de son visage lorsque la blonde se retourne à une vitesse incroyable, portant son attention sur son visiteur pour la première fois depuis le début de leur conversation, puis s'approche de lui, son regard montrant la colère qui déferle en elle.

 

_Je suis déjà mariée et Xena reprendra son trône dés son retour.

_Elle ne reviendra pas.

 

Sur cette phrase, la main de la barde s'abat sur sa joue sans qu'il ait eut le temps de réagir, avec une force dont il n'aurait jamais cru possible de la part de la petite femme.

 

_Ose encore une fois dire une chose pareil et je te fais éviscérer sur la place public.

La haine envahit l'homme outré d'avoir été giflé par une femme, seul son rang l'empêche de réaliser son envie de lui rendre son geste.

_Majesté...

_Garde ! Hurle la princesse, son visage déformé par la colère.

Deux soldats arrivent d'un pas rapide.

_Sortez ce bâtard arrogant.

 

Enragé par sa joue en feu et le fait d'avoir été traité ainsi par une femme, il se dégage de la poigne qui lui encerclait le bras puis se dirige vers la sortie du palais suivi des deux gardes sensé l'escorter.

 

_Quand vous vous rendrez compte de votre erreur, vous viendrez me trouver. cri t-il.

 

Une fois les trois hommes partis, Gabrielle se retourne, sa colère lui provoque des tremblements.

Soudain, ses poings se desserrent, ses mâchoires se relâchent, son esprit sombre dans l'obscurité, tout devient noir, ses yeux se ferment tandis que son corps s'effondre pour reposer inerte au sol.

 

 

Au même moment, les deux gardes qui ont escorté l'intrus reviennent à leur poste.

 

_Tu crois qu'il lui a fait quoi pour qu'elle soit aussi énervée ?

_J'en sais rien et je préfère ne pas savoir, ces temps-ci moins tu en sais et mieux tu te porte.

 

Sur ce, l'un d'eux s'arrête ébahit, son compagnon regarde au même endroit afin de comprendre sa stupeur, mais ce dernier réagit plus vite.

 

_Je vais chercher le guérisseur. Explique t-il avant de partir en courant.

 

Son collègue court vers la femme inconsciente.

 

 

Seule dans sa chambre, allongée dans son grand lit vide et froid, Gabrielle qui croyait avoir touché le fond, descend encore plus dans le gouffre noir qu'est devenu sa vie, la souffrance grandissante de son âme torturée évolue, ce répands comme un raz de marée en elle.

La blonde pense qu'il n'y a aucune limite à la déchéance douloureuse que subit son cœur.

Pour la première fois, une larme coule le long de sa joue, en menant avec elle tout espoir de soulagement.

Une phrase, promesse de noirceur et de tristesse se répète sans cesse dans son esprit.

"Vous êtes enceinte."

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29 juin 2009

Amour et haine, partie 1b

 

 

 Chapitre 7:

 

César a pris possession du palais, il admire la décoration, quand l'un de ses généraux arrive.

 

_César, mes hommes ont fouillés toute la ville sans résultat.

_Elle n'a pas pu filée toute seule, donc on l'a aidé. Etends les recherches jusqu'aux limites du monde connu si il le faut, mais ramène-la moi ! Dit le nouveau souverain, inquiet des lourdes pertes qu'il y a eu lors de l'attaque et furieux qu'une femme aussi dangereuse soit en liberté.

 

Pendant ce temps, les soldats de Xena creusent une fosse commune suffisamment grande pour accueillir les amas sanglants des guerriers morts aux combats, se demandant ce qui a bien pu arriver à leur souveraine.

 

Gabrielle arrive chez elle.

Le soulagement d'être à l'abri remplace la peur de se faire surprendre qui l'a accompagnée depuis qu'elle a quittée la place du marché avec la brune.

 

Tout c'est passé très vite. Il s'est écoulé environ une heure entre sa décision de protéger la guerrière et maintenant. Mais pour la blonde, ça semblait une éternité.

Sa poitrine la brûle tant son cœur bat fort, ses muscles commencent à la faire souffrir, la fatigue s'installe alors que l'adrénaline qui engorgeait son corps diminue.

Pourtant la seule chose qui lui importe est l'état de la femme blessée.

 

Gabrielle prie en silence toute les divinités connues et inconnues, certaine, sans savoir pourquoi, que si

la Conquérante

meurt, son âme ne s’en remettra pas.

Elle allonge Xena sur son lit.

Avec la peur au ventre, la blonde déshabille la rescapée, nettoie ses blessures avant de les panser, ainsi que le sang qui couvre sa peau.

Etrangement, ce qui d'habitude l'aurait écœurée, ne la répugne pas.

 

Ayant donné les meilleurs soins qu'elle pouvait, Gabrielle la recouvre. Puis avec une boule dans la gorge, entreprend de ranger le désordre que les guerriers ont causé lors de leur chasse à l'homme, tout en essayant de faire également le ménage dans son esprit. Comprendre comment tout cela a pu arriver. Comment

la Conquérante

a pu se faire détrôner. Sa course pour sauver une femme que tous considère comme un monstre et désire voir six pied sous terre.

 

Son cœur se serre, devient douloureux, non pas à l'idée qu'elle soit découverte et tuée pour l'avoir aidée, mais à la peur que ces paupières qui cachent un océan d'un bleu si clair, dans lequel se perdre et se noyer représente le bonheur suprême au-delà de toute espérance, ne réapparaisse plus.

 

Tard dans la nuit, Gabrielle avait succombé à l'épuisement.

Ce sont des coups à la porte qui la sorte de son sommeil, encore emplit par des songes étranges.

Elle se lève, quitte la chambre la mine défaite, son dos et sa nuque lui font mal d'avoir dormi sur une chaise. Elle va ouvrir, après s'être assurée que la porte de la chambre est bien fermée.

Le soleil l'éblouit, tandis que le soulagement de voir Hélène remplace l'appréhension.

 

_Gabrielle, tu as une tête horrible.

_Bonjour Hélène. Entre.

 

La vieille femme s'exécute et va s'asseoir à la table, regardant son amie fermer la porte en se frottant un œil.

 

_Je viens de me lever. Dit la jeune blonde toute engourdie de sommeil.

_Tu vas bien ? Tu es partis si vite hier que je me suis inquiétée.

_Oui, c'est juste… tout s'est passé si vite hier et la vue de tout ce sang, je me sentais pas très bien.

_Je te comprends, moi aussi ça m'a retourné, j'ai mal dormi. Répond Hélène, tout en regardant la jeune fille préparer du café après avoir ravivé le feu avec des gestes nerveux, qui ne manque pas d'être remarqué par la femme plus âgée, qui met ceci sur le compte des événements de la veille.

_Tu sais Gabrielle, en venant, j'ai vue les gens ranger leurs demeures saccagés par les soldats qui cherchaient

la Conquérante. Mais

, c'est bizarre, j'ai eu la drôle d'impression que tout est pareil et en même temps que tout paraît changé. D'ailleurs je me demande bien où elle est, ce n'est pas dans les habitudes de

la Destructrice

des Nations de se cacher.

 

Gabrielle se crispe à ces mots, puis avec un sourire qui ne trompe pas son amie, elle va s'asseoir à la table.

 

_Oui. Tu veux un café ?

_Non Merci. Gabrielle, je vois très bien que quelque chose ne va pas, dis-moi ce que c'est ?

_Je te l'ai dit, je suis encore sous le choc des événements. Je veux dire, ces changements soudain, ces visions d'horreur, tout s'est passé si vite.

_Oui, mais peut-être que ce romain sera moins dur que

la Conquérante. Bon

, repose-toi quelques jours, je te tiendrais au courant des dernières nouvelles et si j'ai des informations sur

la Conquérante

, je te préviendrais. Dis Hélène, certaine que son amie lui cache quelque chose, espérant provoquer une réaction en lui parlant de la brune.

_Pourquoi tu me parles d'elle ?

_Oh comme ça ! Je pense que comme tout le monde, tu dois te demander où elle est.

_Oui comme tout le monde. Répond la barde, son inquiétude se voit dans ses yeux verts si profond.

_Je vais aller à la bibliothèque. Avec toute ces radoteuses, je suis sûre d'être au courant de tout. Fait la femme âgée, inquiète pour sa fille adoptive, en se levant.

_D'accord, tu excuseras mon absence.

_Bien sur.

 

Gabrielle accompagne son amie à la porte, puis, après l'avoir remerciée de sa sollicitude, retourne dans sa chambre. Une boule se forme dans son estomac quand elle entreprend de changer les pansements de la blessée qui transpire et délire, sous l'effet de la fièvre qui l'a submerge.

 

 

 Chapitre 8:

 

_Une semaine que vous cherchez, et vous n'avez rien trouvé ! Ni traces de pas, ni sang, ni Xena ! Fulmine César dans la salle du trône, qui fut celle de

la Destructrice

des Nations, faisant les cents pas devant son général.

_Nous cherchons, nous avons envoyé la moitié des troupes, à sa recherche, nous finirons bien par la retrouver.

_Je ne veux pas de supposition, mais des faits ! Et qu'a donné l'interrogatoire de son lieutenant ?

_Il ne sait rien, il ne connaît aucun endroit où elle aurait pu se cacher.

_Bien sur, elle ne fait confiance à personne, surtout pas à ceux qui sont proche d'elle à cause du risque de se faire trahir. Fouillez les villages voisins, ce dont je suis sûr c'est qu'elle a besoin de soins.

_Bien César.

 

L'officier ambitieux quitte la pièce, bien déterminé à trouver la guerrière, espérant monter en grade en remplissant cette mission.

 

Depuis que le romain était au pouvoir, Hélène était venue voir son amie tout les jours en sortant de la bibliothèque, n'apportant aucune nouvelle, ni sur César, qui n'a pas encore quitté son palais, ni sur Xena. Elle n'était pas non plus rassurée, sa jeune compagne semblant avoir une peur constante, ses pensées tournées vers autre chose ou quelqu'un d'autre.

Depuis que Xena a été détrôné, Gabrielle veille et soigne la brune, vivant à chaque instant avec la peur que son cœur s'arrête et l'espoir que sa fièvre disparaisse, et enfin revoir le bleu de ces yeux.

 

Ce matin alors que la blonde s'éveille, endolorie sur le fauteuil qui lui serre de lit, elle lève les yeux sur la forme allongée qui semble plus calme. La conteuse se lève après avoir repoussé sa couverture, s'approche du lit, pose une main sur le front de la femme endormie puis, du bout des doigts, caresse le contour du visage, s'arrête sur la joue, afin de profiter encore un peu de la douceur de cette peau qui était, d'habitude si hâlée.

 

Le soulagement s'empare d'elle tandis qu'une joie vive réchauffe son cœur, elle réalise que son vœu c'est exaucé, la fièvre qui brûlait son corps a disparut.

Alors qu'un sourire orne ses lèvres, elle admire ces traits ciselés, si paisible.

Le bruit léger et profond de la respiration lente de la femme, l'apaise, la crainte qui voilait son cœur s'envole, comme une douce brise d'été qui emporte les dernières cendres d'un incendie, laissant apparaître la beauté qui se cache en dessous.

Son âme est soudainement libérée d'un poids trop lourd, pour un être aussi pur.

 

Habitée par un nouvel élan, un mélange de joie et de satisfaction, comme une nouvelle énergie, Gabrielle a passé sa journée à vaquer à des occupations diverses jusqu'à ce qu'Hélène vienne lui rendre sa visite quotidienne, heureuse de voir son amie sourire mais intriguée de ce changement d'humeur brutale.

Cette dernière repartie avec les derniers rayons de soleil, la blonde rallume le feu dans la cheminée avant d'aller s'asseoir au chevet de la guerrière.

 

Alors qu'elle est perdu dans ses pensées, fixant un point au loin, deux mots sortent la conteuse de sa rêverie. Gabrielle regarde la femme aux cheveux de jais, ses battements cardiaques s'accélèrent, une chaleur soudaine dévore ses entrailles lorsque ses yeux verts croisent deux éclats bleus si limpide, l'incarnation d'un désir secret, qui à eux seuls représentent un rêve de bonheur éternel, si proche et pourtant si inaccessible.

 

Quand Xena ouvre les yeux, la première chose qu'elle voit est ce visage angélique qui est ancré en elle. Il lui faut quelques secondes pour réaliser que ce n'est pas un songe.

Ces deux émeraudes scintillantes, ce sourire étincelant, qui lui procure une sensation de douceur et de bien-être, comme une promesse de paradis terrestre, sont là.

Sans s'en rendre compte, sa bouche libère sa pensée.

 

_Mon ange.

 

Gabrielle ne peut quitter ces orbes cobalts remplis de douceur paisible, qui semblent l'envelopper comme une soie douce et protectrice, comme si plus rien d'autre ne pouvait la toucher.

Un gémissement de douleur la sort de sa contemplation.

 

_Ne bougez pas. Il faut vous reposer. Dit la blonde en posant une main tremblante sur le bras droit de la brune.

 

En sentant son bras, sa jambe et sa hanche recevoir des décharges de douleur, tous ses muscles rongés de courbatures, Xena décrète que sa salvatrice a raison. Puis acceptant de se laisser aller dans ce confort, ce bien-être où le temps semble couler sans rien altérer, la guerrière demande à la barde de lui conter les événements survenus lors de son inconscience, afin de savoir à quoi s'en tenir, mais aussi pour entendre sa douce voix.

Bizarrement, apprendre que César lui a pris son trône, ne lui cause pas de crise de rage, seulement de la colère et du dépit.

Mettant ceci sur le compte de sa faiblesse et sa fatigue, ou la voix apaisante de la conteuse, une question traverse son esprit.

 

_Gabrielle pourquoi m'as-tu sauvée ?

_Mon côté bon samaritain sans doute. Il se fait tard, vous devriez-vous reposer majesté. Répond la blonde, absolument pas convaincue de sa réponse, mais comment expliquer qu'un sentiment qu'elle ne comprend pas l'a poussé à le faire.

 

Alors qu'elle se dirige vers la porte qui mène à l'autre pièce, une voix faible et douce l'arrête.

 

_Tu peux me tutoyer, s'il te plaît, et appelle moi Xena. Je ne suis plus la souveraine des terres connues.

_Bien. Fut la seule réponse que la barde put donner, estomaquée d'avoir entendu

la Destructrice

des Nations lui dire 's'il te plaît' et envahie par un plaisir immense d'avoir reçu le privilège de la tutoyer.

 

Cette nuit-là, la blonde ne trouve pas le sommeil, surexcitée se retenant de sauter et crier sa joie en pensant à la requête de la brune, surtout à cause du bonheur qui l'irradie, comme une lumière éblouissante de savoir la guerrière hors de danger.

 

Le lendemain, lorsque la nuit tombe,

la Conquérante

s'éveille après un sommeil réparateur et voit son ange protecteur, assis sur un fauteuil qui l'observe, puis lui sourit.

Xena sent la chaleur étourdissante envahir son être à cette vue.

 

_Bonjour. Comment te sens-tu ?

_Mieux. As-tu des nouvelles de ce qui se passe en ville ? Demande la brune, désirant trouver un sujet de conversation avant qu'elle ne perde ses capacités de réflexion.

_Mon amie Hélène m'a appris que les hommes qui étaient partis à ta recherche, rentrent à Athènes. César va être furieux qu'ils reviennent bredouilles.

 

Xena ne peut rien répondre, elle se sent fondre devant son air enfantin. Son petit nez retroussé en même temps qu'elle sourit, la fait craquer.

 

Gabrielle est incapable de penser, son cœur explose, lorsqu'elle voit se dessiner un sourire sur les traits d'ordinaire si stoïque.

 

_Tu as faim ? Demande la conteuse dans le seul but de rompre l'envoûtement de cette vision.

_Très faim. Répond la guerrière charmée.

 

 

 Chapitre 9:

 

Quelques jours plus tard, le soleil à peine levé, César, fou de rage, est prêt à trancher la tête de son général au milieu du couloir principal du palais.

 

_Elle était au bord de l'évanouissement, elle n'a pas pu aller loin, ni se volatiliser.

_On a fouillé chaque parcelle de terrain, on n'a trouvé aucune trace, les villageois ne l'ont pas vue. Répond l'officier terrifié.

_Es-tu sûr que personne ne l'a cachée ?

_Oui majesté, on a menacé et torturé des villageois, personne ne l'a aperçue.

 

Un déclic se produit dans la tête de l'empereur, il baisse son épée.

 

_Elle perdait beaucoup de sang, donc elle n'a pas pu aller très loin dans cet état, si quelqu'un l'a aidé, il a dû s'arrêter pour lui donner des soins.

_Oui majesté, et dans se cas, on aurait trouvé une piste. Dit l'officier avec un soupir de soulagement et le désir encore plus grand de plaire à son chef.

_Et si cette chienne n'avait jamais quitté la ville.

_Ca expliquerait que l'on n'a rien trouvé.

_Où sont tes hommes ?

_Ils ne sont pas très loin, ils seront dans Athènes dans peu de temps.

_Envoie tous les soldats qui sont ici les attendre aux portes de la ville. Dés que tes troupes seront arrivées, je veux qu'elles ratissent à nouveau la ville.

_Bien majesté.

 

Le gradé part exécuter les ordres, tandis que l'empereur sourit, sûr de sa victoire.

 

Alors que le soleil atteint son zénith, Gabrielle, qui est retournée travailler aussitôt qu'elle était sûre que Xena soit hors de danger, discute avec Hélène dans une des pièces de la grande bibliothèque.

Quand une voix féminine ce fait entendre.

 

_Vous savez la dernière, César croit que la garce de Conquérante n'a jamais quitté la ville, que quelqu'un la cache.

_Il faudrait être fou ou inconscient pour faire ça. Répond la femme âgée.

_Apparemment, il croit que quelqu'un en est capable.

_Pourquoi ? Demande la blonde soudain intriguée.

_Parce qu'il a envoyé toutes ces troupes fouillées Athènes.

_Quoi ! S'exclame Gabrielle.

_C'est vrai, et...

 

La jeune femme porteuse de nouvelle ne finit pas sa phrase, regardant ahurie Gabrielle partir en courant.

 

_Qu'est-ce qui lui prend ?

_Je l'ignore. Répond Hélène intriguée par le départ soudain de son amie.

 

Ne comprenant pas ce qui se passe, la femme ridée, entreprend de la suivre.

 

La blonde court dans les rues, son cœur bat si fort qu'il semble qu'il va sortir de sa poitrine. L'air froid brûle ses poumons, sa vue se trouble, ses yeux s'emplissent de larmes lorsqu'elle voit les soldats entrer et sortir des maisons.

Sa peur est remplacé par le désespoir, une douleur profonde s'infiltre en elle, comme une preuve que tout ceci n'est pas illusoire, alors que deux guerriers pénètrent dans sa maison, où la femme qu'il cherche ce trouve.

 

Des mains fermes la stoppent dans sa course.

 

_Laissez-moi !

_Calme-toi petite fille. Répond une voix grave.

 

Gabrielle se débat, jusqu'au moment où ses forces l'abandonnent, ses larmes coulent silencieusement.

Sa raison lui dit que tout est fini, alors que son cœur bat avec l'espoir de voir une dernière fois cette beauté surnaturelle.

Son esprit n'a qu'une envie, voir ces hommes éjectés de sa demeure, par la guerrière, mais ce vœu ne peut pas se réaliser, Xena n'est pas en état de se battre, ni même de ce lever.

 

La brune entend des bruits lourds, les poils de sa nuque se hérissent, une chose et certaine, ce n'est pas Gabrielle. Elle tente de se lever, mais cela lui est impossible, tant à cause de la douleur dans sa jambe et son bras que sa hanche cassée.

Quand la porte de la chambre s'ouvre, une armure romaine apparaît, la seule chose à la quelle la brune peut pensée est ce qu'ils vont faire à sa barde.

Le soldat entre, referme la porte derrière lui, la regarde.

Les deux sont stupéfaits de se voir. Elle de reconnaître un de ses hommes, lui de la voir, allongée et blessée mais en vie.

La voix de Gabrielle les sort de leurs torpeurs.

 

_Gabrielle ! Dit la femme avec frayeur.

 

Le guerrier lève son unique bras, frappe sa poitrine avant de ressortir.

Xena entend la voix du soldat à travers la porte fermée.

 

_Il n'y a rien ici.

 

Les deux soldats quittent la demeure de la conteuse, la blonde s'attend à voir sa locataire, son esprit ne comprend plus rien, son cœur manque un battement en croisant le regard vide du jeune homme qui l'avait escorté dans les couloirs du château, se pourrait-il qu'il n’ait pas dénoncé Xena ?

Alors qu'ils continuent leurs recherches, la barde aux yeux pers se précipite chez elle.

Après avoir fermé la porte, elle se dirige vers la chambre, une boule dans la gorge.

 

Lorsque la blonde entre dans la pièce, les deux femmes relâchent l'oxygène qu'elles avaient retenu trop longtemps.

 

_Xena qu'est-ce qui c'est passé ?

_C'était un de mes hommes, j'ignore pourquoi il ne m'a pas dénoncé.

 

Gabrielle s'assit au bord du lit, son corps tremble encore des émotions qui l'on submergée il y quelques minutes.

 

_Peut-être qu'au fond, il t'aime bien, malgré ce que tu lui as fait. Dit la barde en baissant la tête tristement.

_Peut-être. Mais comment tu sais ça ?

_Il me l'a avoué quand il m'a escorté le premier soir où je suis venue au palais, mais ce que j'ignore c'est pourquoi.

 

Sans vraiment comprendre, Xena ressent le besoin et le désir de lui expliquer son acte.

 

_Il est mort dans sa tête quand il a vu ses parents se faire décapiter devant ses yeux par des brigands. La mort n'aurait pas été une punition pour lui, mais une bénédiction.

 

Le silence lourd qui c'est imposé, est rompu par des coups à la porte.

Gabrielle va ouvrir avec la peur au ventre que les soldats reviennent. Un soupir de soulagement lui échappe en voyant Hélène.

 

_Gabrielle qu'est-ce qui ce passe ? Tu m'as fait peur en partant comme ça.

_Entre, je vais tout te raconter.

 

Ce qui venait de se passer était trop pour la jeune fille. Elle avait besoin de parler à quelqu'un, de libérer son angoisse, ses nerfs déjà trop tendus, prêt à craquer.

 

_Mon dieu Gabrielle ! Je suis désolée que tu ais eu à subir tout ça toute seule, mais tu as fait preuve d'un grand courage. Dit Hélène, estomaquée par le récit et par le fait que pendant que tout le monde cherchait

la Conquérante

, elle était juste là. La vieille femme est soudain consciente que la blonde qu'elle a apprécié et protégé dés son arrivée à Athènes, n'est plus l'enfant qu'elle était.

 

_Promet-moi de n'en parler à personne.

_promis, mais soit prudente, tu sais de quoi cette femme est capable.

_Ne t'inquiète pas, je ne peux pas te dire pourquoi, mais je suis persuadée qu'elle ne me fera pas de mal.

 

"Folle, inconsciente ou amoureuse." Pense la femme âgée, en se rappelant la discussion qu'elles ont eu plus tôt, avant que Gabrielle ne se sauve en courant.

 

Quelques semaines plus tard, alors que les premiers flocons de neige commencent à tomber dans le silence de la nuit, Xena boîte plus qu'elle ne marche dans la chambre. Lorsque Gabrielle arrive, surprise de ne pas l'avoir entendue arriver, la brune bascule en avant. La blonde à le réflexe de la rattraper pour éviter qu'elle ne s'écroule. Ses mains sur les hanches de la guerrière semblent lui brûler la peau, une chaleur irradiante l'envahie, une explosion de bien-être, alors qu'elle se perd dans le vert de ses yeux.

Gabrielle sent son cœur s'affoler, plus aucune pensée ne lui parvient tandis qu'elle se perd dans cet océan azur.

 

Leurs visages sont si proche que leurs souffles se mêlent, caressant doucement leurs peaux, alors que leurs lèvres se rapprochent, inconsciemment. Des coups à la porte les sortent de leur état de transe.

 

Xena s'assoit sur le lit, Gabrielle va ouvrir, essayant tant bien que mal de retrouver le fil de ses pensées.

 

Lorsque la blonde ouvre, elle frisonne tant à cause de la fraîcheur de l'air que de la personne qui se trouve face à elle.

 

_Bonsoir mademoiselle, je désire parler à

la Conquérante. Dit

le guerrier mutilé qui se sent réchauffé par la vision de la blonde aux yeux pers.

 

Après un instant de stupeur, sa crainte s'estompe, la conteuse le fait entrer.

 

_Attendez ici, je vais la chercher.

_Merci.

 

Le jeune homme la regarde disparaître dans la pièce adjacente avant de revenir en soutenant la guerrière.

 

_Majesté. Dit-il surprit de voir

la Conquérante

simplement vêtue d'une tunique noire, que Gabrielle lui a acheté au marché quelque temps auparavant.

_Je ne suis plus ta souveraine. Que veux-tu me dire ? Demande la brune en s’attablant, tandis que l'obscurité qui l'avait quitté depuis qu'elle était là, commençait à remonter en voyant son uniforme.

_On a besoin de vous.

_Ah oui ? Et que veux-tu que je fasse ? Répond la guerrière sur un ton froid.

_Enlevez votre manteau, je vais préparer du thé. Propose Gabrielle qui est déçue de voir à nouveau

la Destructrice

des Nations au regard glacial et non plus la femme douce qui a occupé ses pensées depuis deux lunes.

_Merci. Reprenez votre trône. Dit le soldat handicapé en prenant une chaise.

_Et avec quelle armée ?

_La votre. J'ai parlé avec vos hommes, s’ils devaient choisir, c'est pour vous qu'ils se battraient. La soif de pouvoir de César est plus effrayante que... vous. D'après ce que j'ai entendu dire, vous avez de nombreux partisans car contrairement à ce romain, vous torturez seulement ceux qui ont commis un crime et non les innocents, vous n'oppressez pas le peuple, vous prenez les territoires par la force mais après, ils reprennent leurs vies tranquillement, vous êtes juste dans vos jugements, lui il tue juste parce qu'une tête ne lui revient pas.

_Vous savez ce que l'on dit, contente-toi de ce que tu as, tu ne sais pas ce que tu auras après.

 

Les deux guerriers regardent la blonde qui vient de parler.

 

_Combien d'homme reste-t-il ? Légendrios est toujours en vie ? Demande la brune en regardant la barde verser le thé dans les tasses.

 

Son esprit repasse tout ce temps où le bonheur était présent, la sensation de liberté quand elle discutait avec son ange, la quiétude quand, chaque matin, elle l'a regardait dormir recroquevillée dans son fauteuil, le pincement au cœur à cette vue de l'innocence, la douceur en elle lorsque la blonde lui sourit.

 

Si elle reprend son trône, ces moments de pur bien-être deviendront de simples souvenirs, son cœur léger redeviendra lourd, encore plus lourd, car en plus de ses démons, il y aura ses souvenirs, elle regrettera ce qu'elle ne connaissait pas avant.

Mais si elle choisit Gabrielle elle devra vivre cachée. Peut-elle laisser le monde souffrir pour un dictateur, juste pour préserver son paradis ? Peut-elle vivre avec la peur d'être découverte ? Peut-elle vivre en sachant que sa capture signifierait la mort de Gabrielle ? Peut-elle risquer la vie de cet être si pur ?

 

_Une centaine d'hommes seulement a survécu, épargné uniquement s’ils servaient César et le lieutenant est dans une cellule.

_Bien, on va envoyer ce romain au Tartare. Recrute une armée hors de la ville pour ne pas éveiller les soupçons. Trouve un homme de confiance pour faire ce travail, n'en parle à personne tant que ce n'est pas fait. Dit la guerrière au soldat alors que le même éclat qu'elle avait dans le regard lors des batailles apparaît dans ses yeux.

_Mais on ne pourra jamais avoir assez d'hommes pour renverser les romains, il nous faut un autre plan.

_Non, mais on a l'effet de surprise, de plus si on attaque de nuit, par l'extérieur et l'intérieur en même temps, ça augmente déjà nos chances.

_Bien sûr et si les hommes tuent déjà ceux qui dorment, après il n'y aura plus qu'a s'occuper de ceux qui sont de garde. Dit le jeune fière de montrer à sa chef son intelligence.

_Oui. Tiens-moi au courant lorsque tu auras rassemblé des troupes.

 

Gabrielle écoutait buvant son thé en silence, son cœur semble se déchirer. Si

la Conquérante

revient, jamais elle ne reverra cette femme qui a comblée un vide dans son être. Elle restera une barde, qui avec un peu de chance, sera convoquée au palais lors de soirée.

 

 

 

 Chapitre 10:

 

Cela fait déjà une lune que Xena a pris la décision de renverser César.

Les jours passent. Chacune des deux femmes profite de cet univers parfait, sachant que ce monde idyllique prendra bientôt fin. La blonde appréhende chaque nuit, que la personne qui viendra casser ce rêve arrive.

 

Une nuit, la crainte de la conteuse se concrétise, le monde réel et souffrant vient frapper à sa porte.

Ce paradis où le temps s'était arrêté vole en éclat tandis que le guerrier handicapé entre en sa demeure.

 

_Cinq cent hommes attendent l'ordre d'attaquer. Dit le jeune homme.

_Bien, qu'ils se dispersent et marchent sur la ville, toi pendant ce temps tu recrutes parmi les troupes de César, mais fait attention à qui tu en parles, on lancera l'attaque dès qu'ils arriveront. La première chose à faire, c'est libérer Légendrios.

_Oui, je suis sûr que la moitié des hommes qui faisaient partie de vos troupes sont de votre côté, ils seront d'accord pour se rebeller.

_Xena doit être un bon chef alors. Demande Gabrielle avec un sourire sans joie.

_Oui, elle ne prive pas ces hommes, et leurs donne ce dont ils ont besoin contrairement à ce romain. Répond le soldat obnubilé par la blonde.

_C'est juste pour que vous ne faiblissez pas au combat. Se défend la guerrière.

 

Xena ressent une étrange sensation, son cœur lourd à l'idée de la séparation de sa barde, se gonfle de colère, tout devient rouge à ses yeux, en voyant ce garçon sourire bêtement devant la conteuse.

La jalousie qui s'infiltre en elle tel un serpent vicieux qui lui fait perdre sa confiance, l'empêche d'entendre leurs discussions.

Le sang qui bat dans ses oreilles, devient moins assourdissant, lorsqu'elle le voit perdre son sourire idiot, et la tristesse s'installer sur son visage.

Son cerveau enregistre à nouveau les mots prononcés.

 

_Tu n'as jamais rien fait dans ta vie par amour ? Questionne la barde surprise.

_Non, mais si un jour ça m'arrivait, je mourrais heureux. Répond le garçon avec déception.

_Fait ce que je t'ai dit. Maintenant pars avant que quelqu'un ne remarque ton absence. Dit la brune alors que son sang c'est mit à bouillir lorsque Gabrielle a posée une main sur l'avant bras du soldat dans un geste de réconfort.

 

Le jeune comprend l'ordre de partir et s'exécute.

Après avoir refermé la porte derrière le soldat, la blonde regarde la femme aux cheveux de jais, son cœur se fend encore, la chagrin pèse sur ses épaules, alors qu'elle va s'asseoir.

 

_Xena, qu'est-ce qui se passera quand tu auras reprit ton rang ? Demande la conteuse, muée par un espoir insensé qu'elles ne seront pas séparées. Cette prière prend forme au milieu de la peur qui la domine.

_Je gouvernerais à nouveau le monde connu et toi tu reprendras ta petite vie tranquille de barde. Répond la guerrière avec véhémence.

 

Lorsque son regard croise deux opales qui l'hypnotisent, elle se sent soudain triste, son cœur se serre, la colère l'a quitte.

 

_Je ne pourrais jamais te remercier, ni oublier tout ce que tu as fait pour moi. Je ne pourrais jamais t'oublier. Dit la guerrière comme si ces pensées s'étaient muées en paroles sans qu'elle s'en rende compte.

 

Une douleur survient dans la poitrine de Xena en voyant les yeux verts se remplirent de larmes.

Gabrielle se lève, pour aller attiser le feu, sous le regard bleu emplit de tristesse, coupant l'élan de la femme aux cheveux de jais, qui voulait poser sa main sur la joue juvénile et recueillir la larme qui avait commencé à perler.

 

_Mais tu viendras au palais, conter tes histoires, si tu le veux.

 

A ces mots, le nœud qui s'était formé dans l'estomac de la blonde s'estompe. Gabrielle regarde la guerrière, de la joie dans les yeux, un sourire timide aux lèvres.

 

Les jours passent, le temps file sans altérer leur réalité, pourtant tout semble diffèrent, comme si dans ce monde de douceur, un monstre, tapis dans l'obscurité, attend de se montrer.

 

Les deux femmes vivent chaque instant comme le dernier, gravant dans leurs mémoires chaque geste, chaque parole, chaque regard, chaque détail, comme un trésor plus précieux que n'importe quelle richesse auxquelles elles seules auront jamais accès.

 

Un soir, alors Xena va se coucher, elle regarde Gabrielle s'installer dans son fauteuil, bien qu'il ait l'air confortable, ça ne vaut pas un bon lit.

 

_Gabrielle, tu ne veux pas dormir avec moi ?

_Pourquoi ? Demande la barde, sans comprendre ce qui lui prend de poser une question aussi stupide.

_Je pense qu'il est assez grand pour nous deux et ça fait un moment que tu dors dans ce fauteuil. Tu doit en avoir marre de plus, c'est ton lit donc il n'y a pas de raison que je sois la seule à en profiter. Dit la guerrière, sentant le besoin de se justifier, s'en voulant de ne pas le lui avoir proposé plus tôt.

 

Répondant par un simple sourire, Gabrielle se lève et va s'allonger aux côté de la brune, son cœur battant à tout rompre. Pour chacune, le sommeil a été dur à trouver.

 

Le matin, Xena se réveil, son bras sur la taille de la petite blonde blottie contre elle. Son parfum enivre ses sens, la respiration de la petite femme calme réchauffe sa gorge, une sensation de bien-être l'envahie. Elle ne veut pas bouger, rester pour toujours ainsi.

Lorsque Gabrielle sort de ses songes, elle éprouve une sensation de protection, comme si rien ni personne ne pouvait la toucher. Elle soupir de satisfaction avant de se rendre compte de la respiration qui passe dans ses cheveux, les battements cardiaque à son oreille. Elle ouvre les yeux lorsqu'elle se rend compte que ce n'est pas un rêve, c'est bien la peau douce du dos de

la Conquérante

que sa main caresse.

Troublée, elle s'écarte.

 

_Bonjour. Dit-elle incertaine de savoir si Xena lui en veux de s'être imposée pour la nuit.

_Bonjour. Tu as bien dormi ? Demande la guerrière déçue que ce contact bienfaiteur soit rompu.

_Oui. Merci, je vais faire du café. Répond la blonde en ce levant, alors qu’elle aussi aurait voulu profiter encore de ce bonheur.

Quelques soirées plus tard, des coups à la porte sonnent comme le glas pour les deux femmes. Le cœur lourd, Gabrielle va ouvrir mettant fin à leur vie équivalente au paradis, dont les journées étaient hantées par le désir que le soir arrive pour retrouver l'autre et la peur que la nuit amène le messager de leur apocalypse.

 

Seulement ce soir là, le jeune manchot n'est pas le seul à avoir quitté la caserne. Un de ses collègue l'a suivit, intrigué par ses sorties nocturnes.

 

Le guerrier entre avec l'impression d'être un intrus.

 

Alors que les trois discutent de l'attaque qui aura lieu demain soir, aucun d'eux ne voit l'espion caché dans l'obscurité de la nuit, qui les observe à travers la fenêtre.

 

_Tous les hommes savent ce qu'ils ont à faire ? Demande la guerrière alors que ses épaules s'affaissent en pensant que demain, si tout ce passe bien, elle sera seule dans son immense palais froid et vide, certaine que même toute ces troupes réunis autour d'elle ne rempliront pas le vide que laissera l'absence de son ange.

_Oui, demain ils attaqueront de l'extérieur de la ville, pendant que ceux qui sont dans l'enceinte s'occuperont des romains par l'intérieur.

 

Les deux femmes se jettent des regards discrets, une impression de vide les envahis, chacune pensant que les nuits passées à dormir côte à côte ont été trop peu nombreuses, tandis que l'espion cours en direction du palais.

 

Après une soirée à parler de stratégie, au cours de laquelle, la peur c'est installée dans les esprits, le jeune homme retourne à la caserne.

 

Alors que César parle avec trois de ses soldats, un guerrier arrive en courant.

 

_Majesté, je sais où se trouve

la Conquérante

! Dit l'espion essoufflé.

_Tu es sûr ? Demande l'empereur en se levant de son trône.

_Oui majesté, une fille l'a cache chez elle.

_Amenez-la moi ici, mais faites ça discrètement. Ordonne César aux guerriers avec un sourire complaisant.

 

Le jeune manchot marche dans les rues, en se demandant s’il pourra revoir la blonde une fois que tout ceci sera fini, quand une voix le sort de ses pensées.

 

_C'est lui le traite, attrapez-le !

 

Le cœur du jeune guerrier se met à battre trop vite en voyant les romains courir. Son esprit ne lui dicte plus qu'une chose, ils savent tout.

Sans se soucier du comment ils l'ont su, il se met à courir pour prévenir

la Conquérante

sachant pertinemment que seul contre quatre, il n'a aucune chance.

 

Xena assise à la table, regarde tristement son ange faire la vaisselle, cherchant quelques chose à lui dire, pour voir à nouveau ce sourire, mais comment lui expliquer que son cœur lui fait mal d'un sentiment qu'elle n'avait jamais ressenti avant, que sa vie ne sera plus jamais pareil après cette séparation.

 

_On ne peux pas regretter ce que l'on ne connaît pas.

 

Alors que Gabrielle se retourne pour avoir une explication à cette phrase inattendue, prononcée par la guerrière, la porte s'ouvre avec fracas, causant un sursaut chez lez deux femmes.

 

_Les hommes de César arrivent !

 

La surprise créée par l'entrée du soldat handicapé, est remplacée par la stupéfaction.

 

Les bruits de bottes et de métal, font réagir la guerrière qui se lève puis, se dirige vers la porte ouverte.

 

_Protège Gabrielle. Dit Xena en prenant l'épée du guerrier.

 

Tandis que

la Conquérante

sort de la maison en boitant, prête à se battre pour la vie de la blonde, la lueur de haine et de retour dans ses yeux cobalt.

 

Gabrielle ne peut plus bouger, son rythme cardiaque s'accélère, son monde s'écroule, une main ferme lui prend le bras, la traîne dehors.

 

_Viens vite ! Ordonne le soldat handicapé, qui l'attire pour l'entraîner loin du combat.

_Xena ! Crie la barde en voyant la guerrière tuer le deuxième ennemi.

_Vas-t'en Gabrielle ! Conseille la brune dont le combat est rendu difficile tant par sa mobilité réduite, que son manque de concentration, son esprit étant avec la conteuse.

Si bien que la brune ne voit pas le guerrier arriver à sa droite, elle ne sent qu'une douleur fulgurante qui envahit sa nuque. Alors que ses jambes ne peuvent plus la porter, que tout deviens noir, son esprit lui dicte une dernière chose, une dernière phrase comme une révélation soudaine, à une personne qui ne peux pas l'entendre.

 

_Je t'aime Gabrielle.

 

 

_On les rattrapes ?

_Non. On a celle que l'on est venu chercher.

 

Gabrielle terrifiée à l'idée de ce qu'ils vont faire à Xena, essai en vain de se libérer de la poigne qui la tire hors de la ville.

 

_Il faut aller l'aider !

_On ne peux rien contre César et encore moins contre son armée. Ecoute Gabrielle, notre seule chance de l'aider c'est de lancer l'attaque.

 

Sur ces mots, les deux compères marchent vers la forêt, certain que la guerrière a été arrêté.

 

Quelques heures plus tard, Xena se réveille dans la salle du trône qui fut sienne, engourdie, ses tempes semblant prêtes à exploser tant son sang y bat fort, une douleur lancinante se propage depuis sa nuque.

 

_Tu pourras te vanter de m'avoir fait courir. Dit l'empereur sarcastique.

_C'est ce que je ferais après t'avoir tué. Répond la guerrière alors que les ténèbres reprennent possession de son corps, tandis qu'elle se relève.

_Je viens d'avoir une idée, quand j'aurais retrouvé cette blonde, je la crucifierais avec toi.

 

A ces mots, la rage envahit la guerrière, la noirceur se repend dans son cœur, ses démons se libèrent sublimant toutes autres sensations, le feu dévorant, la soif de sang, contrôlent à nouveau son être.

 

Le sourire arrogant du romain disparaît pour faire place à la peur, alors que Xena prend l'épée de son garde, lui plante dans le ventre avant de tuer le deuxième de la même manière, à une vitesse telle que personne n'a le temps de réagir.

 

L'empereur n'entend plus que son cœur qui bat, terrifié par la vue de cette femme à l'aspect démoniaque qui s'approche de lui, le visage déformé par la haine, le regard si violent qu'il en est insoutenable.

 

Dans un réflexe, il sort sa dague, contrôlé par son instinct et non plus par sa volonté, la dirige vers son assaillant alors que la lame de la guerrière s'abaisse à l'endroit où se trouve son cœur.

 

Le temps semble figé, puis le sang coule en bouillonnant de la bouche du romain qui s'effondre lentement, les yeux exorbités.

 

Alors que Xena regarde son ennemi au sol, sa haine s'envole, étouffant le feu qui la ronge, elle tombe à genoux, un liquide chaud coule le long de son estomac.

La guerrière retire la dague de son sternum, ce qui provoque une perte de sang plus importante.

 

Machinalement, son esprit ne voit plus qu'un visage aux yeux pers, entouré de mèche d'or. Son cœur qui venait d'être réchauffé par une flamme brûlante et irradiante, si agréable, qui a fait fondre la prison de glace dans laquelle il était enfermé, ralenti ses battements. Son être entier, réchauffé par l'amour, ce refroidit subitement sous l'effet de la mort qui l'enveloppe.

 

Sa dernière pensée pour l'ange qui lui a redonné vie, s'envole avec son dernier soupir.

La Destructrice

des Nations s'affale sur le sol, son âme en peine quitte son corps meurtri avec pour seule compagne, la souffrance.

 

Deux jeunes marchent dans la forêt, approche d'un campement. Soudain, Gabrielle sent comme une lame qui transperce son cœur. Le souffle lui en est coupé, une souffrance qui paraît s'étendre au-delà de la chair pour toucher son âme, d'une puissance fulgurante.

 

_Ca ne va pas ? Demande le jeune handicapé en voyant sa compagne s'arrêter brutalement.

 

Lentement, la douleur diminue sans s'estomper. La blonde lui répond, sans comprendre pourquoi, elle a l'impression de perdre une partie de son être.

 

_Oui, ça va.

 

Ils continuent d'avancer, un homme aux cheveux gris s'approche d'eux.

 

_Qu'est-ce que tu fais là ? Qui est-ce ?

_Elle s'appelle Gabrielle.

La Conquérante

a été arrêtée, il faut mettre le plan à exécution. Explique le jeune mutilé dont l'inquiétude est palpable.

 

Tout se passe trop vite, la blonde ne cherche plus à comprendre, ses pensées sont tourné vers la brune aux yeux azur, elle ne ressent ni peur, ni crainte, ni espoir, juste une sensation de manque, de vide et cette douleur dans sa poitrine.

Elle suit les deux hommes dans le camp sombre, aucun feu n'a été allumé pour ne pas dévoiler leur position.

 

Sur le mont Olympe, les dieux observent les mortels.

 

_Athéna, tu ne peux pas laisser Xena mourir, leur amour est trop pur. Dit tristement la déesse de l'amour.

_Aphrodite, tu les as déjà aidées en faisant foisonner ces arbustes pour que ses ennemis ne trouvent pas le corps inerte de Xena.

_C'est vrai, mais leurs âmes sont liées, elles ne peuvent pas être séparées.

_Peut-être mais celle de Xena m'appartient maintenant. Intervient Adès souriant.

_Elle ne t'appartient pas et ne t'appartiendra jamais, Gabrielle seule possède l'âme de Xena. Fulmine Aphrodite.

_Peu importe, elle est au Tartare et elle y restera. Crie Adès insensible.

_Ca suffit ! Si la vérité est avouée, le secret dévoilé, l'amour accepté avant le levé du soleil, son âme sera libérée.

 

La condition d'Athena met fin à la discussion.

Aphrodite regarde la suite des événements avec l'espoir que la barde puisse prendre conscience que les sensations qui l'habitent, sont causé par la plus belle chose qu'il existe, la même que celle dont elle parle dans ses contes et qu'elle prononce les deux mots qui changeront sa destinée et celle de la guerrière.

 

Alors que les envahisseurs courent vers la porte de la ville, les sentinelles donnent l'alerte.

Les hommes de

la Conquérante

, ignorant pourquoi l'attaque a été avancé, ne cherche pas à comprendre, ils se mettent à trancher les gorges romaines, empaler les soldats qui se dirigent vers les portes d'Athènes, poignardant ceux qui n'ont pas réagit, surpris par une attaque qu'ils n'ont pas vu arriver.

 

Dans le palais, le général arrive à la salle du trône, tout ce qu'il y trouve ce sont quatre cadavres.

 

La tristesse qu'il a ressentie en voyant celui de son empereur, se transforme en colère à la vue de celui de Xena.

Pourquoi n'a-t-il pas été prévenu de son arrestation ? Comment quelqu'un a pu remplir la mission qu'il s'était inculqué ?

 

Il repart, l'épée à la main, décidé à venger la mort de César par le sang.

 

Les romains, assiégés, ne savent plus où regarder. Ils sont vite décimés, entourés par l'ennemi, les uns les poussant vers la sortie de la ville, les autres arrivants de l'extérieur, les poussent vers l'intérieur.

Les corps jonchent une fois de plus le sol d'Athènes, des tas de carcasses démembrées, comme des amas de viandes entassées, d'où s'écoulent des traînées sanguinolentes.

 

Dans la caserne, l'odeur de la mort ce mélange à celle du sang, rendant l'air suffocant, les morceaux de chair des romains qui n'ont pas eu la possibilité de sortir, couvrent le sol.

 

Lorsque le général sort du palais, il voit les guerriers arriver, enivrés par le massacre qu'ils ont commis, prenant plaisir à décapiter, jetant au loin les quartiers de viande, qui étaient des hommes, à coup de pied, faisant gicler sang, os et organes.

 

A son tour, le gradé se lance dans le combat, décidé à voir le plus d'entrailles ennemis possible couler.

 

Gabrielle, qui avait reçu pour ordre de rester à l'écart, n'en fit qu'à sa tête.

Ecœurée par la vue de ce qui semble être des organes humains, elle se dirige vers le château, persuadée que Xena est là-bas. Elle refoule une envie de vomir en voyant la cage thoracique d'un soldat ouverte en longueur, les côtes brisées se soulevant sous la pression du liquide rouge.

 

Légendrios, seul et sale depuis trois lunes est enfermé dans une cellule à se demander ce qui est advenu de

la Conquérante

, entend des bruits de coup avant que la porte du cachot fasse grincer ses gonds, un soldat entre.

 

_En route lieutenant. Ordonne le guerrier en tendant une épée à son supérieur.

 

Légendrios ne comprend pas, mais prend l'arme et suit son libérateur.

 

_Qu'est-ce qu'il se passe ? Demande l'ex-prisonnier en entendant des bruits de combat.

_On rend à

la Conquérante

ce qui appartient à

la Conquérante.

_Où est elle ?

_César l'a arrêtée, elle doit être dans le palais. Répond le soldat en sortant le premier.

_Où l'a-t-il trouvé, elle va bien ? Demande le gradé en sortant à son tour.

_Les détails plus tard. Rétorque le guerrier en assenant un violent coup de pied en plein visage d'un ennemi, dont le crâne va éclater contre le mur de la prison.

 

Le lieutenant regarde le corps s'affaisser, laissant des morceaux d'os et de cervelle contre la pierre, avant de se détourner pour participer au carnage qui se déroule devant lui.

 

Gabrielle court vers le palais, la douleur dans sa poitrine ne l'en dissuade pas, lorsque son regard est attiré par un soldat gradé romain, qui crie en arrivant sur sa droite. La blonde reste paralysée devant la mort qui se dirige vers droit sur elle.

 

Le guerrier manchot, qui se trouve à quelques pas, ne pense qu'à une chose, sauver la barde.

Il se place entre le général de Rome et la conteuse, l'arme ennemie le transperce de part en part.

 

Légendrios cours vers la blonde en voyant le danger, le sacrifice du jeune n'a fait que retarder le tueur. Le lieutenant arrive à leur hauteur, plante son épée dans le flan de l'ennemi, au moment où il levait son arme au dessus de Gabrielle.

 

La blonde sort de sa torpeur quand son assaillant s'effondre les yeux exorbités. La conteuse se jette à genoux et prend celui qui s'est sacrifié pour elle dans ses bras.

 

_Pourquoi tu as fait ça ? C'était stupide. Déclame la blonde les larmes aux yeux.

_C'était peut-être stupide, mais je meurs heureux. Répond le mourant, dans son dernier souffle.

_Ca va ? Demande le gradé à la blonde qui dépose le corps sans vie.

_Il faut que je retrouve Xena. Déclare la barde. Son cœur douloureux l'empêche presque de respirer, c'est comme un mauvais pressentiment qui l'étouffe.

_Viens.

 

Le gradé la prend par le bras, ensemble, ils se dirigent vers le palais, l'officier tranche quiconque essaye de les empêcher de passer.

 

Lorsqu'ils arrivent à la salle du trône, ce qu'ils voient les stoppent net, comme leurs cœurs semblent le faire durant un instant.

 

Légendrios retourne au combat, la tristesse a envahit son être en voyant Xena sans vie, laissant Gabrielle seule.

Gabrielle avance lentement, fixant le corps allongé, espérant la voir se relever, lui sourire. Alors que son cœur se déchire, une douleur incommensurable encore plus violente que précédemment la submerge.

Son esprit ne voit plus rien, ni n'entend ni ne comprend plus rien, son sang se glace, l'air lui manque, son univers tourne et disparaît, ses jambes tremblantes sont lourdes, les larmes qui coulent le long de son visage la brûlent.

 

Tandis qu'elle tombe à genoux, son être entier se vide de la même manière que ses forces l'ont quitté il y a quelques secondes. Quand elle pose une main tremblante sur le visage froid et pâle de cette femme si belle qui a fait naître un sentiment puissant en elle, comme si son être, son esprit, son âme étaient complet, comme si elle avait enfin trouvé le sens qu'elle cherchait à sa vie.

 

Le vide glacé qui s'est installé en elle est remplacé par un élan brutal et douloureux, qui surgit, pendant qu'elle prend le corps dans ses bras, ses yeux se ternissent, se vide de la douceur et de la clarté qu'ils possédaient.

 

Gabrielle hurle au ciel sa rage, son désespoir, la haine qui s'insinue dans son être, essayant en vain de se libérer de ce cœur en lambeau qui la fait souffrir, alors que l'obscurité coule dans ses veines.

 

Quand l'officier est sorti du palais, les combats étaient terminés les guerriers heureux d'avoir vaincu, jubilent devant les romains encore vivant.

 

_Eh lieutenant, où est

la Conquérante

? Demande un soldat souriant.

_Elle est morte. Répond faiblement l'officier en baissant la tête.

 

Les cris de joie s'arrêtent avec cette simple phrase, puis les hurlements de rage à glacer le sang de la conteuse résonnent, comme un mélange de haine et de supplications adressés à un être supérieur qui refuse d'entendre.

 

_Tuez-les tous ! Crie le gradé, dont les hurlements de la barde brisent le cœur déjà lourd.

 

Les cris emplis de désespoir de la conteuse durèrent jusque tard dans la nuit, accompagnant les guerriers qui tuaient les prisonniers, sans joie, mais avec sauvagerie.

 

Lorsque l'aube commence à filtrer, les premiers curieux, arrive afin de savoir ce qui s'est passé, tandis que Légendrios ce dirige vers la salle du trône.

 

Il y trouve Gabrielle en train de bercer doucement le corps de Xena, lui caressant les cheveux.

 

L'officier ne trouve pas le courage de la déranger, et encore moins d'affronter son regard.

 

Les premiers rayons de soleil éclairent la pièce, Gabrielle ne ressent rien à part un vide immense.

 

_Je t'aime Xena !

 

En même temps que la blonde prononce ces mots, qui décrivent ce qu'elle a ressentie depuis des mois et qu'elle vient juste de comprendre, la dernière larme que semble encore contenir ses yeux, glisse sur sa peau, tombe sur le cœur de la guerrière.

 

Soudain, celui-ci fait un bond puis se remet à battre, sous les yeux incrédules de la barde. La bouche de Xena s'entrouvre dans une inspiration rapide, sa peau se réchauffe, l'océan de ces yeux si clair apparaît.

 

Le cœur de Gabrielle explose lorsque ses yeux pers voient ce regard si limpide qu'elle aime tant. Son être se remplit d'espoir et de joie, une nouvelle énergie l'envahit, le vide se remplit de bonheur et de gratitude.

 

Xena sourit à son ange qui pleure, heureuse que cette résurrection ne soit pas un rêve. Alors que son être s'enflamme sous la puissance de la vie qui la pénètre, elle regarde ces yeux verts retrouver leurs clarté.

 

Tout le corps de Gabrielle, y compris son âme semble imploser, une sensation de chaleur soudaine qui l'irradie lorsque

la Conquérante

pose une main tendre et douce sur sa joue et arrête une larme qui venait de perler.

 

_Je t'aime. Dit Xena en caressant ce visage si beau.

 

Gabrielle n'a pas besoin de parler, son regard exprime toute ses pensées alors la conteuse se contente de lui sourire.

 

Légendrios, après s'être remis de sa surprise, s'approche, gonflé de joie, sous les regards heureux des deux femmes qui ne lui accordent que peu d'attention.

 

_C'est pas croyable ! Les dieux sont avec vous. Dit le lieutenant qui se sent de trop.

_Sûrement. Répond la blonde.

_Je vais annoncer la bonne nouvelle.

 

N'ayant ni réponse ni la moindre attention, il se retire prévenir ses hommes que

la Conquérante

est vivante.

 

Poussées par une force et un désir incontrôlable, Gabrielle se penche lentement, leurs souffles chauds se mêlent, une décharge de chaleur et de satisfaction les pénètrent lorsque leurs lèvres se joignent dans un premier baiser rempli de douceur, exprimant tout ce que les mots ne peuvent décrire, ce sentiment qui les ronge depuis des mois, est enfin libéré.

 

 

 

 

 Chapitre 11:

 

Depuis la résurrection, Gabrielle a élue domicile dans les appartements de la guerrière.

Par sa simple présence, le château paraît plus accueillant, comme si la lumière dont la conteuse irradie illumine cet univers, cette même chaleur qui a transformé le monstre froid et cruel qu'était

la Conquérante

, en un être respirant la vie, et souriant.

 

Après un temps d'adaptation, les soldats ce sont habitués à obéir à la blonde comme le peuple s'est habitué à voir leur souveraine sereine et calme.

 

Xena et son lieutenant discute dans la salle du trône lorsque Gabrielle arrive.

 

_Gabrielle, où étais-tu ? Demande la brune en souriant à la vue de son ange.

_J'ai été me recueillir sur la tombe de Merrias, il est mort pour me sauver tu sais. Dit tristement la conteuse en s'approchant de la guerrière.

_Je sais. Répond sur le même ton

la Conquérante

en posant une main sur la frêle épaule de la barde.

_Je vais faire exécuter vos ordres majesté. Annonce le gradé dans le silence lourd qui vient de s'imposer.

 

Alors qu'il se dirige vers la sortie, Xena se tourne vers Gabrielle.

 

Le lieutenant, aux portes de la grande salle, manque de heurter Hélène qui arrive.

 

_Bonjour, je cherche Gabrielle. Propose la vieille femme.

_Elle est là.

 

Alors que le gradé lui indique la pièce qu'il vient de quitter, il se retourne pour voir Xena mettre difficilement un genou à terre, à cause de sa hanche brisée pas encore tout à fait guérie, devant Gabrielle qui la regarde intriguée.

 

_Tiens, tiens. Fait l'officier curieux de savoir ce qui va se passer.

 

_Gabrielle, veux-tu m'épouser ? Demande la guerrière avec la peur d'un refus.

 

A ces mots, la barde ne peut contenir sa joie, avec un sourire radieux, elle se laisse tomber dans les bras de sa promise, lui offrant un baiser passionné.

 

_A mon avis ça veux dire oui. Propose Hélène heureuse pour son amie.

_Je le pense aussi. Répond le soldat avec un sourire.

_Oui. Murmure la conteuse son front contre celui de la brune, avec une larme de bonheur.

 

Xena se relève, deux bras fin autour de son cou, tenant son ange par la taille, leur paradis terrestre n'est plus un rêve, mais une réalité éternelle, aussi vrai que les sourires qu'elles s'échangent entre deux baisers.

 

Tandis que le printemps réveil ce qui est endormi, que le soleil réchauffe la terre et les cœurs, l'univers entier paraît sourire à ces deux âmes sœurs enfin réunies par la plus belle chose que l'on puisse trouver, la seul qui donne un sens à une vie.

 

Posté par bigK à 01:24 - Amour et haine - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Amour et haine, partie 1a

 Amour et haine

 

De Akilihan

 

 

 Chapitre 1:

Un matin d'été dans une petite ville, alors que le soleil encore bas dans le ciel réchauffe doucement l'air et sèche les dernières traces de la pluie qui avaient accompagné l'orage nocturne, une mère et sa fille flânent dans les rues animées du marché, achetant et marchandant divers produits, avec des commerçants qui rivalisent d'ingéniosité pour attirer les passants à leurs échoppes attrayantes et colorées.

Malgré cet univers lumineux et enjoué, qui respire la paix et l'amour, où tout le monde se connaît, discute dans la bonne humeur, cette jeune fille blonde, qui suit docilement sa mère, au milieu des rues, est perdue dans ses pensées, une lueur de tristesse dans ses yeux émeraude.

 

_Gabrielle! Tu m'écoutes ?

_Oui, oui, bien sûr. Dit la blonde avec un sourire qui n'exprime aucune joie.

_Nous avons tout ce qu'il nous faut pour ton mariage, tu veux rentrer à la maison ou aller voir comment se passe les préparatifs ?

_Je voudrais renter.

_Tu vas bien ma chérie? Lui demande sa mère d'un air inquiet.

_Oui, je suis juste un peu fatiguée.

 

Les deux femmes prennent le chemin de leur maison, se frayant un passage au milieu des personnes qui vont et viennent, quand elles croisent un jeune homme grand, brun qui leur sourit.

 

_Bonjour Perdicas !

_Bonjour madame, salut Gabrielle, comment vas-tu ? Dit le garçon avec un éclat dans le regard.

 

La jeune fille lui répond positivement en lui adressant un faible sourire.

 

_Je vais aider à préparer notre mariage, tu veux venir ?

_Non, je vais aller me reposer un peu, je suis fatiguée avec toute cette agitation.

_Bien. Alors on se voit plus tard. Répond l'homme, légèrement déçu.

 

Gabrielle accepte de la tête puis, accompagnée de la femme plus âgée, rentre chez elle où son père et sa sœur les attendent.

La journée se passa dans la joie et la chaleur, deux familles et leurs amis, s'affairent à préparer le mariage le plus somptueux que ce village de paysans ai jamais connu. Tout le monde s'en réjouit sauf la future mariée. La jeune fille se sent prisonnière, à ses yeux, cette union représente des chaînes lourdes qui la priveront de tout espoir de liberté, aussi lourdes que son cœur qui désir autre chose, une autre vie.

 

La nuit est tombée depuis longtemps, la dernière que la blonde aux yeux pers passera seule dans son lit, la dernière avant une terne et monotone vie, sans échappatoire possible.

Dans la chambre, petite et modeste comme le reste de la maison, Gabrielle se lève de son lit. Ses cheveux clairs brillent à la lueur de la plaine lune alors qu'elle s'approche de la fenêtre restée ouverte afin que la légère brise qui souffle rafraîchisse l'atmosphère trop lourde. La jeune femme regarde les innombrables étoiles qui parsèment le ciel aussi sombre que son cœur l'est devenu quand son père à donné sa main à Perdicas. Tandis que la brise fraîche caresse la peau de son visage et soulève ses cheveux d'or, les entraînant dans son sillage, son esprit se perd dans ses souvenirs :

« _Maman je ne veux pas me marier, je veux devenir barde !

 _Bien sûr ma fille, on en reparlera plus tard.

_Le pire qui puisse nous arriver demain, c'est que la Conquérante arrive pendant que l'on fête notre union, vous n'êtes pas d'accord Hécuba ?

_Perdicas, ne parle pas de malheur ! »

 

Un chien hurle à la mort au loin, son cri lugubre transperce la nuit comme un couteau, ce qui sort Gabrielle de ses pensées.

Regardant toujours les milliers d'astres qui scintillent semblant être des diamants dans un monde de ténèbres, alors que son cœur se ferme, elle se dit.

 

_Tu te trompes Perdicas, si la Destructrice des Nations arrivait demain, ça ne serait pas pire que ce qui m'attend.

 

Soudain, une voix ensommeillée se fit entendre derrière elle, ce qui l'a fit sursauter.

 

_Gabrielle, parler toute seule t'aide à trouver le sommeil ?

 

La jeune blonde se retourne d'un bond puis s'approche du lit de sa jeune sœur en essuyant une larme solitaire qui avait fait son chemin le long de sa joue.

 

_Je réfléchissait.

 

Lila s'assit dans son lit et invite sa sœur à en faire autant en tapotant les couvertures.

 

_Gabrielle, dis-moi pourquoi tu te maries puisque tu ne le veux pas ?

 

La blonde aux yeux verts, soupire en baissant les yeux au sol.

 

_Perdicas est un homme très gentil et aimant mais moi, je ne l'aime pas d'amour.

_Je sait que tu ne veux pas jouer les femmes au foyer avec une dizaine d'enfants, alors pourquoi tu acceptes ce mariage ?

_Je ne veux pas faire de peine à nos parents. Dit Gabrielle en relevant la tête, regardant la brune dans les yeux.

_Ecoute, si tu te maries tout le monde sera heureux sauf toi. Tu perdras cette chaleur qui t'habites et qui fait de toi un être exceptionnel. Tu ne dois pas subir ta vie mais en faire ce que tu veux. De plus si père et mère veulent un beau mariage, je me ferais une joie de le leur donner.

_C'est vrai que toi tu a toujours voulu un mari et des enfants.

 

Lila sourit à ces paroles.

 

_Mais ce que je veux aussi, Gabrielle, c'est te voir heureuse.

_Lila, qu'est-ce-que tu dirais si je partais découvrir le monde ?

_Je serais triste de te voir partir et en même temps heureuse que tu réalises ton rêve.

 

La jeune blonde prend sa sœur dans ses bras, la serre un moment. Tout ce bouscule dans son esprit : le mariage, son rêve, les paroles de sa sœur. Soudain, son cœur prend un nouvel élan, une nouvelle énergie l'envahit. Elle soupire, lâche la brune, la fixe dans les yeux en posant sa main sur son épaule, lui sourit puis se dirige vers l'armoire en bois que les deux filles se partagent et entreprend d'ôter sa chemise de nuit et de s'habiller.

 

_Gabrielle, que fais-tu ?

_Je pars pour Athènes, apprendre avec les plus grands poètes.

 

Lila la regarde surprise :

 

_Maintenant ? Mais tu ne comptes pas en parler aux parents ?

 

Une fois habillée d'un haut et d'un gilet bleu, ainsi que d'une robe longue brune, elle s'assoit à nouveau au bord du lit de sa sœur pour mettre ses bottines.

 

_Lila, tu sais que père ne me laissera jamais partir. Tu leur expliqueras.

_Mais tu reviendras ? Supplie presque la brune les larmes aux yeux.

Ayant finit de se chausser, la blonde regarde sa sœur en lui prenant la main.

 

_Bien sûr, et je vous écrirais très souvent, je te raconterais tout ce que je fais.

 

Elles s'enlacent, leurs yeux remplient de larmes, de peine et de bonheur.

La blonde se libère, lui sourit puis se dirige vers la porte, offrant à sa sœur un dernier sourire accompagné d'un regard vif et lumineux.

 

_Soit heureuse Gabrielle.

_Toi aussi. A bientôt.

 

Gabrielle quitte la ville, se dirigeant vers l'obscurité de la nuit et l'inconnu, avec l'envie d'hurler la joie de sentir son cœur et son âme libérés de leurs cages.

 

 

 

 

 Chapitre 2:

 

A la fin d'une guerre qui avait durée des années, Xena et son armée étaient entrées dans Athènes. La ville sous son contrôle, elle conquit le reste de la Grèce avec une facilité déconcertante.

Mais ce ne fut pas suffisant pour la brune aux yeux océan assoiffée de pouvoir.

La guerrière entreprit de prendre le contrôle des pays voisins par la force, lâchant ses hommes tel des meutes de chiens désirant sentir le goût du sang, village après village, pays après pays.

Depuis qu'elle a imposé son autorité, Xena savoure aussi bien la peur que la haine que son nom ou sa présence provoque chez le peuple qu'elle domine, les hommes de ses troupes ou le personnel de sa demeure.

 

Son palais à beau être immense, entouré de grandes murailles, celle-ci séparées des murs du château par de vastes jardins luxurieux, composés de plantes les plus variées et les plus rares, toute personne qui passe à proximité entend les hurlements de douleurs et d'agonies des prisonniers, enfermés au plus profond des entrailles de la demeure de la Conquérante.

Les supplications vaines, d'hommes encore vivants mélangées aux cris stridents des êtres devenus fous, glacent le sang, envoient des frissons le long de la colonne vertébrale de quiconque les entends, comme cet officier qui marche dans le couloir principal qui mène à la salle du trône.

 

Les lourdes portes s'ouvrent, il entre, son casque sous le bras, sa cape rouge à l'emblème noir dans le vent, ses mains, son visage, son armure argentée couverts de sang séché. Le gradé avance encore de quelques mètres, les yeux rivés au sol, puis pose un genou à terre.

La grande salle est décorée d'étoffes, de fourrures d'animaux magnifiques inconnus en Grèce, aux gueules effrayantes avec leurs crocs acérés, de dorures somptueuses, une table incroyablement longue, richement ornée face à la porte, un trône démesurément grand, rouge avec en son centre un symbole couleur funèbre.

 

Sur la droite, une autre table en bois, de taille plus respectable où sont disposés des fruits, une carafe ainsi qu'un verre. Juste à côté, une fenêtre où est appuyée une femme qui observe le coucher de soleil, ses longs cheveux noirs couvrant sont dos, vêtue d'une robe de soie rouge couvrant entièrement son corps élancé.

 

_Je t'écoute Légendrios. Dit la femme de dos.

 

Le ton froid et rigide de la Conquérante le faisait toujours tressaillir malgré toutes ces années à travailler à son service.

 

_Nous avons gagné majesté, Rome est à toi.

_Et César ?

_Il s'est enfui.

 

La Destructrice des Nations se retourne, s'approche de la petite table, sans daigner regarder son officier. Elle se serre un verre de ce qui semble être, d'après la couleur, du vin. Elle se retourne en buvant, puis, pose enfin son regard froid, glacial et dénué de sentiment sur son lieutenant.

 

_Envoie des hommes à sa poursuite, si je n'ai pas sa tête à la prochaine lune, je les tuerai de mes propres mains.

_Bien Conquérante.

_Tu peux disposer.

_Oui Conquérante.

 

Le guerrier se relève, puis fait demi-tour en se dirigeant vers la porte par où il était arrivé.

_Légendrios ! Dis aux geôliers de tuer les prisonniers, j'en ai assez de ces cris.

_Tout de suite Conquérante.

 

Le soldat sort de la salle du trône, avec le soulagement de savoir qu'il n'aura plus à entendre ces hurlements, mais aussi triste pour ces hommes qui vont mourir simplement parce que c'est le désir de la maîtresse des lieux.

Xena est retournée se poster à la fenêtre. Le soleil a disparu, ne diffusant plus qu'un halo de lumière rosée, de la douceur, petit à petit happée par les ténèbres. Elle observe les étoiles naissantes dans le ciel, buvant son vin, un sourire cruel aux lèvres, tandis que les hurlements s'arrêtent, le silence arrivant au même rythme que l'obscurité nocturne.

Soudain, des coups à la porte ce font entendre.

 

_Entrez !

 

Une femme, dans la fleur de l'âge entre, les yeux rivés au sol, fait une révérence à la Conquérante qui s'était assise sur son trône.

 

_Majesté, il est temps de vous préparer pour la réception de ce soir.

_Tu as raison. Répond la Destructrice d'un ton lasse.

 

La domestique traverse la salle, suivit de Xena. Arrivée à l'entrée, cette dernière s'arrête.

 

_Toi, dis à Legendrios que je veux le voir tout de suite dans mes appartements.

 

Le jeune homme, qui gardait la porte depuis peu, se mit à transpirer.

 

_Oui...Oui...Majesté. Tout de suite. Bégaye le portier avant de partir en courant, sous le regard et le sourire moqueurs de la brune, qui est ravie de son effet.

 

Arrivé à sa chambre, la Conquérante demande à sa domestique de lui préparer un bain, des bruits de pas ce font entendre en même temps, elle les reconnut aussitôt.

Les pas s'arrêtent devant la porte, des coups contre celle-ci ce font entendre.

 

_Entre Légendrios.

 

Il entre, restant le plus prêt possible de la porte, admirant la peau de tigre qui sers de tapis au pied du lit.

 

_Vous m'avez fait demander majesté ?

_Oui. Je ne veux plus de la tête de César.

 

Le guerrier lève la tête surpris et croise le regard froid, la brune le toise en levant un sourcil, son regard plus dur qu'à son habitude.

Le soldat comprend son erreur et reprend sa contemplation du sol.

Xena lui tourne le dos puis lui lance, avec du désir dans la voix.

 

_Je le veux vivant pour le crucifier sur la grande place.

_Bien Conquérante. Lâche Légendrios dans un souffle.

 

La servante entre par une petite porte, dépose une robe bleue aux ornements argentés sur les couvertures de soie du lit.

 

_Votre bain est prêt majesté.

_Tu peux disposer Légendrios. Dit Xena en se dirigeant vers la porte par laquelle la domestique était venue.

_Majesté.

 

La destructrice s'arrête, se retourne, le tout à une vitesse fulgurante.

 

_Quoi ? Dit-elle avec colère.

_Je me permet une question. Etant votre lieutenant, pourrais-je savoir pourquoi vous organisez une soirée pour un homme que vous détestez et qui, de plus, veut votre perte ?

 

Lentement, la brune se rapproche de son officier, avec une grâce féline, d'un pas feutré, qui donne l'étrange sensation qu'elle évolue dans les airs sans toucher le sol. A ce moment, il sent sa transpiration couler le long de son dos. Par réflexe, pensant avoir été trop loin et sa dernière heure venue, il retient son souffle.

 

_Parce que je veux son armée, il me la donnera. Ses soldats lui sont fidèles, alors il faut qu'il leur ordonne de m'obéir. Par la suite, il mourra lors d'un combat contre je ne sais qu'elle armée ridicule qui essayera de défendre son pays. N'ayant plus de chef, ils n'auront d'autres choix que de me suivre. Vas maintenant, tu en sais suffisamment, pour l'instant.

 

Sur ces mots, le guerrier se retire, une fois la porte fermée, il soupir, soulagé d'avoir encore la tête sur les épaules, avant de prendre la direction de ses appartements, pour, lui aussi, prendre un bain bien mérité.

Légendrios connaît suffisamment la guerrière pour savoir qu'il y a une raison à sa cruauté, même si il ne la comprenait pas.

''Un jour Xena, quelqu'un réchauffera ton cœur et fera renaître ton âme." Pensa t-il en traversant le couloir sombre et austère.

 

 

 

 

 Chapitre 3:

 

Gabrielle est assise à une table occupée à écrire, au milieu d'une immense salle, dont les murs sont dissimulés par des étagères surchargés de parchemin.

Des pas résonnent sur les dalles, elle lève la tête de son occupation afin de savoir qui vient. Voyant une femme d'âge mur, brune les yeux couleur noisette, elle lui sourit, le regard brillant.

 

_Bonjour Hélène ! Dit la blonde en posant sa plume.

_Bonjour Gabrielle. Comment vas-tu ?

_Bien merci.

 

La vieille femme s'assit en face de sa cadette dont irradie une chaleur bienfaitrice, tandis que son sourire quitte son visage ravagé par le temps.

 

_Gabrielle tu es la meilleur élève qu'on n’ait jamais eu. Personne n'a appris et évolué aussi vite que toi. Ca ne fait que trois ans que tu es à Athènes et tu n'as déjà plus rien à apprendre. De plus, je n'ai jamais compris comment tu as fait pour convaincre Sappho de te prendre sous sa coupe alors que tu n'avais aucune expérience.

 

Suite à ces mots, Gabrielle eut un petit rire, alors que les traits tirés de la femme s'obscurcissent davantage.

 

_Hélène, qu'est-ce qui se passe ? Pourquoi parlons-nous de ça maintenant ? Pourquoi es-tu triste ? Demande la blonde alors que son sourire disparaît et que l'inquiétude s'installe sur son visage juvénile.

 

_Gabrielle, la Conquérante organise une réception ce soir. Elle a demandé quelqu'un pour la distraire ainsi que ses invités.

 

La femme fait une pause, se voûtant comme si, soudainement, elle avait un poids énorme sur ses frêles épaules.

 

_Elle en a assez d'entendre toujours les mêmes histoires, elle désir de la nouveauté.

 

La jeune femme baisse la tête, toute joie l'a quittée.

 

_Donc, je dois aller au palais ce soir, amuser ces seigneurs de guerre. Cette phrase est plus une affirmation qu'une question.

 

La vieille femme lève la tête, cherchant la douceur du regard de la jeune blonde, mais ne la trouve pas.

 

_Gabrielle tu es une conteuse d'exception! Tu rends tes histoires si vivantes, que ceux qui t'écoutent sont hypnotisés. Je suis certaine que la Conquérante appréciera tes contes !

 

Hélène se veut rassurante mais il manque dans sa voix de la confiance.

Tout le monde sait que la Destructrice n'aime aucun genre d'histoire en particulier, et surtout pas les contes sentimentaux et romantiques. Plusieurs bardes sont déjà repartis du château morts ou la langue tranchée simplement parce que leur style n'a pas plu à la maîtresse des lieux.

Gabrielle soupire avant d'offrir un sourire à son amie morose qui n'ose pas la regarder, car elle vient d'annoncer à cette jeune fille douce, pur, pleine de vie, qu'elle considère comme la fille qu'elle n'a jamais eu, que ce soir, sa vie sera entre les mains d'une personne cruelle et lunatique.

 

_Bon, il faut que j'aille me préparer. Dit Gabrielle dont le ton et l'expression n'éprouvent plus la moindre joie mais de la crainte.

 

Hélène se lève, prend la blonde par le bras, alors qu'elle commençait à se diriger vers la sortie.

Elle lui donne une bourse en lui ordonnant de s'acheter une tunique en rentrant chez elle, les yeux plus délavés, dilatés que jamais, par la peur.

Les deux amies s'enlacent pendant que la blonde la remercie puis elle quitte la pièce d'un pas lourd.

 

Après être rentré chez elle, la blonde s'est lavée et vêtue de la tunique d'un blanc immaculé, ornée d'une ceinture dorée, qu'elle vient d'acheter.

Seule dans sa modeste maison composée d'une chambre et d’une pièce principale dénuée, ayant pour seul mobilier une table, deux chaises, une étagère où sont rangés diverses denrées et ustensiles, et un petit meuble de rangement.

 

A côté de la porte d'entrée, un porte manteau où est suspendu un manteau qu'elle prend afin de se protéger du froid de la nuit en ce début d'automne, également pour éviter d'attirer les regards des hommes qu'elle pourrait croiser en chemin pour le château.

 

Pendant que cette jeune fille marche dans les rues d'Athènes vers un destin incertain, dans les murs du palais, les domestiques s'affairent aux cuisines, d'autres à servir différents alcools aux seigneurs de guerre criants et braillant qui ne semble jamais en être rassasiés.

La Conquérante, assise sur son trône, se délecte de vin et des histoires de guerre aux détails sanglants de ses généraux, surveillant tout et tous, imitant à la perfection le sentiment d'intérêt et de désir pour Métrios, le seigneur de Sparte, qu'elle à en projet de déposséder de son armée avant de le tuer, ce dernier, étant persuadé que la Destructrice des Nations ignore tout de sa volonté de la détrôner, cède lentement à ses charmes, aidé par l'alcool qui coule à flot, pensant pouvoir obtenir ses faveurs avant de la tuer.

 

Tandis que les invités boivent et mangent, Gabrielle arrive aux portes du palais où un soldat, à qui il manque un bras, l'attend.

Malgré son regard vide, il lui sourit. Cet homme vêtu en guerrier ne porte pas arme.

 

_Suis-moi. Dit-il sèchement mais sans hostilité, voir même avec une pointe de chaleur.

 

Gabrielle le suit. Poussée par sa curiosité naturelle, pensant qu'au pire elle n'aura pas de réponse, elle prend la liberté de lui poser une question.

 

_Qu'est-il arrivé à ton bras ?

_La Conquérante me l'a coupé parce que j'ai refusé de tuer un homme désarmé lors d'un combat.

 

Gabrielle a le souffle coupé, ne croyant pas ce qu'elle vient d'entendre.

 

_Et le guerrier ? Demande la blonde, incertaine de vouloir savoir.

_Elle lui a planté son épée dans le ventre. Répond le soldat à une fille choquée.

 

La jeune femme se demande comment cette femme peut être aussi cruel, bouleversée par ce qui est arrivé à ce jeune qui doit être à peine plus âgé qu'elle. Pourtant une partie de son esprit est persuadé que cette créature que tout le monde déteste et qualifie de monstre sanguinaire ne peut pas être née comme ça. Sa violence, sa soif de pouvoir, devaient avoir une raison. Un événement ou une personne avait changé son cœur en pierre et son âme en glace.

 

Arrivé aux portes de la salle du trône, après avoir traversé des couloirs éclairés de chandelles qui ne rendent pas le lieu plus accueillant, le guerrier lui lance un regard toujours aussi vide tandis que résonnent les rires des personnes qui assisteront certainement à sa fin.

 

_Donne moi ton manteau. Je pourrais savoir quel genre d'histoire tu racontes principalement ?

_D'amour. Répond la blonde en lui donnant le vêtement demandé.

_Un conseil, ne la regarde jamais dans les yeux. Dit-il après un soupir qui en disait long. Puis il reprend le couloir en sens inverse, sous les yeux de la blonde qui pense à ce moment que vivre sans espoir ni désir est pire que la mort.

 

Les portes s'ouvrent. Elle se tient droite, tout en baissant la tête, inspire profondément et entre dans la pièce où sa mort l'attend peut être.

 

 

 

 

 Chapitre 4:

 

Gabrielle marche vers le centre de la pièce, sentant les regards lubriques des guerriers la déshabiller, un frisson lui parcours l'échine.

Elle s'arrête, les mains jointes dans le dos. Sa curiosité étant plus grande que sa peur, elle lève les yeux, parcourt les visages aux sourires sadiques dont certains sont balafrés, preuve de leur bravoure au combat ou leur goût pour les prostitués très convoitées. Son regard remonte toute la table, quand ses yeux se posent sur une magnifique brune assise à la place d'honneur, son cœur manque un battement, son souffle se coupe, elle n'entend plus rien ni ne peut voir autre chose que cette sublime créature vêtue d'une robe bleue et argent qui moule à la perfection son corps athlétique. Son esprit est incapable de réfléchir, tout semble terne, seul cette femme paraît vivante.

Le temps passe au ralenti. Lentement, Gabrielle voit les cheveux de jais s'envoler pour laisser apparaître des traits réguliers et fins, alors que des yeux d'un bleu incroyablement clair, se dirigent vers elle.

 

Lorsque Xena a entendu une voix grave et injurieuse à l'encontre du barde, elle daigna enfin le regarder.

Au moment où le regard d'acier croise les yeux couleur émeraude, tout disparaît. La seul chose que la Conquérante est capable de voir est cette apparition divine, ces cheveux blonds, ces yeux clair remplis de pureté et d'innocence, un ange entouré d'un halo de lumière qui la regarde.

Cette vision lui procure une sensation étrange, une impression de feu qui remonte du plus profond de ses entrailles, qui éclair et réchauffe les ténèbres, envahissant son âme, son cœur. Son être tout entier semble exploser sous la puissance de cette chaleur qui irradie de la femme, l'empêchant de respirer ou de penser.

Des rires gutturaux la sorte de sa contemplation.

 

_Silence ! Hurle-t-elle, tentant de reprendre le fil de ses pensées, en quittant la jeune fille des yeux.

 

La rupture du contact visuel ressemble à une déchirure dans la poitrine de la barde, alors qu'elle commençait à se noyer dans la mer de ces yeux qui sont redevenus glacial et haineux. Le cri qui suivit la sortit de sa transe. Elle baisse à nouveau la tête, tandis que s'installe un silence lourd et pesant.

Les jambes de la blonde cessent de trembler, son cœur reprend un rythme normal, elle commence son histoire, essayant tant bien que mal d'effacer ce visage aux yeux bleus de son esprit.

 

_C'est l'histoire d'une femme rongée par une haine profonde et destructrice, qui la pousse à commettre d'horribles crimes et la mène lentement à sa perte.

 

Tout en racontant son histoire, elle lutte contre son désir intense de plonger à nouveau son regard sur le visage rigide et lisse, froid mais d'une beauté incomparable.

Pour Xena, la voix de la barde est une douce mélodie. Son esprit ne peut rien entendre d'autre. Chaque mot prononcé par cette femme est comme une musique douce, apaisante et ensorcelante, qui lui procure un bien-être et un calme qu'elle n'a plus connue depuis que le chaos a remplacé l'enfance.

Toute l'assemblée est suspendue aux lèvres de la conteuse qui, jusqu'à présent, n'avait jamais eut autant à se concentrer pour conter une histoire.

Est-ce son auditoire, l'idée qu'elle rendra certainement l'âme ce soir ou le visage de cette femme gravé dans son esprit qui la perturbe à ce point ?

 

_Cette jeune fille qui l'a aidée à se libérer de sa haine, et réussit à faire fondre la prison de glace dans laquelle le cœur de cette guerrière était enfermé à comblé le vide dans son propre cœur en y laissant entrer l'amour, en même temps qu'elle lui apprenait le sens de ce mot.

 

Gabrielle retient son souffle, persuadée de sentir la lame froide de l'épée de la Conquérante transpercer sa chair d'un instant à l'autre. Tout les regards se portent sur la Destructrice des Nations qui baisse les yeux, de peur que quelqu'un puisse voir le trouble qui c'est installé en elle durant le récit.

 

_Comment t'appelles-tu ? Demande la guerrière d'un ton neutre, portant lentement son verre à sa bouche.

_Gabrielle majesté. Répond la barde dont le timbre sensuel de la voix de la brune a fait frissonner.

_Tu peux disposer.

_Bien majesté.

 

Gabrielle se dirige vers la porte, relâchant l'air trop longtemps retenu par la peur, heureuse que tout soit terminé et triste pour une raison inconnue.

 

Xena regarde cet ange quitter la pièce, son cœur se serre. Pourquoi l'avoir renvoyé alors qu'elle aurait voulu la garder, admirer son visage, son corps sculptural digne d'une déesse, entendre encore sa voix, se perdre dans la douceur qu'elle dégage. Métrios la sort de ses songes.

 

_Conquérante, Si nous reprenions notre discussion ?

_Tu as raison. Répond Xena en reprenant son numéro de charme avec ce porc au regard vicieux.

 

La soirée se passa comme elle avait commencé : récits sanglants, alcools, avec en plus des danseuses exotiques à demi-nues, paniquées, qui n'avait pas d'autre choix que laisser les mains sales et répugnantes faire leurs chemin sur elles.

La règle est simple : une fille repousse un homme, elle meurt. Un homme va trop loin avec une fille contre son gré, il meurt. Malgré toute les horreurs que la Conquérante a commit, elle ne tolère pas le viol.

La fête se termine tôt, à la grande déception des invités enivrés et surchauffés.

 

_Alors on est d'accord Metrios, tu annonces publiquement demain que tu joins tes troupes au miennes ? Demande la Conquérante alors que tous les invités sont déjà partis et qui n'était pas d'humeur à écouter plus longtemps la vulgarité de ces hommes ivres, son esprit étant ailleurs, avec une jeune blonde.

_Oui Conquérante, demain matin.

_Bien. Laisse-nous Métrios, je dois parler à mon lieutenant. Dit-elle, lasse de sentir son regard vitreux sur elle.

_Je peux aussi rester. Après tout, nous faisons partie de la même force d'attaque maintenant.

_Métrios, il faut que je parle à Légendrios de problème courant, tu vas t'ennuyer, alors va plutôt te coucher ou finir la soirée à te saouler avec tes hommes. Ordonne la guerrière d'une voix et une attitude sensuelle et lascive.

_Très bien Conquérante. A demain. Répond Métrios avec un air déçu.

_Dès que tout sera réglé, tu auras une soirée en tête à tête que tu n'es pas prêt d'oublier. Fait-elle, aguicheuse, cachant au mieux son dégoût pour cet homme lorsqu'elle passa un doigt sur sa joue.

 

L'homme quitte la salle du trône avec un regard brillant et un sourire sadique, persuadé d'avoir gagné contre la Conquérante des Nations.

 

_Vieux chien ! Siffle Xena sans que la personne concernée puisse l'entendre, avant de retourner sur son trône. Après demain tu seras mort. Ajoute-elle un sourire inhumain aux lèvres, une haine farouche dans les yeux.

_Majesté, je...

_Légendrios, laisse moi, je ne suis pas d'humeur à discuter. Lui coupe la guerrière.

 

Le lieutenant se retire. Xena, une fois seule, se dirige vers la fenêtre, buvant son vin, regarde les étoiles briller.

_Gabrielle !

 

Au même moment, dans une petite maison d'Athènes, une jeune fille blonde aux yeux verts s'approche de la fenêtre, regarde le ciel p